OBLATION
(Explication du P. Lebrun.) ARTICLE PREMIER.
Commencement. de l'oblation; distinction entre la messe des catéchumènes et celle des fidèles.
Lo mot d'oblation a plusieurs significations. I1 se prend ici pour cette partie de la messe qui renferme les prières et les cérémonies qu'on fait pour offrir la matière du sacrifice jusqu'au Éanon ou à la Préface.
Lepréire et le peuple commencent cette ferie dela messe en se souhaitant mutuellement le secours de Dieu.
Que le Seigneur ^ Dominus vobiscum.
soil avec vous.
Quilsoitaussiaveo Et cum spiritu tuo.
votre esprit.
Le prêtre se tourne vers l'autel, et il dit : Oneuvs, prions. Celte exhortation à prier est ordinairement suivie d'une oraison. Cependant, durant plusieurs siècles, le prêtre, après avoir dit Oremus, demeurait absolument en silénce pendant l'oblation jusqu'à la secrèle. Ainsi cet Oremus a dû être regardé simplement comme üne exhorlation à se tenir en esprit de recucillement et de prière du- Tant tout. le temps de l'oblation. Présentement, entre l'Oremus et la secrèle, le prêtre Vit l'offertoire et plusieurs prières.
Les prières et les instructions qui précàdent cetie partie dela messe ne sont qu'une préparation à laquelle les catéchuménes pouvaient autrefois assister, on les renvoyait dès qu'elles étaient finies ; et c'est ce qui a fait appeler ces préparations, la messe ou le renvoi des catéchumènes.
Ce renvoi étant fait, tout le reste de l'oflice, qu'on célébrait pour les fidèles qui compusaient l'assemblée, a élé appelé simplement la messe, ou la messe des fidéles. Ce
LU Decernimus ot saerossncta Evangelia ante munerum "4üonem in missa catechomenorum in ordine lectionum
terme élait nsité en ce sens au 1v° siècle. La concile de Valence, l'an 375, appelle messe des catéchumènes tout l'office qui précède l'oblation ; car il ordonna (1) qu'on lirait l'Evangile pendant la messe des catéchuménes, avant que d'offrir. Et saint Ambroise (2), peu d'années aprés, écrit à sa sœur qu'après avoir renvoyé les catéchuménes, dimissis catechumenis, et donné le symbole dans lo baptistaire à ceux qui devaient recevoir le baptême, il continua ses fonctions dans l'église, et commença à célébrer la messe :
Missam facere capi. 1l ajoute, et pendant que j'offrais, ce qui ne laisse aucun lieu de douter que par le mot de messe il n'entendlt la célébration du sacrifice. Il semble que ce mot de messe ou de renvoi n'était pas propre pour signifier une assemblée qui se faisait avant ou après le renvoi. Mais la signification des mots cst arbitraire; et souvent le Commencement ou une seule circonstance d'une action donne le nom à tout ce qui la suit, ou qui la précède. C'est ainsi que dans YEcriture le mot de sabbat, c'est-à-dire repos, qui est le mot propre du septième jour, a été donné depuis deux mille ans à toute la semaine. Il n'y a donc pas lieu d'être surpris que les Pères du 1v" siècle, et les auteurs ecclésiastiques qui les ont suivis, aient nommé messe des catéchumènes l'office qui précède le renvoi, et absolument messe, ou messe des fidèles, tout ce qui se fait aprés ce renvoi.
Dès que l'oblation devait commencer, on ne laissait dans l'église que ceux qui étaient censés avoir conservé la grâce du baptême, ou l'avoir recouvrée par la pénitence; car, après avoir fait sortir de l'église tous les catéchumènes, on en faisait aussi sorlir les pénitents, suivant les canons.
Ce ser: le lieu d'exposer ces anciens usages, qui feraient connaître quelle pureté et quelles préparations l'Eglise exigeait des fidèles qui devaient assister aux saints mystà-
perlegantor, Concil. Valentin. cap. 1.
G) Fino ad Marcell. sac
res; mais nous devons nous borner à expliquer ce qui se pratique présentement. Les seules prières de l'oblation feront connaftre suffisamment aux fidèles quelles doivent être leurs dispositions, pour mériter de s'unir au prêtre, ct d'offrir par ses mains à la divine majesté le saint sacrifice.