NICHE
C'est un enfoncement pratiqué dans l'épaisseur d'un mur pour y placer une statue. C'est aussi un petit trône décoré sous lequel on expose le saint sacrement. Voy. Eucha-
tllSTIB.
NOBIS QUOQUE PECCATORIBUS
(Explication du P. Lebrun.)
RUBIUQDES ET REMARQUES.
Lorsque le prêtre dit : JVo/iis quoqiie peccalnribus, il élève un peu la voix, et frappe sa poitrine avec la main droite 'lit. 9, n. 3).
1. Ce changement de voix (1) est marqué par Bède (2), qui écrivit vers l'an 700 ; par Amalaire (3), qui le cite ; et par le Micrologue (4). Ce ton un peu élevé doit servir à renouveler l'attention des assistants, et les fdire entrer dans les sentiments que les paroU's expriment.
*2. Le prêtre se frappe la poitrine. C'est un geste qu'on fait naturellement en se déclarant pécheur et coupable.
Et à nous pécheurs, Nobis quoque pecvos serviteurs, qui caloribus , famulis espérons en la multi- tuis , de mullitudine tude de vos miséri- miserationum tuacorde?, daignez aussi rum speranlibus.parnous donner part et tem aliquam et socienuus associer avec tatem donare dignevos saints apôtres et ris cuni tuis sanctis
(I) L'usage d'élever la voix n'a pas dû être observé généralement dans le temps des auteurs ciiés. Les anciens st.ilijis d s cliartieiix de tij9 marquent que ces paroles doivent êlre dites en silence comme le reste. Leur ordinaire de ttiS^ et de IGU prescrivent la même chose, et tel est encore leur usaae.
marlyrs, avec Jean, apostolis et martyri-
Mienne, Matthias, bus, cum Joanne,
Barnabe, Ignace, Stephano, Matthia.
Alexandre, Marceilin, Barnaba , lenatio .
Pierre. Félicité, Per- Alexandro, M.rcelli-
pctue, Agathe, Luce, no, Petro, Felicitate,
Agnes, Cécile, Anas- Perpétua, Agatha, Lu-
tasio, et avec tous vos cia, Agnete, Cœcilia,
saints, dans la corn- Anastasia , et omni-
pagnie desquels nous bus sanctis tuis, in-
vous prions de nous tra quorum nos con-
recevoir, non pas en sortium non aîslinia-
considérant le mé- tor meriti,sed venitB,
rite , mais en nous quœsumus , largitor
faisant miséricorde ; admitte ; per Chri-
par Jésus-Christ No- stum Dominuin no-
tre-Seigneur. strum.
EXPLICàTIOX.
NOBlS QUOQUE PECCATORIBUS, et à 7)0US pé-
cheitrs. Après avoir demandé pour les âmes du purgatoire que Dieu leur accorde le bienheureux séjour de la lumière éternelle, le prêtre demande la même grâce pour lui ; et comment en effet demanderions-nous le bonheur éternel pour les âmes du purgatoire, sans soupirer après cette grâce inestimable, et sans la demander pour nous inslamineiit? Le prêtre, touché de son indignité, la demande en frappant sa poitrine, s'avouant pécheur comme le publicain de l'Evangile; et il élève un peu la voix, afin que les assistants puissent l'entendre, s'unir à lui, et s'humilier, afin qu'ils implorent tous ensemble la divine miséricorde.
FàiUDLis TUIS vos serviteurs, qui espérons en la multilude de vos miséricordes, daignez nous donner part, et nous associer. Il représente à Dieu que, (|uoiqu'ils soient pécheurs, Hs ont riiDimeur d'être ses serviteurs, et qu'ils ont lieu d'espérer d'être favorisés de ses grâces, parce qu'ils ne se confient qu'en sa bonté, et qu'ils peuvent dire avec Daniel (o) : Ce n'est point par la confiance en noire propre justice , que nuus vous faisons notre prière ; ynais c'est dans la vue de la multitude de vos miséricordes.
CuM SANCTIS TUIS avec vos saints apôtres et martyrs, avec Jean, etc. Avant la consécration, nous avons fait mémoire île la communion des saints, dans laquelle il était nécessaire d'offrir le sacrifice universel du ciel et de la tene. Présentement nous ne faisons mention des saints que pour demander à Dieu quelque part à leur éternelle félicité. On nomme ici plusieurs saints martyrs des différents états qui sont dans l'Eglise, et qui ont été piirliculièremenl honoiés à. Rome : saint Jean- Baptiste, de l'ordre des prophètes (ce saint se trouve de mcine marqué après la consécraticin d;tns les liturgies de saint Basile et de saint Chrysoslome) ; saint Etienne, de l'ordre des diacres ; saint
(2) Tract, in Luc.
(3) Lib. lu, c. 26.
Ii) <:'M'- "• ...,..,
(o) Neiiue enmi ui justmcaiioiiibus nostns prosternlmui preci's aute raclem luaie sed 'm luiseraliouibus luis multiiî. Uan. IX. 18.
Mallhias, do l'ordio des apôlres; saint Barnabe, de l'ordre des disciples; saial Ignace (1), de l'ordre des évoques; saint Alexandre (2), de l'ordre des papes ; sainl Marcellin (3J , de l'ordre des prélres ; saint Pierre, exorciste de l'ordre des clercs; sainte Perpétue et sainte Félicité, de l'ordre des personnes mariées ; sainte Agathe, sainte Luce, sainte Agnès, sainte Cécile et sainte Anastasio, de •'ordre des vierges.
Au IX' siècle, quelques Eglises de France joignirent les saints confesseurs auxquels on avait le plus de dévotion, comme saint Martin, sainl Hilaire et d'autres saints. Mais on revint à l'ancienne règle de ne mettre dans le canon que dos martyrs, qui par leur mort ont montré que le Sauveur av;iit mis en eux sa parfaite charité, puisqu'il a dit qu'on ne saurait la porter plus loin que de donner sa vie pour ceux qu'on ;iime. Ils ont aussi mérité cette distinction par l'effusion de leur sang, qui représente plus parfaitement celle que Jésus-Christ a fuite du sien sur la croix, et qu'il fait encore dans le sacrifice de l'autel d'une manière mjsiique.
IVT OMNIBUS SANCTIS TUIS, et UVeC tOUS VOS
saints. Quoique nous ne nommions que les saints martyrs, comme néanmoins tous les saints se sont sacrifiés en leur manière, et qu'ils jouissent de la gloire céleste, nous les nommons tous en général dans le sacrifice, en demandant à Dieu avec humilité d'être admis dans leur société.
Intra quorum ('^) Dans la compagnie
desquels nous vous prions de nous recevoir, non en considérant le mérite, mais en iious faisant miséricorde. Le prêtre et les fidèles, qui viennent de prolester qu'ils ne se confient qu'en la miséricorde infinie de Dieu, le prient de nouveau de n'avoir pas égard à leurs mérites, parce que nos œuvres, qui liaraissenl bonnes à nos yeux, paraissent souvent viles aux yeux de Dieu. Tout ce que nous ne faisons pas comme régénérés, ou comme nouvelle créature par l'esprit de Jésus-Christ, n'est d'aucune valeur pour la gloire éternelle. El si Dieu nous regardait aulrement que comme les membres de son Fils, nul ne pourrait soutenir son jugement. Or, ce n'est que par miséricorde que nous sommes régénérés; et quoique nous ayons le glorieux avantage d'être les membres de Jésus-Christ, il y a toujours en nous un levain de concupiscence, un fond de faiblesse et d'ignorance, qui ne produisent que des fautes ou des inutilités. Nous sommes, dit saint Augustin, une terre où il y a deux arbres, dont le bon ne porte jamais de mauvais fruit, et le mauvais n'en peut jamais porter de bon. Nous avons donc toujours besoin de la miséricorde de Dieu par Jésus- Christ Notre-Seigneur.
(1) Martyr à Home, l'an 107.
(2) Martyr à Rome, Pan 117.
(3) Uarcclliu et Pierre martyrs ensemble sous DioetéUeiL.
ii) Sailli Jv^rOiB« [i»ratt avoir fait allusion à ees paroles