EXERCICE POUR LE CHEMIN DE LA CROIX
Prière avant de commencer.
O mon Dieu, j'ái un très-grand t d'avoir offensé lant de fois votre in!
bonté, el, avec le secours de votre grâce, je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser à l'avenir; je vous offre ce saint voyage dans l'intention de gagner toutes ks induigences que les souterains pontifes y oot altachées, et je me propose de prier pour loutes les intentions qu'ils ont eues en vae en nous ouvrant un si riche trésor. Daigaet, 6 mon Dieu, me donner les dispositions nécessaires pour gagner ces indulgences, last pour moi que pour les âmes du purgaloire, et en particulier pour celles que j'ai en vor. Puissé-je, Seigneur, par ce saint exercice, mériter votre miséricorde en ce munde.ct obtenir, avec ces âmes souffrantes, voe gloire en l'autre! Ainsi soit-il.
(8) Brefs de Pie VII, du fe janvier 1801, et de Pie VIII, dn 25 novembre 1850. — Pie VII, par un bref de 30 æù 1823, adressé à Mgr l'archevêque de Dordemmz, a samrée los mémes priviléges 3 un ouvrage franguis Joué: T crucis, ou Méthode pratique du Chemin de la crois, de
rés l'ouvrage du bienheureuz Léonard de Pori- Maury
Nous recommandons cet excellent livre, revé:u des re hations de MMgrs l^s archevé ques de Bordexur, de Para. et de Houen, aux personues pieuses qui font soereat le Chemin de la croix. (Note de l'Editar.)
(7) Cet exercice n'est poiat celui de l'ouvrage nat ce dernier était par trop abrégé; celui-ci a été par le bienheureux Léonard de Port-Maurice. Ae rest, ne faut pas oublier qu'on est entièrement libre de chowr. l'exercice que l'on veut, et qu'il suf même de médier sur [a passion, quand on fait seul le Chemia de lect; mais lorsqu'on se réunit plusieurs, il devient sécesstit fexprimer de vive voix les seatiuems quels on doit se livrer. ( Foy. MM. Bourier et Desi, Traité des indulgences, 151 ; el Rituel, toa. 1I pag. 97.)
ti, PAS
Ye sramon.
Jésus condamné à mort.
$ Nous vous ado- $ Adoramus te, rons,Ó Jésus, et nous Christe, el benedicivous bénissons; à mus tibi; À Quia per Parce que vous avez sanctam crucem luam rachelé le monde par redemisti mundum.
votre sainte croix. | +
Considère, 6 mon âme, que Jésus se soumet volontairement par amour pour toi à celle inique sentence de mort. Quel sujet de confusion pour toi, qui, ayant mérité taut de fois d'être condamnée à la mort éteruelle, refases de supporter les peines légères que le Seigneur t'envoie pour expier les péchés!
Adrosse-toi donc à ton Sauveur, et dis-lui du fond du cœur :
O mon souverain bien, tont couvert de confusion à la vue de l'amour qui vous porte à accepter pour moi cette injuste sentence de mort, 4 rougis de n'avoir pu me résigner jusqu'à présent à souffrir la moindre chose pour vous. J'en éprouve une profonde doueur, et je me propose de supporter à l'avenir les injures et les offenses, sans en conserver aucun ressentiment, en me rappelant que mes péchés mériteraient des peines bien plos grandes. Pater, Ave, Gloria.
ÿ Miserere nostri, Domine. à Miserere nostri.
ÿ Et fidelium anime per misericordiam Dei requiescant in pace. à Amen (1).
En allant d'une station à l'autre, on peut ire :
Sainte Mère faitesqueles — Sancta mater, [stud agas,
biesde monSauveur soient Crucifixi lige plagas
jamais gravées dans mon ordi meo valide.
cœur.
Tl srarion.
Jésus porte sa croix.
Adoramus te, elc., comme à la premiére station.
Considère, Ó mon âme, avec quel empressement Jésus porte le fardeau de sa croix, et rougis de te laisser aller à l'impatience et aux murmures pour quelques légéres tribu- Jations; accompagne au moins une fois ton Sauveur chargé de la croix, et dis-lui avec amour: -
Je suis vraiment confus, Ó mon Sauveur, de vous voir embrasser amoureusement celte croix que mes iniquités ont rendue si pesante, landis que je refuse, moi, de porter les croix légéres que vous me préparez avec tant d'amour; je vous en demande humblement pardon, vous priant de me donner la force de souffrir désormais avec joie, par
amour pour vous. NAE Pater, etc., comme à la première station.
Ille srarion.
Jésus tombe pour la première fois.
Adoramus te, elc., comme à la premiére station.
Considére, ó mon âme, les outrages et les
(1) On a déjà dit que ces prières ne sout pas.obligatoires.
injures dont on accable ici ton Sauveur, qui cependant se lait et les supporte pour l'amour de loi ; et toi, lorsque tu as à souffrir quelque inGrmité ou quelque douleur, que d'impatiences! que de plaintes! Ah! sois confondue à la vue d'un tel exemple, et prie ainsi Jésus :
O mon aimable Jésus, vous me voyez à vos pieds, pénétré de douleur de vous avoir si souvent offensé par mes impatiences ; accordez-moi Ja grâce de me relever de mes chutes passées et de vous suivre désormais sur. la route du Calvaire, en supportant avec résignation, par amour pour vous, toules les peines qu'il vous plaira de m'envoyer.
Pater, etc., comme à la première station.
IV* sran0n.
Jésus rencontre sa sainte Mère.
Adoramus te, etc., comme à la première station.
Ah! quelle douleur poignante trausperci le cœur de Marie dans celle cruelle rencontre! qui pourrait rendre tout ce que souffrit Jésus dans ce moment! Pleure ici, Óó mon &me; et, pénétrée d'une vive douleur, efforcetoi de consoler la Mére et le Fils, en
Vous voyez devant voüs, Vierge sainte, ce coupable qui, par ses péchés, a livré votre divin Fils aux mains de.ses bourreaux et a enfoncé le glaive de douleur qui perce vuire cœur maternel. J'en ai un vif regret, et j'en sollicite le pardon de vous et de votre divin Fils. Miséricorde, Ô Vierge saintel ó mon Jésus, miséricorde!
Paler, etc., comme à la première station.
Ve sTaT:on.
Simon le Cyrénéen aide Jésus à portersa croix.
Adoramus, elc., comme à la première station." t
Considére, 6 mon âme, combien le Cyrénéen se rendit coupable envers Jésus en ne portant la croix qu'avec répugnance et par force : hélas! tu l'offenses bien plus encore en cherchant à te soustraire aux. croix qu'il l'envoie ou en ne les portant que par conraintes déteste aujourd'hui la faiblesse, en
sant :
O mon Jésus, je l'avoue, plus ingrat jusqu'à présent que le Cyrénéen, je n'ai porté que par forcela croix des tribulations, et j'ai souvent refusé de souffrir par amour pour vous. Je reconnais maintenant ma faute; je vous en demande pardon du fond de mon cœur, et je vous supplie de m'accorder la grâce de souffrir enfin désormais avec palience toutes les peines qu'il vous plaira de m'envoyer.
Pater, etc., comme à la première station.
Ye srarion.
La Véronique essuie le visage de Jésus.
Adoramus, elc., comme à la première station.
Réfléchis, Ô mon ‘âme, à la bonté de ton Sauveur, qui récompense l'acte de charité de
fi5t
cette pleuse femme en imprimant les traits de sa divine face sur le voile dont elle avait essayé son visage couvert de suvur et de sang. Ah! si tu t'élevais fréquemment par des actes d'ainour vers ce divin Sauveur, qui 6st fon souverain bien, il en agirait de même avec toi et te formerait à sa divine ressemblance. ll faut maintenant lui donner toutes tes affections, en disant :
O mon Sauveur, je confesse que si je ne vous porte pas encore gravé dans mon cœur en traits ineffacables, c'est à mon peu d'em-
ressement à compatir à vos douleurs que T dois l'attribuer. Je déteste ma dureté passée et je prends la résolution de méditer souvent désormais vos cruelles souffrances, afin de conserver à jamais le souvenir de tout ce que vous avez fait pour moi.
, Pater, elc., comme à la premiè
VIE eraricw..
Jésus tombe une seconde fuis.
Adoramus, elc., comme à la première station.
Ne vois-tu pas, Ô mon âme, que c'est ton orgueil qui cause cette scconde chute de Jésus-Christ? C'est ainsi que, pour t'élever toi-même, lu as jeté à terre et foulé aux pieds, pour ainsi dire, le Roi de gloire. Ah! pleure maintenant, pleure cet orgueil funeste; et pénétróe de douleur, écrie-toi :
Oui, mon Jésus, je déteste mon orgueil, qui a causé vos chutes, et je veux désorinais m'abaisser au-dessous de toutes les créatures, reconnaissant humblement que je ne mérite que le mépris. Aidez - moi, ó mon Jésus, et apprenez-moi à m'humilier. .
Pater, etc., comme à la premiére station.
VIII* srarion.
Jésus console les femmes de Jérusalem.
Adoramus, eic., comme à la première nation.
Considère ici, 6 mon âme, que les larmes ge répand pour Jésus, et les consolations
ivises dont elles sont la source, sont inséparables. Si tu n'as pas été consolée jusqu'à présent, c'est que tu n'as pas encore réandu de larmes sur les souffrances de ton uveur.
O mon aimable Jésus, je reconnais que je dois pleurer mes péchés; je les déteste, commo la cause de vos souffrances. Daignez agréer mes larmes, comme vous agréátes ce'les des saintes femmes de Jérusalem, afin que je puisse étre consolé par vous mainteant et à l'heure de ma mort.
Pater, etc., comme à la première station.
IX* sranox ésus tombe pour la troisième fois
Adoramus, elc., comme à la première station.
Considére, Ó mon âme, que Jésus, chargé de tes énormes péchés, succombe sous le poids de tes ingratitudes. Prends donc la résolution d'y meltre un terme, pour soulager ton Sauveur. O mon aimable Jésus, il n'est que trop vrai que c'est mon ingratitude qui
re station.
a été la cause de vos chutes; je la déteste du fond de mon cœur, et je me propose de correspondre à vos ges du mieux qu'il me sera possible. Aidez-inoi vous-même à m relever, Ô mon Jésus, et ne souffrez pas que je fasse de nouvelles chutes.
Pater, elc., comme d la première station.
X* sramon.
Jéms est dépouillé et abreuré de Bel.
Adoramus, etc., comme d la premiè station.
Réfléchis, ó mon âme, à tout ce qu'ext à souffrir ici la modestie virginale de Jésm- Christ, au fiel et au vinaigre dont bn abreura ses lèvres divines. Jésus se laisse dépoailler pour expier tes impuretés, le luxe et la vasité detesvélements, qui l'ont dépouilléede la robe d'innocence; s'il souffre l'amertume du 6el el du vinaigre, c'est pour expier tes iatempérances et ton excessive délicatesse.
O mon Sauveur, je défeste et je pleure mes ensées de vanité, mes mauvais désirs, los cs mes affections mondaines; faites-moi ta
grâce d’être désormais tempérant et modeste ans la seule vue de vous plaire.
Pater, elc., comme à la première station.
XI sranon.
Jésus est cloué à la croix.
Adoramus, etc., comme à la premi station.
Hélas! mon âme, les clous aigus qui percèrent les pieds et les mains de ton Jésus ve sont autre chose que tes passions déréglées; ta volonté perverse est le marteau qui les enfonca. Demande au moins pardon et miséricorde, en disant :
O Jésus crucifié par amour pour moi, je vous demande humblement pardon de mes péchés et de mes ingratitudes; noa, je w vous cruciflerai plus de nouveau : puisse ma volonté être crucifiée avec vous! puissé-je, en prenant la ferme résolution de ne ple pécher, mourir de douleur de vous aver offensé!
Pater, ete., comme d la première statien.
XIl* srarion.
Jésus meurt sur la crois.
. Adoramus, etc., comme à la premiére de
tion.
Réfléchis, Ó mon âme, à l'amour inefsbk de Jésus qui avant de mourir, prie pour ses bourreaux et pour toi en particulier, tasés que tu refuses de pardonner une i une parole piquante | Cependant, non-seslement to as offensé Jésus, mais tu l'as crecifié, tu l'a mis à mort! Rougis, ó moe doe, de ta conduite passée, mais ne te laisse pie aller au découragement; gie plutôt recosrs à ton miséricordieux Sauveur, il agréeratos repentir. -
C'en est fait, 6 mon divin Rédempleur, a l'exemple de votre immense charité, je ptrdonne du fond de mon cœur à tous ceux qe m'ont offensé; je vous demande pardon à si longtemps tardé à M (aire : désormais je veux rendre le biea peer
le mal, et meriter par là d'entendre un jour sortir de votre bouche ces consolantes paroles: Vous serez aujourd'hui avec moi dans le paradis.
Pater, elc., comme à la première station.
- XIII* srariov.
Jésus est détaché de la croix et remis à sa Mère.
Adoramus, etc., commed[a premiére station.
O mon âme, quelle douleur dat éprouver Marie lorsque l'on remit le corps de son Fits entre ses bras! Hélás! tu as renouvelé cette douleur, toutes les fois que tu as recu ce corps adorable dans la sainte communion sans être bien préparée. Demandes-en pardon à Jésus et à Marie, en disant :
Il n'est que trop vrai, Vierge sainte, que j'ai renouvelé vos douleurs, en m'approchant de la table sainte, sinon en état de péché mortel, du moins avcc des dispositions bien insuffisantes ; j'en ai le plus vif regret, et je m'engage à mettre désormais tous mes soins à me préparer de mon mieux à recevoir votre divin Fils dans mon cœur.
Pater, etc., comme à la premiére station.
XIV* sramor.
Jésus est mis dans le sépulcre.
Adoramus, elc., comme d la premiere station.
Considère, Ó mon âme, que le sépulcre de Jésus était un sépulcre neuf, et que son corps adorable n'y fut déposé qu'après avoir été oiut des parfums les plus précieux ; mais toi, comment serais-tu pour Jésus un sépulcre neuf, puisque tu as été la demeure du
H est vrai, mon Sauveur, que mon cœur a été jusqu'ici un sépulere plein de péchés et d'imperfections ; mais je viens avec une vive contrition vous demander un cœur nouveau, ua cœur pur que je veux sanclifier par le souvenir de votre passion ct la bonne odeur des vertus, afin que vous y fassiez continuellement votre demeure.
Pater, etc., comme à la première station.
On peut terminer en récitant un Pater, un Ave et un Gloria Patri, pour les intentions de l'Eglise ( Edit. de 1854, à Rome ).
TI. Todul rdée, à iité, à tout fidèle qui.
Re En umet la douloureuse agunie de Notre-Seigueur Jésus-Christ.
Iadulgence de trois cents jours pour chaque fois (1).
N. B. Cette indulgence est ápplicable aux âmes du purgatoire.