On demamde donc en premier lieu
. quelle conduite doit tenir ua prétre qui ne peut remédier au défaut essentiel de sa mafière, parce qu'il n'a point d'hostie qu'il puisse substituer à celle qu'on lui a présentée.
. . ll faut distinguer : ou ce prêtre s'apercoit de cel accident avant la consécration du calice, ou il ne s'en aperçoit qu'après. Dans la première supposition il doit sortir de l'au-
:lel et ne pas consacrer une mulière qui n'est pas capable d’être consacrée ; dans le second cas, s’il ne peul trouver de pain levé, il doit continuer la messe et omeltre les paroles et les signes qui répondent aux espèces du pain. {l faudrait suivre la méme méthode si après la consécration de l'bostie on reconnaissait qu'on a pris pour du vin co qui n'en était pas eL qu'on ne püt en avoir d'autre. Il est bien vrai que dans ces deux hypothèses le sacrifice sera imparfait; mais ilest vrai aussi que c'est un malheur que le célébrant no. peut plus empêcher, que s'il y & eu de la négligence de sa part , il doit s'en humilier devant Dieu le plus tót qu'il lui sera possible.
8. On demande en second lieu s'il suffit d'offrir mentalement le pain ou le vin dont où remplace celui qu'on n'avait offert verbalement que par erreur.
La rubrique, en prescrivant qu'on offre au moins en esprit (oblatione saltem mente concepta) la matière au sujet de laquelle on s'est trompé, insinue qu'il serait mieux do
- répéter l'oraison Suscipe, sancte Pater, ou l'Offerimus ; le mot saltem nq peut avoir
- d'autre sens, et c'est à quoi on doit s'en tenir quand rien n'oblige au contraire. Cependant.
il est clair par le texte méme que cette offrande verbale n'est pas absolument nécessaire, et Gavantus en conclut qu'on n'est tenu ni à mettre la nouvelle hostic sur la paténe, ni à faire avec elle et sur elle les signes de croix prescrits dans le Missel (2). On 8e contente de cette dernière sorte d'oblalion, quand on ne peut aisément revenir à l'autre, soit parce que l'on récite déjà certaines parties du canon, qu'on ne peul couper , soit
. parce que l'on donnerait de l'iaquiétude au peuple qui se trouble lorsqu'il voit le prétre quitter son chemin et revenir sur ses pas.
Nous examinons ailleurs s'il est permis
que, et prosequatur miam; ne s3cramentum remaneat hnperfectum, et oi debitus servetur ordo. Ibid., n. 6. + (8) Gorantus, m p. tit. 5, n. 4, lit. q.
[3] Contin. Prerleel. Teurnely, tom. Ut.» 774
de recevoir aprés l'oblation de la grande hostie de petites formules qu'on présente quelquefois pour la communion des fidil.s.
9. On demande en troisième lieu si, au lieu de recommencer à ces paroles, Qui pridie, la consécration du pain où du vin qe l'on substitue à une malière viciée, il ne serait pas à oropos de recommencer à li prière, Quam oblationem, par laquelle le pré. ire demande que le pain soit changé a corps, et le vin au sang de Jésus-Chnsi Notre-Scigneur : Ut nobis corpus et sanguis fat dilectissimi Filii tui , etc.
La solution de cette difficulté dépesi d'une question qui fut agitée avec aulaut de force que de politesse entre le P. Lebrus, prétre de l'Oratoire, et le P. Bougeant, jsuite. Le premier soutenait que les paroles de l'institution, Hoc est corpus ; hic est sesguis , ne sont qu'une partie de la forme de la consécration ; et qu'afin qu'elles aient leur effet, il faut y joindre la prière qui demande le changement du pain et du priére qui dans la liturgie latine se fail qu'on récite les paro!es de l'institution, mais qui dans les liturgies orientales ne se dit qu'un peu de lemps après. Celle question, que nous avons trailée avec étendue dans un de nos derniers ouvrages (3), n'entre point dans le plan de celui-ci. Nous nous contenterons donc de dire en deux mots qu'il faut s'en tenir à la rubrique, et que l'oyinion de ceux qui regardent l'inrocolion comme nécessaire à Ja validité de la consécration nous paraft aussi contraire au cotcile de Florence qu'elle est opposée au ststiment commun des théologiens (). On à si fortement enleyé au P. Lebrun, Claude de Saintes et Nicolas Isambert , qu'il n'y a ps d'apparence qu'on ose jamais nous le costester (5).
10. On demande en quatrième lieu à qv le prêtre peut donner une formule corroapuc, qu'il ne prendrait pas, ainsi que lelu permet la rubrique par celte disjonclire:
Sumat vel alii sumendam éradat, vd olicdi feverenter conservet.
li me semble qu'il ne la pourrait doner qu'à des enfants ou à des personnes qui [ossent en élat de grâce, parce que, quoiu une malière substantiellement gâtée s* change pas de nalure en vertu des paro'es de la consécration, on peut souvent douter si elle est tellement corrompue qu'elle ne puisse du Lout étre consacrée ; et ce doule, qui, quand il est bien fondé, suffit pour Iii en substituer une autre, parce que l'on me peut se contenter d'uno malière douteuse, ae suffit pas pour la traiter comine ca commun. Le meilleur et le plus sûr en pr reil cas est de s'en tenir à la première parie
(3) Voyez Le cardinal Bessarion, Leon Allaitas,Arosäes Bellarmin, Bana, Goar, Mabllun, tome 11 Maser It ? 215, et Merati, qui les cite avec plus d'eteudue, , 0n # tit. S, ad num, 5.
49) Foyez T'Apolngie des anciens docteurs de b tsi de théologie de Paris, Claude de Saintes «t Kieotzs bas "bert, Paris, 1723, par lé P. Holguso Ch. E.