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Prière en offrant le pain

llccevez.Pèrcs.iint, Suscipc, snncle Pa-

Dieu lout-puissanl et éleriiei, celle hostie sans lachequejcvous offre , moi qui suis voire indigne serviteur, a vous qui élos mon Dieu vivant et véritable, pour mes péchés , iiu's offenses et mes négligences qui sont sans nombre , pour lous les assistants , et pour tous les fidèles chrétiens vivants el morts, afin qu'elle me profile et à eux pour le salut et lavieéternelie.Araen.

1er, omuipotcns aîterne Deus, hanc immaculalani hosliam , quain ego indignus famulus luus offero tihi Deo nieo vivo et vero , pro innumerabilll)us pcccalis et offensionibus et negligenliis nicis,et pro omnibus circuinstaîitibus, sed et pro omnibus fidelibus cbristianis vivis atque defunclis , ut mihi et illis proGciat ad salutem in vitam ielernam. Amen.

EXPLICATION

ScsciPE, SANCTE Pater, recevez. Père saint, L'Eglise nous fait adresser l'oblalion au Père élernel, pi'ur iniilcr Jésus-Christ Nolrc- Seigncur, qui offrit son sacrifice sur la terre à .'on Père. Ce divin Sauveur l'appela dans sa prière (1) Père saint : nous l'appelons de même el nous ajoutons omnipolens œlcrnc Deus, parce que Dieu, seul tout-puissant , peut remettre les péchés dont le prêtre demande ici la rémission.

Hanc... celle hostie sans tache. Ce que le prêtre tient sur la patène n'est que du pain ; mais c'est un pain qui n'est offert que parce qu'il doit devenir le vrai pain de vie, Jésus- Christ Nolre-Seigncur, la seule victime sans tache et sans défaut. Véritablement ce pain qui est sur la patène pourrait être appelé une hoslie sans tache , c'est-à-dire nette, propre, choisie, dans le sens qu'il a toujours iailu offrir des victimes sans défaut, choisies avec soin ; mais le prêtre l'appelle l'hostie sans tache dans un sons plus réel et plus relevé. L'Eglise , qui lui prescrit cette expression , suppose qu'on est instruit qu'il faut offrir à Dieu le Père une hoslie pure et sans tache, qui soil agréable à ses yeux; qu'il n'y a que Jésus-Christ qui puisse lui plaire; cl que nous devons avoir tellement en vue d'offrir celle divine victime, qu'en

(1) Joan. XVII, 11.

(21 Eccicsiae lux. quœsiimus, Domine, doua propiiius inluere, quil)us non jam auruin, Ihus et myrrha protertur, sed quod eisdem munpribus dudaraïur, immolatur, el siimilur, Jésus Clirislus Doniiiius noslrr.

Celle oraison se trouve dans les anciens Sacramentaircs(Sacram.Greg. p. 15 Missal. Gotb. Thomas, p. 210). En voici le sens : » Recevez f.norablemenl les dons de votre Eglise. Nous ne vous offrons ici ni or, ni encens, ni myrrhe, mais celui-là même à qui les mages offrirenl ces trois surtos de présents, c'est -a-dire votre Fils, que nous vous immolons dans ce sacrilice, et que nous recevons par la sainte communion. » Cela fait \oirque quand on offre il Dieu la m^ilièrc du sacrilice, le prêtre est beaucoup moins occupé do cette matière qu'il ne l'est de Jésus-Christ, qui doit être proluit par le changement du pain en son corps, pour être offert à son Père.

Dans le Missel gélasien, etd.nns l'ancienne liturgie des Français, on lit celle prière ; Rejetant toutes les ombres des iiclimes chayiuilei., nous vuks cffions, l'ère éternel, li'K lioslie miUtiellc. aui est toujours immolée, el qu'on

commençant à offrir le pain, nous parlions déjà comme si nous offrions cette hostie sans tache, qui est l'unique dont l'offrande puisse nous laver de nos péché*.

Toutcl'aiicienne Eglise nous fait clairement enlemirc , dans un grand nombre d'oraisons appelées secrètes, que l'on n'offre du "pain que pour eu faire le corps de Jésus-Christ, et pour offrir Jésus-Christ même, ainsi que nous le disons encore dans la secrète du jour de l'Epiphanie (2) : 0 S eir/neur, recevez avec des yeux favorables tes dons de votre Eglise (c'est-à-dire le pain et le viu qui sont sur l'aulel ) pnc lesquels on vous offre, non pas de l'or , de la myrrhe el de l'encens; mais on offre , on immole et on prend cela même qui est signifié par ces' /)r^sen<s,c'csl-à-dirc JésuS' Christ Noire-Seigneur

QuAM EGO INDIGNUS... queje vous offre, moi qui suis votre indigne serviteur. L'oblalion est faiie par un prêtre, qui a toujours lieu de se reconnaître serviteur indigne par l'infinie disproportion qu'il y a entre lui el la divine viclime qu'il doit offrir.

Deo meo vivo et vebo... à mon Dieu vivant et véritable. Il l'offre au vrai Dieu, la source de la vie, à qui le seul sacrifice doit être offert, au seul Dieu vivant, comme parle Daniel (3 .

Pro innumerabilibus peccatis , pour mes péchés, qui sont sans nombre. Il offre premièrement pour obtenir le pardon de ses péchés , qui sont en si grand nombre qu'ils ne peuvent être comptés; car nous tombons lous dans beaucoup de faules, dit saint Jacques (4).

Offensionibus et negligentiis, mes ofj'enses el 7nes négligences- Il distingue les péchés de commission et d'omission. Les offenses sont les péchés commis contre la loi de Dieu; les négligences sont les manquements d'actions ou des dispositions qui doivent accompagner nos actions. Ce n'csl pas assez do faire en quelque manière ce qui est prescrit; il faut le faire pleinement et avec amour, sans quoi on agit frauduleusemeni , parce qu'on soustrait de l'action ce qui en fait le mérite. Or, malheur à l'homme qui fait l'œuvre de Dieu frauduleusement ou négligemment (5'. Quel sujet n'avons-nous pas de recourir à la miséricorde de Dieu pour nos négligences aussi bien que pour nos offenses?

offre toujours la même, qiii est tout ensemble el le jtréseni des liilèles qui se consacrent à vous, el lu récompense que leur donne leur céleste bienfaiteur. Miss. Gelas, thomasii, pag. 117. Miss. Franc, miss. 22, ibid. p. iîH. Lilurg. Gall., page ,ï-5.

Et dans quelques églises de Tolède on dit encore celte ancienne secrète, qu'on trouve dans l'ancien nie niozirabe : « Nous, vos indignes serviteurs el vos humljles prêtres, offrons à voire redoutable majesté celle hoslie sans tache que le sein d'une mère a produite par sa virgimié inviolable, que la pudeur a enfantée, que la sanclilicalion a conçue, que l'inlégrité a lait naiire; nous vous offinns cette lioslie qui vit étant immolée, et qu'on immole vivante;- hostie qui seule peut plaire, parce que c'est le Seigneur lui-même. »

(3) Non colo idola manu facia, sed viventem Deiim (|ui creavit cwlum, etc. Dan. xiv, i.

(i) lu mullisenim oHindimusomiies. Jac. m, 2.

(Il) .Malcdicliis Ihiinu qui facit opus Domiiii frandnienler, selon la Vuhi.iie ri nié''reu; iiegligenter, selon l'Italique et les Scvlanlc. Jerem. xi.viii, 10.

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Et pro omnibds cmcuMSTANTiBUS , el pour lotis les assistants. L'Eglise a une altenlion particulière pour tous ceux qui assisleul au sacrifice. Le prclre ne prie poinl pour lui sans prier pour eux; il suit seulemenl l'ordre que marque saint Paul (1), qui est d'offrir premièrement pour la rémission de ses péchés, et ensuite pour ceux du peuple ; il offre pour les assistants , qui otîreiit avec lui autant qu'il leur est possible, el (jui ont besoin de la miséricorde de Dieu , avant que de prier eux-mêmes pour les antres.

Sed et pro omnibus... et pour tous les fidèles chrétiens vivants cl morts. L'Kglisc comprend tous ceux qui sont dans sa communion , vivants et morts. Le prêtre offre ici pour eux en général, cl il le fera plus en particulier dans la suite.

Ut muii et iLLis proficiat, afin que celle hostie pure et sans tache profite à moi et à eux. Voilà l'ordre. Le prêtre prie preiniôrement pour lui , secondement pour les assistants, troisièmement pour tous les fidèles.

Al) SÂhVTEM... pour le salut. La principale vue qu'on doit avoir en offrant le sacrifice ; c'est qu'il nous procure le salut el la vie éternelle en expiant nos péchés. Le S.icramenlaire du pape Gélasc s'exprime ainsi : Afin que cette hostie salutaire soit l'expiation de nos péchés , et notre propitiation devant v:>trr majesté sainte. Tel est le langage de saint Cyrille de Jérusalem {-2) dans sa lilurpie, et de toute l'ancienne Itglise, qui a toujours appelé ce sacrifice l'hostie de propitiation pour les vivants et pour les morts.

In vitam iETERNAM , pour la vie éternelle. Le salut de l'ânie , qui consiste dans la juslice chrétienne, n'est pas toujours suivi de la vie éternelle , parc(! qu'on peut ne pas persévérer. C'est pourquoi l'Eglise ne nous fait pas demander seulement ciue le sacrifice serve pour le salut , mais que ce salut soit suivi de la vie éternelle.

Signe lie croix avec la pal^ne.

En finissant cette prière le prêtre fait un signe de croix avec la patène sur le corporal, et y place l'hostie au milieu. En quelques Eglises on dit In nominc Patris, etc., ce qui seul détermine à faire le signe de la croix. Mais , soit qu'on le dise ou qu'on ne le dise pas , on fait toujours le signe de la croix, et l'on montre par ce signe sensible qu'on place (3) l'hostie sur la croix oii Jésus-Christ s'est offert à son Père pour nos péchés.

Aux messes basses, le prêtre , après avoir

1) Priiis pro suis deliclis.hosUas ofTerre, deinde pro liopiili. Hebr. vu, 27.

(2) Calecli. c. 5.

(5) Hoiiorius, Gemm. an. I. i, cap. 90. Durand, I. c. ôO, n. 17.

(l) Au VI' siècle, les Arméniens ne mirent point d'eau (l.iMj le calice, et prélendirenl s'autoriser d'une des lioniélies de saint Chrysoslome sur saitit Matlliicu. Mais les Pères du concile m Trullo, assemblés on 69i a Constanti nople, où saint Chrysostome avait été évt juo, tirent voii (pie les Arméniens entendaient tort mal tes écrits de ce siuiu docteur, qui avait seulement combattu les hérétiques nui ne sacrillaient qu'avec de l'eau. Les Pères ajoutent que l'us3i;,ede mêler de l'eau avec du vin est fondé sur la tradition universelle des Eglises depuis Jésus-Christ; et ils déclarent que l'évêque ou le prêtre qui ne mettra que

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placé l'hostie sur I autel , met la patène à moiiié sous le corporal , et couvre ensuite l'autre moitié avec le purificatoire, afin de la conserver plus proprement jusqu'à ce qu'il en ail besoin pour la fraction de l'hostie.

§ m. Mélange de l'eau et dn vin dans le calice. RUBRIQUE.

Le prêtre, étant au côté de l'autel, tient le calice de la main gauche, reçoit la burette du vin et en met dans le calice. Il fait ensuite un signe de croix sur la burette de l'eau, en met lin peu dans le calice , et dit la prière Deus , qui humaiicc , etc. A la messe des morts, il récite celte oraison .lans faire le signe de la croix sur l'eau. Til. 7, n. 4-.

Aux messes solennelles, le diacre met le vin dons le calice. Le sous-diacrc présente la bttretle de l'eau au célébrant en lui disant : Bénissez, mon révérend Père, lequel, après avoir fait le signe de la croix, dit l'oraison Deus, etc., pendant que le sotis^diacre met un peu d'eau dans le calice. N. 9.

REMARQUES

.Sur l'origine elles raisons du mélange de l'eau tlduvin, sur la bénédiction de l'eau, cl sur la quaulilé qu'il fjul en meure.

1. Le prêtre met du vin dans le calice. Le vin, aussi bien que le pain, est la matière du sacrifice; c'est ici le temps de l'offrir, et par conséquent de le mettre dans le calice, si on ne l'a déjà mis, comme on le fait dans quelques Eglises.

Aux messes solennelles, c'est le diacre qui met le vin dans le calice, parce que c'est au ministre à préparer ce qui est nécessaire.

2. // titel de l'eau dans le calice {'*), pour imiter Jésus-Christ, qui, dans la dernière pàque qu'il fit avec ses apôtres, consacra la coupe pascale dans laquelle, selon le rite des Juifs, il y avait du vin et de l'eau. En effet, saint Justin (oj, saint Irénée (6), saint Cypricn (7), les Pères du troisième concile de Carthage (8), et ceux du concile in Trullo (9), nous apprennent que, selon la Iradilion , le vin que Jésus-Christ consacra était mêlé d'eau.

Outre cette raison naturelle et essenliello, les Pères ont cru qu'il fallait mettre de l'eau dans le calice pour deux raisons mystérieuses. La première, pour marquer que le peuple fidèle, représenté par l'eau, est uni avec Jésus-Christ et offert avec lui dans le calice, parce que l'eau, dit saint Jean (10), représente les peuples. Saint Cyprien (11) s'est ap-

du vin dans le calice sera déposé comme un novateur qui ne suit pas l'ordre prescrit par les apôlrps, et qui n'exprime qu'imparfaitement le mystère du sacrilice (Conc. Trull. can. 32). Le décret d'union avec les Arméniens, dans la concile de Florence, déclara aussi qu'il était nécessaire de mettre de l'eau dans le calice : Cni (viiio) mite comeaationem aqiia modicissima admisceii itebel, etc. Conc lom. XII, col. bô6 (.5)Apul. 2.

(6) Adv. Hseres. 1. iv, c. S7.

(7) Epist. 63.

(8) Gao. 4.

(91 Can. 52.

(10) Aqua; populi snni, Apec, xvn, IS.

(11) Epist. cg.

nliqué à développer ce mystère en inonirani deiice, ainsi que cela se faisait à Soissons, la nécessité de mêler l'eau, qui marque le suivant l'ordinaire écrit au xir siècle, il dit pouple, avec le vin qui représente Jésus- lui-même la prière de la bénédiction Dciu

Christ. Ce rapport fut répété et mis dans un niiuveau jour par les Pères du quatrième concile de Urague, en 675 ; et c'est cette raison mystérieuse qui a fait placer en cet endroit l'oraison suivante, Deus, qui humanœ, etc.

qui humanœ, etc.

5. Aux messes des tnorts le prêtre ne hénit pas l'eau par le signe de la croix. C'est imc suite de la raison mystérieuse. On n'emploie pas ce signe extérieur pour bénir l'eau, qui (i(P, etc. signifie le peuple, parce qu'on est tout oc-

La seconde raison est pour représenter cupé des âmes du purgatoire, qui ne sont l'eau et le sang qui sortirent du côlé de Je- plus en voie d'être bénies par le prêtre. sus-Christ sur la croix. C'est pourquoi, dans 0. Il ne met qu'un peu d'eau, parce que ce le rite ambrosien, et selon un grand nombre qu'on met dans le calice, pour le consacrer, d'anciens Missels, en mettant le vin et l'eau doit être censé du vin. Los chartreux (12) se . j:. h\ . n.. ./!.„' j. !„'„,.„ ri.irici ^nriii ri „ scrvenld'uue petite cuiller pour n'y mettre

on dit (1) : Du côté de Jésus-Christ sortit du eang et de l'eau; ce qui a été suivi et conservé à Laon, chez les chartreux, etc. Tou- „ v,..„., ^..-., ^ „....,. -. „,.«

les ces raisons que nous venons d'exposer laquelle on met trois gouttes d'eau; et le con-

ont été rapportées par le papo Eugène IV au cile de Tribur, tenu en 81)3, dit (14) qu'il faut

concile de Florence, dans le décret pour les mettre deux fois plus de vin que d'eau (13),

arméniens (2), et par le concile de Trente {'■]}. afin que la majesté du sang de Jésus Christ y

3. Aux gr.indes messes le sous-diacre met soit plus abondamment que la fragilité du

l'eau dans le calice. Cet usage est récent, peuple représenté par /'en». Voilà encore la

On voit, dans le premier Ordinaire des pré- •■•>icnn ....rdArionoD /mi Hnnno lion à rm-ni^nn montrés (4), qu'ils avaient pris de Rome et de Laon, et dans un grand nombre d'anciens

que quelques gouttes d'eau. L'Ordre romain d'Amélius (13) parle ainsi de la cuiller avec

raison mystérieuse qui donne lieu a 1 oraison suivante.

Prière en meltant l'eau dans le calice (16)

O Dieu, qui ave» Pcus, qui humanes

admirablement formé substantiœ dignita-

l'homme dans un état lem mirabililer con-

si noble, et qui l'a- didisti, et mirabilius

vez rétabli d'une manière encore plus admirable , faites que par le mystère de cette eau et de ce vin,

reformasli, da nobis per hujus aquœ et vini mysterium ejus divinilatis esse consortes, qui humanita-

Missels, que c'est le diacre qui met 1 eau aussi bien que le vin, ce qui s'observe encore parmi les chartreux (5), dans les Eglises de Laon, de Soissons, etc.

A Rome, ça été durant quelque temps le célébrant même qui l'a mise. Voyez le pape Innocent 111 (6), Durand (7), et le quatorzième Ordre romain de Gaielan (8) ; mais on voit dans celui d'Amélius (9), qui vivait en 1393, que le prélat sacriste qui servait d'assistant au pape, mettait l'eau dans le calice. Depuis ce temps-là c'est le sous-diacre qui l'a mise aux messes solennelles des évêques ou des prêtres, comme il est marqué dans le Cérémonial de Rome (10), écrit en U88 par Patrice, évêque de Pienza, imprimé pour la première fois en 151G, sous le nom de Marcel (11). Tout cela a pu être pratiqué indifféremment par le prêtre, l'assistant, le diacre ou le sous-diacre, parce que ce n'est ici que la préparation et non pas l'oblation.

h. Le prêtre bénit l'eau, cl auTL messes so- j,^^,^ ^ Dki^^â'avèz admirablement

lennelles le diacre 1 averl^it de le faire en di- .^^ Vhomme dans un étal si noble. Lbomme sant : Bénissez, mon révérend père C est le '^^^ admirablement composé de corps ol d'esprélre seul qui peut benir al autel, parce .j, ^^ y^^^-^^ ^^ ^^^ j^^x substances est qu II y représente Jesus-Chnsl. Tons les au- ^^^^' „,pj.veille toujours nouvelle. Sa noires officiers qui sont autour de lui ne sont a j,,^,^^^ ^^ ^j^^^^^^ij ^,{.^. ,„3 ,j puisque, l'autel que comme ses ministres. Mais quand j, commencement du monde, Dieu lé

le diacre prépare le vin et 1 eau a la cre-

nous ayons part à la tis nostrie fieri digna

divinité de celui qui lus est parliceps Je-

a daigné se faire par- sus Chrislus, Filius

ticipant de notre bu- tiius , Domiiius no-

manité, Jésus-Christ, ster : qui tecuin vi\it

votre Fils , Notre- et régnât in unitale

Seigneur, qui étant Spiritus sancti Dcus,

Dieu vit et règne per omnia saecuia sae-

avec vous en l'unité culorum. Amin.

du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

EXPLICATION

(1) De lalere ChrisU cxivil s.inguis el aqiia.

(2) Conc. l. XII, col. b36.

(5) Sess. 22, cap. 7.

(4) Ordin. in bibliot. Prxmonslr., pag. 89i.

(5) Ordin. CarUis. c. 26, n. 20.

(6) 1.. 11 de Myst., c. 38.

(7) Ration. 1. iv, c. 30.

(8) Ordo Kom. 14, pag. 321.

(9) Ordo 15, p. 500.

(10) Caeremon. I. ii, c. 2, p. 115.

(11) Cela eslde même dans la messe ponlilicale imprimée en 1520, avec le Pontifical romain, p. 225.

(12) Glapit cochlear, et unam aiil duas aquae gullas infnndii. Ordin. Carlus., c. 52, ». 10.

(15) Et post aquse benedictionem, ponit cum coiiileari 1res gullas aquae. Ordo Rom. 15.

llij Lldu» j)artes sinlvini, lerliavero aquï : quia ma-

jor est majestas sanguinis Domini quam fragililas populi, qui i)er aquain designatur, juxta dlud : Populi molli aqua niuliœ. Can. 19. , , ,

(l.j) On ne doit donc point avoir de scrupule, lor.squ on n'a mis qu'un tiers d'eau. (La plupart des théologiens sonl d'un avis dilTérent, fondés sur le décret du pape Kugène IV ad Armenos, qui dit : Viiio aqua mod:cissima nrfmijiaTideto.Voy. Collet, Traité des Saints Mysl., à l'art. Vin, n. G. „,,, .

(10) Cette oraison est dans l'ancienne messe dllljrio vers l'an 900 dans celle de Du Tillet. i:ile est tirée d'une ancienne oraison de l'office de Noël (Cod. Sacr., p. 16). Elle est aussi avec quelque différence dans le missel de Milan d'à-préscnt, de même que dans l'ancienne me:^e ainbrosienne donnée par Pamélius (Liturg. , lomc II, pag. 297.)

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forma lui-même à son iinngo et à s.i rc.'semblnncc, pour présider à loulcs les créalures de la lerre.

IST MIRABIL1US REFORMASTI, Et ijui l'nvCZ

rétabli d'une manière encore plus admirable. Cet homme est déchu de la noblesse cl de la dignité de son état par sa désobéissance. Son corps et son esprit, loin d'entretenir un accord mutuel entre eux et avec Dieu, ont élé dans lies soulèvements continuels. Mais Dieu, par son infinie miséricorde , a renouvelé cet accord, et l'a rendu fixe et permanent en unissant en .lésus-Christ par l'incarnation, la na'ure humaine avec la divine : c'est ainsi que l'homme a élé plus .idmiralilemcnt réparé ; et c'est ce qui fait dire à l'Eglise , en parlant du péché du premier homme : O heureuse faute , qui a mérité d'avoir un tel réparateur 1)1

Da nobis Faites par te mystère de cette

enit et de ce vin. Le mot de mystère signifie .secret ou signe secret. L'Eglise est accoutumée depuis les premiers siècles à regarder le mélange du vin et de l'eau dans le calice comme la représentation secrète (2) de l'union <u peuple fidèle avec Jésus-Christ. C'est ce qui lui a fait ajouter ces mots à cette prière, qui était originairement une collecte du Missel ambrosien, et du Sacramentaire gclasien (3), avant saint Grégoire, pour l'ofiicc de Noël. Elle demande que ce mystère du mélange du vin et de l'eau soil suivi de l'union qu'il représente.

Ejus DiviNiTATis ESSE CONSORTES, Que nottt participions à sa divinité. Ces paroles sont lirées de la seconde Epître de saint Pierre, où il est dit que Dieu nous communique par Jésus-Christ ce qu'il nous a promis de grand eC de précieux, pour nous rendre participants de la nature divine {'■*■). Les dons grands et précieux que Jésus Christ comiuuniquc aux fidèles les font participer à la divinité ; premièrement, par la demeure de l'Esprit de Dieu dans eux, qui en dirige tous les mouvements, et les fait ainsi parliciper à la saintelc et à la pureté de sou être ; car (o) celui qui adhère au Seigneur, en suivant tous ses mouvements, est un même esprit avec lui. Secondement, les fidèles participent à la divinité plus particulièrement par la divine eucharistie, le plus grand et le plus précieux de tous les dons, qui, les faisant entrer en communication avec la chair sacrée de Jésus-Christ, qui est Dieu, les fait coumiunier à Dieu même.

(1) Sab. S. Ben. Cer. Pascli.

(2) Clem. .\lfi. Psedag., 1. ii, c. 2. Videniiis in aqna popuium inlelligi, in vino vero oslendi sanguineni Chrisli. (Juando auleni in calice vino aqna miscplur, Chrislo popn-

- lus adunalur, l'I credentimn plehs ci in quem credidlt, copnlatur et conjungilur. Cypr. epist. 63 ad Oecil.

(3) Deus qui humanx subslanli* dignilateni et niirabiliter condidisli, et mirabilius refurmasli; da, qusesumus, ut ejus el'ficiamur in divina consortes, q»i iioslrse liumanitalis fieri dignatus est particeps Chrislus !• ilius tuus.Per, etc. Codic. Sacram. Tboinasii, p. 16.

(i) Per quem maxima etpretiosa nobis promissa dona- VJt : ut per Use efficiamiui divinae cousorles naturx, llPeir. 1, 4.

(5) Qui aulem adbaeret Domino, unusspirilus est. I Cor. «, 17.

Dictionnaire des Ritks sacrés. IL

Qt'i iii'MANiTATi? Qui a daigné s" faire

participant de notre himianilé. La divinité ne peut participer à l'humanité, que l'humanilé ne participe à |,i divinité. Nous demandons que, comme cette p.irlicipalion ne cessera jamais en Jésus-Chria , nous lui soyons aussi tellement unis, cpie nous ne soyons jamais séparés de sa ilivinc personne : et nous faisons celte prière m mettant dans le calice l'eau efle vin, qui ne sont point séparés, non plus que Jésus-Christ pi son Eglise, ainsi que parle saint Cypricn ((>)

§ IV L'oblalion du calice.

■(. Rl'BRIQlE.

Le prêtre au milieu de l'autel prend le calice, le tient élevé avec les deux mains pour l'offrir à Dieu; et. tenant les yeux élevés, il dit la prière Oflerimus libi, Domine, etc., après laquelle il fait sur le corporal le «if/nc de la cioix iivec le calice, le place au nniien derrière l'hostie, ri le couvre de la pale. 'l'il. 7. n. .*).

Aux messes solennelles le dinfre présente le cnlice au prêtre, l'aide ù te soutenir, cl dit avec lui Offcrinnis, etc.

1. Le prêtre élève le calice, comme il a élevé le pain pour l'olTrir à Dieu ; et il lient toujours les yeux élevés parce qu'aucune dci paroles de la prière ne le détermine à lis baisser.

2. Aux grandes messes, il reçoit le calice des mains du diacre. Le vin devait être offert par le peuple comme le pain, et le diacre lient lieu du peuple. Comme les calices étaient .lutrcfois fort pesants 7) parce qu'on devait consacrer assez de vin pour la communion <ln prêtre, du clergé et du peuple, il eiait bien nalurel que le diacre aidât le prêtre à le soutenir; le diacre d'ailleurs a une part spéciale au calice, dont la dispensation lui était autrefois confiée, et la formule de la prière exprime le pluriel : ^'ous vous offrons, afin qu'elle puisse être dite par le prêtre et par le diacre qui représinlc le peuple.

3. Le prêtre fait un signe de croix (ivre te calice. Selon l'ancien Missel dos Eglises d'Espagne, la prière Offerimus conunençait par Jn nontinc Patris, etc. Ce qui déicrm'inait à faire un signe de croix avec le calice. Et quoiqu'on ne dise point es paroles, <l(s auteurs pieux (8) , depuis l'an 1100, ont souhaité (lu'on fît un signe de croix , afin qu'il parût par ce signe visible qu'on plaçait l'oblation sur la croix , autant qu'il était possi-

(6) Qox coputatio et conjunctin aquK et vini sic mii.cclur in calice Duniini, ni cuninii\lio illa non possit ab irivicem si'par.iri.Uiide Ecclesiani... uulla res separarc poteril a Chrislo. Cypr. ep. 65.

(7) Dans les Vies des papes Adrien I et Léon III, on voit des calices qui pi^saieiu dii, quinze et vin;;! livres. Il v en a pourtant toujours eu de forts petits. Au irésor de Saint-Servais de Maestriclit, on conserve celui qu'on croit avoir servi à ce saint, qui, du temps d'Attila, transféra la siège de Tongres à Maestricbt. Ce calice a deui anses, et il est aussi petit (|u':uicun de notre temps. La patène est plate et très-petite. A Saiiit-Vaast d'Arras, on a un calica de saint Thomas de Canlorbéry. Il n'a (oint d'anse, le pied est fort bas, et la coupe large à peu près comme nos ci boires. C'étaient peut-être des calices de voyage.

(8) Honorius Geuim.

ble. On a voulu pour ce sujet qu'on plaçât l'hostie et le calice sur l'cudroit de la croix qui est formée sur la pierre (IJ de l'aulel, et par conséquent au milieu.

k. Derrière l'hostie. Jusqu'au quinzième siècle, selon le rile rou>ain, on plaçait le calice à la droite de l'hostie. Mais en France cl en Allemagne on plaçait plus communément l'hostie eulre le calice et le prêtre (2). C'est ainsi que le marquent les anciens us de Citeaux , l'ordinaire des jacobins in I2'6k , et celui des guiilemiles dressé en 127D pour les couvents de France et d'Allemagne. C'est aussi l'usage que l'Eglise de Rome a prescrit dans le Pontifical, imprimé pour la première fois en 1485 ; dans le Sacerdotal , et ensuite dans tous les Missels. Cette disposition parait plus convenable, parce qu'elle met sous les yeux et sous la main du prêtre l'hostie , qui doit être consacrée la première ; et elle met davantage le calice hors de la portée des mouvements des mains du prêtre, qui pourraient causer quelques inconvénients.

5. On couvre le calice avec la pale , non par mystère, dit le Micrologue (3), mais par précaution , pour empêcher que rien n'y tombe.

De la prière Offerimus, elc, en offrant le calice.

Nous vous offrons, Offerimus tibi, Do- Seigneur, le calice du mine, calicem salula-

ris, luam deprccantcs clemcntiam , ut in conspectu divinae majestalis tuae, pro noslra et totius mundi salute , cum odore suavilatis ascendat.

Amen.

ialut , et nous supplions voire clémence de le faire monter comme un parfum dune agréable odeur en présence de votre divine majesté, pour notre salut et celui de tout le monde.

Amen.

Cette prière est dans le Missel mozarabe , c'est-à-dire dans l'ancien Missel des Eglises d'Espagne, dans l'ancienne Musse donnée par lllyric, écrite vers l'an 900, dans le Sacramentaire de Trêves du dixième siècle , et dans un Sacram(;nlaire romain d'Aibi écrit au onzième. Mais dans ces anciens manuscrits on ne lit pas pronustra et tolius mundi salute; ces mois paraissent tirés d'une autre oraison de la Messe d'Ulyric, oii on lit prn reUemptione nostra, et etiam totius mundi.

EXPLICATION

OrrEBiMus... Nous vous offrons, Seigneur, Saint Augustin remarque (ij qu'on ne s'est jamais avisé de dire : Nous vous offrons à vous, Pierre, Paul, ou Cypricn ; mais que ce qu'on offre est offert à Dieu.

Le prêtre n'avait parlé qu'en son nom dans l'oraison Suscipe, en offrant le pain. Il parle ici au pluriel, offerimus, nous offrons;

(1) Collncat directe super crucom in consecralione aliaris cuni chrisniate faclani. Durand, liv. iv, cap. 30, n 17 et -22.

(21 Voyez ce que dit Grunei. qui écriTait on UIO, à Vouverlure de l'Académie de Leipsirk : Aliqui secuiirlum co suetudinem Romamm tocant calicem ad dexlerum liiiiia bosiiœ... vel sccuudiiin (diwn usum oblala l»calur iiUer sucei dolent et cuiicein. Ue Oflieio niissa.

(S) Cou|>erilur catii noo tam causa n\yslerli auam cau-

le peuple, pour qui il vient de prier , et ([ui a été béni et représenté dans le calice par le mélange de l'eau , prie présentement el offre avec lui; et, dans les messes solennelles, il présente en quelque manière le calice, que le diacre, comme au nom du peuple chrétien , lient avec le prêtre.

Calicem saliitaris, le calice du salut. Le prêtre et le peuple oiïrent ensemble celle coupe, qui va être le calice du sang de Jésus-Christ, el qui est appelée pour ce sujet le calice du salut.

TUAM DEPBECAKTES... NoUS SUppUoUS VO-

tre démenée de le faire monter comme un parfum d'une agréable odeur en présence de voire divine majesté. Le sang de Jésus-Christ ne peut manquer d'être agréable au Père céleste ; mais l'obîalion, qui est très-agréable par elle-même, peut ne l'être pas à cause de l'indignilé de ceux (]ui l'offrent : c'csl ce qui nous fait implorer la divine clémence.

Pbo nostra Pour noire salut el celui

de tout le monde. Le prêtre et les assistants prient pour leur propre salut, et ils doivent aussi prier pour celui de leurs frères, (|ui sont répandus dans le monde : Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés , dit saint Jac(iues (a). Il n'est point de prière plus elGcace pour le salut que celle qui se fait en offrant le sacrifice, que saint Epiphane (6) appelle le salut continuel de l'Eglise.

Le sacrifice est principalement offert pour le salut de tous les fidèles ; mais l'Eglise ne prie pas tellement pour eux, qu'elle ne souhaite aussi que tous les tiommes soient sauvés (7), et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité. Elle ne perd pas de vue les prières qui se font le vendredi saint pour les hérétiques, les juifs et les païens, où nous disons : Dieu toul-puissnnl , qui ne désirez pas qu'aucun périsse, qui ne voulez pas la mort du pécheur , mais sa conversion et sa vie , retirez-les de leurs ténèbres, et faites-les entrer dans votre sainte Eglise, pour la louange et la gloire de votre nom. C"esl ainsi qu'elle demande le salut de tout le monde. Le foiulemenl de cette prière est dans ces paroles de saint Jean (8) : Jésus-Christ est ta victime de propitiation pour nos péchés, et non-seulemeni pour les nôtres , mais aussi pour ceux de tout te monde.

§ V. Usage do ta patène au\ grandes messes. RUBRIQUE.

Après la prière précédente Offerimus, le sous-diacre reçoit du diacre la patène , qu'il couvre avec l'extrémité du voile qu'il a sur le$ épaules; il vient se placer derrière le célébrant, et la tient élevée jusqu'à la fin du Pater. Aux messes des morts et au vendredi saint, U sous-diacre ne tient point la patène. Tit. 7,

Ida;. Microl. e. 10.

(4)Conlr. Faust. 1. xx, c. 11.

(3| J;ic.v, 16

fU) Epist. ad Joan. .lerosol.

(7) il iiin. u, 4.

(Hj Ipse est propitiatio pro pcceatis noslns; non |.ro nusiris autcm lanlura, sed etiam uno totids udndi. I Juan. 11,4.

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