ORATE, FRATRES
(Explication du P. Lebrun.) sr
BCDN QUE.
La prière Suscipe, sancta Triuilas étant finle, le prêtre baise l'autel, se tourne vers le peuple, étend les mains, les rejoint, dit d'une voix un pen élevée : Orate, fraires ; et poursuivant le reste secrètement, il achève le cercle, el retourne au milieu par le côté de l'Evangile.
REMARQUES
1. JU baise l'autel, qui représente Jésus- Christ, pour le saluer avant que de saluer le peuple, vers lequel il va se tourner. I! le salue tacitement, sous-entendant Dominus vobiscum, dit Beleth au xit* siècle (5).
2. ll étend les mains et les rejoint en disant : OnaTE, pour engager les assistants, par les gestes et par la parole, à la médilation (6), selon la remarque des anciennes coutumes de Cluny.
3. Il dit d'une voix un peu élevée : OraTe, PRATRES, pour étre du moins entendu de ceux qui sont autour d^ l'autel. Il appelle les assistants mes frères. Saint Cyprien les appelait de méme (7), aprés saint Paul. C'est ainsi que les chrétiens so sont nommés les uns les autres depuis le commencement do l'Eglise (8). Vous éles tous frères, dit Arnobe (9), nés d'un méme père, Jésus-Christ, et d'une méme mère, l'Eglise. Le prêtre n'ajoute point : Et vous, mes sœurs, quand il n'y aurait presque que des femmes à la messe. ll s'adresse au principal sexe de l'assemblée , sans exclure l'autre, pire qu'à l'égard de fous ceux qui ont été baptisés, dit saint Paul (10), il n'y a ni homme ni femme: vous n'étes tous qu'un en Jésus-Christ. On lit pourlant dans la messe donnée par Illyric, écrite vers l'an £00, et dans un Missel d'Utrecht vers le méme temps (11) : Priez pour moi, qui suis pécheur, vous, mes frères et mes sœurs; el cel usage devint assez commun, aux xir et xii siècles, en plusieurs églises * éloignées de Rome (12) ; ce qui s'est mêine conservé à Paris jusqu'en 1615, et à Meaux jusqu'en 1642. Mais on est revenu partout au plus ancien usage.
Quand les prétres à la messe, el les prédicateurs en chaire, disent mes fréres, s'adressant au principal sexe, les femmes comprennent bien qu'elles doivent s'appliquer tout ce qui s'adresse à l'assemblée (13).