Û7 OFF
nous, il le lient élevé au coin du devant de
l'aulel, du côté de l'EpUrt".
9. Pendant qu'on répète l'anlienno du Benediclus , l'évéque descend de son siège , se met à genoux et s'appuie sur un l'.iulcuil préparé devant l'autel : tout le chœur el ceux qui sont auprès de l'évétiue se mettent à genoux en leurs places.
10. Quand on commence à chanter Christiis factus est, elc, l'acolyte cache le cierge qu'il louait élevé, sous l'autel ou ailleurs, en sorte que la lumière ne paraisse pas.
11. Etant ainsi à genoux, le chœur dit secrètement , Pater noster, etc., et ensuite le Miserere.
12. Le psaume Miserere étant fini , l'évoque, à genoux et la léle un peu inclinée, dit par, cœur ou avec le livre, à voix intelligible, l'oraison Respice, etc., justiu'à la conclusion. Qui tecum vivit , etc. , qu'il achève secrèlemenl.
13. L'oraison finie, le maître des cérémonies frappant de la main son siège ou son livre, trois ou quatre fois pour faire du hruit, tous les autres le font aussi en leur.-; places ; et l'acolyte faisant paraître la lumière qu'il avait cachée derrière l'autel, chacun cesse de faire du bruit.
14. L'évéque se relève ensuite, et, ayant salué l'aulel, se retire. Les chanoines, s'élant également relevés , se rendent auprès de l'évéque, et après avoir salué l'autel ils l'accompagnent comme de coutume.
15. On observera la même chose aux matines des deux jours suivants , excepté que l'autel et le siège de l'évéque sont sans parements. Ou peut pourtant laisser un carreau au siège èpiscopal, si l'évéïiue le trouve à propos pour sa commodité.
TITRE TKOtSlÉMIÎ OFFICE DIVIM.
Une matière si importante de la liturgie mérite un traité complet. Nous le donnons d'après Collet, dont les ouvrages sont généralement estimés pour l'abondance des recherches et l'ordre qu'il a su y mt tire. On en a retranché ce qui paraissait trop rigide, ttu bien ou l'a accoiupagné de notes et de tilations, extraites particulièrement de saint Alphonse de Ligori , dont les écrils sont exempts de toute censure , d'après le saintsiège lui-même. D'ailleurs, Collet ne donne souvent son opinion rigide que par forme d'exhortation à la perfection. On y reconnaîtra un grand zèle pour la décence du culte divin, pour la réforme des abus, pour que chacun assure son salut en se jugeant sévèrement. Puisse; son Traité, que nous donnons ici , produire ces heureux effets ! Préface.
J'aurais du, pour acquitter la promesse que j'ai osé faire au public, commencer par
OFF
l'examen des difficultés qui concernent les premiers sacrements. Deux raisons m'onl engagé à préférer celles qui regardent l'office divin : l'une, que celle matière a beaucoup de rapport au Traité des Saints Myslères : l'autre , que des prélats dun mérite distingué ont-cru qu'on ne pouvait trop tôt discuter un snjcl qui intéresse également <'t les simples prêties. et les chanoines, et celle nombreuse troupe de personnes que Dieu a tirées du siècle, et qu'il veut sanctifier dans la religion.
D'ailleurs, je m'étais imaginé que l'exécution de ce nouveau projet ne suspendr.iit p.is beaucoup le plan général que je me suis formé. Gomme j'ai parlé , dans un (le mes premiers ouvrages, de la récilalion des heures canoniales , je crus , comme bien d'autres le croient encore, que je n'aurais presque qu'à traduire du latin en français ce que j'en avais dit. Je n'ai pas lardé à rever.ir (le mon erreur. Quelle différence entre cinq ou six feuilles d'impression et un vo^ lume qui en demande quatre ou cinq fois davantage? Que dematièn-s, ou supprimées, ou peu approfondies , dans la crainte de grossir trop un livre, et d'accabler la mémoire des jeunes gens qui sont chargés d'eu rendre compte 1 On sait quelque chose quand on sait un bon abrégé; mais, disait un illustre magistrat, on ne sait jamais bien que ce qui est disculé avec le dernier détail dans les traités particuliers.
A celte réflexion , qui est beaucoup, plus importante en matière de devoir (ju'en matière de spéculation, il s'en joint une autre : c'est que la piélé doit entrer pour (luelijue chose dans des ouvrages de la nature de ci'ux-ci. Or, les théologies de l'école en sont bien moins susceptibles. On ne peut y glisser que quelques courles réflexions : re qui est de plus embarrasse ; on le trouve bon pour une conférence spirituelle ; il paraît déplacé dans un livre où l'on ne cherche que la science.
Je souhaiterais de tout mon cœur avoir réuni dans l'ouvrage que je donne présentement ces deux objets, la science et la piété. J'espère que ceux qui voudront bien le lire m'aideront à le perfectionner dans l'un et l'autre genre. Mais je prie les gens de bien à qui Dieu en donnera la pensée, de le faire le plus tôt qu'il sera possible (1). J'ai reçu depuis pou des réflexions sur le Traité des Saints Mystères. Elles viennent d'une main savante, d'un homme qui possède la matière, et qui sait redresser ceux qui ont besoin de l'être. Ce vertueux anonyme, qui me prie de ne le pas deviner, et qui peut compter que je ne le devinerai pas, m'a plus obligé par sa censure que tous les aulres ne l'avaient fait par leurs éloges. Plus sa critique est sérieuse , plus elle me rassure sur la totalité morale de mon livre. Mais enfin.
(I) Un pieux et savant chanoine de Bourges l'a fait à temps pour ce présent Traité. Je lui en rends mille très-
en jour. C'est pour cela qu'à l'exceplion des difficultés qui regardent mes propres écrits, je ne répondrai plus à aucun humbifs actions de grâces. Si j'ai mal ré|iondu il ses vues, cas qu'on pourrait me proposi'j des provinces. Je ne sais ce ne sera pas tout il fait ma faute. Les lumières de l'es- pouKiuoi, malgré une déclaration si souvent réitérée, on prit oui des nuances, ci les mieunes s'aQuiiilbseui de jour - couUuue à m'en assommer.
coinme deux ou Irois écarts sont toujours un objet qii;ind il s'apit de l'auguste sacrifice, il est juste de profiler de ses remarques. Le mal est qu'elles ne viennent qu'après trois éditions ; et qu'on n'achète pas deux l'ois un livre dont on est souvent fâché d'avoir fait une première emplette.
Pour remédier à cet inconvénient, je mettrai à la fin de ce volume, et la plupart de ces rédexions, et la réponse que j'ai faite à quelques difficultés qui m'ont été proposées sur la même matière. Je supprimerai celles qui ne regardent que le style. Je l'avoue de bonne foi, le désir de plaire à des gens qui ont besoin de lire, et qui ne lisent volontiers que quand on les réveille ; une sotte envie de me soutenir moi-même, de m'égayer dans un travail qui épuise à la fin ; le dirai-je ? l'applaudissement de bien des personnes d'un rang élevé et d'une vertu peu commune ; le succès d'un tour qui n'a jamais blessé dans la conversation , et qui dès le second jour d'une retraite ecclésiastique où mon livre fut lu, en fit demander cent exemplaires ; la crainte du sort de tant d'ouvrages d'ailleurs solides , que la même semaine voit naître et mourir ; toutes ces considérations m'engagèrent à laisser couler ma plume : et sans les salutaires avis qui me sont venus de différents endroits , j'aurais vraisemblablement suivi jusqu'au bout la route que j'avais enfilée.
Mais, et je me suis déclaré là-dessus dans la préface du troisième tome des Dispenses , mon parti est pris ; et désormais j'éviterai , autant qu'il me sera possible , tout ce qui serait capable de blesser le plus austère lecteur. J'ai tâché de le faire dans ce nouveau volume. Ai-je réussi ? N'ai-je point donné contre un écueil en voulant éviter l'autre? c'est sur quoi j'attends la décision de ceux qui sont capables d'en juger. Ce que je puis dire, c'est que devenu timide jusc^u'à l'excès, j'ai changé bien des choses qui dans un autre temps m'auraient paru hors d'atteinte. Mais enfin l'on ne se refond pas dans un jour. La nature, chassée d'un côté, rentre par l'autre. C'est une ombre qui suit le corps : on la croyait dissipée , le premier rayon la reproduit.
Plaise à Dieu de réformer en moi l'homme tout entier! De sages avertissements contribuent à la bonté d'un ouvrage , mais il n'y a que de ferventes prières qui puissent changer le cœur. Il me semble que j'ai quelque droit à celles de tant de saints prêtres , qui avouent que mes faibles essais ne leur sont point inutiles. Il ne leur faut qu'un moment pour se souvenir de moi au saint autel (1) : il me faut des mois, et plusieurs mois, pour faire quelque chose qui ne soit pas absolument indigne de leur être présenté.
Je finis en conjurant le lecteur de ne faire à qui que ce soit aucune application de ce
(1) J'ai fait la même prière dans la Vie de M. Bourdon; et je ne pnis m'enipêclier de publier qu'un respeclable doyen ipii jusr|ni;-l;i m'éliijt inconnu m'a écril en ces Icr- Uies, qu'une profomle reconnaissance conservera toujours dans mon cccur : « Je i.cjs vous assurer bien sincèrement
que j'ai pu dire contre certaines maximes dont je n'ai pas cru devoir citer les auteurs. S'il est nécessaire que tous ceux qui aiment la pureté de la morale connaissent les coups qu'on peut lui porter, il e^t inutile à plusieurs de savoir en particulier que tel coup vient d'une main plutôt que d'une autre. Quand les jugements qu'on fait en ce genre ne seraient que téméraires, la charité obligerail à s'en abstenir; mais souvent ils vont plus loin ; ils sont très -contraires à la justice. Je n'étais pas chargé d'en donner la preuve , parce qu'un ouvrage comme celui-ci ne tend pas à réformer tous les travers de l'esprit humain; je l'ai fait cependant en plusieurs occasions, et je pourrais assurer que je l'ai fait d'une manière fort désintéressée, si le plaisir d'obliger ne portait avec lui sa récompense.