‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 388 sur 480 · PA · texte numérisé non relu

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entièrement distingué du premier. Rien en effet ne lui manque de ce qui peut faire un, sacrifice complet : il a sa double oblation, sa double consécration, sa double communion.

Donc il n'y a rien qui l'unisse avec la consé-" cration du premier vin, el pár conséquent celle-ci n'est pas complétée, mais elle demeure imparfaite. Or quelle apparence que l'Eglise veuille laisser imparfait un sacrifice

ui se peut achever sans inconvénient ?

Parce qu'une nouvelleconsécration du pain etdu vin doit naturellement surprendre et troubler le peuple; inconvénient toujours fácheux, et qu'il faut éviter autant qu'il est possible. Ainsi raisonnent plusicurs théologiens, que suit Quarti dans un ouvrage imprimé à Rome (5) el à Venise

Et les raisons de saint Thomas, sur lesquelles se sont fondés les rubriquaires ne l'étonnent point. 11 répond à la première qu'il n'est pas de l'essence du sacrifice que le corps soit consacré avant le sang; qu'à la vérité on ne pourrait sans péché mortel renverser gratuitement cet ordre établi pae Jésus-Christ méme, mais qu'il n'y a aucun mat à le faire, quand on ne peut autrement suppléer ce qui manque à la perfection du sacrifice; qu'après tout, ce méme ordre est renversé quand on s'apercoit du défaut do Yhostie avant que d'avoir pris le précieux-

- sang ; puisque en ce cas la rubrique oblige

bien à consacrer de nouveau pain, mais non pas à consacrer de nouveau vin.

Quant à la seconde raison, il prétend que les rubriques renfermées sous le titre de Defectibus né sont que de pures instructions, et non pas des lois qui obligent. Il le prouve par l'autorité de Suarez lui-méme. Enfin il remarque que dans le nouveau Missel (tit. de Defectu vini) la rubrique, après avoir propo»é au prétre, qui par mégarde n'a que de l'eau dans le calice, de consacrer de nouveau le pain el le vin, lui permet de ne consacrer que le vin, supposé qu'il célébre devant plusieurs personnes, à qui cette double Copsécration pourrait donner de l'inquié-

Ces raisons me paraissent si solides, que je ne puis condamner ceux qui s'y rendent.

Cependant un juste respect, je ne dis pas pour les ordres, mais pour les plus légères insinuations de l'Eglise, mo porterait à suivre la rubrique, bien persuadé que tous les termes en ont été pesés à un poids rigoureux. Je ne m'en éloignerais donc que dans le cas où je ne pourrais la suivre, sans trop alarmer la multitude, ou sans s'arréter trop longlemps

12. On demande en sixième lieu ce que doit faire le prétre quand il ne s'apercoit du défaut dela matière que quelque temps après la communion.

R. Ou le défaut de la matiére tombe à la fois sur le pain et sur le vin, ou il ne tombe que sur l'un des deux. Dans ce dernier ca», le prétre doit y suppléer, tant qu'il n'a pas

plendum quod incaute fuerat prætermissum. Innoc. €. 1, de Sacram. non iterandis.

(9) Quart, part. ws, tt. 8, sect. 3, dub. 3.

(f) In talibus soa. e&t liquid iterandum, sed caute sop- ,

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quitté l'autel. S'il en est déjà sorti, il ne doit pas y retourner pour faire une nouvelle con- -sécration. Ce ne serait plus là continuer son premier sacrifice (si les deux espèces n'y sont pas essentielles), ce serait en commencer un second ; et c'est ce qui n'est pas permis à un prêtre qui n'est plus à jeun.

Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsqu'il

a eu de l'erreur sur le pain et sur le vin, I prétre n'est tenu, ni ne peut consacrer une vraie malière. Il n'y est pas tenu, parce qu'il n'y a point de sacrifice commencé que l'on soit obligé de parfaire. Il ne le peut pas, parce qu'il n'est plus à jcun, et qu'il n'y a point de nécessité qui le dispense d'y étre.

Ce serait autre chose si, avant la consécration, il s'apercevait du double défautdont nous parlons : car alors il serait obligé de se procurer la matière compétente, s'il le pouvait, sans attendre trop longtemps. S'il ne s'apercoil de son erreur qu'après avoir prononcé les paroles de la consécration, j'oimerais mieux le voir consacrer de nouveau, que de quitter l'autel, à moins que le trouble et la confusion qui ne sont que trop ordinaires dans des cas si frappants, ne le missent hors d'élat de poursuivre comme il faut. Tout ceci est fondé sur le sentiment commun des docteurs (1).

13. On demande enfin ce que doit faire un homme qui doute avec fondement si la matiére présente est ou n'est pas propre à la consécration.

La réponse est aiséc. S'il doute avant que d'avoir prononcé les paroles de la consécration, il doit ou se faire apporter une matière incontestable, ou, si cela ne sc peut, en demeurer là, parce qu'on ne peut sans un énorme sacrilége exposer le sacrement et le sacrifice au danger de nullité. S'il ne commence à douter qu'après les paroles de la consécralion, il doit encore, si cela est possible, consacrer, mais sous condition , une maliére süre, parce que c'est le seul moyen qu'il ait de remédier à l'inconvénient de la nullité du sacrifice. En ce cas il pourra prendre à la fois les deux hosties, ou l'une aprés l'autre, sans avoir égard au jeüne naturel , dont l'observation exacte ne lui est pas possible.

Al y aurait plus d'embarras si le doute tombait sur la matière du sang, et qu'on n'eüt qu'un calice. Jo ne verrais pour lors rien de mieux à faire que de prendre d'abord la matière douteuse, d'en consacrer une plus sûre sous condition, el de la prendre comme la première.

Si l'on n'était pas à portée de substituer une maliére certaine à celle qui est douteuse, il faudrait toujours continuer l'action

(1) Fide Conink, q. 85, art. , n. 180; Suarem, disp 85, sect. 1; Advers. de Sacrificio, q. 11, sect. 19.

(3) Si hostia consecrata dispareat, vel casu aliquo, ut vento, aut miraculo, aut ub aliquo animali accepta, et nequeat reperiri, tunc allera consecretur, ab eo loco inci piendo : Qui pridie quam. pateretur, facia ejus oblatione, Ct supra. Rubrica, ibid., n. 7.

(3) Si miraculose corpus Christi ia altari sub specie car-

[i du sacrifice, parce que, dans «a supposilion. du doute, il n'est pas sûr que la matière of. ferte ne soit pas valablement consacrée. Du reste, en tout ceci nous parlons d'un doute probable et légitime. Il faut compter pour rien des inquiétudes mal fondées; il en est qu'on peut déposer par le jugement de quelqu'un de ceux qui entendent la messe, par exemple, en leur faisant goûter o une formule, ou du vin semblable à celui qu'on à consacré.

15. Si l'hostie consacrée disparall ou par accident ou par miracle, et qu'on ne puisse la trouver, il faut en offrir une autre, el la consacrer, en commengant à ces parole:

Qni pridie (2). Gavantus, dans le cas d'an disparition miraculeuse, ne regarde une seconde consécration que comme un conseil, ét c'est ainsi qu'en parle saint Thomas (3).

D'autres prétendent qu'il vaudrail miear s'en abstenir, non-seulement parce que Die dispense de la communion quand il ensos- .

trait la matière, mais encore parce qu'il semble alors ne la vouloir pas. Ici comme ailleurs jesuivraistaleltredes rubriques, sauf à n'en pas venir à une troisième consécrilion, si le miracle opéré sur la première for: mule recommençait sur la seconde. Si l'hestie se changeait en chair, ou qu'elle présentát la forme d'un enfant, comme il est quelquefois arrivé, on ne devrait pss la prendre en cet état, mais la conserver:ceit encore la doctrine de saint Thomas (5j. Ces cas sont si rares qu'il serait inulile de s arrêter plus longtemps. Oa peut lire sur cele matière les auteurs quo nous citons dae les notes (5).

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