‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 134 sur 411 · DE LA MESSE PONTIFICALE · texte numérisé non relu

DE LA MESSE PONTIFICALE

f Cérémonial, 1. ii, c. 8; trad.de Dumolin.)

L'Eglise, qui ne cherche rien tant que d'honorer le saint sacrifice de la messe, comme n'ayant rien de plus excellent ni de plus auguste, fait néanmoins des différences notables, quant à l'extérieur, entre la messe basse, la solennelle et la pontidcale. Elle veut qu'en la messe basse on ne se serve que des choses tout à fail nécessaires, pourvu qu'elles soient ncilcs cl propreraenl disposées ; qu'en la messe solennelle ou ait des ornemenls plus beaux; que l'église soit mieux parée, etque lecélébranlsoitassistê dequelques ministres, ayant égard au jour et à la dignilé de celui qui doit «lire la messe. Mais en la messe pontificale l'Eglise ne laisse rien en arrière, elle veut que les ornements soient précieux, que les églises soient magnifiquement parées, cl que les ministres soient considérables, lant pour leur nombre que pour leurs qualilés.

C'est ce que j'ai dessein d'expliquer, avec l'aide de Dieu, le plus succinctement et le plus clairement qu'il me sera possible, en la suile de ce traité, oîi, après avoir déduit les préparatifs nécessaires pour la célébration de kl messe pontificale et le nombre des ministres qui doivent y assister et servir l'évèque, je décrirai les cérémonies particulières que chacun d'eux est obligé d'y observer, s'il veut s'acquiller dignement de sou office. Chapitre l. — Den préparatifs pour la messe

pont'jicide; cl preihicrement de l'autel.

1 . L'autel doit êire paré des plus beaux ei p. us riches ornemenls qu'on pourra avoir convenables à ia fê.e ; sur lequel il y aurq sept chandeliers, trois de chaque cOlé, et uu

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aumilioii de l'aulcl plus haut que les autres, au ilcvaiitduquel on mettra la croix. {Ce septième chandelier n'est pas en usage en France.)

2. S'il y a des châsses d'argent avec des reliques, elles se mettront aux côlés de la . croix dans la distance des chandeliers, s'il se peut commodément.

:i. Le marchepied et les degrés de l'autel doivent <!'tre couverts d'un lapis.

CiiAP. II. — Des ornements épiscopaux.

1. Les ornements épiscopaux se mettront sur le milieu de l'autel, savoir, l'anneau enfermé dans une boite séparée du reste, la chasuble, les ganis, la dalmatique, la tunique, i'étole, la croix prclorale, la ceinture, l'aube et l'amicl, mettant à part le manipule pour être présenté p.ir le sousdiaire à l'évoque après qu'il aura dit InduUjenliam , etc.

2. Si l'évoque s'habille en la sacristie ou en quelque autre lieu destiné pour cela, comme nous dirons au chapitre 5, on mettra sur la table les ornements épiscopaux selon l'ordre marqué ci-dessus ; et s'il s'habille en sa chaire pontificale, on mettra les ornements sur le grand aulel, comme il est dit au même chap. 5.

3. Si c'est un archevêque qui a l'usage du pallium, et que ce jour-là il le i^iisse porter, il le faudra mettre sur l'autel, plié dans quelque voile. Or l'archevêque porte le pnllinm en toutes les églises de sa province, et non ailleurs, et cela seuletnent quand il y célèbre la messe pontificale en certains jours qui ont coutume d'être exprimes dans les privilèges de son église métropolitaine. Mais s'ils n'y sont point spécifié*, il use du pallium seulement aux jours déclarés par la coutume et l'usage comniun, qui sont ceux-ci : le jour de Noël, de Saint-Eliennc et de Saint-Jean l'Evangéliste; la Circoncision, l'Epiphanie, le dimanche des llameanx, le jeudi et samedi saints, le jour de l'iViUi^s et les deux jours suivants, le dimanche in Albis , l'Ascension, la l'entecôle, la Eète-Uieu, Saint- Jean-Baplisle, les fêles des douze apôtres, les quatre fêtes de la sainte \'iergo , savoir sa Purification, son Annonciation, son Assomption et sa Nativité ; le jour et fêle de la Toussaint, les Dédicnces des églises, les principales fêles de l'église métropolitaine; en la collation des ordres sacrés, en la consé-. cration des évêques et des vierges, aux jours anniversaires de la consécration épiscopale et de la consécration de l'église principale. En tous les autres jours et cas non spécifiés ci-dessus, ni dans les privilèges de son Eglise, s'il veut célébrer pontificalement, il no doit pas user du pallium.

Chap. III. — De la crédence.

1. La crédence doit être assez grande pour y pouvoir mettre commodément tout ce qui esl nécessaire à la solennité de celte messe. Elle sera au côté de l'Eiiître au plan de la chapelle, c'est-à-dire hors de toutes les iiarches de l'aulel, et éloignée de la muraille dcdeux piedsouenviron, alinquelesdomcsti- ()uesdel'évè4uc destinés à iui donner à laver

les mains, y puissent demeurer, si ce n'est que la petitesse du lieu ne le permît pas.

2. Elle sera couverte d'une nappe blanche pendante jus(iu'à ti'rre de tous les côtés.

3.11 n'y aura par-dessus ni croixniimago, mais seulement deux chandeliers avec deux cierges blancs sur les coins de devant, et au milieu un calice et un purificatoire; par-dessus, la patène, la pale, et couvert di; sou voile, et au-d.'ssus la bourse avec le corpor.il dedans ; auprès du calice on mettra la botte des hosties, le bassin et les burettes à vin et eau ; le tout couvert du grand voile, donl le sous-diacre pourra se servir pour tenir la patène

■t. Il faut mettre sur la même table deux mitres, l'une précieuse à la droite, l'autro simple à gauche, et une calotte, au cas que l'èvéque n'en porte point d'ordinaire qu'avec la mitre : comme aussi un voile p^>ur celui qui tiendra la mitre, un bnssin ( t une aiguière d'argent pour laver les mains, et quatre serviettes ou essuie-mains, l'encensoir avec la navette, la cuiller et l'encens dedans, le gréiiiial; etdans un bassin <iu dans un voile, les brodequins et sandales couveils d'un autre voile, le livre pour la préparation de la messe; et enfin tout ce qui peut servir à la messe pontificale, excepléles ornements épiscopaux pour la messe dont nous avons déjà parlé, et la crosse que le ministre (jui en a le soin tiendra en sa main, ou étant empêché ailleurs, il la mettra proche de l'autel au côté de l'Eiillre.

5. On y nieilra aussi les livres qui servent pour l'Eptlre et l'Evangile.

6. Si l'evêque s'habille en la sacristie ou autre lieu desliné à cela, une partie des choses susdites se prépareront sur la crédence, qui y sera dressée.

Chap. IV. — Du siège épiscopal.

1. Le siège épiscopal est placé diversement dans l'église, selon la diverse situntion de l'autel, auprès duquel il doit être mis.

Si l'autel est au milieu, sous la tribune et le chœur des chanoines par derrière , alors le siège épiscopal doit être au fond du choeur, en sorte que l'èvéque assis regarde en droite ligne le milieu du grand autel , et aura les sièges des chanoines à droite et à gaucho entre lui et l'autel.

•2. Que si le chœ;ir est au milieu de l'église, et l'aulel contre la muraille, ou tant soit peu séparé, comme ils sont en France, alors le siège épiscopal doit être du côté de l'Evangile contre la muraille , entre l'autel et la chœur, s'il se peut au milieu , ou en autre lieu le plus commode qui se trouvera de ce côté-là.

3. Ce siège étant au fond du chœur ou au côté de l'Evangile, doit être couvert de tous les côtés de drap de soie de la couleur des ornements de l'autel. Il doit y avoir trois degrés des deux lôlès et par devant, pour y monter, et ces degrés doivent êlre couverts d'un lapis ou dr.!;), et doivenl êlre l-irgcs chacun il'iiii pied et demi et d'un demi-pied de hauteur, afin qu'on y puisse touimodé-

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ment placer les escabeaux pour le prêlre assistant cl pour les diacres d'honneur, lesquels escabeaux ne doivent être couverts d'aucun lapis.

4. Sur ce siège épiscopal on doit mettre un dais de la couleur des parements, si faire se peut, pourvu qu'il y en ail un autre semblable ou plus somptueux sur le grand autel , ou bien quelque ouvrage magnifique d'architeclure en saillie , couvrant le dessus de l'autel au lieu d'un dais.

5. Outre le siège épiscopal ci-devant décrit, il y en a encore un autre appelé /'a/f/îstoire ou fauteuil , duquel l'èvêque se sert lorsqu'il officie pour les trépassés, le vendredi saint, ou qu'il est hors de son diocèse. Ce siège ne doit être guère éloigné du dernier degré de l'autel du côté de l'EpîIre , et doit être couvert de chaque côté et par devant jusqu'à terre d'un drap de soie de la couleur des autres ornements , avec un coussin sous ce drap de soie. Pour l'ordinaire le faldistoire se met sur le plan ou pavé du presbytère : mais si l'autel avait plusieurs degrés, en sorte que ce siège étant ainsi sur le plan fût par trop abaissé, on pourrait le mettre sur une petite élévation d'égale hauteuravec le troisième degré de l'autel.

6. Le vendredi saint le faldistoire n'est couvert d'aucun drap ou tapis , et se doit placer au côté de l'Epîlre , en sorte que i'évcque étant assis regarde le côlé de '"Evangile.

(On trouvera, à Vart. Office pontifical, lu manière d'officier au fauteuil bien détaillée, d'après l'usage actuel de Rome].

Chap. V. — Du lieu où se doit habiller l'évéque.

1. 11 est très-convenable el conforme à l'ancienne discipline ecclésiastique (comme l'enseigne le Cérémonial desévéques, liv. ii chap. 8), que dans chaque église cathédrale il y ait une chapelle, ou sacristie, ou autre lieu , dans lequel l'évéque qui voudra célébrer soleiuiellement la messe pontificale puisse commodément se rendre avec tous ses ministres, chanoines, el autres du chœur, s'y revêtir de ses ornements épiscopaux , y chanter tierce , el aller de là processionnellement à l'aulel ; puis , la messe finie , y retourner de même , toujours accompagné , allant el revenant de l'autel , tant de ses chanoines que de ses assistants et ministres, et enfin quitter ses ornements sacrés.

2. Ce lieu doit être bien proprement accommodé avec un autel paré d'ornements convenables à la solennité du jour, el pardessus une croix avec des chandeliers el des cierges allumés , et les ornements épiscopaux pour la messe, chacun en son rang, comme nous avons dit ci-dessus, au chap. 2. Le reste qui y sera nécessaire doit être mis sur une crédence préparée à cet effet proche de l'aulel. 11 y aura aussi un siège pour l'évéque au côlé droit ou gauche de l'autel , selon la situation el commodité du lieu, avec les sièges ordinaires pour ses assistants^ et

d'autres tout autour, tant pour les chanoines que pour les autres officiers et prébendiers qui y chanteront tierce.

3. Mais comme, par une coutume presque générale do France , les évêques prennent leurs ornements en leur siège épiscopal près de l'autel , en ce cas on préi)are les ornements pontificaux sur le grand autel (si ce n'est que le saint sacrement fût exposé, car alors il faudrait préparer les ornements sur une table couverte d'une nappe, comme la crédence , auprès de l'autel , du côté de l'Evangile ou autre lieu commode) , et on prépare tous les autres ornements, tant pour les assistants que pour les autres minisires, dans la sacristie.

Chap. VI. — De ceux qui doivent assister l'évéque officiant ponlificalement.

1. L'èvêque qui veut célèbrerla messe pontificale avec commodité et décence doit être assisté de plusieurs ministres. Le premier de tous est le prêtre assistant, les second et trnisième les deux diacres d'honneur, le quatrième le diacre do l'Evangile , le cinquième le sous-diacre.

2. Outre ceux-là, s'il se peut commodément , il faut sept autres ministres bien choisis el en habit et tonsure décente, avec surplis ; dont le premier est celui qui tient le livre, le second celui qui tient le bougeoir, le troisième celui qui lient la crosse, le quatrième celui qui tient la mitre, le cinquièuie le thuriféraire, le sixième et le septième les acolytes portant les chandeliers.

3. Et par-dessus ce nombre il en faut encore six, savoir, deux en babil clérical avec surplis, l'un pour le grèmial el l'autre pour les burettes; les quatre autres peuvent être drs domestiques de l'èvêque qui demeurent debout près de la crédence, entre elle el la muraille, la face tournée vers l'évéque, lesquels lui donneront à laver chacun en son rang , com.iiençant par le plus jeune ou moindre d'entre eux la première fois que l'évéque se lave les mains, cl ainsi de suite aux trois autres ablutions des mains. Ils serviront aussi à le déchausser et le chausser, et aideront à lui mettre et ôter les brodequins et sandales.

4. Ceux qui portent la crosse , la mitre , l'encensoir, les chandeliers et les burettes, doivent avoir, s'il se peut commodément, l'ordre d'acolyte , afin de conserver, autant qu'il est possible, l'honneur et la dignité de la discipline ecclésiastique.

5. Tous les susdits acolytes, non toutefois les quatre domestiques, qui ne seront point empêchés en quelque autre action de leur charge , serviront aussi à porter el reporter les ornements épiscopaux quand on habille el déshabille l'èvêque.

(). Si révêquc officie au faldistoire, il ne se sert point des deux diacres d'honneur, mais seulement du prêtre assistant et des diaerc et sous-diacre de l'Evangile el de lEpître, qui donnent la mitre et le grémia/1 à l'évéque, et l'ôtenl aussi quand il eu est besoin.

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ARTICLK ir.

DE l'office du maître DES CÉRÉMONIES.

(Ibid., 1. I, c. 5.)

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