‹ Dictionnaire alphabêtico-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 94 sur 480 · L'ordre el le nombre dcs Kyrie n'ont · texte numérisé non relu

L'ordre el le nombre dcs Kyrie n'ont

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is aussi toujours été les mêmes. Au temps

saint Grégoire, on disait autant de fois Christe que Kyrie (1). Dans le rit ambrosien on dit trois fois Kyrie après le Gloria in exedsis (2); et durant plusieurs siècles, lorsque le pape disait la messe, on lui demandait s'il voulait changer le nombre des Kyrie, et les chantres continuaieut jusqu'à ce qu'il fll signe de cesser (3). L'usage présent, qu'on suit depuis plusieurs siècles, est tràspieux; on dit neuf fois Kyrie ou Christe, pour imiter le chant des anges,qui composent neuf chœurs, el l'on dit trois fois Kyrie Père, trois fois Christe au , el trois fois Kyrie au Saint-Esprit, pour adorer également les trois personnes de la très-sainte Trisité.

SIL. L'explication et l'origine du Kyrie.

Kyrie eleison sont deux mols grecs qui signifient, Seigneur, ayez pitié, et il est clair x là que celte prière a commencé cn

rienL.

Dans les Constitutions apostoliques, qui contiennent les rites de la plupart des Eglises grecques des quatre premiers siècles, on voit que cette prière se faisait premièrement pour les catéchumènes (5). Un diaere criait : Catéchumènes, priez; que les fidèles prient

pour eux, e£ qu'ils disent Kyrie eleison. Le-

diaere récitait tout haut diverses demandes m les catéchuménes : Qu'il plût à Dieu de

éclairer des lumières de l'Evangile, de les remplir de sa crainte et de son amour, de les disposer au sacrement de la régénéraliou, pour les laver de toute lache, ct d'en hire une demeure où il daignát babiter, pour les préserver de tout mal. A toutes ces prières, les enfants, qui composaient un thœur, disaient Kyrie eleison, et tout le peuple répétait ces paroles.

On faisait aussi des prières pour les pénilents. Toute l'Eglise disait de méme pour eux Kyrie eleison, et l'on a retenu dans la suite telle prière pour tous les fidèles. Dans la tonférence entre Pascentius Arien et saint Augustin, dont Vigile de Tapse est apparemment l'auteur, il est dit (5) que les Eglises latines gardaient des mots grecs et barbares, afa qu'on invoquát également la divine miséricorde dans les langues étrangéres aussi bien que dans la latine.

Cette prière, ayez pitié, qui est le com-

Dr plus bas,

'oyez , col. 288.

(6) Ms. Ambr; t4 LAS et 1600.

jure annual, si vult mutare numeram litantæ. Ordo

tom. 1, p. 9. Paris de Crossis in Cærem.

(4) Constit. apostol. I. vm, c. 6.

(5) Uua rogatur ut misereatur a cunctis Latinis et Bar-

Vara onius Dei natura, uL a laudibus Del wnlus nec ipsa lingua barbara sit ullatenus aliena, Latine enim dicilur Damine, miserere. August. tom. 11, Append. pag. 44.

(6) Domine, miserere nostri; te enim exspectavimus, Lea. xxxiu, 2. Audi, Domine, et miserere Baruch. u,, 3.

(7) Matth. xx, 30.

p unt longe t el t 'eterunt a , et elevaverunt vocem suam,

dicentes : Jesu preceptor, miserere nostri. Luc. xvu, 15." (10) At ille multo magis clamabat : Domine, (ili David, miserere moi. Marc. x, 48.

Dicrionxame pgs luvgs sacnés II.

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mencement des supplications de la messe, est la plus ancienne (6), la plus commune parmi les nativns, et la plus répétée dans l'Evangile. Tous les chrétiens doivent avoir un saint empressement d'unir leurs voix pour dire à Dicu avec les plus vifs sentiments d'un cœur contrit : Seigneur, nous ne saurions jamais vous dire assez souvent, ayez pitié de nous, à cause de la multitude do nos péchés, et de la grande miséricorde que nous attendons de votre bonté. Nous vous demandons cette grâce avec les cris des aveugles de Jéricho (7), avec la persévérance de la Cbananée (8), avec l'humilité des dix lépreux (9), avec l'einpressement des autres personnes que vous avez daigné écouter, quand elles ont persisté à crier : Seis,

neur, ayez pitié de nous (10), Kyrie eleison.

elle prière a toujours paru si belle et si touchante, que lcs Eglises des Gaules, qui ne la disaient pas encore à la messe l'an 529, ordonnérent, au second concile de Vaison, qu'on la dirait à l'avenir, non-seulcment à la messe, mais aussi à malines ct à vépres (11).

Le troisiéme.canon de ce concile nous aprend que cette priàre élait déjà en usage à ome, en Italie, et dans toutes les pro

ces d'Orient au commencement du vi” siècle, de sorte que plusieurs auteurs se sont trompés, quand ils ont dit que saint Grégoire l'avait introduite à Rome, puisque ce saint pape n'a occupé le saint-siége que plus de soixante ans aprés le coucile de Vaison.

Quelques personnes éloignées de Rome s'élaient trompées sur ce point au temps méme de ce saint pontife. C'est ce qui l'obligea de répondre à des siciliens (12), qu'il n'avait pris des Grecs ni le Kyrie eleison, ni les autres rites dont on parlait; qu'ils avaient été établis avant lui; qu'il y avait même en ce point de la différence entre l'usage des Grecs et celui des Romains; que les Grecs chantaient tous ensemble le Kyrie: que dans l'Eglise de Rome les clercs commencaient et le peuple répondait; qu'on y disait Christe eleison: autant de fois que Kyrie, ce qui ne se faisait pas ainsi chez les Grecs; et que dans les messes de chaque jour, c'est-à-dire des jours ouvriers, oà l'on omettait diverses priéres, on y retenait toujours le Kyrie et le Christe eleison, comme une prière qui intéressait davantage tous les fidèles.

11) Et qula tam in Sede apostolica, quam etlam per totas erien'ales atque italicas | rovincias dulcís et nimiam salufari consuetudo est intromissa, ut Kyrie eleison frequentius com grandi affectu et compunctione dicatur, placuit etiam nobis ut in o;nihus ecclesiis nostris ista Lam saneta. consuetudo et ad matutinum, et ad missas, Deo ropitio Intromittatur. Conc. Vas. an.

(12) Cui ego respondi : Quia in nullo es siam secuti sumus... Kyrié eleison autem nos neque dixi mus, neque dicímus, sicul a Graecis dicitur : quia in Græcis Simul omaes dicunt ; apud nos autem a clericis dicitur, et populo respondetur, et totidem vicibus ellam Chris eleison dicitur, quod apud Græcos nullo modo dicitur. In quotidianis sutem missis alia qui dici solent Lacemua, tantummodo K yrie eleison et. Christe eleison dicimus ut ia bis. deprecation is vocibus paulo diutius immæoremar. Lib. vi,

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