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DES INDULGENCES ET DES CONDITIONS REQUISES POUR LES GAGNER

relleàsubir en cette vie par lesbonnes œuvres eL la pénitence, ou en l'autre par les flammes du purgatoire.

Mais qui peut sonder les impénétrables desseins de la justice divine? qui peut convaltre l'étendue da la satisfaction qu'elle demande de nous en ce monde? et qui pourra

1) Dans an ouvrage intitulé : Le ChréUen instruit, tr partie, insir. $1. L'ouvrage iraiten , imprimé à Rome ; 4i nous donnons la traduetion, ne lait pas mention de

IND | au

jamais se flatter d'avoir satisfait en tout ou en partie ? Est-il possible de ne pas trembler en considérant les feux dévorants du purgatoire, allumés par le souffle de cette justice divine pour achever de purifier nos âmes de lcurs souillures?

Soyez béni, à divin Sauveur, qui avez établi dans votre Eglise le trésor inappréciable des indulgences où vous nous permettez de

uiser, afin que par quelques légères satisfactions, nous puissions obtenir la remise des peines dues à nos péchés, quoique effacés quant à la coulpe et quant à la peine éternelle!

Les satisfactions surabondantes de Jésus- Christ, de la sainte Vierge el des saints com-

sent ce trésor précieux où l'Eglise puise

les indulgences.

« Afin de bien comprendre ce que nous venons d'avancer, dit le P. Ségneri (1), il ne faut point perdre de vue que toute bonne œuvre renferme toujours en soi une qualité méritoire et une qualité salisfactoire. L'une donne à son auteur un droit à la rétompense, et ce droit lui est personnel; il ne peut, par conséquent, le transmeltte à un attre, d'après les paroles de l'Apótre : Unusquisque propriam mercedem accipiet, secun— dumsuum laborem. Chácun recevra la récompense qui lui est propre et qui sera proporlionnée à sesœuvres. L'autre nous remet une partie plus ou moins grande de nos dettes, selon que nos œuvres sont plus ou moins méritoifes. Cette seconde qualilé diffère de la précédente, en ce qu'elle n'est pas personnelle; ainsi nous pouvons salisfaire pour

* nos semblables, comme un riche peut satis-

faire pour un pauvre en acquittant ses dettes. Ceci posé, nous pouvons comprendre facilement tout ce que nous allons diro sur le trésor où l'Eglise va puiser les indulgences.

«Un grandnombre de saints ont salisfait à la justice divine au delà de ce qu'ils lui devaient pour leurs fautes , soit en s'imposant volontairement des pénitences, soit en supportant avec résignation les maladies qu'il a plu à Dieu de leur envoyer, soit enfin par les supplices du martyre. Jean Baptiste, sanctifiá dès le sein de sa mère, fut comblé d'une telle abondance de bénédictions, qu'on put l'appeler grand devant le Seigneur : Magnus coram Domino. Néanmoins il passa dans le désert, aa milieu des travaux pénibles de la prédication et de la pénitence, celle vie si sainte dés son commencement , et il la termina au

. fond d'un noir cachot, où un bourreau lui

trancha la tête. Funeste présent qu'il réservait à une infáme pécheresse | Comhien d'anachorétes, de vierges, de saints évêques et de martyrs qui, tout en menant la vie la plus pure , ont soupiré aprés les souffrances, et désiré la mort la plus cruelle au milieu des tortures? Les satisfactions de ces serviteurs fidèles n'excédaient-elles pas les dettes qu'ils avaient conlraelées? Or, comme dans le ciel il n'y a plus de dettes à acquitter, celle suracette note du P. Ségneri. Nous la rapportons néanmoins, pereo qu'elle explique avec lucicité le sujet que nous tra tons ici.

ul

bondance de satisfactions va grossir le trésor de l'Eglise, qui en devient l'héritióre, comme une mère hérite des richesses de scs enfants. + «Marie, dont les souffrances ont surpassé celles des autres saints, ne mérita-t-elle pas le nom glorieu x de Reine des martyrs? Aussi le prophète Jérémie compare la gran 'eur de ses douleurs à l'immensité de la mer. Magna est velut mare contritio tua.

« Si donc les satisfactions de celte Vierge puro sont si grandes, que devons-nous penser de celles que nous a méritées son divin Fils par les travaux pénibles de sa vie mortelle et par les supplices de sa doaloureuse passion ? Si , comme la foi nous l'enseigne , ure seule goutte de son sang suffisait pour laver tous les péchés du monde , il est facile de juger de l'étendue de ces satisfactions , auxquelles leur divin auteur donne un prix infini.»

C'est là le trésor inépuisable d'où l'Eglise lire ses indulgences; c'est à cette source intarissable où elle va puiser ses richesses spirituelles, ct dont Jésus-Christ, la sainte Vierge et les saints nous ont constitués les héritiers par leur mort.

Aussi le concile de Trente($ 21, ch. 9) quali&c-L-il les indulgences de trésors célestes. Nous trouvons la méme doctrine enseignée dans la bulle Unigenitus de Clément XL. 36sus-Christ, dit-il, pe les mérites de sa passion, a laissé à son Eglise un trésor d'un prix inüni, qu'il a confié à saint Pierre, auquel il a donnéles clefs du ciel, ct à scs successeurs, afin qu'ils en fissent part aux fidèles. Les mérites de la sainte Vierge et des saints coucourent aussi à former ce trésor.

Les richesses de l'Eglise étant infinies , elles sont par là méme inépuisables; semblables à la mer qui n'éprouve aucune diwinution par la quantité d'eau qu'on peut lui soustraire.

«Aliilaboraverunt, el vos in labores eorum entroistis, s'écrie ici le P. Ségueri. D'autres ont semé et vous, vous recueillez en paix le fruit de leurs travaux. Jésus-Christ a semé, mais la moisson qu'il a obtenue ne peut entrer en comparaison avec la divine semence.

Les saints aussi ont srmé, mais dans une

roportion infiniment plus pelite ; cependant

leur semence a dépassé leurs besoins, et nous pouvons jouir du fruit de leurs travaux.

Aussi peut-on nous adresser ces paroles que

(1) Les eréqnes jouissent aussi du. privilége d'accordar nus ences. (Sous diocésain P IL XIV, lib. n, vi lib. v, e. 4, n. 5). Mais les indulgences ac-

les par les évêques ne sou que de 40 jours, ou bien d'un ap s'il see la dédicace d'une église (Conc. de e. Leurs diocésains seuls profitent de ces let., de Indulgentiis, tom. XII, cap. 5,

soanes en retircnt tous les avantages L1 pe mac m it, la remise de

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le serviteur paresseux adressail avec reproche à son maltre : Melis quod non seminasli, Vous moissonnez ce que vous n'avez pas semé. Bonté infinie d'un Dieu qui concilie ainsi sa justice et sa miséricorde! Sa justice en obtenant la réparation de l'injure qui lui a été faite, el sa miséricorde en acceptant les cautions qui s'offrent pour nous. Ausi, dit saint Thomas, par l'indulgence on nereçoit pas, à proprement parler, la remise de sa dette, mais l'argent avec lequel on peut la payer : Qui indulgentius suscipit, non abiolvifur, simpliciter loquendo, a debito pase, sed datur tlli unde debitum solvat.»

N'allons pas croire cependant que chaque fidèle puisse entrer en possession de ces richesses quand et comme il lui plait. Al est des conditions imposées par les souverains pontifes (1) qu'il faut remplir exactement ; encore ne peut-on en obtenir que la quanlité qu'ils ont désignée. De là deux sortes d'indulgences, plénières et partielles.

L'indulgence plénière remet toute peine lemporelle réservée aux péchés déjà remis quant à la coulpe et quant à la peine élernelle : ainsi celui qui viendrait à mourir Aprés avoir gagné uno indulgence plénière irait au ciel sans méme passer par les flammes du purgaloire e

Les indulgences du jubilé , ou celles données en forme de jubilé, produisent les mémes effets : ce qui les distingue des indalgences pléniéres ordinaires, c'est qu'elles sont accompagnées de priviléges particuliers, tels que le pouvoir d'absoudre de certains cas réservés, de commuer certains vœux, elc.

L'indulgence partielle, comme l'indique son nom, ne remet qu'une partie de la peine due au péché, déjà remis quant à la coulpe et quant à la peine éternelle. I] est essentiel de bien comprendre ces mots appliqués aux indulgences partielles ; indulgences de tant de jours, de lant d'années, etc. Ces expressions ne correspondent point au nombre de jours, d'anuées que l'on doit passer cn porraloire, mais aux pénilences prescrites par es anciens canons. Ainsi celui qui gagne une indulgence de 50 jours recoit la remise des peines qu'il devail subir en cette vie où en l'autre, ct. pour la délivrance desquelles il lui aurait fallu se soumettre à une péaitence canonique de 50 jours (3).

ll est facile maintenant de comprendre ce

de frlbles dont la coatrition s'étend jusque sur leurs fautes les pas légères? OUS avons een de I4

ien peu de personnes gagneut une ladulgeoce - Ces Fédexions, loin de nous décourager, doivent poss inspirer une juste horreur du péché véolel, nous preter à rene Lits aux Jodulgences a à en retirer le

le fruits possibles; car 5i nous ne les g: pes toute leur plénitude, nous pouvons du Eins espérer de satisfaire en partie à la jus ice divine.

e Quelquefois on trouve des recueils qui samoecent des indalgenees de plusieurs milliers d'années. L'auibesticité de ces indulgences n'étant pas constatée, il faot les considérer non comme des décisions des souverains poc- Ufes, mais comue des opinions de queues docteurs or tculiers. Ecoutons ce que Benvit XIV dit à ce snjet dans son opuseule du Synode diocésain, livre xm, ch. 18,8. 8. « Un voit des indulgences de plusieurs mille ans Le] attribue la concession aux souverains poalfes… Cepesdant elles sont regardées cowme des inventioas par Souty

us IND

que cesl que les iudulgences , leur importance, les avantages qu'on en peut relirer.:

Personne ne doute que le pouvoir d'accorder les indu'gences ne réside dans l'Eg'ise, d'aces paroles de Jésus - Christ à saint ierre : Tout ce que vous délieres sur la terre sera délid dans le ciel. Si Jésus-Christ, comme nous le voyons, donne à son Eglise le pou voir de remeltre toutes sortes de péchés , à plus forte raison il lui accorde celui de remeltre les pcines temporelles qui restent à expier aprés le pardon du péché. Cette vérilé est encore enseignée par le concile de Trente, sess. 95, ch. 91:

« Comme Jésus-Christ a accordé à son Eglise le pouvoir d'accorder des indulgencet pouvoir dont elle a usé dés les premie:

temps, le saint concile déclare que l'on doit wnserrer cet usage approuvé par les autres œsciles, comme élant d'nne grande efficacilé pour le peuple chrétien, et frappe d'anathème loos ceux qui proclament que les indulgen- &s sont inutiles, ou qui refusent à l'Eglise le pouvoir de les accorder. »

Passons ma:ntenant aux conditions requives pour les indulgences (1). Il y en a deux Trincipales, La premiére, c'est d'étre en état

grâce ; car celui qui par son péché mérite une peine éteruelle , ne peut obtenir la remise d'aue peine temporelle. Si donc l'on se trouvait. dans l'impossibilité de recourir an sacrement de pénitence, il faudrait s'exciler à la contrition parfaite, afin de rentrer en grâce avec Dieu, si on avait eu le malheur de l'abandouner. Quiconque désire gagner une indulgeuce pléniére dans toute son éleoduo, doil non-sculement délesler tous les péchés véniels dont il s'est rendu coupable, mais encore ne conserver dans son cœur aucune affection à ces mêmes péchés. Heureux si tous les fidèles qui désirent gagner ls iudulgences étaient auimés de sewblables dispositions 1 ”

seconde condition indispensable pour gagner les indulgences est d'observer poncluellement et avec attention toutes les œuvres prescriles par rapport soit au lieu, dans telle église, devant tel autel ; soit au lemps, à tel jour, à telle heure; soit à la manière, à genoux , s'étant confessé , ayant communié.

sa 4, dist. 20, quest. 2. Estius, sect. 4, dist. 20, 8 10; loa de les cnnsidérer comme émanant du saint-siége, ve do les regarder comme des ionovatioi iles à plaisir. Esfn le cardinal Thomasius, aprés avoir lait voir la modétation des souverains pontifes dans la concession des in.

i, qu'ils n'étendaieot qu'à un petit nombre d'anbées, conclut quecette extension d'indulgences à mille ans ei d'autaot plus incroyable qu'elle se rapporte à un teu où le chef de l'Eglise usalt de la plus g:ande modération.» Ceue c: ucessicn d'indulgences de plusieurs mille aus peut re das nuisible qu'utile aux fidèles; car elle est tràsqropre à les déwurner de s'appliquer à gagner celles Jout T " es recounue, et qui ne s'etendent qu'a quelques aanées, ou qui même sont. restreintes à un cer- Gi sombre de jours. Les indulgences les plus étendues me nous ayons trouvées dons le recucil itulien ne dépasseui pas cent. et deux cents ans.

(1) L'intention d'obtenir les indulgences n est pas uuse 9 nombre des cooditions requises l'ouvrage italicu #iné à Rome en 1844. C'est qu'en effet les bulles qui preseriveot ce qu'on duit foire ne prescrivent pas d'intenle, si ce. n'esi celle de prier à telle ou telle fin; alors ee iutenuom esi requise comme les autres œuvres pres-

IND ue

De sorte que si quelqu'un, par inadvertance, par ignorance, par impossibilité même, n'accomplissait pas en tout ou eu partie co!

dérable quelqu'une de ces œuvres prescrites, ou n'observail pas ponctuellement les prescriptions de lieu, de temps, de manière, ik ne gaguerait pas les indulgences.

La récitation de certaines prières est atlachée à presque toutes les indulgences en

énéral; quant aux indulgences plénières, a confession et la communion sont presque toujours indispensables. C'est ici l'occasion de rapporter trois déerets de la congrégation des Indulgences concernant l'accomplissement des œuvres prescrites.

Le 1" concerne la confession nécessaire pour gagner un grand nombre d'indulgences. Par ce décret du 9 décembre 1763, upprouvé par Clément XIII, la sacrée congrégation déclare que les personnes qui sont dans lu louable habitude de se coneser au moins une fois par semaine, lorsqu'elles n'en sont point empéchées par quelque motif légitime, pourront, sans qu'elles aient. besoin de recourir à une nouvelle confession, gagner toutes les indulgences accordées pendant la semaine, pourvu qu'elles observent les œuvres prescrites. 1l cst inutile d'ajouter que ces mêmes personnes doivent s'approcher du tribunal de la pénitence, si, depuis leur dernière confcssion, elles se sont RE coupables de quelque péché mortel .

li ne s'agit point ici des indulgences du jubilé, ou de celles accordées en forme de ubilé; car, d'après le même décret, pour Fe gaguer, la confession est indispensa-

le.

Le 2° a rapport à la communion, presque toujours prescrile comme condition nécessaire pour gagner les indulgences. D'après ce décret du 12 juin 1822, confirmé par Pie VII, la congrégation des Indulgences a décidé que les jours de fétes, lorsque l'indulgence commence aux premières vépres, on peut communier la veille, au lieu du jour méme, quoique l'époque de la communion ait été fixde à re jour dans la concession de l'indulgence (3).

Le 3° s'applique a certaines prières aux-

erites, Mais ne faut-il pas au molnsune intention générale de

gagner les indulgences qu'on pourra obtenir ? c'est ce que ‘auteur italien conseille plus loin, et d'autres le conseillent aussi ; mais ils mexgent à chaque œuvre qu'une intention

virtuelle ou interprétative. Voy. Layman, S. Alphonse de

Liguori, Goriiia, etc., contre Suarez, etc.

1 da 19

à) Par un décret mai 1759, la congrégation des

lulgences déclare que l'on satisfait à la coudition prese rite pour la confession, en se coufessant la veille du jour ou l'indulgence est accordée, et que lorsque la visite d'une église est enjointe, on peut la faire indifféremment avant où après la confession et a communion.

(5) Quant au temps où l'on peut accomplir les œuvres prescrites pour Ser les indulgences, il varie selon qu'il s'agit d'un jour de fete ou d'un jour ordinaire. Dans le derner cas, on peut satisfaire aux obligations requises, depuis minuit jusqu'à l'autre miouit. Dans le premier, au tontratre, on. peut les commencer ia veille, à l'heure des premières vêpres, c’est-à-dire au moment ol le soleil est

lus près de son coucher que de son lever, et les terminer le lendemain, jour de la fête, vers le coucher du soleil, (Par un décret de la congrégation des Indulyences d 49 mars 1841, le souverain pontife Grégoire XVI a déclaré

quelles sont attachées des indulgenees. Par ce décret de la sacrée congrégation, du 29 février 1820, Pie VII déclare qu'en récitant alternativement avec d'autres personnes certaines prières, comme le chapelet , l'Angelus, le De profundis, les litanies et autres semblables, on gagne également les indulgences qui y sont attachées.

Les chrétiens qui ont mis en ceuvre tous les moyens laissés à leur disposition pour gaguer les indulgences, ne doivent point négliger de faire de dignes fruits de pénitence; mais travailler à leur salut avec plus d'ardeur qu'auparavant, et chercher à apaiser la justice divine. Car l'Eglise en ouvrant son sein pour nous enrichir de ses trésors n'a point l'intention d'encourager notre lácheté, mais de soutenir et de ranimer notre faiblesse.

Notre intention n'est point de recueillir ici toutes les priéres auxquelles sont attachées des indulgences, mais seulement celles qui sont le plus à la portée des fidèles, et qu'ils peuvent gagner le plus facilement. Ils pourrout choisir celles qu'ils croiront devoir leur convenir davantage. Ne dédaignons point les trésors spirituels que l'Eglisc étale cba-

ue jour à nos yeux; mais allons puiser 1 Celle source intarissable, c'est là que nous puriferons nos âmes des taches dont elles sont souillées; c'est alors que nous pourrons espérer de ne pas voir notre bon-

eur différé après notre mort, mais d'entrer immédiatement en possession de celui dont l'amour fera notre félicité ‘pendant l'éternité (1).

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