Du nom, de l'antiquité, et du nombre des Préfaces
Dans les plus anciens Sacramentaires le Canon commence par ces mois : Elerez ves cœurs (1). C'est là ce qu'on appelle la Préface , qui est un prélude ou une introduction aux priéres du Canon, qui est appelé par excellence /a priére. C'est une invitation à élever les cœurs à Dieu et à lui rendre des actions de gráces pour le grand miracle qui va s'opérer par la consécration. L'Eglise ne fait en cela qu'imiter Jésus-Christ, qui coumenca par rendre grâces à son Père lorsqu'il voulut ressusciter Lazare, multiplier les pains, et changer du pain et du vin en son corps et en son sang. Cette invitation à élever les cœurs et à rendre grâces à Dicu se magne (I/id., p. 429). On lit aussi dans le Catalogue des pes Pop Vbi que le Sancius ouai UM dans l'Action, c'est-à-dire daus le Canon.
trouve dans toutes les liturgies des Eglises ; ce qui doit faire conclure que la principale Ne de la Préface est aussi ancienne que Eglise ; car, selon le principe de saint Augustin (1), ce qui se trouve si anciennement en usage dans toutes les Eglises doit venir d'une source commune, qui est la tradition
apostolique.
Saint Cyprien expliquait ainsi à son peuple pourquoi l'on i it à élever les cœurs :
« Quand nous assistons à la prière, mes trèschers frères (2), nous devons y être atientifs et nous y appliquer de tout notre cœur, Bannissons laules les pensées de la chair et du siècle, et que l'esprit ne s'applique alors qu'à ce qu'il doit demander; c'est pour ce sujet que le prétre, avant que de commencer la priére, prépare J'esprit des fréres par cette Préface : Sursum corda ( Éleves vos cœurs}, afin que le peuple soit averti, par sa réponse méme : Habemus ad Dominum (Nous les temons élevés vers le Seigneur), de l'obligation qu a de ne s'occuper que de Dieu seul.
eruons donc le cœur à tout autre qu'au Seigneur, et ne laissons pas approcher de nous son ennemi dans le temps que nous lui demandons des gráces. »
Les Grecs n'ont qu'une Préface. Les Latins en ont eu, depuis le vi* siècle jusque vers la fio du xr', de différentes presque pour toutes les fétes , dans lesquelles on.marquait en peu de mots le caractère du mystère ou de la féte , pour le faire entrer dans les actions de grâces qu'on voulait rendre à Dieu. Mais, vers l'an 1100, toutes ces. Préfaccs furent réduites à dix dans la plupart des Eglises : à la commune, qui se trouve dans tous les plus anciens Sacramenlaires, el à neuf autres, marquées dans une lettre altribuée au pape Pélage (3) , prédécesseur de saint Grégoire, qui est cilée par le Micrologue (5), et insérée lans toutes les collections de Burchard (5), d'Ives de Chartres (6), d'Anselme (7) et de Gratien (8). Ces neuf Préfaces, qui, selon celle lettre, ont toujours élé en usage dans l'Eglise de Rome, sont celles de Noël , de l'Epiphanie, du Caréme, de Páques, de l'Ascension , de la Pentecôte, de la Trinité , des Apôtres ct de la Croix. On joignit à ces Préfaces celle de la Vierge, qu'on croit avoir été approuvée par Urbain Il, aux conciles de Plaisance et de Clermont, l'an 1095. Le décrei n'est pas dans les couciles, mais il est cité par Gratien (9) qui écrivait cinquante ans aprés. Ce sont là les Préfaces que l'E- Rie de Rome a conservées jusqu'à présent.
ous expliquons ici la commune qui se dit chaque jour.
$ Il. Rubrique et remarques sor la Préface.