Cette prière, que la rubrique prescrit
t Léontius d'Alexan-
Meo iren de l'église collégiale de Saint-Barthélemy de
^nis Chris? Optat. adv. Parme:
est dans plusieurs ancicnsSacramentaires (5 , dans un Pontifical de Narbonne de quatre ou cinq cents ans, et dans l'Ordre romain du x1v* siècle (6), où les prières sont déüillées : cependant les chartreux et les dominicains ne la disent pas. Les carmes ne la disaient pas non plus avant la réformalion de leur Missel en 1585, sous Grégoire XIII, parce qu'on ne la disait pas dans les églises d'où tous ces ordres ont tiré leurs Missels.
On ne l'a dite à Paris qu'en 1615, lorsqu'on a pris l'Ordo misse du saint pape Pie V.
2. Le prétre, arrivé à l'autel, le baise. Le baiser est un salut (7) el un signe de respect et d'amour (8). Le prêtre baise l'autel 9; par respect el par amour, comme le lieu ca notre Sauveur s'immole. Qu'est-ce que l'autel, dil Optat de Milève, si ce n'est le siége da corps et du sang de Jésus-Christ (10,? Else.
lon l'auteur du Traité des Sacrements, parai les œuvres de saint Ambroise : Qu'est-ce qu l'autel (11), si ce n'est la forme ou la figure du corps de Jésus-Christ, sur lequel il s'immole et s'offre en sacrifice, comme il s'est offert dans son corps?
3. Sans faire aucun signe de croi. Aulrefois le prêtre, en montant à l'autel, baisait la croix marquée dans les ancicas Missels.
Quelques-uns se .contentaient de faire ve signe de croix avec le pouce sur l'endroit de l'autel qu’ils devaient baiser. Les dominicains ont conservé cet usage. Mais la croit qu'on met sur l'autel depuis cinq ou sis cents ans a élé regardée comme un moyen suffisant de renouveler dans l'espri!
tre la véhération de la croix ; ct d'aillé en baisant l'autel il est censé baiser la cro par laquelle l'autel a été consacré, et quif demeure imprimée.
h. Le prêtre en baisant l'autel baise aussi, autant qu'il lui est possible, les reliques, c'est-à-dire les restes précieux des corps des sainls qui y sont renfermés, poür etprimer son respect et son amour pour c glorieux membres de nôtre communion, qu'il prend ici pour ses protecteurs el ses inlercesseurs. Dés les premiers siècles, le saint sacrifice a été offetl sur les lieux où les marpes avaient répandu leur sang, ou bie
ans les endroits où l'on a conservé les piécieux restes de leurs corps. Et il était Die convenable que le sacrifice de Jésus-Christ fût offert sur les corps des saints qui os l'honneur d'étre ses membres, et qui pour
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(7) Cotnmune salutationis oflfciom. Optat. Milerit Bà ft (8) Hebrzi juxta linguæ suæ proprietatem, deest tionem pro veneratione ponunt. Hier. Apol. ad Bal wo.L yog. 729.
(5) Anciennement les biles ne s'anreortsieot pola ét autels sans les baiser. Les soldats envoyés jer lisi" Vice Justine dans l’église où saint. Ambroise état steel peurle, dès qu'ils apprirent que l'empereor araltréror T'ordre de se saisir de la basilique, y entrère nt, cosnen t aux autels, el les haisèrent en signe de reset ei? paix : Irruentes in allaria osculis significare pacis nine Aunbros. epist. ad Marcel. soror. n. 36.
(10) Quid enim est altare, nisi sedes corporis et asa
(11) Quid enim est altare, Ambr. de Sacr. L. iv, c. 2, et
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son amour sé sont offerts visiblement en sacrifice, dit un ancien auteur parmi les œuvres de saint Augustin. Ce saint docteur dit sussi qu'il convenail bien de donner pour sépuliure aux marlyrs le lieu où la mort de Jésus-Christ cst tous les jours célébrée (1).
Lorsqu'on bâlissait des églises dans des lieux où il n'y avait pas encore eu de reliques, comme Saint Ambroise fit à Milan, on en mellail sous l'autel, pour placer sous l'autel de la terre ceux dont saint Jean avait vu les Ames sous l'autel du ciel (2).
Comme on n'a pas toujours eu des corps des saints à mettre sous l'autel, on a inséré du moins quelques porlions de leurs reliques dans la pierre sacrée. Et cet usage de ne point consacrer l'autel sans reliques a été si fort établi par la tradilion, que le septième concile général ordonna à lous les évêques, sous peine de déposition, de l'observer (3).
5. Éuelque recommandée qu'ait été celle pratique, on ne laisse pas de trouver depuis longtemps des autels sans reliques. C'est pourquoi le Missel romain, imprimé à Bâle en 1587, marque que, s'il n'y a point de reliques, on ometlra ces mots, quorum reliquia hic sunt. Le Sacerdotal romain et le Cérémonial des carmes iu marquent Ja méme chose. Alors il est indifférent de baiser l'autel. au commencement ou à la fin de l'oraison. Il est certain qu'on ne lo baise à ces mots qu'à cause des reliques, et qu'elles ont donné licu à l'oraison méme.
Nous vous prions , Oramus te, Domi- Beigneur, par les mé- ne, per merita sanrites de vos saints clorum luorum quodont les reliques sont rumreliquiæhicsunt, ici, et par les mériles et omnium sanctode tous les saints, rum, ut indulgere qu'il vous plaise me digneris omnia pecpardonner lous ines cata mea. Amen.
péchés.
EXPLICATION
Onamus.. Nous vous prions, Seigneur, par les mérites de vos saints. Le prétre, montan! à l'autel avec quelque crainte pour ses péchés, fait attention que les saints peuvent étre de puissants intercesseurs pour lui faire trouver grâce au saint autel, parce qu'ils ont été trouvés dignes d'entrer au sanctuaire céleste. C'est pourquoi il prie Dieu d'avoir égard aux mérites des saints, pour lui faire miséricorde et le laisser entrer au sanctuaire dé la terre sous leur protection.
Ur ixpuLGere DiGNenis. Les mérites des saiuts martyrs qui ont souffert et prié, nonseulement pour eux-mémes, mais pour lous les fidèles, seront toujours un moyen d'en-
(1) Convenienter ib martyribus sepultura decreta est vbi mors Domini quotidie celebratur. Aug. serm. 3.
(3) Vidi subtus altare animas interfectorum. Apoc. vi, 13.
3) Conc. Nicæo. n, cap. T.
i) Lib. n, rubr. 53, n. 6.
) Divin, Offi. c. 44.
(6) Versus adstantes divin meditationi insistere, nutibns et voce supplicat. Consuet. Clun.
(7) Sacerdos parat fratrum mentes, etc. Cypr. de Orst. Domin.
18) Act. 1, 15, etc.
(9) lu Psal.
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gager Dieu à user d'indulgence à l'égard des eines qui sont dues à nos péchés, si nous mplorons leur intercession, en combattant les désirs de la chair et du siècle, el en gémissaut de mener une vie si peu semblable à la leur.