I. Formule du serment
« Je N. [la sage-femme dira ici son nom et son surnom) promets à Dieu créateur toutpuissant, et à vous, monsieur, de vivre et mourir en la foi catholique , apostolique et romaine; de m'aequittcr. avec le plus de fidélité et do diligence qu'il me sera possible, do la charge que j'entreprends ; d'assister de nuit et de jour, dans leurs couches, les femmes pauvres ou riches qui auront recours à moi. J'apporterai tous mes soins pour eiupocher qu'il n'arrive aucun accident à la mère ni à l'enfant , et si je prévois quelque danger, j'appellerai dos médecins, des chirurgiens ou des femmes expérimentées en cette fonction, pour ne rien faire que par leurs avis et avec leurs secours.
« Je promets que je ne révélerai point les secrets dos familles , ni des personnes que j'assisterai ; que je n'userai point de siiperstitiun, ni d'aucun moyen illicite, soit par paroles , soit par signes, soit par quelque aulre manière que ce soit, et que j'empécliecliorai de tout mon pouvoir que l'on n'en use ; je ne ferai rien par vengeance , ni par mauvaise affection ; que, soit par promesse, soit par menace ou par quelque autre motif, je ne ferai et ne consentirai jamais (ju on fasse rion qui puisse nuire à la sanlé de la mère ou de l'enfant, ou qui puisse faire lort aux familles; que je m'opposerai à tout ce qui pourrait faire périr le fruit, ou avancer l'accouchement par des voies extraordinaires et contre nature, et à toule substitution ou changement d'enfant ; que je vous avertirai, monsieur, ou vos successeurs , le plus tôt qu'il me sera possible , de la naissance des enfants ; que je n'en baptiserai aucun hors le cas de nécessité, et que, comme une femme de bien cl vraie chrétienne et catholique, je procurerai de tout mon pouvoir, eu tout et
partout, le salut corporel et spirituel tant de la mère que de l'enfant. Ainsi Dieu me soit en aide. »
Ensuite le curé lui dira : « Vous le jurez et le promiillc'z ainsi? » La sage-femme répondra ainsi : « Oui, munsicur, je le jure devant Dieu , et le promets sur les saints Evangiles que je touche. »
Le cure iui iVra encore promettre de ne jam.iis employer, pour la suppléer en celte fonclion, aucune femme non expérimenlee, cl surtout aucune lille. Il lui dira enfin {si telle, est la règle), que monseigneur Tévêque lui ordonne do présenter elle-même au baptême les enfanis des femmes qu'elle aura assistées dans leurs couches : lui défendant, lorsqu'elle ne le pourra pour des raisons légitimes, de les faire présenter à son défaut par d'autres que par une sage-femme et surtout par aucune fille; il leur est égalemenl défendu d'en employer pour porter en leur nom les enfants , lorsque les mères vont recevoir à l'église la bénédiction après leurs couches.