Le prétre élève le calice, comme il a
élevé le pain pour l'offrir à Dieu ; et il tient toujours les yeux élevés, parce qu'aucune dea paroles de la priére ne le détermine à lcs
‘baisser.
2. Aux grandes messes, il reçoit le calice des mains du diacre. Le vin devait être offert par le peuple comme le pain, et le diacre tient lieu du peuple. Comme les calices étaient autrefois fort pesants (T) parce qu'on devait consacrer assez de vin pour la communion du prétre, du clergé et du peuple, il était bien naturel que le diacre aidát le prêtre à le soutenir; le diacre d'ailleurs a une part spéciale au caliee, dont la dispensation lui était autrefois confiée, et la formule de la priére exprime le pluriel : Nous vous offrons, afiu qu'elle puisse être dite par le prêtre et par le diacre qui représente le peuple.
8. Le prétre fait un signe de croix avec le calice. Selon l'ancien Missel des Eglises d'Espayne, la prière Offerimus commençait par In nomine. Patris, etc. Ce qui déterminait ài faire un signe de croix avec le calice. Et quoiqu'on ne dise point ces paroles, des auteurs pieux (8), depuis l'an 1100, ont souhaité qu'on flt un signe de croix , afin qu'il parût par ce signe visible qu'on placait l'oblation sur la croix, autant qu'il était possi-
(6) Quæ copulatio et conjanctin ape et vini sic miscetur in calice Domioi, ut commixtio illa non possit ab luvis cem separari. Unde Ecclesiam... nulla res separare poterit. a Christo. Cypr. ep. 65.
(7) Dans fes Vies des papes Adrien I et Léon III, on voit des calices qui pesaieut dix, quinze et vingt livres Il y en a pourtant toujours eu de foris petits. Au trésor du Saint-Servais de Maestricht, on conserve celui qu'on croit avoir servi à ce saint, qui, du temps d'Attila, transféra la. siége de Tongres à Maestricht. Ce calice a deux anses, ct il est aussi petit qu'aucun de notre temps. La patène est
late et très-petite. À Saint-Vaast d'Arras, on a un calice
le saint Thomas de Cantorbéry. 1l n’a point d'anse, le pied est fort has, et la coupe large à peu prés comme nos ci boires. C'étaient peut- étre des calices de voyage.
(8) Honorius Gemm.
ble. On a voulu pour ce sujet qu'on placát l'hostie et le calice sur l'endroit de la croix qui est formée sur la pierre (1) de l'autel, et par conséquent au milieu.
b. Derrière l'hostie. Jusqu'au quinzième siècle, selon le rite romain, on placait le calice à la droite de l'hostie. Mais en France et en Allemagne on placait plus communément Yhostio entre le calice et le prétre (2). C'est ainsi que le marquent les anciens us de Cieaux , l'ordinaire des jacobins en 1254, et eclui des guillemiles dressé en 1279 pour les couvents de France et d'Allemagne. C'est aussi l'usage que l'Eglise de Rome a prescrit dans le Pontifical, imprimé pour la premiére fois en 1485 ; dans le Sacerdotal , ct ensuite dans tous les Missels. Cette disposition paraft plus convenable, parce qu'elle met sous les yeux et sous la main du prêtre l'hostie , qui doit être consacrée la première ; ct elle met davantage le calice hors de la porlée des mouvements des mains du prétre, qui pourraient causer quelques inconvénients.
5. On couvre le calice avec la pale, non par mystére, dit le Micrologue (3), mais par précaution, pour cmpécher que rien n'y lombe.
De la prière Offerimus, etc., en offrant le calice,
Nous vous offrons, — Offerimus tibi, Do- Beigneur, le calice du mine, calicem saluta-
*ralul, et nous sup- ris, tuam deprecantes plions vo‘reclémence clementiam, ut in de le faire monter conspectu diving macomme un parfum jestalis tut, pro nod'une agréabl: odeur stra ct lolius mundi cn présence de votre salute, cum odore divine majesté, pour suavilatis ascendat.
notre salut et. celui Amen.
de tout le monde.
Amen. t
Cette prière est dans le Missel mozarabe , c'est-à-dire dans l'ancien Missel des Eglises d'Espagne;dans l'ancicnue Messe donnée par lilyric, écrite vers l'an 990, dans le Sacramentaire de Trèves du dixième siècle, ct dans un Sacramentaire romain d'Albi écrit au onzième. Mais dans ces anciens manuscrits on ne lit pas pro nostra et totius mundi salute ; ces mots paraissent lirés d'une autre oraison de la Messe d'Illyric, où on lit pro redemptione nostra, el etiam totius mundi.
EXPLICATION
Orreniuus… Nous vous offrons, Seigneur.
Saint Augustin remarque (à) qu'on ne s'est jamais avisé de dire : Nous vous offrons à vous, Pierre, Paul, ou Cyprien; mais que ce qu'on offre cst off.rt à Dieu.
Le prétre n'avait parlé quen son nom dans l'oraison Suscipe. en offrant le pain. 11 varle ici au. pluriel, offerimus, nous offrons;
(1) Collocat directe super erucem in consecratione alta-
Tj sum create fuel, Dual. lv. iw, cop. 50, n, et 22.
(3) Voyez ce qne dit Grunez, qoi écrivit en 141 Tobvertute de T Académie de Lars k: Aliqui pr co suetudinem Romanam locant calicem ad dexterum lutus Bostiæ… vel secwidum alium usum oblula lecatur inter sace: dotem ei calicem. De Uflicio miss.
45) Cooperitur calix non tam causa mysterii quam cau-
Te le peuple, pour qui il vient de prier, et qui a bn éni et représenté dans le calice M le mélange de l'eau, prie préseutement ct offre avec lui; et, dans les messes solennel. les, il présente en quelque manière le calice, que le diacre, comme au uom du peoyle chrétien, lient avec le prêtre.
Cauca sazuTanis, le calice du salut. Le prétre ct le peuple offrent ensemble cette coupe, qui va être le ca'ice du sang de Jésus-Christ, el qui est appelée pour ce sujet le calice du saiut.
TuaM DEPRECANTES... Nous supplions retre clémenee de le faire monter comme un porfum d'une agréable odeur en présence de etre divine majesté. Le sang de Jésus-Christ ne
eut mauquer d'être agréable au Père céeste ; mais l'oblation, qui est très-agréable par elle-méme, peut ne l'étre pas à cave de l'indignité de ceux qui l'offrent : c'est ce qui nous fait implorer la divine clémence.
Pao WosTRA..... Pour motre salut ei celui de tout le monde. Le prêtre ct les assistants prient peur lear propre salut, et ils doivent aussi prier pour celui de leurs frères, qui sont répandus dans le monde : Priez les vw:
pour les autres, afin que vous soyez sautés, dit saint Jacques (5). ll n'est point de prière ps efficace pour le salut que celle qoi se ait en offrant le sacrifice, que saint Epiph
. ne (6) appelle le salut continuel de l'Eglise.
Le sacrifice est principalement offert pour le salut de tous les fidàles ; mais l'Eglise ne prie pas tellement pour eux, qu'elle ne soo-
aile aussi que 4ous les hommes soient saués (7), et qu'ils viennent à la connaissonce de la vérité. Elle ne perd pas de vue les prières qui se font le vendredi saint pour les hérétiques, les juifs et les patens , où nous disons : Dieu tout-puissant , qui ne désires pas qu'aucun périsse, qui ne voulez pas la mr du pécheur , mais sa conversion ef sa vie ,retirex-les de leurs ténèbres, el faites-les entrer dans votre sainte Eglise, pour la louangr et la gloire de votre nom. C'est ainsi qu'elle demaude le salut de tout le monde. Le fondement de celte prière est dans ces paroles de saint Jean (8) : Jésus-Christ est (a victime de propitiation pour nos péchés, et non-seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux et tout le monde.
8 V. Usago de la patèue aux grandes messes.
RUBRIQUE
Après la prière précédente Offerimus, l sous-diacfe reçoit du diacre la patène, qui couvre avec l'extrémité du voile qu'il a sur rs épaules ; il vient se placer. derrière le céébrant, et la tient élevée jusqu'à la fin du Pate! Aux messes des morts et au vendredi saint.
sous-diacre ne tient point la patéme. Ti. 5.
{elæ. Microl. c. 10.