‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 376 sur 480 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

(Résumé d'un grand nombre de Rituels, par Beuvelet.)

Qu'est-ce que recommandent les Manuels uw curé, à l'occasion du sacrement de l'ordre? Deux choses principales. La première , c'est d'avoir un soin tout particulier de ceux de sa paroisse qui se disposent à entrer en l'état ecclésiastique, ou qui déjà y sont engagés : obligation qui vient de ce que le curé doit rendre témoignage, suivant les saints canons, aux supérieurs , c'est-à-dire à l'évéque ou à l'archidiacre, de la bonne ou mauvaise vie des clercs de sa paroisse, pour connaitre s'ils seront capables des ministères ecclésiastiques ; ce qui ne se peut faire qu'on n'ait premiérement examiné leur vocation, leur aptitude, leur inclination, ct qu'on n'ait observé de longue main et étudié arcc soin la conduite de leur vie. Ad minores ordines , dit le concile de Trente, promovendi, bonum a parocho et a magistro scholæ in qua educantur testimonium habeant. Hi vero qui ad singulos majores erunt assumendi, per mensem ante ordinationem episcopum adeant, qui parocho, aut. alleri cui magis expedire tidebitur committat , ut nominibus oc desiderio eorum qui volent promoveri, publice in Ecclesia propositis, de ipsorum ordinandorum natalibus, etc., diligenter inquirat : et litteras testimoniales ipsam inquisitionem factam continentes, ad ipsum episcopum quamprimum transmittat , Conc. Tr. , sess. 23, de Reform., c. 5.

n quoi doit paraître le soin du pasteur à l'égard de ceux qui se disposent à la cléricature dans sa paroisse ?

Premièrement en la connaissance qu'il doit en prendre, remarquaut soigneusement ceux d'entre les enfants qui pourraient être dans le dessein de se donner à l'Eglise, soit que cela vienne de leur propre mouvement, soit par destination de leurs parents, afin de veiller à la conservation de leur innocence, de les élever dans la piété el les vertus chrétiennes, et les nourrir de bonno heure dans les sentiments de la discipline ceclésiastique, leur recommandant la fréquentation des églises, au service divin , et la conversation des personnes ecclésiastiques. Sunt nonnulli, dil un concile fort ancien, parochiani presbyteri, quibus nulla sollicitudo est habendi clericos, cum quibus omnipotenti Deo, laudum | debita. persolvant officia; proinde instituit. hec sanctu synodus, ut omnes parochiani presbyteri, juzta ut in rebus sibi a Deo creditis sentiunt. habere eirtutem, de Ecclesie suc familia clericos sibi faciant quos per bonam voluntatem ita.

nutriant, ut et officium sanctum digne per- «gant et ad servitium suum aptos «os habeant,

bus. Per. Dominum.

ono

elc. Concil. Emiritens.

circiter 666.

Secondement, le curé ne doit pas se conte ter de cette éducation, mais autantque post ble i! doit, suivant le sentiment de l'Eglise , les faire demeurer avec lui, pour les pouvoir ^ instroire plus facilement et en répondre avec plus d'assurance. C'est ainsi que parle le concile de Vaza, l'an 523, sous Jean ll, cap. 21. Placuit ut omnes presbyteri qui sunt in parochiis constituti, secundum consuetudinem quam per totam Italiam satis salubriter teneri cognotimus juniores, lectores, elc., secum in domo, ubi habitare videntur recipiant; et eos quomodo boni patres spiritualiter nutrientes, psalmos parare, lectionibus divinis insistere , et in. lege Domini erudire contendant, ut sibi dignos successores provideant , et a Domino premia eterna recipiant.

Troisiómement, il doit avoir égard si les clercs qui sont sur sa paroisse s'acquillent des fonctions de lenr ordre, quelles études ils font, quelles compagnies ils fréquentent, s'ils assistent au service public, s'ils portent l'habit et la tonsure ecclésiastiques. Saint . Charles y ajoute d'en faire rapport tous les trois mois à l'évéque : Pracipitur presbyteris ut clericos gujuscunque sint ordinis in parochia sua commorantes moneant quod tonsuram congruentem et hohestum habeant habitum

nos:

sub Vilaliano, an.

Jjurta canones. Et si aliqui in hoc inobedien-

tes vel rebelles fuerinl, monitione premissa ab ingressu. ecelesie arceantur. Quod si aliquis de hujusmodi presumptoribus tante sit potestatis quod sine scandalo a presbytero predicto coerceri non possit, episcopo nuntietur. Constit. Güill. Paris.

Que doit il observer pour ceux qui se disposent aux ordres majeurs ?

Il doit, 1° aux approches de l'ordination, examiner plus sérieusement leur conduite, le bon ou mauvais exemple qu'ils ont donné dans la paroisse, s'en informer secrètement, . et pour en avoir un témoignage plus authentique,le dénoncer par troisdimanchesou fétes consécutifs à la messe de paroisse, en sorte que la derniére soit faite avant le mardi de la semaine précédente de l'ordinalion, à la maniére que se font les bans de mariage, afin que le peuple qui a intérêt à leur promotion puisse déclarer s'il y a quelque chose qui les rende indignes de s'avancer aux ordres; le tout en la forme portée dans les Manuels.

2: S'il y a quelqu'un qui se présente pour le sous-diaconat, outre ces dénonciations il faut encore faire lecture au peuple du titre en faveur duquel il sera ordonné, à quoi, si personne ne mel d'empéchement, il pourra, vingt-quatre heures aprés la publication faite, donner son témoignage dans lequel soit faite mention de sa vie et mœurs, de sa naissance légilime, de ses études et capacité, el de l'exercice qu'il aura fait de ses ordres. Le formulaire s'en trouve dans les Manuels.

3 S'il arrive que quelqu'un de ceux qu'il aura ainsi élevés parvient à étre fait prétre, il lui doit enseigner exactement les cérémonies de la messe , et le préparer au plus tôt

pour offrir son sacrifice avec le plus d'appareil qu'il sera possible, évitant soigueusement , et empêchant de toutes ses forces les abus d'ordinaire qui se glissent en pareilles rencontres , conformément aux décrets des ronciles.

T'ollant episcopi sumptuosa convivia, ludos, choreas eb oinne. inanium oblectamentorum genus, ceterosque omnes abusus qui populi temeritate , aut sacerdotum avaritia in noce, ut vocant, misse celebrationem irrepserunt, et in eos qui in hoc genere aliquid peccarint, epi-

scopus graiiter animadvertat, Concil, Mediol.

av, tit. de Miss.

Predecessorum nostrorum ducti. vestigiis statuimus inhibentes hujus sacri approbatione concilii , ut nullus sacerdotum movitiorum, illa die qua primam missam celebrare voluerii in exordio publicationis sanctissimi sui officii obluturus Deo primitias gratie ac salutis sibi collate, qe ad convitium intitare, aut tnvitatos habere, aut procurare per se "nm alium ullo modo presumat; sed ad solum Deum, cujus militie est ascriptus, dirigat aciem sui cordis mazime die illa devotus, curis et sollicitudinibus temporalium, quibus mentes hominum distrahuntur, exutus, remotis vanitatibus histrionum, qualibuscumque tumultibuset insolentiis reproborum, qui etiam. sepe venire assolent non vocati. Council. Sa- Jizburgense, de Celebratione missarum.

Atque ut multa paucis comprehendantur , dmprimis quod ad avaritiam pertinet, cujusvis generis mercedem conditionis, pacta et quidquid pro missis novis celebrandis datur, nec non importunas, atque illiberales eleemosynarum exactiones. potius quam posiulationes aliaque hujusmodi , que a simoniaca labe, vel eerte a turpi quaestu , non longe absunt , omnino prohibeant. Concil. Trid. , decr. de Observ., eviland. in celebrat. miss., sess. 29. ]d statuitur in conc. Narbon. an. 1609, tit. de Sacrif. misse.

Quelle est la seconde chose que le Manuel recommande au curé à l'occasion du sacrement de l'ordre?

C'est d'en parler quelquefois dans son prône, selon les occasions qui se présentent, comme aux dimanches devant les Quatre Temps, pour recommander au peuple de prier Dieu dans cette semaine pour les évéques qui ont à faire choix des personnes pour les ministères ecclésiastiques , et pour ceux qui doivent étre promus aux ordres,

our leur en faire connalire l'excellence et leur donner de la vénération pour les ministères ecclésiastiques, pour renouveler en eux l'esprit de la grâce reçue en l'ordination el lcs. exciter À en faire les fonctions avec plus de zéle; mais principalement pour appreudre aux parents, qui ont des enfants à présenter à l'Eglise, lo manière avec laquclie A faut y procéder.

De quoi doit-on donner avis aux parents touchant celle matière?

** I fant les iustruire de la nécessilé de la ition à l'état ecclésiaslique, leur faire voir “mérité de ceux qui s'y ingèrent d'euxes, les ehátimenls que Dieu en a pris,

un

les maux qui en arrivent non-seulement à ceux qui y sont ainsi engagés , mais eucore à toute l'Église; surtout quand c'est pour la tonsure, leur représenter qu'il n'y a poinl de si dangereux égarement que celui qui com mence dés le premier pas qu'on fait, nide si universelle corruption que celle qui coule de la source dans les ruisseaux ; que c'est un mensonge horrible aux yeux de Dieu de n'avoir point dins le cœur ce que l'on promet de la bouche, c'est-à-dire de n'avoir pas véritable dessein de se donner à lui, d'abandonner les soins superflus des choses de a terre, el de mener une vie conforme à la sainteté et aux obligations de son état.

2° |I faut les instruire touchant la Ga, le

“motif et l'intention que l'on doit se proposer en se donnant à l'Eglise, qui ne doit pan d'en devenir plus riche, d'établir sa fortune, de soulager sa famille, comme il arrive souvent, mais de rendre service à Dieu dans l'élat ecclésiastique; qu'il serait fort à soubailer que les parents qui voient de bonnes iutiinations eu leurs enfants, et qui reconvaisent en eux quelque sorte de vocation par l'aptitude et l'affection qu'ils pourraient aruit à la piété, à la science et au culte ,0 fissent un sacrifice à Dieu; mais qu'il aut bien se donner de garde que cela se fasse par aucun mouvement naturel, qui regarde la Chair et le sang, mais par l'opération de la grâce, el avec une intention toute droile el loute pure, sans mé'ange d'aucua inlér&i humain, comme font ceux qui d'entre leurs enfants choisissent les plus stupides, les plos ineptes, les plus contrefaits pour donner à VEglise, pour la décharge de leur famille, sans avoir aucun soin de les élever dansles verlus chrétiennes el les sentiments de leur condition, ni de les cn faire informer par d'autres ; que c'est donc un abus inlolérabie deceux qui non-seulement font tonsurer leurs enfants sans autre motif que celui de lesr procurer des bénéfices, dont ils se servent comme de leur propre (le titulaire n'en ayant souvent que la moindre part), ne considérant pas les malbeurs qu tirent par là sur leur famille, ct quo le bien d'église, qu est sacré et le patrimoine de Jésui-Chris!

étant mélé avoc des biens profanes , les cecsomme et les dévore, comme la ba, d'Aaron changée en serpent dévora celles des prétres égyptiens; mais encore plus de crox qui, passaut plus avant, prennent sogrest pour cela leurs afnés, en aticndant que qc qu'un des autres soit en âge , de sorte que non-seulement ils n'ont pas dessein de le douner à Dieu, mais qu'il s'en trouve pltsieurs qui seraient inconsolables si leurs c9fants, usant do leur liberté, s'y donsaienl d'eux-mêmes.

La troisième chose, c'est de leur faire coenaltre qui sont ceux qui out des emp ments canoniques, comme sont ceux qui sel liés de quelque censure, ou qui sont quelque irrégularité; les n£opb] tes. osa veilement convertis à la foi; les pésitset publics; les énergumènes, vu possédés der démons; les fous , ceux qui tombeni da mil

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