URBAIN VIII, PAPE, POUR LA FUTURE MÉ- MOIRE
S'il y a p.irini les hommes quelque chose de divin capable il'i'xciler l'envie des habitants du ciel (s'ils en ét.iient susceptible^) , c'est sans conlroilit le frès-saiul sacrifice de la messe, où les liommos trouvent l'avantage de posséder le ciel sur la terre d'une manière anticipée, lorsqu'ils ont devant les yeux, et qu'ils touchent de leurs mains le Créaleurinénicdu ciel et de lalerre.Les mortels doivent donc s'efforcer de correspondre à un si grand privilège, en lui rendant le culle et l'honneur qu'il exige, el craindre que les anges, émules de noire vénération, ne deviennent les vengeurs de notre négligence. C'est pourquoi les souverains jionliles, nos prédceessiurs. Pic V et Clément VIll, ayant donné les plus grands soins pour faire revoir et rétablir les règles el les prières qui concernent la célébration de ce .«acre mystère, nous aussi, lunrehinl sur leurs traces, nous avons ordonne qu'on les examinât de nouveau, et que si le temps comme il arrive J'ordinaire) j avait altéré quelque chose, on
le rétablit. Ainsi, ayant tout récemment fait réformer U\ Bréviaire, en vue de rendre à l'olfice divin loui son éclat, nous avons aus.sj fait corriger le Missel en rhonneur du di\ iti sacrifiée ; ce sont là comme deux ailes (\uj le préire, semblable au chérubin de raniieti tabernacle figuratif , clend cbaijue jour devant le vrai propitiatoire du monde ; il convient qu'elles soient entièrement semblables. Nous avons donc confié ce soin à des hommes savants et pieux ; cl leur application a rendu l'ouvrage si parfait, qu'on ne peut rien désirer de plus. Car les rubriques , qui avaient iuiensildement dévié de l'antiiiuo usage, ont été rélablies ; celles qui paraissaient peu proportionnées à l'intelligence du lecteur ont été plus durement expliquéi's; outre cela tout a clé com|iaré au texte de la Bible Vulgate; on y a conformé tout ce qui s'était glissé de contraire. iMais peu importe l'habilelé des correcteurs, s'ils ne sont pas secondés par les imprimeurs....
tùisuile le pape fait les mêmes pnscriplions, concessions et déroqnti'ons que pour le Bréviaire H'oycz la bulle préccdenicj.
Donné à Rome, à S linle-.M irii'-Majeure , sous l'anneau du pécheur, le 2 sepiembre lC3i, l'an 12 de noire pontificat.
M. A. Maraldus. J. Savemer.
E\ rcgisiro decreloniin s^cise Hituimi cougregalionis.
Sacra Rituum congregalio, inhœrendo decrelis alias faciis, prohibct omnino missas a sacra Rituinn cungrcgalione non approbatas , et signantcr missas nuncupatas sancii Gregorii pro vivis et defunclis, missas quindecim nuxilialorum, missam de -Paire œlerno, et quascunque alias ut supra, non approbatns, cxceptis lamen ùiissis Rosarii, de. Monte C :rmelu, quœ sunt permissœ iegiilaribus quibusdam, el iisdcm dunlaxnt, née possunt ab aliis celebrari, etiam in ipsurum Regularinm ecclesiis.
l\'emo audcat uli pileolo in celebraitone missaruin sine expressa ticenlia scdis upuslolicœ, non obslante quacuntjue contraria ( onsuetudine.
Item probibetur usus roclictti. cxceptis lamen quibus de jure competil, et prœter hoc slatuilur, et declaralur, nemini licere inservire mit assislere in celcbrationc misfarum (in divinorum officiorum cum rvchellu, neque cum cotta habentc manicas angustas ai instar roclictti ; et idem scrvanduin est in concionibus.
l'aramcn'.a non debcnt sumi de altari pro celebralione missaruin, cum id competal tantum episcopis, sic- solemniler, siée privplim célèbrent; inferioribus vero liub^ntiOus usuin ponlificatntm, non nisi (juando in ponlific»^ libus célébrant.
Demain renovando décréta ali'is fada , mandat sacra congieqalio in omnibus et per omnia servari rubricas Jilissalis Homani, nu(» obslante qaocunque prœtexlu , el conlruri^ consueludine. quam abusuin esse déclarât.
El ficla rclalione horuin decreluram S. D. A'. Urbanu Wll, Sanclitis sua annuil, el ab
ovivUiusubiquescriari, et in Missnli l'.oma-
no novilerimpriinendo apponi mandavit.
JuLius RosPiGLiosus, sccrel.
■MlADLJl/nON.
tCxlrait dps rei;islres des déon is dr la sacrée coiigrégalioii
(les llilcs.
Lii sacrée congrégalion dos Riles.confortiiémciil aux dcciels prcredi'iils, proliibe absoluinenl les uu'sscs non approuvées par clic, et notanimciU les messes dites de saint Grégoire pour les vivants et les .morts, les messes des quinze auxiliaires, la messe du Père éternel, et autres quelconques non approuvées. Celles qui sont permises à certains religieux, et à eux seulement, ne peuvent pas être célébrées par d'autres, méuie dans les églises de ces religieux.
(Jue personne n'ose se servir de calotte en célébrant la messe, sans une permission expresse du siège apostolique, nonobstant toute coutume contraire.
L'usage du rocbel est aussi prohibé pour tous ceux qui n'en ont pas le droit ; en outre, on déclare qu'il n'est permis à personne de servir, ou d'assister à la célébration de la messe ou des divins offices avec le rocbel, pi avec autre chose qui ait des manchrs étroites comme le rochet, suns camail; il en est de même pour les prédications. <
Ou ne doit pas prendre les ornements sur l'autel pour célébrer la messe ; cela n'appartient qu'aux évéques à la messe solennelle ou privée ; les intérieurs no le peuvent que (juand ils célèbrent pontificalement, s'ils en ont le pouvoir.
Enfin la sacrée congrégation, renouvelant des décrets déjà faits, ordonne d'observer en tout el très - exactement les rubriques du Missel romain, nonobstant tout prétexte et coutume contraire, qu'elle déclare être un abus.
Ces décrets ayant été présentés à N. S. P. Urbain VllI, Sa Sainteté les a apjirouvès ; elle a commandé de les observer partout, el (le les ajouter aux nouvelles éditions du Missel romain.
Jules Rospigliosus, secret.