ARTICLE SECOND
De la matière du sacrifice. Quel doit étre le pain qe le prétre offre à l'autel, et depuis quand on se sert du pain azyme.
La matière du sacrifice nous a été marquée par Jésus-Christ (1), qui consacra du pain et du vin. L'Egiise a voulu que le pain füt sans levain, de la plus pure farine, et qui cüt des marques qui le disti
u pain common et ordinaire.
1. A l'égard du pain sans levain, il n'y a pas de décret formel qui l'ait ordonné avant le xi* siècle ; jusqu'alors on ne se fondait que sur l'usage d'un temps immémorial ; et il n'y avait point eu de dispute là-dessus avec les Grecs, qui consacrent avec du pain levé.
Mais, depuis le milieu du x1° siècle, ona toujours dispu'é. Les plus sages ont dit que c'élait là un point de pure discipline assez indifférent, et qu'il fillait que chaque Eglise suivil sa pratique, sans se blámer les unes les autres. Les Grecs croient qu'on s'est tous jours servi de pain levé parmi eux. Les Lalins peuvent clairement montrer que les azymes sont en usage dans nos églises depuis le vin” siècle, c'est-à-dire depuis environ mille ans, sqns qu'on en puisse trouver le commence: eit, Alcuin, versl'an 790, écrit (2) que le pain doit être fait simplement d'eau et de farine sans levain. Raban Maur, dans son Traité de l'Institution des clercs, qu'il composa l'an 819 (3), prouve, par l'Ancien Testament et par l'exemple de Jésus-Christ, que le pain du sacrifice doit être sans levain, ll dit méme, dans: un. ouvrage qui n'a pas encore été imprimé (&), que les prêtres doivent faire tous les dimanches des eulogies avec du pain azyme, el les distribuer aprés la messe. Ce qui fail assez voir qu'on ne se servait alors que du pain azyme pour l'eucharistie, puisque le pain, qui n'en était qu'une représentation, devait l'étre aussi.
2. Outre ces preuves incontestables de l'usage des azymes depuis le vin” siècle nous voyons qu'avant ce lemps-là ll glise se faisait faire des pains exprés,
dd) Accepit panem, ete. Mattb. xxvi, 20. Mare, xi, 22. T Cor. vi, 15.
(3) Panis qui in corpus Christi. consecratur, absque fermento ul.ius allerius iufectioni debet esse mundissimus. Epist. 69 ad Lu
(3) Quod sutes m teat, tesuatur liber Levit ea
l&cil sine fermento esse onnrete. Rab. 1 de Inst, Cleric.
(4) M. Ciampini a va ce manuscrit, intitulé De Ki dans la bibfiortiéque du Vatican, n° 294, el en a tiré ves mots : Faciat azymos panes per singulos Domtiuicos, et del populo eulogiam in Dominico die post missam, his qui noa sumant sac ificium Domiui. (De szymo et ferui. Roma, 1089, p. 158.)
(5) Voy. l'ancien catalogue des papes, donné par le Père Heuscheuiue, Propyl, Maii, où on lir cet ordre du pape Zépbyrio : ex eu couserratione, de amu. episcopi, Tam coronusn consecratam acciperet. prestiier, trtacotam
qui peut-être étaient aussi sans leraio, Ces pains étaient ronds. Le pape éphyrio, an commencement du ii* siècle, leur dogoe pour ce sujet le nom de couronne (2); saint Grégoire le Grand (6) se sert aussi du même ferme. Ils avaient une marque qui les distin. guait du pain commun. On vuit, par un grand nombre d'anciennes figures, qu'on y imprimait le signe de la croix. Le euneie d'Arles, en 555, ordonne (7) « que les oblations que tous les évêques de la province feraient offrir à l'autel auraient la méw forme que celles de l'Eglise d'Arles. » Là reine sainte Radegonde, qui établit son me- #astère à Poitiers sous la règle de saint Gsaire d'Arles, vers le temps de ce concile, s'appliquait avec beaucoup de dérotive à faire de sa propre main les pains du sacrifice, pour les distribuer à beaucoup d'églises; et Fortunat dit qu'elle y employa tout un caréme, suivant le conseil de saint Germain (8). Le concile de Tolède de l'an (3) bláme fort des prétres qui avaient souffert qu'on cût coupé en rond un morceau d'un pain commun (9), pour l'offrir à l'autel. ll ordonne (10) quele pain qu'on présentera sera entier, propre, préparé avec soin, et qu'il ne sera pas trop graud, mais une pelile obalion, suivant la coutume ecclésiaslique.
Les prétres mêmes ont voulu faire cs pains, ou les out fait faire (11) en leur présence par leurs clercs. Et rien n'est plus dfiant que le soin et le respect avec lesquels, les premiers moines de Cluny et les autres religieux (12) préparaient te blé, la farine, d loul ce qui élait nécessaire pour faire la pains destinés à devenir le corps de Jésu- Christ. L'Eglise latine n'exige pas loules ces préparatious; mais elle prescrit de ne sestrvir que de pain azyme, en quoi elle est aolorisée par l'exemple de Jésus-Christ, qu institua l'eucharistie aprés avoir mangé lt gneau pascal, el qui, par conséquent, co sacra du pain azyme; car, dès que l'agcrèt pascal était immolé, il n'était plus prrmis & manger ni de conserver du pain levé.
ARTICLE TROISIÉME Des cérémonies ei des prières qui accompagaal l'oblation du pain et du vin à l'autel.
Origine des prières qui précè lent la scerkte. Jusqu'au xi* siècle, suivant l'Ordre romsit, on ne récitait point d'autres prières sur k$ oblations que la secrète. Le Micrologue, ttf?
(6) Di 533 (1) U'Loblaze' qua: in sacro offeruntur altario à csse vincialibus episcopis, ad formam Arelateusis ofra-.
{ (12) Foy. le P. Martène. De antiq. mooschoree Ré»,
les Coutumes de Cluny, chap. 13, vase I1 & p 196 et suiv.; eL M. Boequiiot, Traté & à ve 180 et sov.
LE] om
l'an 1090, le marque expressément (1). Cette
rière en effe exprime l'oblation de nos
Fons: el d'ailleurs l'oblation est essentielle
went dans le canon. Mais plusicurs saints
évêques ont jugé à propos de distinguer l'o-
blation du pain et du vin, l'oblation de nous-
mêmes, l'invocation du Saint-Esprit, et de 4 détailler les motifs de notre oblation dans des prières qui pussent réveiller l'attention des prêtres, et leur donner lieu de faire sainlement cette grande action. Les quatre premiéres prières Suscipe... Offerimus... In spirilu.. et Veni, Sanctificator..... sont en substance, el presque eu propres termes depuis plus de mille ans dans l'ancien Missel (3) des Eglises d'Espagne; et il paraît que l'Eglise de Rome, qui vers la fin du xr* siècle leur ôta ce Missel pour leur donner main, emprunta ces prières de l'ublati sel, qu'elle supprima. Elle admit le la prière Suscipe, sancta Trinitas, qui était en usage à Milan, et dans plusieurs Églises de Frauce. C'est depuis ce lemps-là que le Missel romain renferme toules ces prières, selon l'ordre qui suit.
RUBRIQUE ET REMARQUES
$1. Sur le corporal, la pale, la patène et l'hostie.
Aux messes solennelles , aprés que le prétre a dit l'offertoire, le diacre étend le corporal aur l'autel, s’il ne l'a déjà fait, et lui présente la poténe avec l'hostie. Aux messes basses, le prétre étend lui-méme le corporal avant la mene; ici il óte le voile et la pale qui couvrent le culice, prend lu patène sur laquelle est l'hostie, la tient avec les deux mains élevée à la hauteur de [a poitrine ; il él've les yeux, et les abaisse aussitôt après en di ant : Suscipe, sancle, ele. Tit. 7, n.2et9.
1. On étend le corporal. Outre les nappes qui couvrent l'autel, pour une plus grande propreté, et à cause des inconvénients qui pourraient arriver, on étend sur l'autel un inge qui est appelé corporal, parce qu'il est desliné à toucher le corps de Jésus-Christ.
le Sacramentaire d'Albi du xr siécle, les Missels de Toulouse de 1490, de Niines 1811, de Narbonne 1598 et 1576, marquent une prière en étendant le corporal (3). Dans le rite ambrosien on l'appelle le linceul, à fause qu'on le regarde comme le linceul ou le suaire avec lequel le corps de Jésus-Christ fut enseveli. L'oraison qu'on dit selon co rite, *n commençant l'oblation, est nommée Oralio super sindonem. Ce nom ful conservé à
{11 Romanus tamen Ordo nullam orationem institnit post Meretdam ante secretum. Microl. c. 11.
3) Voy. le Missel Mozarabe Le Micrologue n'en parle m parce qu'il parait qu'il ue connaissait poiut le rite des slots d'Éspsgne. On voit une partie de ces prières dans Wi Sierameinaire de
rs d'environ 800 aus, et dans lus de 600 ans, In tno couspectu, Domine, quesuus linteamiua ha:c sint accepta, ut et uos tibi placere va- . Amen. Le Missel de Greuoble, en 1522, marque we autre prière.
(4) Ce terme est dans les plus anciens Ordres romains, is le Sacramrntaire de saint Grégoire, page 233, dans fa Isidore, epist. penull., daus les capituiaires des rois de France de l'au 801, L' vn, n. 411, dans Amralaire l'an ee done, qvam solemus corjorale nominare, eic.
onL T
Milan, eL i! y a plus de dix ou douze siéc!es qu'on se ser! du lerme de corporal (+).
2. On ôte la ple. Ce mot vient de pallium, qui siguifie manteau ou couverture; et il se trouve en ce sens dans Grégoire de Tours Les nappes et les corporaux qui couvraient l'autel étaient ‘appelés palle , palla corporalis (5). Le corporal élait autrefois aussi long et aussi large que le dessus de l'autel; et il était si ample qu'on le repliait sur lo calice pour le couvrir (6). Les chartreux suivent encore cel usage. Mais comme cela était embarrassant , surtout depuis qu'on a fait l'élévation du calice, que quelques-uns voulaient lenir couvert méme cn l'élevant, ou à fait deux corporaux plus petit qu'on étend sur l'autel, et l'autre pli d'une manière propre L'ou à mis ensuite un carton eulre deux loiles , afin qu'il füt ferme et qu'on le prit
lus commodément; et on lui a toujours aissé le nom de pale.
3. On prend la paténe, ou, comme parlaieut nos anciens, la platène ou la platine, c'est-à-dire un pelit plat propre à tenir les dons qu'en offre et qu'on distribue. Un plat grand ou pelit est nommé dans les bons au leurs (7) latins patella ct patina, et dans les àuteurs ecclésiastiques patena, du verbe p7tere, qui signifie étre grand el ouvert. Les patènes sont à présent beaucoup plus petites "qu'elles n'élaient il y a cinq ou six cents ans, parce qu'on s'en servait pour distribuer la communion , et qu'à présent, quand il y aun grand nomibre de communiants, on so sert du cihoire.
5. Le pain qu'on mel sur la patàne s'appelle hoslie (8), c'est-à-dire victime, à cause. qu'il est destiné à étre changé au corps de Jésus-Christ, qui est l'bostie et la victima du sacrifice.
5. Le diacre présente la patène avec l'hostie, parce qu'il est à propos qu'il paraisse, du moins aux messes solennelles, que lo Prêtre n'offre que ce qui lui est offert par le peuple, représenté par le diacre.
6. Le prétre tient avec la patène l'hostie étevée , el lève les yeux au ciel pour l'offrir à Dieu qui veut qu'en le priant nous disions : Notre Père, qui étes dans les cieux.
7. M abaisse ensuite les yeux sur l'hostio qu'il présente et qui atlire ses regards. l1 a aussi lieu de les ahaisser, parce qu'il va prier pour ses péchés et se reconnaîlre un Serviteur indigne.
(5; Le Sacramentaire de saint Grégoire distingue les pales, c'est-à-dire les nappes qui couvraient l'autel, et Qui étaient au-dessons du corporal, d'avec celles qui étaient au-dessus, qui ont été appelées pallæ corporales, ou, d' seul mot, le corporal : palle que sunt in substratorio, in alio ease debent lavari, in alio corporales palle. Ordiu. subdiac. Foy. OnbiAmoN,
(6) Greg. Tur. Ilist. 1. vu, c. 12.
(7) Columel. Horat.
(8) Amolaire, au. commenceinent du 1x* sièole, d e prêtre, par sa prière secrète sur les oblations, |. ur tait prendre le nom d'hostie et de sacrillee.... Facit eam irausire per suam secrelam oralionem ad nomen hostiæ, sive muneris, donive wei sacrifici seu oblotionis. Praefat. 2, ia lib. de Ole. Eceies.
1I. Prière eu offiant le pain.
Recevez,Pèresaint, ^ Suscipe, sancte Pa-
Dieu tout-puissant el ter, omnipotens æleréternel, celle hostie ne Deus, hanc immasanstachequejevous culatam — hostiam,
uam ego indignus amulus tuus offero libi Deo meo vivo et vero , pro innumerabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis, et pro oinnibus circumstanlibus, sed et pro omnibus fidelibus chrislianis vivis atque defunctis , ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam æternam. Amen.
offre, moi qui suis votre indigne serviteur, a vous qui étes mon Dieu vivant et vérilable, pour mes péchés, mes offenses et mes négligences qui sont sans uombre, pour tous les assistants, et pour tous les fidéles chrétiens vivants et morts, afin qu'elle me profite et à cux pour le salut et lavieélernelle. Ameñ.
EXPLICATION
SusciPE, saNCTR PATER, receves, Père saint,
L'Eglise nous fait adresser l'oblation au Pére éteruel, pour imiter Jésus-Christ Notre- Seigneur, qui offrit son sacrifice sur la terre à son Père. Ce divin Sauveur l'appela dans sa prière (1) Père saint ; nous l'appelons de mémo et nous ajoutons omnipotens eterne Deus, parce que Dieu, seul tout-puissant , peut remettre les péchés dont le prêtre demande ici la rémission.
Hawc... cette hostie sans tache. Ce que le prêtre tient sur la patène n'est que du pain; mais c'est un pain qui n'est offert que parce qu'il doit devenir le vrai pain de vie, Jésus- Christ Notre-Seigneur, la seule victime sa tache et sans défaut. Véritablementce pain qui est sur la paténe pourrait être appelé une liostie sans lache , c'est-à-dire nelle, propre, choisie, dans le sens qu'il a toujours fallu offrir des victimes sans défaut, choisies avec soin; s le prétre l'appelle l'hostie sans lache dans un sens plus réel et plus relevé. L'Eglise, qui lui prescrit celle expression, suppose qu'on est instruit qu'il faut offrir à Dicu le Père une hostie pure et saus tacho, qui soit agréable à ses yeux; qu'il n'y a que Jésus-Christ qui puisse lui plaire; et que nous devons avoir tellement en vue d'offrir cette divine victime, qu'en
(1) Joan. xvu, 41.
(21 Ecclesim tus, quesumus, Domine, dona propitius 'ntuere, quibus non jam aurum, (bos et niyrrha profertur, Jed quod eisdem muneribus declaratur, iuunolatur, et suitur, Jesus Christus Dominus noster. .
Cete orsison se trouve dans les anciens Sacramenlaires (Sacram. Greg. p. 15. Missal. Gotb. Thomas. p. 210). Eu voici le sens : « Recevez favorablement les de votre Eglise. Nous ne vous offrons ici ni or, ni encens, ni inyrrhe, mais celui-là méme à qui les mages offrirent ces iris sortes de présents, c'est-à-dire votre Fils, que mous vous immolons dans ce sacnlice, et que nous recevous par la sainte communion. » Cela fait voir que quand On offre à Dieu la matière du sacrilice, le prêtre est beaucoup tnoins occupé de cette matière qu'il ne l'est de Jésus-Christ, qui doit être produit par le changement du poiu en son corps, pour être offert à son Père.
Dans le Missel gélasien. et dans l'ancienne liturgie des Français, on lit ceue. prière : Rejelant toutes les ombres des mclimes charnelles, nous vous of.ons, Père &ernel, une hostis spirilueile, qui est toujours inunolie, e quoa
commençant à offrir le pain, nous pariow déjà comme si nous offrions rette Aostie scu tache, qui est l'unique dont l'offrande puisse nous laver de nos péchés
Toutel'ancienne Eglise nous fait clairement entendre , dans un grand nombre d'oraisos appelées secrètes, que l'on n'offre dupais que pour en faire le corps de Jésus-Christ, et pour offrir Jésus-Christ méme , ainsi que nous le disons encore dans la secrète du jou: de l'Epiphanie (2) : O Seigneur, recerez vwc des yeux favorables les dons de votre Egli (c'est-à-dire le pain et le vin qui sont sur l'autel) par lesquels on vous offre, non pe de l'or, de la myrrhe et de l'encens; mai on offre, on immole et on prend cela mére qui est signifié par ces présents, c'est-à-dire Jésu Christ Notre-Seigneur
QUAM EGO INDIGNUS... que je vous offre, mai qui suis votre indigne serciteur. L'ublatioe est faite par un prêtre, qui a toujours lieu de se reconnaltre servileur indigne par l'isnie disproportion qu'il y a entre lui ela divine victime qu'il doit offrir.
Deo wEo vivo ET VERO... d mon Die ri vant et véritable. 11 l'offre au vrai Dieo, a source de la vie, à qui le seul sacrifice dt être offert, au seul Dieu vivant, comme park Daniel (3).
PRO INNUMERABILIBUS PECCATIS , pour ma péchés, qui sont sans nombre. ll offre pr miérement pour obtenir le pardon de ses pe chés , qui sont en si grand nombre qu'ils e peuvent être comptés; car nous lombes tous dans beaucoup de fautes, dit saist Jacques (4). .
OFFENSIONIBUS ET NEGLIGENTIIS , mei of ses et mes négligences. 1 distingue les de commission et d'omission. Les sont les péchés commis contre la loi de Dev; les négligences sont les manquements dictions ou des dispositions qui doivent accoepagner nos actions. Ce n'est pas asser à faire en quelque manière ce qui est prescni; il faut le faire pleinement et avec amour, sans quoi on agit fraudulcusement , partt qu'on soustrait de l'action ce qui en fait le mérite. Or, malheur à l'homme qui fait ew ere de Dieu frauduleusement ou négligæment (5). Quel sujet n'avons-nous pas é recourir à la miséricorde de Dieu pour ao négligences aussi bier que pour nos offenses!
one tod jours La même, qui est tout ensemble et le print les fidèles qui se consacrent à vous, et la ri Lad leur donne leur céleste bienfaiteur. Miss. Gelss.
psg. 177; Miss. Franc. miss. 23, ibid. p. 438. Liang. GL.
1 dans quelques églises de Tolède oa dit encore ctt ancienne secrèle, qu'ou trouve dans l'ancien ré sec rabe : « Nous, vos udignes serviteurs et vos babies tres, offrons à votre redoutable majesté cetle bon t tache que le sein d'une mere a produite paria virps* ipviolable, que la pudeur a enfantée, que ls à congue, que l'intégrité a tait nalire; noms ross cles cette Loslie qui vit étant immolée, et qu'oa lassele vr te; hose qui seule peut plaire, parce que Cet lese gneur lui-même. »
(5) Non colo idola manu facta, sed viventem Deus « creavit celum, eic. Dan. xiv, 4.
(4) Ia multis enim offendimus omnes. Jac. 12, 2
5) Maledictus homo qui tacit opus Domini fraler". aelon la Vulgate et l'Hébreu; neylig. nter, selon bte el les Sepiante. Jerem, sv, 10.
T5 om
ET PRO OMNIBUS CIRCUMSTANTIBUS , ef pour tous les assistants. L'Eglise a une attention particuliére pour tous ceux qui assistent au sacrifice. Le prêtre ne prie point pour lui sans prier pour eux; il suit seulement l'ordre que marque saint Paul (1), qui est d'offrir premiérement pour la rémission de ses péchés, et ensuite pour ceuz du peuple ; il offre pour les assistants, qui offrent avec lui autant qu'il leur est possible, et qui ont besoin de la miséricorde de Dieu, avant que de prier cux-mémes pour les autres.
Sep sT PRO OMNIBUS... ef pour tous les fidéles chrétiens vivants et morts. L'Eglise comprend tous ceux qui sont dans sa communion, vivants et morts. Le prêtre offre ici pour eux en général, et il le fera plus en particulier dans la suite.
Ur win zr ILLIS PROFICIAT, afin que celle hostie pure et sans tache profite d mui et à euz. Voilà l'ordre. Le prétre prie premiérement pour lui, secondement pour les assi stants, troisièmement pour tous les fidèles.
AD SALUTEM... pour le salut. La principale vue qu'on doit avoir en offrant le sacrifice ; c'est qu'il nous procure le salut et la vie éternelle en expiant nos péchés. Le Sacramenlaire du pape Gélase s'exprime ainsi :
Afin que cette hostie salutaire soit l'expiation de nos péchés, et notre propitiation devant votre majesté sainte. Tel est le langage de saint Cyrille de Jérusalem (2) dans sa hturgie, et de toute l’ancienne Eglise, qui a tou- Jours appelé ce sacrifice l'hostie de propitiaion pour les vivants et pour les morts.
In virAM ÆTERNAM, pour la vie éternelle. Le salut de l'âme , qui consiste dans la justice chrétienne, n'est pas toujours suivi de la vie élernelle, parce qu'on peut ne pas persévérer. C'est pourquoi l'Eglise ne nous fait pas demander seulement que le sacrifice serve gr le salut, mais que ce salut soit suivi de la vie éternelle.
Signe de croix avéc la patène.
En finissant cette prière le prêtre fait un signe de croix avec la patène sur le corporal, et y place l'bostie au milieu. En quelques Eglises on dit /n nomine Patris, elc., ce qui seul détermine à faire le signe de la croix.
Mais , soit qu'on le dise ou qu'on ne le dise m » On fait toujours le signe de la croix, et on montre par ce signe sensible qu'on place (3) l'hostié sur la croix où Jésus-Christ s'est offert à son Père pour nos péchés.
Aux messes basses, le prétre , aprés avoir
4) Prius pro suis delictis, hostias. offerre, delnde pro li. Hebr. vn, 27.
33) Catech. c. 5.
G) Honorius, Gemm. an. 1. 1, eap. 96. Durand, 1. e. 50, n. 17
(4) Au w*' sibcle, les Arméniens ne mirent point d'eau dans le calice, et prétendirent s'autoriser d'une des hométies de saint.Chrysostome sur saint Matibleo. Mais les Pères du coocile in Trullo, assemblés en 692 à Constanti mople, où saint ee avait éé évêque, firent voir que les Arméniens entendaient fort mal les écrits de ce saint docteur, qui avait seulement combattu les hérétiques qui ne sacriflaient qu'avec de l'eau. Les Pères ajoutent que l'usage de méler de l'eau avee du vin e«t fondé sur la iradition universelle des Eglises depuis Jésus-Christ; ot us déclarent que l'éréque ou le prêvre qui ne mettra que
ont TH
plaré l'hostie sur lautel, met la pa‘ène à moitié sous le corporal, et couvre ensuite l'autre moitié avec le purificatoire, afin de la conserver plus proprement jusqu'à ce qu'il en ait besoin pour la fraction de l'hostie.
$ III. Mélange de l'eau et du via dans le calice RUBRIQUE.
Le prétre, étant au côté de l'autel, tient le calice de la main gauche, reçoit la burette du vin et en met dans le calice. [I fait ensuite un signe de croix sur la burette de l'eau, en met un peu dans le calice, et dit la prière Deus, qui humane , etc. À la messe des morts , il récite celte oraison sans faire le signe de la croix sur l'eau. Tit. 7, n. &.
Auz messes solennelles, le diacre met le vin dans le calice. Le sous-diacre présente lu barette de l'euu au célébrant en lui disant : Bénissez, mon révérend Père, lequel , aprés avoir fait le signe de la croiz, dit. l'oraison Deus , elc., pendant que le sous-diacre met un peu d'euu dans le calice. N. 9.
REMARQUES
Sur Torigiae et les raisons du mélange de l'eau et du vin,
sur la bénédiction de l'eau, ct sur la quantité qu'il faut eu meure.
1. Le prétre met du vin dans le calice. Le vin, aussi bien que le pain, est la matière du sacrifice; c'est ici le temps de l'offrir, et par conséquent de le mettre dans le calice, si
on ne l'a déjà mis, comme on le fait s quelques Eglise:
Aux messes solennelles, c'est le diacre qui
met le vin dans le calice, parce que c'est au ministre à préparer ce qui est nécessaire.
2. Il met de l'eau dans le calice (&), pour liter Jésus-Christ, qui, dans la derniére páque qu'il fit avec ses apôtres, consacra la coupe pascale dans laquelle, sclon le rite des ifs, il y avait du vin et de l'eau. En effet, saint Justin 8r saint Irénée (6), saint Cyprien (7), les Pères du troisième concile de Carthage (8), et ceux du concile in Trullo (9), nous apprennent que, selon la tradition, le ain que Jésus-Christ consacra était mélé
eau.
Outre cette raison naturelle et essentielle, les Pères ont cru qu'il fallait mettre de l'eau dans le calice pour deux raisons mystérieuscs. La première, pour marquer que le peu-
le fidèle, représenté par l'eau, est uni avec Tésus-Christ et offert avec lui dans le calice, parce que l'eau, dit saint Jean (10), représente les peuples. Saint Cyprien (11) s'est ap-
du vin dans le calice sera déposé comme un novateur qui ne suit pas l'ordre prescrit par les ajótres, et qui n'expri ine qu'imparfaitement le mystère du sacrifice (Conc. Trull. van. 33). Le décret d'union avec les Arm concile de Florence, déclara aussi qu'il était nécessaire de mettre de l'eau dans le calice : [vino) ante consecrationem aqua modicissima admisceri debel, etc. Couc tom. XII, col. 538
(5) Apol. 3.
(6) Alv. Hietes. L. 1v, c. 9T.
(9) Epis à
I8) Can. à.
liqué à déveiopper ce mystère en montrant h nécessité de méler l'eau, qui marque le pruple, avec le vin qui représente Jésus- Christ. Ce rapport fut répété et mis dans un nouveau jour par les Pères du quatrième concile de Brague, en 675 ; et c'est cette raison mystérieuse qui a fait placer en cet endroit l'oraison suivante, Deus, qui humane, elc.
La seconde raison es! pour représenter l'eau et le sang qui sortirent du côté de Jésus Christsur la croix. C'est pourquoi, dans le rite ambrosien, et selon un grand nombre d'anciens Mis-els, en mellant le vin et l'eau on dit (1) : Du côté de Jésus-Christ sortit du sang et de l'eau; ce qui a élé suivi et conservé à Laon, chez les chartreux , etc. Toufes ces raisons que nous venons d'exposer ont été rapportées par le pape Eugène IV au concile de Florence, dans le décret pour les arméniens (2), et par le concile de Trente (3).
3. Aux grandes messes le sous-diacre met l'eau dans le calice. Cet usage est récent.
On voit, dans le premier Ordinaire des prémontrés (4), qu'ils avaient pris de Rome et de Laon, et dans un grand nombre d'anciens Missels, que c'est le diacre qui met l'eau aussi bien que le vin, ce gui S'observe encore parmi les chartreux (5), dans les Egli ses de Laon, de Soissons, etc.
A Rome, ca été durant quelque lemps le célébrant méme qui l'a mise. Voyez le papo Innocent HI (6), Durand (7), et le quatoraiéme Ordre romain de Gaïetan (8) ; mais on voit dans celui d'Amélius (9), qui vivait en 1393, que le prélat sacriste qui servait d' sistant au pape, mettait l'eau dans le calice. Depuis ce temps-là c'es! le sous-diacre qui l'a mise aux messes solennelles des évêques ou des prêtres, comme il est marqué.dans le Cérémonial de Rome (10), écrit en 1488 par Patrice, évéque de Pienza, imprimé pour la premiére fois en 1516, sous le nom de Marcel (11). Tout cela a pu être pratiqué indifféremment par le prêtre, l'assistant, le diacre ou le sous-diacre, parce que ce n'est ici que Ja prépara ion et non pas l'oblation.
. Le prétre bénit l'eau, ct aux messes solennelles le diacro l'avertit de le faire en disant: Bénisses, mon révérend pére. C'est le prêtre. seul qui peut bénir à l'autel, parce qu'il y représente Jésus-Christ. Tous les auires officiers qui sont autour de lui ne sont à l'autel que comme ses ministres. Mais quand le diacre prépare le vin et l'eau à la cré-
ares
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dence, ainsi que cela se faisait à Suissoes, suivant l'ordinaire écrit au xu* siècle, il ét lui-même la prière de la bénédiction De.
qui humane, etc.
5. Aux messes des morts le prétre me Lésit pas l'eau par le signe de la croix. C'est une suite de la raison mystérieuse. On n'emplvie pas ce signe extérieur pour bénir l'eau, qu signifie le peuple, parce qu'on est tont «cupé des âmes du purgaloire, qui ne soet plus en voie d'être bénies par le prêtre.
6. 11 ne met qu'un peu d'eau, parce quee qu'on mel dans le calice, pour le consacrer, doit étre censé d Les chartreux (12: se servent d'une pelite cuiller pour n'y melire que quelques gouttes d'eau. L'Ordre romain
l'Amélius (12) parle ainsi de la cuiller arie laquelle on met trois gouttes d'eau ; et le nee Cile de Tribur, tenu en 825, dit (18) qu'il fant mettre deux fois plus de vin que d'eau 1), afin que la majesté du sang de Jésus Chri y soit plus abondamment que la frag; du peuple représenté par l'eau. Voilà encore la raison mystérieuse qui donne lieu à l'oraison suivante.
Prière en mettant l'ea dans le calice (16)
O Dieu, qui avez — Deus, qui bumisa admirablement formé substantiæ digniul'homme dans an état i si noble, et qui l'avez rélabli d'une manière encore plus admirable , faites que par le mystère de celle eau et de ce vin, nous ayons part à da divinité de celui qui a daigné se faire parlicipant de notre humanité, Jésus-Christ,
didisti, et reformasti, da nobis per h
sortes, qui humanilæ lis nostras fieri digu-
votre Fils, Notre- et regnat Seigneur, qui élant Spiritus Dieu vit el règne peromu
avec vous en l'unité culorum. Amen.
du Saint-Esprit, dans
tous les siècles des siècles. Amen.
EXPLICATION
Deus ..... O Dieu. qui arez admirabimast formé l'homme dans un état si noble. L'homæ est admirablement composé de corps «t d'esprit, et l'union de ces deux substances el une merveille lou;ours nouvelle. Sa &«blesse ne saurait étre plus grande, pui-que, dès le commencement du monde, Dieu ie
s sanguinis Domini quam fragilitas pre sdengnaur, juxta iod : Poyo mola xd
. Can. 19.
45) On ne doit doue point avoir de scrapgle, »1 qu'un tiers d'eau. (La plopart des thàologues se d'un avis différent, fondés sur le décret da pepe gène IV, ad Armenos, qui dit : Fimo equs we dmisceri debet. Voy. Collet, Traité des Saiats Mn. l'art. Vis, n. 6. .
(18) Cette oraison est dans l'ancienne meme zu vers l'an 900, dans celle de Du Tiliet. Elle est tré ancienne oraison de Voice [d ar lend Elle est aussi avec quelque dilféreu Mise d-présent, de même que dan apris e er) donnés par Pamélius (Literg., we ag.
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forma lui-même à son image et à sa ressemblance, pour présider à toutes les créatures dela terre
ET MIRABILIUS REFORMASTI, Et qui l'avex rétabli d'une manière encore plus admirable. Cel homme est déchu de la noblesse et de la dignité de son état par sa désobéissance. Son corps el sou esprit, loin d'entretenir ua accord mutuel entre eux et avec Dieu, ont été dans des soulévemenis conlinuels. Mais Dieu, par son iufinie miséricorde , a renouvelé cet accord, et l'a rendu fixe et permanent en unissant en Jésus-Christ par l'incarmalion, la nature humaine avec la divine :
c'est ainsi que l'homme a été plus admirablement réparé ; el c'est ce qui fait dire à l'E-
lise, en parlant du péché du premier Tome : O heureuse faute, qui a mérité d'avoir un tel réparateur (1) 1
Da NoBis Faites par le mystére de cette eau ei de ce vin. Le mot de mystère siguifie secrel ou signe secret. L'Eglise est accoutumée depuis les premiers siècles à regarder le mélange du vin et de l'eau dans le calice comme la représentation secrète (2) de l'union du peuple fidèle avec Jésus-Christ. C'est ce qui lui a fait ajouter ces mots à cette priére, qui était originairement une collecte du Missel ambrosien, et du Sacramentaire géluien (3), avant saint Grégoire, pour l'of-
ice de Neél. Elle demande que ce mystère du mélange du vin et de l'eau soit suivi de l'union qu'il représente.
Eos DIVINITATIS CONSORTES, Que nous participions à sa divinité, Ces paro'es sont tirées de la seconde Epitre de saint Pierre, où ilest dit que Dieu nous communique par Jéaus-Christ ce qu'il nous a promis de grand et de précieux, pour nous rendre participants de la nature divine (4). Les dons grands et précieux que Jésus-Christ communique aux fidéles les font participer à la divinité ; premié— rement, par la demeure de l'Esprit de Dieu daus eux, qui en dirige tous les mouvements, et les fait ainsi participer à la sainteté elà la pureté de son être ; car (5) celui qui adhère au Seigneur, en suivant tous ses mouvements, est un méme esprit avec lui. Secondement, les fidèles participent à la divinité plus particulièrement par la divine eucharislie, le plus grand et le plus précieux de tous les dons, qui, les faisant entrer eu communication avec la chair sacrée de Jésus-Christ, M est Dieu, les fait communier à Dieu méme.
] Clem. Alex. Pædag.. l. n, e. 2. Videmus in aqua polum intelligi, In vino vero ostendi sanguinem Christi. Taoóo aote In calice vino aqua miscetur, Chrlstó popu lus adunatur, et eredentium plehs ei iu quem credidit, cowulator et conjungitur. Cypr. epist. 63 ad Cecil. ; (5) Deus qui human» substantia: digoilatem el mirabicondidisii, et. mirabilius re(ormasti; da, quiesumus, "i ejus efficiamur divinftatis consortes, qui uostræ humani- Utisfieri dignatus est particeps Christus Filius tuus. Per, etc. Code, Sacram. Thomasii, p. 16.
b Sab. S. Ben. Cer. Pasch.
. (4) Per quem maxima et pretiosa nobis promissa dona-
Vii pt per bec eflciaminl disi comortes natura. etr. 1, 4.
v Qui autem adhzret Domino, unus spiritus est. I Cor.
Dictionnate prs Rires sacrés. II.
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Qui nuMaNrTATIs. Qui a duigné se faire participant de notre humanité. La divinité ne peut participer à l'humanité, que l'humanité ne participe à la divinité. Nous demandons que, comme celle participation ne cessera jamais en Jésus-Christ, nous lui soyons aussi tellement unis, que nous ne soyons jamais séparés de sa divine personne ; et nous faisons cette prière en mettant dans le calice l'eau ete vin, qui ne sont point séparés, non plus que Jésus-Christ et son Eglise, ainsi que parle saint Cyprien (6)
81V. L'oblation du calice.
RUBRIQUE
Le prétre au milieu de l'autel prend le calice, le tient élevé avec les deux mains pour d'offrir à Dieu; et, tenant les yeux élevés, il dit la prière Offerimus tibi, Domine, etc., pA laquelle il fait sur le corporal le signe
le la croix avec le calice, le place au milieu derrière l'hostie, et le couvre de la pale. Tit. 7, n. 9.
Aux messes solennelles le diacre présente le calice au prétre, l'aide à le soutenir, et dit avec lui Offerimus, etc.