PAR
« En dehors de la question d'art, queis doivent étre les caractères du chant? — en lui-méme? — dans son exécution ? — Que penser des chants en langue vulgaire, — considérés en eux-mêmes et à part leurs défauts accidentels ? — en regard de l'esprit de l'Eglise? — L'usage en est-il ancien ?— Quels ont été les divers effets de cet usage depuis quarante ans? — Dans quelles limites faudrait-il le renfermer? — Que penser de certains recueils? — Pourrail-on obtenir sur cela une cerlaine unilé diucésaine? — Comment?»
« Quelle est l'hymne que chanta Notre- Seigneur dans l'institution de l'eucharistie? — Quel fut le caractére et quelles furent les sources des premiers chants liturgiques dons l'Eglise ? — Quelles sont les différences d'origine et de caractère général entre le chant ambrosien et le chant grégorien? — Quelle est l'origine de la musique moderne? »
On peut lire l'instruction pastorale du méme prélat, sur le chant ecclésiastique ( Voy. CuanT, CanriQUEs , ORGANISTE )
PARRAINS (Résome d'un grand nombre de Rituess, par Beuvelet.)
La coutume d'admettre des parrains au bap téme est-elle bien ancienne dans l'Eglise?
Oai, nous la voyons observée de tout temps, comme saint Denys, saint Auguslin, saint Chrysostome, et les autres Pères le lémoigent.
Comment les parrains sont-ils nommés chez les saints Pères?
lis sont appelés par Tertullien susceptores et sponsores, el par saint Augustin fidei doctores et fidejussores, et dans les conciles, compatres spiritüales, et anadochi, autrefois parentes lustrici, qui sont autant de noms qui leur marquent ce qu'ils sont obligés de faire à l'égard de leurs filleu!s.
Pourquoi prend-on des parrains au baptéme?
4° Pour présenter à l'église celui qui veut être baptisé; 2* pour lui imposer le nom et être témoin du baptéme; 3° pour répondre eu sa place aux interrogations qui s'y font, et renoncer pour lai au diable, à ses pompes et à ses œuvres (si l'enfant pour son âge n'en est point capable); #° pour l'instruire dans la doctrine et dans les mœurs du christianisme, Y Eglise ne voulaut point s'en rapporter aux parents, qui n'aiment souvent leurs enfants que par les mouvements de la chair et du sang.
C'est ainsi que saint Denys dit qu'autrefois le parrain faisait promesse d'instrui'e sou filleul en ces termes, Spondeo me puerum induclurum cum ad sucram intelligentiam venerit, sedulis cohortationibus meis, ut abrenuniiet contrariis omnino, profiteatur peragatque divina, que pollicetur. Et là méme, il appelle le parrain, Sancte salutationis susceptorem, sub quo reliquum vite puer debeat. degere fonquom, sub spirituali patre. S. August., serm. 163, de Temp. : Vos ane om-
via, tam mulieres, quam. vtros qui filios in
TAR are
baptismate suscepistis, moneo, ut vos coynoscatis fidejussores apud. Deum ezstitisse pro illis, quo visi estis de sacro. [onte suscepisse, adeoque semper eos admonete ut castitatem cus. todiant, justitiam diligant, charitatem teneunt, ante omnia Symbolum et orationem Dominicam, et vos ipsi tenete, et illis, quos ez sacro fonte suscepisiis ostendite, Et ailleurs : Quos de sacro fonte suscepistis docete el castigate.
Ut parentes filios et patrini eos quos de fonte lavacri suscipiunt erudire summopere studeant. ]lli quia eos genuerunt et eis a Domino dati sunt; isti quia pro eis fidejussores existunt (Conc. Arel. vi, can. 19, an. 913).
De fide unusquisque compater, vel parentes, vel prozimi filios suos spirituales catholice instruant, ita ut coram Domino ratiocinari debeant (Capitulare Caroli Magni 18, et con:
cil. Mogunt. can. MT). Sane a quibusdam, quamvis fides Christi. inhianter erpetitur, aliter tamen agitur quam divina auctoritas.
testetur, quia illi qui in sua sponsione aliquos de sacrosancto fonte suscipiunt nec fide, nec baptismatis sacramento sunt. instructi, et id. circo eos quos suscipiunt et secundum sanctofum Patrum documenta docere debuerant, erudire nequeunt. (Concil. Paris. vi, lib. t, can. 7).
Combien peut-on admettre de parrains?
Le concile de Trente soubaiterail qu'il n'y.
eût qu'un parrain ou une marraine; il uo doit donc y avoir, tout au plus, qu'un parrain el une marraine, ét aux lieux où se pralique le contraire, les curés doivent s'elforcer d'abolir cet abus.
Peut-on ddmeltre loutes sortes de personnes pour {enir les enfants sur les fonts?
Non; car nos Rituels défendent d'y admet-tre les infidèles, les hérétiques, les excommuniés, les pécheurs publics, les infâmes, ceux qui sont reconnus pour n'avoir point été à la confession ou à la communion à Pàques, ceux qui sont insensés ou hébétés, qui n'ont point de domicile certain, ou qui ignorent le Symbole des apôtres, l'Oraison Dominicale, les commandements de Dicu, e! de l'Eglise; et d'autres ajoutent ceux qui no sont pas confirmés.
Peut-on admettre des personnes religieuses:
de l'un ou de l'autre sexe?
Non, les saints canons le défendent et tous les Rituels.
Peut-on admettre des clercs? .
Autrefois ils en faisaient ordinairemens l'office, n'y ayant rien en cela qui, de soi, ail aucune répugnanec à leur condition : ainsi saint Remi fut parrain de saint Arnoul; Raguemundus évéque de-Paris, Théodoric, fils de Chilpéric, sur les fonts ; saint Rigobert Unt Charles Martel.: ainsi les papes tiennent nos rois de France, et leur servent de parrains roeureur. Mais à cause des abus et des familiarités trop grandes que causaient ces qualités de compére et de commére, l'Eglise l'a défendu dans deux conciles nouveaux, dont le premier est celui de Reims ct l'autre celui d'Aix en Provence, lesquels avaient été devancés par saint Charles. En suite de quoi plusieurs évêques le défendeut
aus
dans lenrs Manuels, comme tous les anciens Rituels de la province de Reims, les Rituels particuliers qui ont élé faits depuis 15 ans, comme ceux de Beauvais, Châlons, Boulogne, les statuts de Grasse, surlout si les clercs sont initiés aux ordres sacrés, si c'est sur le lieu de leur bénéfice ou de leur résidence.
Convenire etiam judicamus, ut episcopus in propria diæcesi, parochus et initiatus sacris ordinibus in sue residentiæ vel beneficii loco pueros de sacro fonte non suscipiant, nunquam vero monachus patrinus vel monialis snatrina esse queat (Ex concil. Rhem. 1583).
Compater ne adhibeatur. regularis aliquis, mec clericus sacularis sacris initiatus, aut beneficium. ecclesiasticum. obtinens. (Concil. Aquense. an. 1585).
A quoi donc faut-il avoir égard en choisissant un parrain, ou en le recevant ?
A trois choses, 1* à l'âge, 2° à la capacité, 3: aux mœurs. .
Quel âge doivent avoir les parrains el les marraines?
Les parrains doivent avoir quatorze ans, et les marraines douze. Si toutefois il s'en présentait au-dessous de cet dge on pourrait es admettre, quand méme ils n'auraient que sept ou huit ans, pourvu (si c'est le arrain) qu'il sache bien répondre au catéchisme cet âge ct que la marraine ait au moins douze ans; et si c'est la marraine, qu'ello siche également bien répondre au caté-
chisme, et que le parrain ait au moins qua- ^
torze ans. À moins de cela, il ne faut pas les admettre.
Quelle capacité faut-il avoir ?
li faut savoir les mystères de la sainte Trinité et de l'Incarnation, le Symbole des apótres, l'oraison dominicale, les commandements de Dieu et de l'Eglise.
Quw'entendez-vous quand vous dites qu'il faut avoir égard aux bonnes mœurs?
C'est-à-dire qu'on doit choisir les plus gens de bien que l'on peut, n'ayant point plus d'égard à la noblesse, aux richesses, à l'amitié, au pouvoir, ou à tout autre intétél temporel, comme on fait d'ordinaire, dit saint Charles, qu'aux bonnes qualités, qui
euvent rendre une personne recommandale devant Dieu.
Doit-on admettre pour marraines celles qui viennent la gorge découverte ou habillées contre la bienséance chrétienne ?
Non, cela ne se doit point souffrir, et quelques sialuts synodaux le défendent aprés saint Charles, el veulent méme que ceux qui auront une épée soient avertis de la quitter, et de faire celte action avec humilité.
De quoi faut-il avertir les parrains et marraines ?
1. Pour éviter les contestations importunes, qui se font quelquefois pour l'imposition du nom, le Rituel marque expressément qu'il est à propos que le parrain l'impose si cet un garçon ; et ta marraine si c'est une