‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 91 sur 480 · JEUNE · texte numérisé non relu

JEUNE

(Traité des saints mystères, de Collet.)

1. Définition et division du jeûne. — 2. Le jeûne naturel sévèrement prescrit avec la communion dés les premiers siècles de l'Eglise. — 3. Etendue et rigueur de ce jeûne.

— h. Fausses conséquences que le scrupudeux tire de ce principe. — 5. Fumée de tabac. — 6, 7, 8. Plusieurs. difficultés sur cette matière. — 9. Le jeûne peut étre rompu par une action forcée. — 10. Y a-t il légéretó de matière en fait de jeûne naturel?

— 11. Raisons de Gibert peu concluantes.

— 12. Que faire quand on doute si l'on a rompu le jeûne eucharistique? — 13. On peut communier sans étre à jeûn, ow quand cela est nécessaire pour empécher la profanation de l'Eucharistie. — 14. Ou quand on ne s'aperçoit que l'on a bu ou mangé, qu'après la consécration. — 15. Que faire si l'on s'en souvient auparacani? — 16.

.Conduite à garder lorsqu'on aperçoit des parcelles après Les ablutions. — 17. Trois autres difficultés sur celle matiére. — 18, 19,. Dg. nPeessitd d'éviter le scundule et de bir-le-vintique excusent du jeûne. -—

t ‘célébrer pour communier un

qui autrement mourrait sans sucre

ment ?— 91. Qu pour achever la messe qu'un

autre ne peut finir? — 22. Dispense accordée à Rome pour la messe de minuit. — 23.

Cas. d'un prétre qui la veille de Noël se trompe d'une heure.

1. Le jeûne consiste dans ua cerlain genre d'abstinence : el €'est pour cela qu'on peut -distinguer autant d'espèces de jeûne qu'il y .a de choses dont on peut s'abstenir par prin- .cipe de raison eu de vertu. Il y a un jeûne moral, qui règle la mesure dos aliments sur «le degré des besoins du corps ; et celle tem - -pérance exacte a élé pratique r les plus säges philosophes du paganisme 0. Uyaun «jedue spirituel, qui écarte le péché, qui règle les sens, qui met un frein aux passions (2). 1l y a un jeûne ecclésiastique, qui .exclat certains aliments, et ne permet les autres que selon une juste quantité. Enfin il y à un jeûne naturel, qui consiste à n'avoir rieu pris depuis l'heure de minuil, ni par forme de nourriture, ni par forme de médicament; ct c'est ce genre de jeûne euchafistique dont nous traiterons ici, et sur loquel la bonne et la mauvaise théologie forment une.foule de difüculiés.

Pour aller du plus certain à ce qui l'est moins, nous disons d'abord que le jeüne naturel est commandé de droit apostolique avant la communion ; et qu'on ne peut, hors les cas de nécessjté, y manquer sans péché mortel.

2. La première parlie do’ cette proposition se prouve par la fameuse règle de saint Au-

.gustin e que toul usage universellement vbservé dans l'Eglise, sans avoir jamais été iniroduit par aucun concile, se peut tràsjustement rapporter à l'autorité apostolique. Zn effet il est constant, que la prati ue de communier à jeun, quoique d'abord ele n'ait pas été suivie par” les premiers fidéles (4}, s'est istroduite de si bonne heure ‘dans le christianisme, qu'à parler morale- .ment, on la voit dès les premiers siècles fairo une loi étroite dans l'Orient et dans l'Occident (5). C'est la remarque de saint Augustin, qui e&t pu l'établ i de saint Chrysostowe, et de saint Basile, n grand évéque de Carthage et de Tertullien,

Je sais qu'en quelques Eglises on commu- ' niait Je jeudi saint après le repas du soir, à Yexemple du Sauveur (6) ; el que cette-pratique avait lieu tous les samedis de l'année

41) Yide S. Hieronym. lib. u adversus Jovinian., esp. 9.

12) Noune hoc est magis jejunium quod elegi ? Dissolve t Higatloucs impietatis, [sali Lrm. Jejoninm magnum et onerale, est abstiuere ab luiquitatibes, et lilieltis dibus sæculi; quod en perfectum jejunium, Aug. tract. 17.

lon.

(3) Quod universa tenet Ecclesia, nec conciliis iosltutin, Sed semper retentem est, non nisl postolica auetorilate iostitulum rectissime cr duh hav

. ap. 24. . ^L 1 i) On l'nferà du chapitre xa dela D» Êdre uis Corinthiens. Voyez S. Augusip, epit. 118,4 0; Y plusieurs au-- ‘tres interprètes, qui se fondent sur ge-qué Wes Corinthiens voulaient imiter la condaite qu'avi&, garuée, dans l'institution de l'Eucharistie, Satjrruniome, Honil. 21, prétend au. contraire que les &gapél sulvatent la com- " muuion. Le texte de l'Aptre'hvorise Ta première opj- + Mon; mais il ne noes parslt pas j'àmblir invirciblement. (8j. Placuit Spizitsi sancto, ul iu bouoreua tanti. sacra-

de Bap, 9i

E en plusieurs villes et villages d'Egyple (7; mah le premier cas étail une de EX

lions qui alférmissent [a r le ; el le second ressemble assez à ia abus d '

. "La seconde partie de notre proposilian, .qui déterminé au mortel lo violement de à “loi du jeûne eucharistique, est fondée sor [s Commun senlhnent des Glèles, sur les or- .donoances réilérées des pasteurs, el sur .Yimportance de la loi dont il s'agit. L'Eglise naturellement indulgente porle sur ce point .$a rigueur jusqu'à une espèce de judaïsme :

il est hors de doule qu'elle a eu ses raisons. Si elle se reláchait le moins da monde sur .cette matière, un demi-siècle ne serait pas

, coulé, qu'on verrait renaître les scandales dont saint Paul se plaignit si virement au Cori 5. Si dans un siècle où le sang

Jésus-Christ fumait encore on a pu se livrer

à de fácheux excès en approchant-oo ea ortant de la table sainte, que ne ferail-oa .pas dans un temps où la foi est si rare, la piété si affaiblie? Nous reprendrons ce sujet un peu plus bas.

,, 9. Je dis en second lieu que la loi da jeûne eucharistique veut que depuis miouit du jour où l'on se propose do commusier on n'ait pris chose quelconque par manière d'aliment, de boisson, de médecine, rien en .un mot qui puisse se digérer à l'ordinaire.

C'est la doctrine constante des pasteurs el da peuple, qui, quelque désir qu'ils eussent de participer au corps du Seigneur, s'en abstiesneni, lors méme que par mégarde ils ont bu ou mangé, etc. La rubrique y est formelle (8j; et l'Eglise s'en explique. d'une manière qui annonce une loi incontestable.

Quoique ce principe soit sûr, on n'est pas lout à fait d'accord sur les conséquences qui en résultent. Le scrupulo les éleod au del de leurs bornes; la i rté d'opinion Hip serre un peu trop : efforgoua-nous d'éviter c& double écueil. P

^. Pour le faire, nous dirons d'abord à ceux qui s'alarment mal à propos que rien de ce qui passe dans l'estomac par manière de salivé ou de simple respiration n° péche le jeûne naturel. Ainsi la pituite, sang qui coule des gencives ou du cerveau, les restes du vin ou d'eau avec lesquels on s'est lavé la bouche (9), les parcelles de

“viande qui quelquefois wattachent aut dents, et qui saus qu'on y pense, ou mag menti in os Christia lus corpus Domin! fo!

Cæteri cibi: nom. den E Walrerson Roch vatar. Aug. ép. 54, n. 7.

(ne ur akarie es vis a jeiocia omisit:

celebrenlur, excepta uno die anniversario: quo ccena Dunia

Slebralur, Concilà Cartiag. m, can. , Lab. tm V. - (1)ln muhis urbibes 20 viele Aigypd, contra reseptse.

on ium consuetudinem, die sabbali sub vesperam cosee-

ne i is esi jejones. |am noctem,

el SRE ES "i

el. aefius potse aet cibi per me

part., tit. T? .

(9). S4 vando os, deglutiatur atifé eges prater iaue-

s (um, nona ed iar mni A as

Page 1