‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 25 sur 480 · GLORIA · texte numérisé non relu

GLORIA

Il y a deux formules de prière lrés-usitécs qui commencent par ce mot latin : Gloria Patri, elc., qu'on dit ordinairement à Ja fin des psaumes, des cantiques et du symbola Quicunque; on doit l'omettre à la messe du lemps de la Passion, et à tous les offices des {rois derniers jours de la semaine sainte.

Dans le rite romain, on le dit à la messe du samedi saint, à vépres et à complies, parce que le jour de Pâques est censé déjà commencé : cette messe se disait autrefois pendant la nuit, par conséquent aprés l'heure & vépres, qui est le commencement de la

Le Gloria in ezcelsis est une priére qu'on dit à la messe avant l'oraison qui précède l'Epfire. Selon certains Missels, c'est toujours aprés Kyrie eleison, quoiqu'il y ait plusieurs Epftres, le mercredi et le samedi dans la semaine de la Pentecôte. On ls dit toujours quand on a dit le Te Deum à l'office nocturne, et que la messe s'accorde avec cet office; on le dit méme aux fêtes de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, qui ont pour objet quelque circonstance de la Passion , comme le couronnement d'épines, etc.

Cela a été décidé pour la fête des Douleurs de Marie, quoique auparavant on s'en abs- Unt ce jour-là, et qu'on s'en abstienne encore dans plusieurs rites usités en France. Dans le rite romain, on l'omet aux messes volives des saints, excepté celles des anges, et celles de la sainte Viergo le samedi,

GLORIA IN EICELSIS.

(Explication du P. Lebrun.) $1. L'antiquité de cette hymne. Qui en est l'auteur. Et depuis quand les prêtres la disent à la messe.

1. Le Gloria in excelsis a 616 dit durant longtemps aux prières publiques et particu< lières des fidèles avant qu'on l'ait chanté ou récité à la messe. Saint Athanase (1) veut qu'après avoir dit dès’ le grand malin lo psaume ct le cantique que nous disons encore à laudes, Deus, Deus meus; el Bencdicite, les vierges chrétiennes récitenl cette hymne (2) : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, etpaiz sur la lerre aux hommes de bonne volonté ; nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, el le reste. Cette méme hymne (à que!'ques variótés prés, que nous marquerons) est tout entiére dans les Constitutions apostoliques (3) sous ce titre, Prière du malin, suivant l'usage des Eglises orientales. Parmi les Latins, on a dit aussi en beauconp d'Eglises celte hymne à l'office du matin, du moins le dimanci e, depuis un.

temps immémorial. Elle se trouve daus les Decutiers et dans les anciens livres d'église

cris en France el en Anglelerre depuis huit ou neuf cents aus, où on lit en quelques-uns ce litre, Hymne du dimanche d mafines, c'est à dire laudes. Tl y a actuellement sis est l'hymne que les Grecs appellent La grande doxofie por Ta diinguer du Gloria Patri, qui est o pe jr

le, (3) Lib. vu, c. 47

plusicurs de ces manuscrits en Angleterre (1); et, ce qui est plus considérable, l'hymne telle que nous la disons, est tou! enliére daus le fameux manuscrit alexandrin de la Bible grecque conservéc dans la bibliothéque royale de Londres, que des savants regardent comme un des plus anciens manuscrits du monde (2)..

Plusieurs auteurs latins (3) ont cru que saint Hilaire-était l'auteur de cette hymne.

Mais le seul témoignage de saint Athanaso, contemporain de saint Hilaire, fait voir qu'ils se trompaient, puisque de son temps les femmes d'Orient la savaient communément par cœur. Elle doit être beaucoup plus ancienne, et il y a apparence que c'est une de celles que les premiers fièles chantaient en l'honneur de Dieu et de Jésus-Christ vrai Dieu. Il est fait mention de ces hymnes dans Ja lettre de Pline à Trajan (+), dans Lucien (5) *l dans Eusèbe (6), et l'on s’en servit vers ‘la fn du n* siècle pour réfuter l’hérésie d'Artemon, qui attaquait la divinité de Jésus-Cbrist. On ne doit pas espérer de connaltre plus distinctement l'auteur du Gloria in excelsis. Les Pères du quatrième concile -de Tolède ent dit sagement que les premières -paroles avaient été prononcées parles anges, ce qui l'a fait appeler l'hymne des anges, et que la suite avait été composée par les doc- -teurs ecclésiastiques(T).

:Le Poatifical attribué au pape Damase, ou plutót le recueil des Vies des papes, dont on trouve d'anciens manuscrits, qui finissent au temps de Justinien, sont les premiers monuments où l'on voit.que le Gloria in excel-

ssis ail été dit à la messe. On y lit (8) que le pape Télesphore, qui tenait le siége de ome vers le milieu du u* siècle, ordonna qas commencement de la messe de la nuit de Noël on chanterait l'hymne des anges, ‘Gloria, etc. Dans un autre cala'ogue des goes aussi bien que dans la collection

'Anastlase (10), il est dit que le pape Symproe vers l'an 500, ordonna qu'on dirait le Gloria in excelsis les dimaucbes ‘et les fêtes des saints. Je nc sais si l'on peut compter sur la vérité de tout ce qui est rapporté

(1) Usher, archevêque et primat protestant d'Irlande , rapporte ces fails au traité ME Romas Rcclesir Symbolo H ico vetere. Lood. 1647, p. 42.

* ($) Cette Bible fut envoyée au roi de la Grande-Rretagne par Cyrille Lucar, patriarche grec de Constantinople aj ostat, qui fut étranglé en 1658, pour des troubles d'Etat sui avait. esciée où quon lui mt "

. .. Expos. miss. in. c. 40, Robert.

PLA [i "peleas, ele. !

(4) Cormengue Christo quasi Deo dicere secum invicem. Epist. ad Trajan.

f) Euseb. Lo eccles. lib. vw, eap. 97. Sed et psalm. vel cantica ab initio &cripia sunt, quz: a fratribus Verbum Dei esse Chrisuam et Deum, tota ymnorum suorum laude celebrant. &z antiqua versione Rufini. . ecclesiastici doctores

(7) Reliqua que ibi sequatur composueruat. Conc. Tolet. iv, e. 13.

(8) ic fait ot fn Ingresst sarl bymnus diceretur. sogelicus Gloria in ezcelsis Deo, etc. tantum noctu Natalis.

tfe Mc Ls obse:

régien' peutae exactement obserwe. d'Auxerre, vers la (n du 11° siècle,

ibus. -

dans ces Vies des papes avant la fin du ve siècle : ce qui est cons "esl que depui: ce temps, c'est-à-dire, de| 5 Grégoire le Grand, le Gloria in ercelsis devait étre dt les dimanches ct les fétes par les évêques et non-par les prêtres. Suivant ce qui. est marqué dans les Sacramentaires (17) écrits jusqu'au commencement du xr* siècle. on dit le Gronta 1 exceL«1s les dimanches et des flies, quand l'écéque officie, et les prétres ne le disent que le jour de £ dques (19).

Mais quelques années après, l'an 1002, Bernon, abbé de Richenou, s'appliqua à moutrer dans un chapitre exprès (13) que, puisqu'il était permis aux prêtres de dire le dioria in excelsisie jour de Pâques, il devait, à plu- forte raison, leur étre permis de le dire le jour de N»él; que ce qu'on lisait à la téte des Missels n'était pas unc preuve que saint. Grégoire eût fait cette défense aux prêtres, guisqu'on. ne pouvait la trouver. dans aucuu de ses ouvrages; el que, pour augmenter les louanges de Dieu, on devait permettre de le dire tous les dimanches et toutes. les fétes des saints, parce qu'il ne paraît nulle part que cela ait été défendu par les saints Péres.

"Le souhait de Bernon avait déj: été prévenu, et il fut généralement accompli bientót aprés. Le Gloria in ezcelsis fut dit par les prétres. Cela est évident par les coutumes deCluni (15), écrites par saint Ulric ; par celles des chartreux institüés en 1085; et par l'Ordinaire du Munt: Cassin, écrit vers le même temps.

Un fort beau Sarramentaire de l'E

ceLsis. De sorte qu'on peut dire que l'origine des charircux, eu 1034, concourt presque avec le temps de la liberté qu'ont eue les prétres de dire le Gloria in excelsis comme les évéques.

ne met aueune différence en're l'évéque et le prêtre qee sur le Paz tobis, et nullement sur L: Gloria ix escelsis.

pos. nriss.

(12) Dieuur Gloria in ezceisls Deo , si epieconus fuerit , tantuinmodo dic Dominico, sve diebus festis. À presbyteri autem miaine dicitur, uisisolo ia Pascha. Sacrem. edit.

et mss.

(13) Soper hac omnia eum tn capite hhri Missalis, quan do presbyteri romani, Gloria in excelsis Deo, canere et noe œuere *oleant, legunus solummodo preeuitulatum : pug» quam autcm vela Desto papa. Gregorio, vel aliquo sm dorum Patrum nobis interdictum pto, quin ombi die Denis nica vel ju sanclorüm natalitils liceat ncbis szpe dietum um lauuis diviuz. Bero, de

Jn primis sutishova ad Introitum, deinde Æ'yrie eleison terllo, Chri.te eieison tertin, Kyrie elcisou terio, postea Glo mua in excelsis Dco diebus festis untummodo. Sucrzm. Al

biense. (16) Microl. c. 2.

n" GLO

8 TI. Robriques et remarques touchant les messes auxquelles on dit ou l'on omet le Gloria in excelsis.

On dit le Gloria in excelsis toutes les fois

qu'on a dit à matines le Te Deum, excepté aux messes du jeudi saint e£ du samedi saint, aurquelles on dit le Gloria in excelsis, quoiqu'on n'ait pas dit le Te Deum d matines. 1 P. tit. VIN, n. 3

On ne le dit pas aux messes votives ordinaires, même au temps pascal, si ce n'est aux messes de la sainte Vierge le samedi, et des anges. On ne le dit pas aussi aux messes des morts, non plus que pendant l'Avent, en Caréme et aux vigiles. 1 P. tit. VIII, n.

1. Le Te Deum est une hymue de joie, de méme que le Gloria in excelsis. C'est pourquoi depuis quatre ou cinq cents ans la règp générale est qu'à la messe, qui est con orme à l'office, on dise le Gloria in excelsis lorsqu'on a dit le Te Deum à matincs. La rubrique exceple le jeudi saint el le samedi sainl ; el celle exception à l'égard du jeudi saint n'est pas ancienne partout. L'Eglise de Paris n'a commencé à dire le Gloria in ezcelsis ce jour-là que depuis l'an 1615. Presque toutes les Eglises de France et d'Allemagne ont conservé durant longtemps l'ancien usage (1) qui s'observe encore à Lyon, à Clermont, à Verdun, à Laon, à Liége, elc.

L'office de la semaine sainte, qui inspire de Ja tristesse et qui exclut le Gloria Patri, excluait aussi toute hymne de joie. On ne disait le Gloria in ezcelsis qu'à la messe pontificale où se fait le saint chrême, à cause de la consécration des saintes huiles ; et dans la suite on a considéré que l'institution de l'Eacharistie, dont on célèbre la mémoire ce jour-là, est une assez grande solennité pour engager à dire le Gloria in excclsis, indépendainment de la consécration du saint chrême.

On le dit à la messe du samedi saint à cause de la solennité de l'office, qui est le cummencement de la fête de la résurrection.

2. Ou ne le dit pas aux messes votives qui mo sont pas pour quelque cause importante et publique, parce que cette hymne a toujours été regardée comme une marque de solennité.

3. On le dit aux messes votives des anges, à cause qu'ils ont chanté les premiers le commencement de celte hymne, et que c'est d'eux que nous l'avons apprise.

4. On le dit aussi aux messes de la sainte Vierge le samedi, parce que dés le milieu du 1x* siècle les religieux (2), et ensuite les ecclésiastiques e et les laïques, eurent la dévotion de dire un office de la sainte

loria i sl consecre!

eia Mau Cloronemr. on Vd. Ch dr ent non dicilur uisi ubi chrisma co $519, Missal. Major. Monust ned. ‘au

Opusc. 53, cap. 4.

Annal. 1056, nomb. Bet 6; Conc. Claromont.

4) Alcuin. Microl. c. 60.

12) Damian (5)

V5) Deeretal. V. vu [3 iB) us p., q. 85, 2.

ignore prisco Gloria ín excelsis Den. prener- Adveaus Domini. Amal. Eccles. Offic. 1.

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Vierge ; que déjà le samedi était particulièrement destiné (4) à l'honorer, et que dans la suite la plupart des églises ont fait ce jour-là un office entier de la Vierge, avec le Te Deum, qui, selon le rite romain, détermine à dire le Gloria in excelsis à la messe. Mais à l'égard des autres messes votives de la Vierge, on observe ce que le pape Innocent Ill écrivait en 1215 (5) , qu'à Rome on ne disait pas le Gloria in ezcelsis aux messes de la Vierge qu'on chantait les jours ouvriers.

5. On ne le dit pas aux messes des morts, non plus qu'aux vigiles, et depuis la Septuagésine jusqu'à Pâques, c'est-à-dire dans tout le temps de tristesse et de pénitence; parco qu'on n'ose chanter la gloire céleste, dit saint Thomas (6), lorsqu'on pleure sa propre misère ou celle des âmes du purgatoire.

6. A l'égard de l'Avent, l'usage de dire ou de ne pas dire le Gloria in excelsis a varié en diverses Eglises, ct peut-être dans les mémes en divers temps ; parce que, l'Avent tenant un mikeu entre le temps de pénitence auquel l'Eglise a pris des habits noirs ou violets, et le temps de joie auquel elle ne quitte pas l'Alleluia, il y a eu des raisons de dire ou d'omeltre le Gloria in excelsis. I! paraît B Amalaire (7) qu'on le disait l'an 820 et

"an 830, et qu'on l'omettait auparavant. On ne le disait point au x‘ siècle, selon le Micrologue (8), qui marque également les rites d'italie et des Gaules; et la raison qu'il en donne, et qu'il tire d'Amalaire, est que l'Avent. doit étre accompagné de moins de solennité, à cause qu'il représente l'ancien Testament par l'attente où sont alors les fidèles de l'avénement du Messie. Cependant l'ancien Ordre romain, écrit vers l'an 1140 (9, nous apprend qu'on le disait à Rome. Mais, enfin, depuis le xir* siècle jusqu'à présent, on a une infinité de témoignages qu'on a 6mis le Gloria in ezcelsis pendant l'Aveut, pour le reprendre (o avr" plus de joie et du solennité le jour de Noél. Cette raison plaisait à Amalaire, et elle suffit en effet pour avoir établi el pour faire louer cet usage., $ LIL. Rubrique et remarques touchant la manière de dire

le Gl:ria in excelsis.

Le pere étant au milieu de l'autel, étendant les mains et les élevant jusqu'à la hauteur des épaules, dit Gloria in excelsis : lorsqu'il dit Deo, il joint les mains et fait une inclination de téte à la croix ; il continue tenant les mains jointes, et en finissant il fait sur lui le signe de la croix. Tit. IV, n. 3.

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