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REMARQUES Sur l'usage de tirer la patène de l'autel pour la faire tenir par un sous-diacre où par un clerc. Variétés de plusieurs
Eglises sur ce point. Pourquoi on là montre en certains
ours plutôt qu'en d’autres.
1. On ôte de dessus l'autel la paténe dont on s'est servi pour offrir le pain, parce qu'on a jugé plas à propos, depuis plus de mille &us, de poser sur un linge (t) les dons offerts, et qu'ainsi depuis quon se sert du corporal, on n'a plus eu hesoin de la paténe
ue pour y rompre l'hostie (2; ou pour la
istribuer à la communion : aussi voil-on dans ces deux oraisons du Pontifical, que la patèno n'est consacrée que pour la fraction (3) et l'administration (4) ou distribution de l'eucharistie.
On aurait pu laisser la paténe sur l'autel sous le corporal comme on la laisse aux messes basses, si elle avait toujours été aussi petite qu'elle est à présent; mais lorsqu'il y avait peu d'églises, que les assemblées étaient fort nombreuses , et qu'un très-grand nombre de fidéles y communiaient, la paténe qui devait contenir tout ce que le prétre consacrait élail un fort grand plat (5) dont il était à propos de débarrasser l'autel après Y'oblation.
2. Au lieu de porter la patène à la sacristie et de ly laisser jusqu'à la fraction, elle cst gardée par le sous-diacre selon le rite romain, ou par tn acolyte selon le rite de plusicurs Eglises, afin qu'elle puisse étre donnée au moment qu'on en aura besoin. ll y a sur ce point, en plusieurs Eglises, quelques petites varlétés dunt on peut voir l'origine dans Amalaire au ix* siècle {5 qui rapporte ce qui était marqué dans l'ancien
rdre romain. 1l y est dit qu'au commencement de la préface Sursum corda, qu'il appelle le commencement du canon, un acolyte, ayant une écharpe au (7) cou, apporte de la sacristie ou de l'armoire e la patène qu'il couvre avec l'écharpe, et la tient devant la
oitrine, jusqu'à ce qu'elle fût prise au miicu du canon par le sous-diacre, qui la tenait décourerte, et la donnait ainsi à la n au diacre.
A Paris, pour tenir la palàae plus commodément el pius proprement, un chantre de l'église cathédrale nommé Aubert donna un bassin d'argent (9), pour y mettre la pa-
D Miss. Ambr. Liturgicon, tom. I, p. 297.
(2) Durant les six premiers siècles ou consacrait l'eucharislie sur la patàne. C'est pourquoi on lit dans les plus anciens Sacramentaires de saint Grégoire : Nous cousarons et nous sanctitions celte palène pour y consacrer le corps de Jésus-Christ : Consecramus el sanciij ius hanc. gatenam ad conficiendum in ea corpus Domim nostri Jesu Christi (Sacram. S. Greg. Menard., p. 154). Voyez aussi le Yére Mártàue, om. Iii. Dans la sulte en a changé celte dans le Pontifical, ad confringen- 485. Ce qui s'observait à Vienue, recs consaerent encor.
dans la patàne.—ll faudra peut-être encore ôter du Pontifcil le mot ad confringendum in ea, parce qu'o& rompt Vhostie sur le calice, et non dans la patène.
(3) Diving gratis benedicllo consecret et ssnctificet banc patenam ad confringendum in ea corpus Domiul. Pontif. Rom., de Conseer. patenz. |
{4) Cnsecrare digneris banc patenam io admipistratiomem Eucharistiæ. Ibid.
(5) Dans les anciennes Vies des papes, qu'un appelle le
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tène jusqn'à ce qu'il fallût annoncer la come munion. On litcelte particularité dans l'ancien Nécrologue de Notre-Dame. Tel est à présent le rite parisien. Un enfant de chœur, ou un clerc en chape, la garde dans un bassin d'argeut jusqu'à ce que le sous-diacre la prenne au commencement du Pater, el la lienne élevée jusqu'à ces mots Panem nostrum, pour la donner au diacre, qui la montre aussi et la remet au prétre à la (in du Pater. A. Notre-Dame de Paris, on se sert d'une espéce de chape renversée le devant derriére, dont le chaperon, qui se trouve par devant, est ouvert pour laisser passer les bras; on appelle celte espèce de chape un soc. On s'en sert aussi à Chálons-sur-Marne, à Tournai et à Saint-Pierre de Lille, où on l'appelle tabarre (10). Selon le Missel de Grenoble de 1522, on enveloppait la paténe dans le voile du calice, et on la laissait ainsi en— veloppée sur l'autel au cóté droit du prétre.
3. On voit partout que celui qui tient la patène, soit couverte pour la conserver plus proprement, soit découverte pour la laisser voir, l'élève un peu. Ce qui se fait pour deux raisons : la première, .afin qu'on voie qu'il est prét à la donner dés qu'on lui fera signe; la seconde, pour avertir l'assemblóa que le temps de la communion approche (11).
1. Aux messes des morts el au vendredi saint, on ne montre point la paiène. Premièrement, parce qu'en ces messes on omet presque toules les cérémonies solennelles ; secondement, parce qu'aux messes des muris on communie rarement, el que selon les nouvelles rubriques écrites depuis deux ceuts ans, telles que nous les avons aujourd'hui on ne donne point la communion au peup.e le vendredi saint.
$ VI. L'oblation des fidé'ex.
AULRIQUE ET REMARQUE.
Le prétre s'incline et tiént les mains jointes sur l'autel en disant : 1n spiritu humili pour s'offrir humblement à Dieu avec tout le peuple.
Comme nous avons lieu de craindre qua notre indignité ne mêle dans l'oblation quelque chose qui soit désagréable à Dieu, il faut que nous nous y présentions avec les dispositions exprimées dans l'oraison suivante.
Pontifical de Damase, il est parlé d'on grand nombre ide
tènes d'or et d'arent, qui pesaient viugt-cinq et trente livres. Parmi les Gret tène est encore un grand plat assez profond. Go: in Euchol ,, p. 116.
(6) Amal. de Eccles. .37. »
(1) Comme. en plnsieurs Eglises, selón l'ancien usage, Ta patène a été gardée par nn acolyte, qui ne peut pas toucher les vases sacrés, l'on s'est servi d'an voile, afin qu'on ne la touchAt pas à main nue. On l'a fait aussi pour se couformer à l'ancienne loi, qui défendalt aux lévites de toucher les vases sncrés et de les porter découverts : Tuno enim inrabunt filii Caath ut potent intoluta, et non tangaut.
ia sanciuarii, ne moriantur. Num. 1v.
6) Acolythus educit patenam de exedris, quando dicitur, Sursum coráa. Amal. |. m, e. 27. .
(8) Qui dedit nobis vas argenteum ad patenam ibl cols
locaudam, usque dum ad communionem ostendatur. Ne»
Clo) Lrasage. de cetre chape a té aboli dans ces églises depuis la publication de cet onvrag (Note de l'Edu.) (11) Los gnum instantis communion, Miss. Par a.
Prière.
Nons nous présen- In spiritu hui tons devant vous avec tatis etin animo conun esprit humilié et. trito suscipiamur à un cœur contri; re- te, Domine; et sic cevez-nous, Seigneur, fiat sacrificium noset iites que notre sa trum in conspectu luo crifice s'accomplisse hodie, ut placeat tibi , de telle sorle aujoor- Dowine Deus.
d'hui en votre pré sence, qu'il vous soit agréable , Seigneur, qui êtes notre Dieu.
Cette prière est dans le Mi«sel mozarahe , dans deux anciens Missels d'Utrecht, l'un du neuviéme siècle, l'autre écrit peu après l'an 900, conservés à Liége et à Aix-la-Chapelle, et dans les autres Missels d'Utrecht inanuscrits el imprimés jusqu'au xvi siècle; dans un Missel écrit après l'an 1020, à l'usage de Notre-Dame et de Saint Servais d'Aix-la- Chapelle ; dans le Sacramnentaire d'Albi du Xi* siècle, dans les Missels de Lyon, de Vienne el des charlreux, dans ceux de Paris, des carmes , des jacobins, et dans tous les Missels imprimés que j'ai vus.
EXPLICATION,
SusciPIAMUR, recevez- nous. Ce seul mot fait voir clairement que le prétre et les assistants s'offrent ici ensemble. L'Eglise leur fiit emprunter pour ce sujet les paroles des trois jeunes hommes captifs à Babylone, qui, à la ue de la fournaise ardente où ils allaient étre jetés pour n'avoir pas voulu adorer l'idole, s'offraicnt avec lan! de courage en holocauste pour la gloire du vrai Dieu qu'ils adoraient : « Recevez-nous, Seigneur, disáieut-ils (1), avec l'offrande d'un cœur contrit el d'un esprit humilié. Comme si nous vous présentions avec des holocaustes de béliers et de taureaux, ct des milliers d'agneaux gras : que notre sacrifice so consomme aujourd'hui devant vous de manière qu'il vous soit agréable; parce que ceux qui mettent leur confiance en vous ne tomberont point dans la confusion. Et maintenant nous vous suivons de tout notre cœur : nous vous craignons, ct nous cherchons votre présence favorable. »
Cet esprit humilié, ce cœur contrit, avec lequel les trois jeunes hommes priéren! Dieu d'agréer le sacrifice de leur vie, qu'ils offraient dans les feux de la fournaise, nous averlit de nous offrir nous-mémes avec cet esprit bumilié et ce cœur contrit qui sont le vrai sacrifice que Di demande, comme parle le Prophète-Roi (2) : Le sacrifice que vous demandez et que vous aimez, Seigneur, c'est le sacrifice d'un cœur pénitent brisé de douleur. Le pécheur est humilié quand il rougil de ses fautes, el qu'il se regarde à cause do ses péchés, comme la plus vile des créa-
(1) In animo contrito et spiritu humilitatis suscipiamar. Sicul la holocausto arietum et taurorum, et sicut in millibus agnorum pinguium, sic flat sacrificium nostrum in conspectu tuo bodie, ut placeat tibi; quoniam non e«t confasio oofklentibus ln ic. Ét nunc sequimar te in tolo corde, et timemus te, et quærimus faciem tuam. Ne confundas nos; sed fac juxta mansuetudinem tuam, et secundum moliitidinem misericordie tue. Dau 1, 33, ete.
Lo
lures ; et son cœur est contrit quand il est
percé de douleur d'avoir offensé un Dieu,
qui doit être l'unique objet de son auour.