‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 92 sur 480 · EUR JEU · texte numérisé non relu

EUR JEU

qu'on en ait, s'avalent avec la save, ne

ivent pas empécher la communion.

Ij en est de méme, sélon Sylvius et les plus rigides théologiens , si on se borne ài goüter du vin ou un bouillon, à mordre un frait, ou quelque autre chose semblable ,:

sans rien faire passer, si ce n'est peut-être par manière de salive : c'est que dans ces occasions on ne peut diro qu'un homme ait mangé ou bu. Ce serait autre chose s'il allit jusqu'à avaler : car alors la plus pclite quantité romprait son jeûne. Ainsi, quoiqu'on ait de la peine à entrer dans un détail qui devient odieux à forco do devenir mince, je ne crois pas avec Quarti et Diana qu'un

me qui avale volontairement quelques grains d'anis, qui lui étaient restés dans la bouche, garde le jeûne rigoureux que l'Eglise prescrit pour la eommunion. Ce n'est point du tout là ce qu'on appel'e frajectio per modum salivæ; c'est une manducation très-libre.

' 8. On ne doit pas non plus s'inquiéter de te qui ne passe dans l'estomac que par mafière de respiration , comme la poussière, la luie, un moucheron. J'y ajouterai, contre Pontas (1), la fumée du tabac. Autrement in homme qui voyage avec des fumeurs do rofession, et qui en avale toujours peu ou 'eaucoup, ne pourrait célébrer, quand il est ârrivé au terme. On ine dira que c'est malgré lui : j'en conviens; mais outre que celte raison n'est pas concluante , comme on le ferra plus bas, je ne crois pas que ceux qui ument, souvent par nécessité, respirent voluntairement ce qu'ils renvoient de toules leurs forces. ll en est de méme, et par le méme principe, de ceux qui dans üne cuisine avalent quelque partie de la fumée des viandes qui s'y préparent. Nous ne pouvons tependant dissimuler que d'habiles théologiens (2) excluent de la communion ceux qui de plein gré, ou par le moyen de quelque instrument, avaleraient la fumée des viandes où du tabac. .

6, Mais que dire de ceux quí avaleraient uu louis d'or, un raorceau.de plomb, un petit os, de la craie, du papier, et autres choses pareilles qni, de leur nature, ne sont pas coexestibles? :

a des docteurs qui défendent la çomæunnion dans lous ces cas : ilg en donnent

n rompre le jeüne, que ce qui passe dang 'estomn

fos iR

mme qui, par mauvais goût, ou pour tempérer la cbaleur naturelle, aurait mangé de da terre ou du charbon, comme çela est

(OF v, Meuse, cas 6. i .

(D t tene e 4, cap. 7,n.74. - i X3)-Nec relert, nem aliqukl hujnsmodi nutriat vel nan

em aux per se, auf cum ajiis, dui sumolue par

n cibi vel polus. S. Thom. m p., q. 80, ari. 8 ad &. Ces dernières varoles : Dunpnodo sua:

arrivé plus d'une fuis. Ainsi cina, Layman, Habert (4), etc. + - D'autres, dont le sentiment nous. paraît plus juste, croient que parini les choses dont wous avons fait l'énumération il y en a qui ne peuvent rompre le jeûne naturel, comme For, une balle de plomb, des osselets extré+ mement durs, parce que rien de lout cela n'est capable ni d’être digéré, ni de nourrir en aucun sens, Mais ils raisonnent différem+ went de la craie, du charbon; dela terre, etc. parce qu'il s'y. trouve un peu d'humeur nu+ tritive, et que cela se peut digérer. :

- ".]l y a un nouvel embarras à décider , si le tabac en poudre, l'eau de la reino d'Hon« grio, el autres drogue& pareilles qui se prennent par le nez, rompent le jeüno eus eharistique. Pontas le nie du tabac, d'après Paul Zacchias (5). eélèbre médecin de Rome.

D'autres nient de l'eau de la reine d'Hongrie. Leur principe est que rien n’est aliment, breuvage ou médicament, que ce qui sc prend par la bouche.

Mais il me semble que ces décisions ont besoin d'explication, et d'abord je ne puis croire que celui qui avalerait volontaires ment.le sang qui lui découle du cerveau, ne romplt pas le jeüne naturel. Quoi! de l'aveu de Quarti, án hemme qui suce et avale trois eu quatre gouttes de sang qui lui sort dd doigt, ne peut communier; el celui qui en avale dix fois davantage le pourra, parce que ce sang ne vient pas du dehors? A ce eompte un homme qui mangerait uue partie de sa langue, serail censé à jeun. J'ai peine à le concevoir.

. A l'égard des eaux qui se prennent par le nez, co qu'il en pourrait passer dans l'estomac, n'y va que par manière de salive E en peut se tranquilliser en ce cas, à qu'il n'y eüt quelque chose de volontaire.

Pour ce qui est du tabac, dont la mode, eomme bien d’autres, est aussi suivie qu'elle est incommode, on rejette si vile tout ce qui en va jusqu'au gosier, qu'il ne paralt pas quon doive avoir d'inquiétude là-dessus:

epenüant Sylvius (6) croit que s'il passait jusqu'à l'estomac ,füt-il vomisur-le-champ, il nuirait au jeûne; parce que, dit-il, c'est une sorte de médicament, quoiqu'il fasse du mal & beaucoup de munde et du bien à très-peu.

Sur ce principe, auquel l'autorité de celui qui l'avance donne du poids, il serait à traindre que ceux qui se couchent tard et qui prennent dü tabac jusqu'à ce qu'ils se mettent au lit, et quelquefois après, ne donnent atteinte au rigide précepte que nous examinons, quand ils savent par expérience que le làbac. passe aisémentchez eux.

* Cependant je vois deux choses : l'une; que xeux mémes qui craignent Dieu se font or- ‘dinairement irès-peu de scrupule au sujet sent une partiè dé la réponse: ] ? nt j'Haten, de Her c. $5. y. 2. .

4,15] Ponts, ibi Zacchias, tom. 1I Quæstionum medico- 28) SI osintret labacus et deglutiatar, communonem sni- ;pedit ; auia est inedieina , licet multis udceat, elc. Syjrius. ad q 80, art. 8. .

ao pensent Buna-

"u m ors

du tabac, l'autre, que la raison de Sylvius n'est pas péremploice. Que le tabac soit un

ii 1, je le veux ; mais au moins est-ik i pas de la nature de ceux et qui se boivent. Or, cela joint à la pratique para suffisant pour tranquili— ser. Aprés tout, il n'est pas difücile de parer aux inconvénients : on peut s' lenir de tabac une heure avant de se coucher. H serait méme à soubaiter qu'on s'en passái avant la messe. Deux conciles tenus, l'un à Lima, et l'autre à Mexico, l'ont tr tèrement défendu (1), et ces conciles ont été approuvés à Rome. Urbaio VIll en a prohibé tout usage dans les églises du diocèse de Séville , et cela sous peine d'excommunioation (2). Si ces ordonnances ne font pas loi pour nous, elles peuvent faire des régles de conduite. Au fond, l'abus de ce cóié-là est poussé aussi loin qu'il peut aller. Le tabac devient dans leiemple du Seigneur on lien. de politesse, de galanterie méme. Est-ce pour cela qu'on se rend à la maison de prière?

8. A l'égard du labac máchicatoire, quatre #héologions, que je cite dans les notes (3), en croient l'usage coutraire au jeûne nalurel. La raison qu'ils en rendent, c'est qu'il w'est guère possible que plusieursdes parties kes plus succulenies ne. passent dans l'esto-mac; ou qu'au moins il y a toujours à craindre que cela ne soil ainsi, ce qui, en morale, dois suffire pour arréter. Ou dira peut-être

elles n'y passent que par manière de saivo; mais, réplique-t-on, si, pour adoucir une inflammation, vous aviez mis dans votre bouche un morceau de sucre qui, malgré vous, eüt passé en parlie avec la salive, oseriez-vous communier? Il nt a pas d'apparence : pourquoi done le faire dans un cas dont la différence n'est pas assez marquée pour rassurer parfaitement.

Je. ne sais si ces sortes de choses ne dé.

pendent point de la constitution des organes ou de la vigilance sur soi-même. Sans doute qu'il y a des personnes moralement sûres de ne rien avaler. Si cela il n'y a rien à craindre pour elles. l'en dis autant de cefles à qui, dans celle occasion, il n'arrive rien de plus, que lorsque aprés s'étre rincéla boutbe, clles avalent quelques gouttes d'eau sans le vouloir. C'est sur ce fondement que Pontas (5) décide en général que les feuilles de tabac, dont on use en máchicatoire, ne rompeni pas le jeûne naturel, non. plus que celui qui se prend en poudre. Nous avouons néanmoins, continue cet auteur, qu'un prétre qui prendrait du tabac de cete manière, sous préiezie de se purger le cerveau par l'évacuation des eauz, serais tris-blámable ;. et une telle indécence serait plus pardonmable à un soldat qu'à un ecclésiastique qui va recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ. Ce docteur eût apparemment excepté le cas de ces be-

(1) Ob reverentiam, quæ Eucharisthe percipieudæ exhibenda est, præcipitur, ne ullos sacerdos ante communiomem, quisquam tabuei, picietive, aut similium, medica. tnenli causa, per modus. fomalis eraporationis, aat allo

quovis modo Concil. Mexican. un. 1585, Rome epprobed. en 1580, (ib. wm, (i. 15,8 15, Lob. (om. XV, gg 3201, Limense 11, act. 5, c. 24

soins réels qui baunissent l'indécence. It y a des. gens que la pilule élouffe, et qui ne peuvent dire la messe de boons heure,

9. Avant que de passer outre, nous croyons devoir ebserver en peu de mois, i" que le jrüne naturel peut être rompu par une acliom forcée et involontaire; car, queique l'E. glise n'ait pas dû interdire la communion à €eux qui, malgré qu'ils en aient, avaleat quelques-uns de ces petits corps qui nageat dansl'air, et qui le suivent gaturellement partout où il entre, comme un flocon de neige, une pelite paille, un moucheron ; elle a défendre ce qui ne vient pas de l'air, d'une cause teute différenle. Aussi ne dira-t-on jamais qu'un bomme soit à jeun, parce qu'il a pris un bouillon malgré lui. Si cela était, une personne à qui on aurait entonné une bouteille de vin pourrait som munier : ce qui révolte. Ainsi pense le car« dinal de Lugo (5); et Henri de Saint-Ignace aurait bien fait de penser comme loi. 2* Que ceux qui, avant que de se coucher, meltent dans leur bouche du suere, de la réglisse, on quelque autre chose qui peu à peu se fond et se résout par la chaleur naturelle; ne peuvent communier le lendemain, s'ils ne sont moralement sûrs qu'il n'en a rien passé depuis minuit. Ce qui serait entré dans l'eslomac depuis ce temps-là ne serait pas ua de ces restes de nourriture qui se sans qu'on en soit maître, ce serai ane vraie partie d'ün aliment proprement dit, qui se prend à mesure qu'il se dissout dans la bouche. Aussi n'y a-t-il gaère qu'une voix sur cet article. Diana ct Quarti se sont récriés contre le sentiment opposé. 3* Qu'il està souhaiter que ceux qui se disposent à la communion du lendemain soupent plus sobrement qu'à l'ordinaire, m'ont pas la force ou le courage do pou: la mortificstion jusqu'au jeûne, ce bn serait p!

cile à un prêtre qui célèbre souvent. A& resle c'est une erreur de croire que, pour communier, il faille avoir dormi depuis te dernier repas ou avoir fait digestion. Si quelque chose, dans ces occasions, devait faire différer l'action sainte qu'on voulait faire, ce serait uno pesanteur de tête et d'esprit qui ne s'allie pas bien avec la ferveut que demande l'eucharistie.

H nous faut maintenant entrer dans on long el pénible examen de plusieurs diffcettés qui se présentent tous les jours ser le sid T nous traitons.

0. La première est de savoir si la transgression de la loi du jeüme naturel peut m'être que véaielle, sot à ræison de la &gèreté de la matière, comme si une ne maageak avant la communion qu'une amande, soit à raison de la brièveté du temps, comme si ou buvait un verre d'eau que minuit songe ou quelques minutes

(3) Urbanos VIII, bolla 164, die S Jeeraae. 1644, tom. I

Bullar., p. 297 (3) Vi , tom. II, p. 254; Ethica smerts T LAG 151; Peau d Logdine especimes, im. €,

lr Ponts, v. Messe, coe &, (5) Logo, disp. 15, 0. 38.

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&r la première, j'a- - "d je fus cxtrémement sure pour ne pas dire scaudalisé, de voir un homme aussi Eélèbre que le fut M. Gibert, décider nettement et sans détour (1) que ceux qui vont à la communion après avoir mangé quique dragée ow pomme , noisette ou autre prie Velle, ne pèchent pas mortellement.

lle idée, abstraction faite de la bonne foi,

et par eonséquent d'une ignorance invinci- Me qu'on ne peut guère supposer , eu égard aux instructions sans nombre qui se font sur celle matière : celte idée, dis-je, est absolumeat insoulenable. Et, 1* il faut tomber d'ac« cord qu'elle heurte de front le commun sen= timent des fidèles. Tous, dit le savant Sylvius, sont persuadés que, quelque peu de those qu'ils aient pris, ne fül-ce que par fasdrerlance , ils ne peuvent, sans crime, s'approcher de la sainte table. Or cette persasion intime ne peut être un simple préjeté, puisqu'elle malt de l'ins'ruction aussi

dans ses conciles, à. menacé, et peut-étre frappé en partie, ceux qui oseraient célébrer aprisavoir mangé ou bu, en quelque petite quantité qu'ils l'eussent fait (2). Et ici vous Warez ni conciles à opposer à d'autres, ni wages à contrebalancer par des usages différeals, ni distinction établie, insinuée méme etre le ministre de l'autel et le simple . Ce qs s'est dit de l'un, quant à la

a précepte, s'est toujours entendu l'autre : et le casuiste à qui tout. élait Probeb'e, n'a pas pensé autrement que le ien exact (3). Donc, 3° quoiqu'une

e légère en elle-même ne puisse être Frésisément comme telle la matière, d'une qui oblige sub gravi, elle le peut nóanmoins à raison de la fin que se propose le Wgislaieur la siguificalion mystérieuse gaaeue en vueel des autres circonstances.

‘sl Lrès-peu de chose en soi qu'une ou deux Soulles d'eau mélées avec le vin pour la Osécratien : mais le- mystère que ce méhago signifie est aux yeux de l'Eglise quel-

à . Gibe .

Wécusièms canon du concile de Tolède tenu en 616. rai

Jru 2x6

que chose de si grand, qu'on ne peut y manquer sans péché mortel. C'est encore assez peu de chose qu'un verre de vin pris au caaret par un ecclésiastique in sacrís; et ce- Pendant le plus grand nombre des évêques.

l'ont défendu, et très-justement défendu , sous peine de censure à cause des conséquences. Or ces deux motifs, je veux dire celui de la (In et celui de la signilicalion, se trouvent ici. D'un côté, on a voulu prévenir jusqu'à l'ombre du scandale qu'auraient insensiblement donné des gens qui, en fait de boisson, comptent peu pour rien, et beaucoup pour peu (5); de l'autre, on a voulu apprendre aux fidéles que Jésus-Christ est leur principal aliment, et qu'ils doivent, avant loutes choses, chercher celte nourriture céleste qui donne la vie, et la donne avec abondance (5). Concluons donc sans hésiter, quen fait de jeûne naturel, il n'y a point de légèreté de malière ; et qu'un évêque sage eut raisou de condamner à trois mois de retraite un homme qui, dans ce cas, avait abusé de la maxime : Parum pro nihilo repu»

tatur.

J'ajoute qu'il n'y en & point: non plos da côté da temps. C'est encore le sentiment commun des fidèles qui n'aiment même pas à entendre disputer contre. D'ailleurs, pour peu qu'on se donnát la Jiberté de franchir la règle, bientôt on ne garderait plus de me.

sure : c'est de quoi l'expérience répond.

Depuis qu'on a commencé à mettre cet article en question , les uns ont étendu la liberié de manger jusqu'au dernier coup de minuit, d'autres jusqu'au temps d'un Are Moria; quelques-uns à un demi- quart d'heure ; d'autres, plus bardis, à tout espace au-dessous d'une heure. Et qui doute qu'à force d'opiner, on n'eüt bientôt été plus loin? La probabilité, féconde en conséquences, ne s'arréte pas aisément, quand une fois elle est en train.

Mais, nous dira-t-on peut-être, un hommede la trempe de feu M. Gibert, homme qui

noa l.

dub. 4. Voy. Suarez, disp. 08, sec. à

33; Sylvius m p., a. 80,8. P 548;

fig. Dogmai: lib, u, art.

(4) On le voit par ces paroles

cile de Mâcon, tenu en 58, et qui. apparemment. u'unit dé dites à de rien : Decermistus ui nullus pres

Bier. confertus cibo, aut crapulalus víno nrissas cuncele-

brare præsumat.

(5 Va. S. Thomam bie, q, 8.

zt examinons au moins quelques-unes de ses raisons. 2.

11. La première est que Je jeûne spirituel, qui consiste dans l'abstipeneo du péché, est plus nécessaire à la eommunion que le jeûne matériel, qui eonsiste dans l'abstinence des aliments, paree qu'il est de droit divin, sans aucune gxceplion , et que l'autre n'est que de droit ecelósiastique, qui a eu autrefois une exception pour le jeudi saint, comme mous l'avons dit ci-dessus. Or il est certain qu'on ne pèche que véniellement. lersqu'avant la communion on n’a violé le jeûne spi- Jituel qu'en matiére légère. Dont, par la raison des semblables , elc.

- Mais qui ne voit que la première de ces trois propositions est absolument fausse dans ke sens de l’auteur, parce que l'Eglise, en vertu de l'autorité que Dieu lui en a donnée, peut faire des lois qui obligent sous des

eines plus grièves que plusieurs lois de

ieu méme. Que répondrait M. Gibert , si on Jui disait , en raisonnant sur ces principes : Le jeüne spirituel. est plus nécessaire à la vélébration du sacrifice que les ornements »acerdotaux , puisqu'il .est de droit divin, ct «ue ceux-ci n'en sont pas? Donc, il n'y a point ou il n'y a que peu de péché à célébrer sans ornements sacerdolaux. Et encore, en Je serrant de plus près : Le jeûne spiriluel st plus nécessaire à la communion que le jeûne matériel. Or il n'y a point de loi qui Aéfende de célébrer à un prétre qui n'a qu'uu ou deux péchés véniels sur sa conscience; donc il n y en a point qui le défende à un yrétre qui n'aura bu qu'un ou deux coups de vin. Je laisse à tirer de plus fâcheuses conséqueriees à ceux qui se sont accoutumés à croire que le liquide et le jeüne ne vont pas mal enscmble.

La seconde des raisons de M. Gibert, c’est qu'il n'y a point d'autorités ássez expresses pour établir le rigoureux sentiment que nous avons embrassé. Mais ce savant homme se ‘ttompe cn ce point (1). D'ailleurs la coutume et le jugement du monde entier ne suffiraient-ils pas pour l'établir.

En&n i| argumen!e par comparaison du jrüne à la simonie, et il prétend que puisque selle-ei peut u'étre que vénielle, à cause de la légèreté de la matière , il en duit être de € de celui-là. Mais nous ne lui passerons ui le principe dont nous avons prouvé la fausselé dans un autre ouvrage (2), ni la «on-équence qui ne peut étre juste dans des malières aussi disparates.

2. La seconde question que l’on propose ici regarde la inanière de se conduire, quand on doute si on n'a rien pris depuis minuit, À cela la plus juste réponse est que si l'om ne peut prudemment déposer soa doute (3), il faut s'abstenir de célébrer, à

(1) Voyez les canons cités eol. 215, et rema-quez ea- €^ e une foit que Gilbert fait la loi égale pour le prêtre et. lo peuple, =! Coma. Tosrnely, toc II, tract. de Simonis, cap. (3) On peut déposer le doute, d'après saint Alphonse de A iguori, en faisant usage d'un principe róBexe; savo.r,que Vua est'en vosseselon de la liberté de counnuaier, tint.

moiris qu'on ne soit dans quelqu'un des cag.

dent neus allons parler tout à l'heure. La raison en est que dans na vrai doute si telle ou {elle action mal pas défendue, À faut prendre le i qui expose le moins, ou plutôt qui tobeteall à tout danger. C'est une maxime contre laquelle les fausses sublililés ne prévaudront jamais.

Quand il y a dans un lieu plusieurs bor-.

loges qui ne s'accordent pas, il est de l'ordre de s'en tenir à celle qui passe pour aller mieux. Dès que le .premier coup soni il u'est plus permis de manger, pas méme d'avaler le morceau que vous auriez dans la bouche. Au reste, ua homme sage ne s'ez-.

pose point à' toutes ces discussions ; elles ne lui serviront tout au plus que dans les voyages. Si, à l'inspection des étoiles, un astro- Rome qui en connalt le cours jugcait que les horloges sont en défaut , il pourrait laisser celles-ci et se régler sur celles-là.

La dernière question, mais qui se parlage en plusieurs branches, est de savoir en quel cas on peut célébrer sans être à jeun; car qu'on le puisse en certaines occasions, c'est ce dont l'autorité du concile de Constance pe permet pas de douter (5).

11 y a des cas sur lesquels tout le monde est d'accord, d'autres sur lesquels on cs! partagé. Nous allons les parcourir l'un après l'autre; el en dire notre sentiment, sans pré judice de celui de nos maltres. 1ls savent de tout temps le profond respeet quo uous avons pour eux.

13. Le premier cas est celui où l'on se peut empêcher la profanation du sacreuneat, sion ne le prend au moment méme, queiqu'on ait déjà mangé. Un juif, un magicien, aa calvinisle forcené s'avance pour outrager la sainte hostie, la jeter au feu, la faire servir à des opérations damnablcs : ya ni prêtre ni laïqse à jeun qui puisse parer le coüp. Tout homme, s'il ne peut auires ment soustraire le corps du Sauveur aax iasulles qu'on vent lui faire, peut après diner comme auparavant le toucber, s'en commeniersoi-méme et leconsommer. ll en serait de méine, 3i dans un licu écarté, ou daas ua pays infidèle, un prêtre après la consécraiou des espèces tumbait en défaillance, à e

ouvoir achever le sacrifice; et qu’il y eût, laute de ministre capable de suppléer, ne danger réel que les espèces ue se eorrompissent, elc., la motif de cette décision aussi solide qui est court, c'est que La loi du jeûne n'a éé établie que par peur le sacrement: do nos autels; or le bos sens veut que ce qui n'a élé introduit que pour procurer du respect ne subsiste pas, quand il produirait un effet tout contraire. * 1&. Le second cas est celui où un prêtre .De peut achever à jeun le sacrifice qu'il a

qu'il n'est certaia qu'oa a ri le jeûne. ( Neu és Fo Les q opu le jc (

leur.

(1) Sacrorum canonum auctoritas lauclabilis : ei appre- «bala consuetudo Ecelexiar servavit et Servat, quod modi sacramentum Bon debeat eoufici COMM, etn. bus recipi non jejunis, nisi in casu. intirmitats, aut she rius necessiutis, a jure vel ab Ecclesia. concesue, vel adtn$so. Goncil. Cons. an. 1416, eset, 15.

commencé. Cela arrive, 1* quand ik ne s'a-

perçoit que lui ou le diacre qui le sert a

mis dans le calice de l'eau pour du vin qu'a-

pris en avoir goûté dans le temps de la communion, et alors il ne doit ni prendre davautege , dès qu'il a connu sa méprise, ni rejeter e qu'il a dans la bouche, de peut. qu'il ne vrjette en méme temps quelque particule de l sainte hostie.2* Quand, aprés la consécra- Jien d'une des espèces ou de toutes les deux, 11e souvient qu'il n'est pas à jeun , eüt-il «mmencé la messe de mauvaise foi, il fautrait la continuer, après s'être profondément humilié devant Dieu. .

15. Mais que faire, quand on se rappelle, avant la consécration, qu'on a pris. quelque cbose le matin? Précisément tout ce qu'on doit faire dans le cas oü l'on se rappelle qu'on a encouru quelque censure ect'ésiastique , c'est-à-dire se relirer si Qn Le pent sans scaudale, et conlipuer si on no le peut pas. C'est la décision du docteur Angélique (1). Mais, quuiqu'elle soit plus praticable en fait de jeûne rompu qu'en liit de censure encourue, parce que l'aveu du premier ne déshonore pas, ce que fait l'aveu de l'autre, nous estimons qu'elle ne pent servir qu'à un prétre dont la réputation est lien établie, et qui est aimé de ceux devant qui il célèbre. Tout autre s'exposerail au murmure, ct souvent à la calomnie.

16. Si le prétre, aprés avoir pris les ablulions, apercoit sur le corporal ou ailleurs quelque particules, grandes ou peties, d'une ou plusieurs hoslies qu'il a consacrées, il doit les prendre, quoiqu'il ne soit plus à jeun, parce u'elles apparliennent au méme sacriice (2). 11 péchera, s'il y manque; et som 1 ché irait au mortel, s'il'ea résuliait quele que profanation de ces mêmes particules : ce qui peut arriver en bien des occasions, et surtout quand on célèbre sur un autel où il »'y a point de labernacle, et sur lequel oa ne célébrera de longtemps. S'il resta une hostie tout entière, la rubrique veut ou qu'on la melte dans le ciboire, ou qu'en la laisse au ptétre gui doit célébrer après. Que sion ne peut faire ni l’ua ni l'autre, il faut Ja conserver décemment daps le calice, ou sur la paléne ; mais si ce dernier parti n'a ait pas lieu, comme il arrive aisément dans de petites chapelles, le célébraat devrait la prendre (3). :

17. I1 se présente ici plusieurs difficuliós incidentes, sur chacune desquelles il est à propos de nous arréter un moment,

On demande done d'abord si um prêtre peut après l'ablution, consommer les (rag-ments qui restent de la messe d'un autre, comme il peut copsommcr.ceux qui restent de la sienne. Je suis presque sûr que celte

(1) Tatius reputarem, maxime in casu manducatiggis. et €xeommunfeationis; quod: missum iurcaplaín desereret , i eme semndalum timeretur, S. Thon. q. 82, art. 6,

ur Am (2) Si sacerdos deprehendat pos, sumptionem corporis et sanguinis, aut etiam post ablutionem, reliquias. aliquas s , eas sumat, sive parvze siot, sive maga, quia A idem sacrificium spectant. Iürica, w p., tit. 9, m. 2. (1 Si vero relicta git hoblis iutcgra ceusecrma , eam à

"Nu? "0

difficulté n'arrête personne : elle eàt cependant séricuse, el ai sérieuse, que Cajelan, Sylvestre, Mozolin, Navarre, Suarez, et ke «plus graod nombre des théologiens tiennent .la négative, La raisen quis en donnent est ,que la rubrique ne met à-an winistre qni n’est plus à jeun de prendre les parcelles qu'il découvre après coup, que paree. qu'elles apparlienpent :au "méme sacrifice et à l'intégrité de la. méme communion. Or tés fragments de l'hostio consacrés par Titius -n'apparliensent en rien au sacrifice que j'ai -offert après lui; denc j'endoisjugercomare fait Ja rubrique d'une hoslie tout entière; c'està-dire, ou les mettre dans le tabernacle, s'il .y en a.un; oudes conserver d’une.manière décente sur;la palène ou.sur le corporal; ou enfin ne les prendre que quand tous ces expédients me sont impossibles.

Malgré cela je crois avec quelques autrés docteurs qu'on peat trés-bien suivre l'opinion contraire. 1* Parce qu'il est difficile, ét souvent impossible de discerner si une ou deux pareelles que j'ai devant les yeux viennent de ma messe ou de celle d'un autre. Or "quel trouble, quet embarras dans une conjoncture où un prêtre a. besoin d'être tont à ‘sui, pour étre tout à celui qu'il vient de re— ‘cevoir. 2» Parce que les parcelles du premier sacrifice appartiennent de plein droit au sacrifico suivant; puisque le ministre de celutct doit suppléer aux défauts de celui qui l'a précédé. Donc ce quela rubrique a réglé distinctement pour l'un est. censé impliciteent avoir été réglé pour l'autre. 3* Parce qu'un prétre, qui purifle le ciboire, ne pourrait prendre avee une ou deux ablutions les fragments qui: y sont contenus, puisque de ces fragments il n'y en a souvent aucun qui 'appartienne à la messe qu'il dit actuelleament, et que d'ailleursil césse d'étreäjeun, aussitôt qu'il a pris la première goutte d'ablution. Concluons donc que ce dernier sen- "timent. est beaucoup plus probable que lo ‘premier. J'ajoute qu'il est sûr en ce sens qu'il pourvoit mieux aux inconvéyients, qui “ne peuvent étre que très-considérables, quand. il s'agit du corps et du sang de Jésus-Christ, puisqu'on fie sait souvent te que deviennent les parcelles qui:n'ont pas été aperçues à Aemps. Aussi, dit un théologien étranger (4), ai-je appris que des ordres, cétèbres par eur scjence et par leur piété, out pour pritique de-consommer sur-le-champ toutes 1ës “particules qu'ils découvrent devant ou après l'ablution. AN

On demande en second lieu jusqu'à quant ‘un prétre peut prendre les parcelles qu'il n'a pas apercues. dans le temps de la com- “munion? fl est sûr qu'il le peut tánt qu'il est à l'autel, parce que sa fonction n'est

“lahkerneculo curi afiis reporet : si hoc fleri nequit, sequenti aSacerdolj ibi eelebraturo, ri supra corporale decenler opertam, sumendam una cum altera quam est qonsecta- "turus, relluduat; vel si neutrum horum fieri possit, in ipso calice, seu patena decenter conservet, quousque wel in ta« % culo reponatar, vel ab altero sumatur; quod si nop. i quomodo hioueste conservetur, polest cam ipsemet seunere, Pid. n. 8. - . - 204 (5) Marehiai, tract, S, p m, cap 3, m 49. *

censée finie qu'après

j'il en est sorti ; et cela serait vrai, quai

il aurait passé une

Il encore quand il est rentré dans la ie? C'est sur quoi on n'est pas d'ac- . Plusieurs croient que quand méme il serait encore revélu de tous ses ornements, Îl ne pou: bi là ni ailleurs, prendre les fragments q a découverts, parce que ce serait in ret veritate une nouvelle commu- Dion, qui lui est sévèrement défendue , si ce w'e-t, ajoutent-ils, qu'il ne püt conserver avec décence ces précieuses parcelles; car alors il peut ou les prendre, méme aprés avoir quillé ses habits sacerdolaux , ou les donner à quelqu'an qui soit en état de comwunier : et c'est, dit Quarti (1), ce dont tout le monde convient. Néanmoins Benok XIV pense avec le clergé de Padoue qu'un prêtre qui n'est pas encore déshabillé peut prendre dans la sacrislio ces particules comme un complément du sacrifice qu'il vient d'offrir, Voici ses paroles : Sumptio harum reliquiarum post missam relictarum, est complementum ipsius actionis et sacrifici, quod moraliter censetur durare, donec concurrant hec duo, et quod adsint talia fragmenta ex ipso inadvertenter relicta, et nondum sacris vestibus sacerdos ezutus. sil?

dummodo non sludiose aut aliquo impedimento detentus díu distulerit eas exuere; sed wnico conteziu, ut fieri solet, ab altari ad sacristiam recta perrexerit, et ibi sacre mensa reliquias, paramenta misse depositurus, inveniat (2). Cette raison paraît faible. Si un prétre ne commence pas le sacrifice pour avoir déjà pris ses ornements, pourquoi le conlinuera-t-il pour ne les avoir pas encore quito? Si donc quelque chose m'engagcait

saivre ce sentimenl, ce ne serail guère que la crainte de la perte de ces parcelles, qui se dérobent facilement aux yeux, ou que des prêtres peu précaulionnés enlèvent avec les franges du voile. Jamais, pour le dire en passant, le voile ne doit porter sor le dedans du corporal : pour cela, le plus sûr est de ne le déplier par devant qu'à LOF fertoire.

On demande encore si uu prétre qui, après les ablutions communes, aurait pri quelque chose pour sc forlifier, parce tombait en faiblesse, pourrait encore p dre les parcelles qu'un diacre lui fera apercevoir sur la patène? Navarre, Lugo et un trés-grand nombre d'autres soutiennent et ont raison de soutenir qu'il ne le pourrait pas sans péché mortel. En effet l'Eglise ne permet de prendre après l'ablution ce qui reste du sacrement, que parce que l'ablution, avec laquelle il se méle nécessairement quelque chose du sang de Jésus-Christ, est regardée comme faisant une espèce de tont moral avec la commu : et c'est par celte raison que le prêtre censé à jeun dans toute la suite de l’action de la commu-

tg UL 10, sec 3, dub. & Heorkcus à Polar. sped Broed XIV, de Sacré,

Resol, Cl 3 UL eap. t7. a.

heure à denner la communion. Mais le :

LE] nion : Rigorose quidem in principio, disent les théologiens, ef in gran moraliter.

Or ce que prend un prêtre pour se fortifier est si étranger à la communion, qu'il pe L être regardé comme faisant un toot

moral avec elle. Bonc ce méme prêtre ne peut plus alors étre censé à jeun, ni dans un sens étroit, ni dans un sens moral. Donc il ne peut en ce cas prendre les fragments qu'il aperçoit si tard, à moins qu'il ne pàt les conserver, ainsi que nous l'avons dit nm haut. Reprenons la suite des causes où l'Epie a dû suspendre, quant au jeüue naturel, a rigueur de ses lois.

18, Le troisième cas est celui où l'on ne peut autrement éviter un scandale, ou une

rie considérable. La raison en est, que

s lois humaines, et assez sonvent méme les lois positives de Dicu, n'obligent pas dans de pareilles circonstances. C'est le sentiment de saint Thomas, et il est reca communément (3). De là on a coutume d'inférer qu'un prétre peut célébrer, lorsqu'en y manquant, contre son ordinaire, il se fera soupconner d'un crime qui s'est commis la veille, ou qu'il donnera à sop peuple ua grand scandale

Plusieurs étendent cette décision à un séculier, qui ne se souvient d'avoir pris quelque chose que quand il est déjà à la sainte table, et qui craint le scandale et l'infamie ; s'il se relire sans communier. Quoique ce cas ne soit pas absolument impossible, on doit le regarder comme très-rare, ct par conséquent arrêter dans la pratique les conséquences que l'amour-propre et la crainte du scandale imaginaire en lireraient indubitablement. En effet rien de plus commun que de voir des laïques de toute espèce quitter la table de la communion pour quelques moments, ou méme tout à fait, à cause de leurs scrupules. D'ailleurs on y voit toujours bien des personnes dont les unes ont déjà communié, et les autres n'y pensent pas, mais cherchent eniquement là propreté et la commodité da lieu. Enfin, quand us séculier dirait à tous ceux qoi voudraieat l'entendre qui S'est souvenu d'avoir man aprés minuit, risque-1-il beaucoup? et communion du lendemain ne peut-elle pas supper à celle dont il se prive aujourd'hui?

. Le quatrième cas est celui d'un ma-

lade quí doit recevoir le saint viatique. B n'y a qu'une voix sur cet article. Il faut seulement observer que dani les pays où il est d'usage de communier les criminels avant Je dernier supplice, on les regarde comme on fait ea France les malades qui tendemt À la mort. Au reste, quoique certains théologiens (5) fassent à ceux qui sont chargés d'adminisirer les derniers sacrements, une loi étroite de prendre, pour communier ua moribond, le temps où il n'a encore riea pris, quand ils le peuvent sans se déranger considérablement, je ne vois pas, mése

(5) S. Thom. q. 85, srt. 6, sd 2; Searez, disp. 68, sect 5; Lugo. disp. 155, a. 70, ete.

(4) Zambraues apod Quarti, pert. sa, (t. 9, sect. 1, dui 6; Tertia cansa, eic...

Lis] JEU

daus les éommunautés, où de l'église à l'in-

firmerie il u'y a qu'un pas à faire, qu'oa se gêne pour cela. Surtout on aurait grand tort, en attendant une ou deux heures après it, d'exposer un malade à moarir sans eommunion, ou à ne la recevoir que dans un état d'accablement et d'aliénation commencée, où l'esprit ne connalt presque plus la grandeur du don de Dieu. V. le rit. rom.

. C'est ici le lieu d'examiner une ques-.

tlon fort débattue parmi les casuistes. 11 s'agit de savoir si un prétre qui n'est plus à jeun peut célébrer pour consacrer une hoslle, faute de laquelle nn malade mourra sans viatique?

Le plus grand nombre des doetenrs prélend qu'il ne le peut pas, * parce que le respeet et la dignité infinie du sacrement exigent qu'on ne le consacre, qu'avec les rites marqués par l'Eglise, hors le cas de la dernière nécessité : or, poursuivent-ils, ce genre de nécessité ne se trouve point dans le «as présent, puisque, de l'aveu de tout le monde , ja communion n'est pas absolument nécessaire au salut, et moins encore quand il ne dépend pas de nous de la recevoir; 2* parco qu'il n'est pas plus permis de eólébrer sans étre à jeun, pour communier wo moribond , qu'il n'est permis de le faire pour la mémé fin, sans autel, sans ornements, saas calice consacré,en un mol, sans pouvoir suivre ces riles principaux dont l'E-

tous ces cas 6; 3 parce que brer après avoir rompu le jeûne, il faut une dispense de l'Eglise, comme il en faut une pour communier eu pareil cas : or l'on ne trouve ni trace ni vestige d'une semblable dispense. Il faut donc s'en tenir à la loi gémérale, et ms s'exposer pas à faire un mal pour procurer du bien à un autre. Ainsi pue saint Antonin: plusieurs habiles théologiens l'ont suivi (1), et Benolt XIV s'y est joint d'une manière irès-décidée.

Cependant il y en a d'autres, et de ceux mêmes qui marchent le plus à pas comptés m » qui embrassent le sentiment contraire.

Is disent pour leurs raisons, 1° que si l'Eglise faisait du jeûne eucharistique un pré- €epte aussi rigoureux que l’est celui de ne pas célébrer sans autel ou sans calice, elle me permettrait pas même à un malade de communier sans étre à jeun : elle le lui permet néanmoins, et plusieurs fois daus la méme maladie, comme nous pourrons le €ire ailleurs; 2* que plusieurs de ceux qui ne veulent pas qu'on célébre alors pour donner le viatique à un moribond permettent qu'on télébre pour soi-méme, comme si un prétre n'apprenait qu'après diner qu'il va être la victime d'une main ennemie el barbare. Or, disentils, la charité veut que je fasse pour wn autre ce qu'elle me prescrit pour moiméme. Quelques-uns ajoutent avecQuarti (3),

- (1) Paludaus, Soto, Ledosma, ; Suarez, disp. gris Fa Bora re EON oncdis Aa de Sierificio, lib. w, e. 12,0. 8,

JEU se

que FEglise, dans ces sortes d'uccasions, adoucit la rigueur de ses autres ordonnances; qu'elle permet, par exemple, qu'on có- Jèbre sans s'être réconcilié, ou sans avoir de répondant, os à une heure prohibée, ou enfin deux fois dans un jour.

Aprés avoir ainsi élayé leur opinion, ils.

tâchent de réfater les preuves de l'opinion contraire, Hs répliquent à la première que la loi du jeûne n'est pas du nombre de celles. dont l'omission emporte, dans un cas aussi pressant,une vraie irrévérence.

Ils disent à la seconde qu'il y a dans l'Eglise, relativement à la célébration de la messe deux sortes de rites : les uns, qui ont pour objet la majesté du sacrifice, et l'obligation d'inspirer au peuple par ua appareil

rappant le juste respect qui est dû à une action si sainte; les autres, qui ne regardent que le prêtre, et qui tendent uniquement à le mettre en état de recevoir en odeur de vie un sacrement établi pour la donner. Ils mettent dans le premier rang de ces cérémonies, l'autel, le calice, le pain azyme , la lamiére, etc. Ils placent dans le second Je jeûne et la confession. D'où ils concluent que les rites de la première espèce ne peuvent être omis dans aucun cas, et que ceux de la seconde le peuvent étre , quand om ne peut le$

arder sans se faire tort ou à son prochain.

1 cela , disent-ils, est d'autant plus raison^ nable, que ce qui manque ici d'un côté peut en quelque sorte se suppléer de l'autre. Une contrition siocére tient lieu de confession ; quelque mortification sagement entendue peut tenir lieu de jeûne : el ce jeûne n'est-il pas déjà bien compensé par la charité qu'ou exerce envers un pauvre moribond?

Enfin ils répondent à la dernière raison que puisque l'Eglise dispense de sa loi les malades; qu'on pourrait souvent communier à jeun, on a lieu de présumer qu'elle dispense aussi les prétres en faveur de ces malades à qui elle permet de recevoir daus -ces derniers moments l'absolution d'an excommunié et d'un hérétique dénoncé. Que si elle ne s'est point expliquée sur l'un,comme elle a fait sur l'autre, c'est qu'il n'arrive presque jamais qu'un prêtre, pour commubier un infirme,soit obligé de célébrer aprés avoir mangé ou bu, et que l'on ne fait pas de lois pour des cas qui n'arrivent presque jamais : Pro raro contingentibus non constihsuntur leges.

Voilà ce que j'ai pa découvrir de plus fort de part et d'autre. Mais puisqu'on m'a fait donner parole de dire mon sentiment, bon ou mauvais, je dirai en deux mots, 1* que,

“régulièrement parlant, je suivrais, tant pour moi que pour tout autre malade, l'opinion de saint Antonin, parce qu'elle a des garants plus sürs, ce qui est un grand point en morale, où il faut souvent voir par les yeux d'autrui et trouver bon ce que les plus sages ont trouvé tel, surtout quand ils ont ap-

) Ethica amoris, c. 85, n. 725.

(5) Quarti, p. in, Ut. 9, sect. &

ss DICTIONNAIRE DES CEREMONIES ET DES RITES SACRES. LA

ofoadi Ia ihatiére, et que ledrs raisons va-* Fat bien celles qui leur sont opposées ; que je ne comdamaerais point du tout ceux qui ,.

après y. avoir bien pensé devant Dieu, croi-. mient devoir faire autrement : le Malire que: nous servons est (rop boe pour improurer:

wne action a d'autre principe que la charité; 8° q des coujonclures où je” prendrais ce de rli; comme si un ma-.

lade mis aux plus violentes épreuves, soit par la force des douleurs, soil par une espèce d'obsession de l'ennemi du salul, n'avait, de ressource que dans l'euchoristie.

21.Le cinquième cas où l'on peut communier sans être à jeun est celui où il faut Continuer la messe d'un prêtre qui meurt, ou qui tombe en défail'ance après la consécrafion , car alors si on ne trouve personne qui soit à jeun, comme cela peut aisément arriver par rapporl aux messes qui so disent tard ; un prêtre qui a mangé ou bu, peut et dit achever le sacrifice. C'est la décision

&’un concile de T: ‘y a qu'une voix là-dessus : p "it divin , lé sacrifice doit être lécommencé. La rubrique 1 im, tit. 10.

22. Le sixième xt celui où Yon aoraïl'obter w célébrer ou pour commun: ris quelque peu de noarriturt pas qu'une pareille dispense s lecas de

maladie dont nous avons parlé , si ce u'est la veille de Noël, à Rome, dans la chapelle du pape, où il est d'usage qu'un cardinal commence et finisse avant minuitla première des trois messes qui se disent dans celte

rande solennité ; ce qui s'observe aussi à ienise dans l'é de Saint-Marc. Ce fait donne lieu à bien des discussions, dont je m'abstiendrai, parce qu'elles seraient inuliles en France. J'examinerai seulement une difficulté qui s'est présentée autrefois, et qui pourrait encore revenir.

23. Un prêtre, dans une citadelle où il de vit dire la messe de minuit, se trompe d'une leure. ll commence à dix, heures (rois quarts, -croyaut ne commencer qu'un quart, d'heure avant minuit. JL consacre, el un moment ,aprés paraît un officier qui l'averlit de sor

serreur. 1l continue, et dans le trouble où il -est il prend les ablutions. On demande deux .choses : 1° s'il n'aurait pas dà différer la communion jusqu'à minuit ; 2* s'il a pu dire

‘le lendemain la messe de l'aurore el la messe .

du jour. .

. J'ai proposé la première de ces deux dif- : ficultés à plusieurs personnes sages et inlel-

Jigcntes; la plupart ont cru qu'il eût été plus

. q Concillam Toletan, vi, can. 2, an. 616. Lab. tom. V,

(3) Decisiones practica casum resolato-

comscie:

rum a P. Bouavenwura Leonerdelli S. 3

pag. 505. :

5) Le même esprit de désotion qot "ava aspire sx. *

fidèles d'honorer les saints noms de Jésus et de Marie par Ja récitation de cinq pssumes dont les lettres iniuales [S ment ces noms augustes, et que l'on tronvers art. Jdses.

Cos ct Mars, les à engagés à honorer de la méme ma. -

sûr de différer la communion, el de donner le reste du temps à une tendre el affectueuse méditation du mystère que l'Eglise honore dans ce grand jour. Les autres, en plus petit nombre, et parmi eux était up grand vicaire distingué par son savoir, on! jugé q "jl valait mieux contiauer la messe à l'ordinaire, parce qu'une si grande interruption, quoique quelques s en aient donné l'exemple, semble avoir quelque chose de plus irrégulier que l'omission du jeüne dans un tel.

as. Ce sentiment me paraît assez juste; et il l'est encore plus, quand un prêtre jnfirme me peut, sans s'incommoder beaucoup, attendre si longlemps; ou quaud ceux qui assistent à sx messe n'ont qu'une très-pelile mesure de palience.

A l'égard de la seconde difficulté, il est sûr que le prêtre dont il s’agit a po dire les deux autres messes de Noël, parce qu'i Ju pris les ablutions avant minuit, il élait à jean le lendemain. li .ne faudrait pas raisouner ainsi de la messe qui se dit dans la chapelle du pape, parce que lue etla eoofume là font regarder comme célébrée le jour même de Noël. C'est pourquoi les [laliegs, qui eq parlent fort au long, enseignent communément que ceux qui n'éntendraient que celle messe satisferaient au.précepte d'entendre la messe le jour de Noël. ; et qu'au contraire si la vigile de Noël Lombsit un dimanche, il «e suffirait pas de l'entendre pour remplir le précepte d'entendrela messe les dimanches.

On peut lire snr cette matière le docteur allemand que nous citons dans la note (2).

JOSEPH (Ban).

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