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OFFICE DES MORTS

(Cérémonial, I. ii, c. 10.) Chap. I. — De l'office des morts en général, 1. L'office des morts a beaucoup de rapport aux offices des trois derniers jours de la semaine sainte, particulièrement dans la

(1) Voy.\e second Ordre romain, n. 9; l'Antiplionaire de saint Grégoire, iiui esl au iroisième tome de ses Œuvres de l'édiiiou de 1703; les Aniiphoiiaires qu'a donnés le cardinal Tliomasi, et sa prélace. Aiitiq. libri Miss., p. 5i. Voici les lernies de Rémi d'Auxerre : Deimle sequititr offerenda, qiiœ iiulc hoc noiiien accepit, qiiod lune popiiliii sua inuneiii vffeiiU. Seqminlur versus a verteiido dicii, niiod in ojferendis reveitaïUur, dum offerenda r«pelilw. Lxpos. Uiss.

manière de le commencer et de le finir, et dans le retranchement du Glorin Piilri, des cn|iitules, des hymnes, de l'encensement à Magnificat et à ÏSeneiHclus et d'autres choses qu'on omet pour mieux si^inifier le deuil qui est convenable à cet office. C'est encore pour cette raison que, selon l'usage le plus approuvé, on ne salue point le chœur lorsqu'on y entre ou qu'on en sort; que l'officiant et les chanlres sont assis sur des bancs nus sans tapis, et que ces derniers ne vont point annoncer les antiennes , mais les commencent eux-mêmes devant le lutrin, aussi bien que les psauiiies et les versets.

2. Il n'y a point d'obligation générale de dire l'office des morts, sinon au jour de la commémoration de tous les défunts; l'obligation de le réciter hors le temps pascal, le premier jour de chaque mois «jui n'est pas empêché par un office de neuf leçons, et tous les lundis seulement de l'Avent et du Carême, excepté la semaine sainte, regarde particulièrement les églises cathédrales et les collégiales qui en ont conservé l'usage, et ne s'étend pas aux autres, ni aux personnes qui récitent l'olfice hors du chœur. On peut néanmoins y être obligé d'ailleurs par des fondations particulières, pour l'acquit desquelles il est permis de le réciter dans les jours auxquels, selon la rubrique du Missel, on peut dire la messe de Requiem. On pourrait même encore, selon Gavanlus et autres graves auteurs, le réciter en chœur en d'autres jours, auxquels il ne serait pas permis de dire la messe de Requiem, si la coutume du lieu n'était contraire; ou le peut quand on fait l'office ordinaire du dimanche, si c'est une fondation (S. C. 9 mart. 1597); mais on doit au moins en excepter les fêtes de première et de seconde classe. Quant au jour de la déposition d'un défunt, on peut toujours dire l'office des morts, si ce n'esi le vendredi saint et le jour de Pâiues, dans lesquels on doit remettre (si l'on peut) la sépulture au lendemain. On doit aussi le jeudi saint et le samedi saint, dire sans chanter l'office et les prières des morts, d'après ua décret de la sacrée congrégation du 11 août 17.'!0. Si, dans les autres fêtes principales de l'année, on ne peut commodément ni chanter la messe en présence du corps (cela étant permis aux fêtes de seconde classe (S. C. 1808/, ni différer la sépullure au jour suivant, on doit la faire sur le soir avec le susdit office, après que celui du jour est entièrement achevé.

'.i. Cet office n'a ni secondes vêpres, ni com« plies, ni petites heures; dans les chœurs où l'on doit le réciter aux jours prescrits parla rubrique, on dit les vêpres des morts après celles de l'office ordinaire, quoiqu'il soit

(2) De Eccles. OOic. I. i, c. li.

(3) Porrexil manuni suam iu libatione, et libavit da sanguine uvae. Effudit in luiidamento allaris odorem divinum exceiso l'rincipi. Tnnc exclaniaverunl lild Aaron, io tul)is [iroducliliLius sonuerunt, et audilani lecerunt vocem niatjnam in memoriani corani Deo. Tune oninis poputui siniul properaverunt... Et ampliBcaverunt psallenles in vucibus suis, etc. Eccli.L, 16 et seq.

doublé, pourvu que le jour suivant désigné

f),ir la rubrique n'ail pas un office de neuf pçons; et même selon le décret de la sacrée congrégation du 23 mai 1703, si le premier jour du mois est libre, l'on doit dire les vêpres des moris après celles du jour précédent, quoiqu'il soit fêle de commandement. On dit de même les matines et les laudes des morts après les laudes du jour. Pour roffice des rnoris qu'on dit exlraordinaircment, on le peut joindre de même à l'office ordinaire du jour lorsqu'il le suit imméilialemtMil, si ce n'est dans le cas ci-dessus excepté; muis quand on le dit séparément, soit dans le chœur, soit en particulier, il n'y a point d'obligation de dire, avant ni après, lePdier, ni autre chose, le Rituel romain n'eu faisant aucune mention. Si l'on divise matines d'avec laudes, on doit dire à la fin les prières sans le psaume, avec l'oraison ou les oraisons, afin de conclure celte partie de l'office d'une manière convenable.

4. Si l'on chante matines avant la messe en présence du corps, on ne doit pas dire vêpres auparavant, parce que le matin n'est pas un temps convenable pour les vêpres; quand on chante l'après-dinée matines de trois leçons, on prend le nocturne du jour suivant auquel cet olfice appartient proprement, si ce n'est lorsqu'on le dit à l'enterre- Bient d'un défunt, auquel cas on prend tonjours le premier nocturne, si l'on n'en doit dire qu'un.

5. On fait l'office double des morts au jour de la commémoration de tous les défunts, le 2 novembre, et au jour du décès ou de la déposition d'un défunt, selon la rubrique de l'office double, n. 1. A quoi le Rituel romain ajoute les 3' , 7' et 30° jours après la déposition (c'est-à-dire, selon quelques-uns, après la sépulture, mais selon le sentiment le plus commun, et qui paraît le plus conforme aux rubriques, après le décès), avec l'anniversaire. Quoiqu'on dise en d'autres jours les trois nocturnes, on n'y doit point doubler les antiennes; si au jour du décès, ou en quelqu'un des autres jours ci-dessus nommés on ne dit qu'un nocturne, on ne laisse pas de doubler les antiennes, comme on le peut inférer du Rituel romain.

G. Quand l'office est double, on ne dit qu'une oraison des huit qui sont placées à la fin des vêpres des morts ; savoir: Fidelium au jour de la commémoration de tous les défunts, et les autres, selon que le titre de chacune le désigne; l'on doit en ce cas leur ilonner la conclusion entière. Mais dans l'office commun qu'on dit au commencement du Snois et aux fériés secondes de l'Avent et du f.aréme, on dit les oraisons sous une seule et courte conclusion. On observe le même nombre et la même façon de conclure les oraisons dans tout autre office non solennel, mettant au premier et second lieu les oraisons particulières qu'on doit dire, et l'oraison Fidelium après toutes les autres, l'our les noms propres des personnes, ou les exprime dans les oraisons où l'on trouve la lettre iV., et on les omet dans les autres.

7. On dit toujours les prières prescrites après les vêpres et les laudes des morts ; si l'on fait l'ollice pour un seul défunt, on dit les versets et les répons de ces prières au nombre singulier , aussi bien que l'oraisou suivante; s-i c'est pour une femme, l'on y observe le genre féminin ; mais ou ne fait point d'autre changement dans tout l'office, pas même aux deux versets Jiequiem œlernam, etc., RcquiescanC in pace, qu'on dit après l'oraison toujours au pluriel. Pour les psaumes Laitda cl De profiindis, qui sont marqués dans les mêmes prières, on ne les omet qu'au jour de la commémoralion des morts, et au jour de la déposition d'un défunt ; ou doit les dire aux autres offices, quoique doubles, d'après les décrets de la sacrée congrégation du 5 juillet 1G98 et du 23 juin 173G.

8. On prépare dans la sacristie deux chandeliers avec des cierges pour les acolytes, sans encensoir, et une chape, ou du moins une étole de couleur noire pour l'officiant , dont il se sert seulement à vêpres et à laudes, et non point à matines, si ce n'est qu'il ait été obligé de la prendre auparavant , comme il arrive aux obsèques des défunts , auquel cas il la peut retenir durant les matines, qu'on dit en cette occasion. On ne donne point de chape aux chantres , si la coutume des lieux ne demande qu'on en use autrement. On n'a pas coutume d'exposer la représentation mortuaire aux vêpres ni aux matines des morts

9. Si l'on doit dire les vêpres ou les matines des morts immédiatement après les vêpres ou les laudes du jour, dès que les chapiers ont chanté Benedicamiis Domino, le sacristain change les ornements de l'autel et des officiers du chœur par le moyen de quelques clercs, faisant rapportera la sacristie la chape de l'officiant avec celles des autres ; ce qu'il doit faire avec tant de diligence qu'on puisse commencer bientôt après la première antienne de vêpres ou de matines, l'officiant omettant toujours en ce cas le verset Fidelium animœ, ete

10. Les matines de l'office des morts sont composées de trois nocturnes et de neuf leçons ; mais, dans l'olBcc ordinaire durant l'année, on ne dit qu'un nocturne avec trois leçons, qu'on diversifie selon l'ordre des jours marqués dans le même office. La rubrique prescrit seulement les trois nocturnes au jour de la commémoration de tous les défunts, et au joui- de la déposition; en ce dernier cas, le Rituel romain permet de ne dire qu'un nocturne avec cause rai>onnable; ce qui a lieu à plus forte raison aux 3' 7' et 30 jours et à l'anniversaire, si ce n'est que les bienfaiteurs ou fondateurs eussent demandé expressément les trois nocturnes. On dit l'invitatoire, selon la même rubrique, au jour de la commémoration de tous les défunts, et au jourdu décès ou de la déposition, lors même qu'on ne dit qu'un nocturne, comme il est porté dans le Rituel ; selon la coutume et le sentiment des meilleurs auteurs , on le dit toutes les fois que l'office est solennel, et régulièrement i^uaud on dit iruia

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nodurnes. Quant au répons Libéra me. Domine, de morte, etc., on le dit senlrmcnt au jour de la commémoradon des défunts , et toutes les fois qu'on dit trois nocturnes.

11. On ne peut point réciter d.ins le chœur, après couiplies, le jour de tous les saints, le^ matines des morts; on ne doit les dire qu'après les laudes du jour, d'après le décret de 1.1 sacrée congrégation du 22 janvier 1701; on pcul cependant, dans les égli^'S callicdrales, en présence de i'évéque, les din; le jour de tous les saints , même avant co:uplk's, selon le déeret de la sacrée congrégation du 5 juillet 1098. Quant à ceux qui, liors du chœur, récitent l'ol'Gce divin, ils peuvent dire le soir malines et laudes des morts, après avoir dit les malines et les laudes du lendemain.

CuAP. H. — Des vêpres solennelles pour les morts.

1. Si on ne dit pas les vêpres des morts immédiatement après celles du jour, mais en quelque autre temps, l'heure étant venue, les acolytes allument les cierges de l'autel et ceux de leurs chandeliers, et le clergé s'étant assemble au chœur de la manière ordinaire, l'ofGciant y va revêtu d'une chape, ou au moins d'une étole noire, selon le Cérémonial, liv. u, c. 10. 11 est précédé des deux acolytes et du cérémoniaire. Après avoir fait une courte prière sur le dernier degré de l'autel , il va dans le môme ordre à sa place sans saluer le chœur en entrant ; el dès qu'il y est arrivé, les deux chantres commencent l'antienne Placebo, qu'on no double pas, non plus que les autres, sinon aux jours ci-dessus marqués.

2. Après l'antienne, les deux chantres entonnent le premier verset du psaume, comme il sera dit aux vêpres solennelles, et tout le chœur s'assied et se couvre à la médiation du même verset, demeurant en cette posture jusqu'à Magnificat, sans se découvrir au verset Requiem œternam , qu'on dit à la fin des psaumes toujours au pluriel, et divisé en deux parties, comme le Gloria Patri. Les deux chantres s'asseyent aussi devant le lutrin sur un banc nu, après qu'ils ont entonné le premier verset du psaume ; mais ils se lèvent à la fin de chariin pour répéter l'antienne et chanter la suivante, avec le premier verset du psaume.

3. Tous les psaumes étant finis, et la dernière antienne répétée, les deux chantres , sans quitter leur place , chantent le verset d'un ton particulier à cet office ; et le chœur y ayant répondu, sans se lever ni se découvrir, suivant le Cérémonial, les chantres commencent l'antienne de Magnifient , que tout le chœur continue étant assis, si on la double ; puis les deux chantres entonnent 1« cantique Magnificat, durant lequel tous sont debout à l'ordinaire, el l'officiant n'encense point l'autel.

k. Sur la fin du cantique, les deux acolytes, sans saluer le chœur, vont allumer les deux cierges de leurs chandeliers, faisant avant el après la génuflexion à l'autel ; puis

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