‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 285 sur 480 · CHaPitRe PREMIER. — Jdée et définitien de l'office divin · texte numérisé non relu

CHaPitRe PREMIER. — Jdée et définitien de l'office divin

. — La prière est essentielle à lo craie rdigion, et pratiquée par les anciens jusiét.

— 2. Le Fils de Dieu en a fuit une loi, qu les premiers fidèles ont exactement suint.

—3. Différents temps destinés à la prürt.

— A. Rigueur des premiers offices. — 5. 0 les diminue. — 6. Conséquences des prisapes qu'on vient d'établir. — 7. Différeab noms qui ont été donnés à l'office. —8

devant Dieu que je suis déjà entré ea payement. e @ ue compte être quitte envers vous que lorsque le P 1" des misricordes di: de celui qui estareck. :

tendre respect, elc.» Que je me trouverai Lies dèlees de mes peines si ce bel exemple peut être suivil

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Sa définition. — 9. Nombre des heures qui le composent, — 10. Raïsons que l'Eglise a eues de le partager.

1. La prière, qui suppose un sentiment réfléchi de nos besoins, et une parfaite confiance en celui qui peut les soulager, est si essentielle à la religion, qu'on peut regarder comme fausses toutes celles à qui l'esprit d'oraison est étranger. Le législateur de la nalion choisie, formé sur le modéle des jus-

i nt précédé, connut tout le prix de ce saint exercice. Il s'en servit en quelque sorte contre Dieu méme, et plus d'une fois il arréta sa fureur qui ne demandai qu'à éclater. David ne fut un prince accompli que parce qu'il sut offrir au Trés-

Haut des vœux dignes de lui. Le feu sacré

qui s'allumait dans son cœur pendant sa

méditation répand encore et sa lamiére el sa chaleur sur ceux qui étudient ses cantiques. La prière du jour, quoiqu'il y revint jusqu'à sept fois, ne sulfisait pas à son arder : il se levait au milieu de la nuit pour célébrer la grandeur de son Maltre ; et il ne la célébrait que pour le rendre attentif à ses besoins et à ses gémissements. Salomon marcba sur les traces de son père. Les jours œil s’humilia en priant furent les jours de sa gloire ; et ce ne fut que parce que déjà près du bout de sa carrière, il eut lo malheur de s'arrêter, que son salut est devenu un problème aussi effrayant qu'impossible à ré-

soudre. Daniel priait trois fois par jour , Esdras quatre. Et qui doute que ces prières , dont le texte sacré nous a conservé la mémoire, ne fussent coupées par bien d'autres qui n'ont jamais transpiré?

2. Le Fils de Dicu, qui devait former un people d'adoratcurs en esprit et en vérité, apprit aux siens, par ses exemples el par ses paroles, le grand art de prier. Leur chute dans un temps où ils se flattaient d'une fidé-. lité à toute épreuve fut pour eux une vive leçon du besoin qu'auront toujours les chréliens de joindre la prière à la vigilance. Ils nelardèrent pas à en faire usage, et ce fut jar une prière unanime ct constante qu'ils se disposèrent à recevoir le Saint-Esprit. Ils apprirent aux autres ce qu'ils avaient euxmêmes appris de leur divin Maître. Les pré- Ceux monuments qui nous restent d'eux se lrminent presque lous à l'amour et à la prière qui l'obtient. Cette semence féconde germa et produisit le centuple chez les premiers fidéles. Dans le temps que la fureur des tyrans leur défendait d'avoir des temples, ils savaient s'en faire de la mer et de la lerre, des déserts et des campagnes, des pri-

(1) Cam ab omnibus fagaremur atque opprimeremur, ililomians tune quoque festos dies egimus. Quivis locus, %er, solitodo, navis, stabulum, carcer, instar templi ad pod conventus peragendos fuit. Dlonys. Alexand. apud

(2) Voyez l'Apologétique de Tertullien, où il appel semi tret Tett Dae Ürigène contre Celse.

(5) Mane, liora tertia, sexta, nona, vespere, noctis medí. per ordinem Psaherium cantabant. Hieronym. in Epiph. saucize l'aulm.

(4) Illam doceat et assuescat suo exemplo ad oratiunes

sons mêmes où Néron ct Domilien les enchafnaient (1). Leur prière, comme leur foi, s'aunoncait dans tout l'univers. Amis et en- : nemis, tous concouraient à la publier. Tertullien dans son Apologie célébrait celles de leurs assemblées qui devançaient l'aurore (2) ; le philosophe Celse leur en faisait un crime; Pline le jeune en informait les empereurs.

3. Mais quoique la vie des premiers chrétiens ne fût pour ainsi dire qu'une prière :

continuelle, il y avait néanmoins des temps qui lui étaient plus particulièrement. destinés. Saint Basile, saint Jérôme, saint Am-.

broise, parlent des sept heures que nous appelons aujourd'hui canoniales. Cassien , après avoir dit que les moines d'E pte et de la Thébaïde ne s'assemblaient, à cep tion du dimanche, que le soir etla nuit

our chanter ensemble les psaumés à la louange de Dieu, observo que ce doux et glorieux emploi réunissait six fois par jour Chacun des monastéres de l'Orient, de la Palestine et de la Mésopotamie. Les vierges consacrées au Seigneur étaient dans le même usage e. On le voit en plusieurs endroits de saint Jérôme. Mais rien n'est plus frappant que ce qu'il écrit à Léta. Il veut qu'on mette auprès de sa fille, qui ne faisait que sortir de l'enfance, une personne sage qui par son exemple lui apprenne à se lever la nuit pour réciter des psaumes, à chanter le matin des hymnes, à se tenir en faction, comme une guerrière dee Jésus-Christ, à:

l'heure de tierce, de sexte et de none; et enfin à couronner la journée en offrant, à la lueur d'une lampe, le sacrifice du soir (4).

5. Cette multitude de prières a longtemps subsisté dans l'Eglise, et ello y a subsistó avec tout ce qu'elle a de dur pour la nature ; je veux dire la longueur des offices ct l'ohligalion d'en faire une partie pendant la nuit. Un concile de Tours tenu aprés le milieu du sixième siècle veut quo vépres et malines n'aient jamais moins de douze psaumes, ct que celles-ci en aient trente pendant le Caréme (5). Les antiennes allaient à proportion ; el les unes et les autres étaient suivies d'un grand nombre d'oraisons. A l'égard de l'office de la nuit, il se disait dans un bon nombre d'églises à l'heure où il se dit encore la veille de Noél. Cé pieux usage s'est soutenu longtemps. Le meurtre de deux chanoines, assassinés pendant qu'ils allaient à matines, l'arréta à Rouen et à Chartres (6). Il ne subsiste plus aujourd'hui que daus la métropole de Paris (7), et dans la plupart des communautés religieuses.

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