‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 306 sur 411 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

fliéiumé d'iin gramJ noniUrc ilo lliluols, par Betivelct.)

Qu'est-ce que rccornmandcnt les Manuels tiu curé, à l'occnsion du sacrement de l'ordre?

Deux choses principales. La première , c'est d'avoir un soin tout particulier de ceux de sa paroisse qui se disposonl à entrer en l'état ccclésiasliciue, ou qui dcjà y sont engagés : obligation qui vient de ce que le curé doit rendre témoignage, suivant les saints canons, aux supi-rieurs , c'est-à-dire à l'évéque ou à l'archidiacre, de la bonne ou mauvaise vie des clercs de sa paroisse, pour connaître s'ils seront capables des ministères ecclésiastiques ; ce qui ne se peut fiiire qu'on n'ait premièrement examiné leur vocation, leur aptitude, leur inclination, et qu'on n'ait observé de longue main et étudié avec soin la conduite de leur vie. Ad minores ordines , dit le concile de Trente, promovcndi, bonum a parocho et amar/istro scholœ in qua edncantur lestimonium habeant. Jli vero qui ad singulos majores crunt assumendi, per mensem ante ordinationem episcopum adeant, qui parocho, aut ulteri cui luaqis expedire videbitur committat , lU nominibus oc desiderio eorum qui volent promoveri, publiée in Ecclesia propositis, de ipsorum ordinandorum nalalibus, etc., diligenler inquirnt : et litteras testimoniales ipsam inquisitionem faclam continentes, ad ipsum episcopum quamprimum transmittat , Conc. Tr. , scss. 'i'J, de Heform., c. 5.

En quoi doit paraître le soin du pasteur à l'égard de ceux qui se disposent à la cléricature dans sa p'iroisse ?

Premièrement en la connaissance qu'il doit en prendre, remartiuant soigneusement ceux d'entre les enfants qui pourraient être dans le dessein de se donner à l'Eglise ; soil que cela vienne de leur propre mouvement, soit pardestinaliondc h'urs parents, afin de veiller à la conservation de leur innocence, de les élever dans la piété et les vertus chrétiennes, et les nourrir de bonne heure dans les sentiments de la discipline ecclésiastique, leur recommandant la fréquentation des églises, au service divin , et la conversation des personnes ecclésiastiques. Sunt nonnulli , dit un concile fort ancien, parochiani prcsbi/teri, quibus nulla soUicitudo est habcndi clericos, cum quibus omnipotenli Deo, laudum débita persolvant officia; proinde instituit iuvc sancta syno~ dus, ut omnes parochiani presbyteri, juxta ut in rébus sibi a Dco creditis sentiunt habere virtutem, de Ecclesiœ suœ familia clericos sibi facianl quus pcr bonum volunlalem ila nulriant, ut et officium sanclum digne pcrayant et ad servitium suum aptes eos habeant,

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etc. Concil. Emiritens. sub Vitaliano, an. circiter 16G4.

Secondement, le curé ne doit pas se contenter de cette éducation, mais aulantqne possible il doit, suivant le sentiment de l'Eglise , les faire demeurer avec lui , pour les pouvoir instruire plus facilement et en répondre avec plus d'assurance. C'est ainsi que parle le concile de Baza, l'an 323, sous leanli, cap. 21. Placuil ut omnes presbyteri qui sunt inparochiis constituli, secundum consuetudinem quam pcr lotam italinm sutis sulubriler teneri cognovimus juniores, Icciores, etc., secum in doino, uhi hab'ilare vidcntur recipiant; et eos quomodo boni patres spiritualiier nutrientes, psalmos purare, lectionibus divinis insislere , et in lege Domini erudire conlendant, ut sibi dignos successores provideant , et a Domino prœmia œterna recipiant.

Troisièmement , il doit avoir égard si les clercs qui sont sur sa paroisse s'acquittent des fonctions de leur ordre, quelles études ils font, quelles compagnies ils fréquentent, s'ils assistent au service public, s'ils portent l'habit et la tonsure ecclésiastiques. Saint Charles y ajoute d'en faire rapport tous les trois mois à l'évoque : Prœcipitur presbyteris ut clericos cujuscunque sint ordinis in parachi'i sxia commorantes moneant quod lonsuramcongruenlem et honeslumhabeant habitum jiixla canones. El si aliqui in hoc inbbcdientes tel rebelles fuerihi, monitionc prœmissa ab ingressu ecclesiœ arceanlur. Quod si aliquis dehujusmodi prœsumptoribus lantœ sit potestatis quod sine scandalo a prcsbyt^ro prœdicto coerccri non possit, episcopo nuntielur. Conslit. Giiill. Paris.

Que doit-il observer pour ceux qui se disposent aux ordres majeurs ?

Il doit, 1 aux approches de l'ordination, examiner plus sérieusement leur conduite, le bon ou mauvais exemple qu'ils ont donné dans la paroisse, s'en informer secrètement, et pour en avoir un témoignage plus authentique le dénoncer par troisdimanchesou fêtes consécutifs à la messe de paroisse, en sorte que la dernière soit faite avant le mardi de la semaine précédente de l'ordination, à la manière que se font les bans da mariage, afin que le peuple qui a intérêt à leur promotion puisse déclarer s'il y a quelque chose qui les rende indignes de s'avancer aux ordres; le tout en la forme portée dans les Manuels.

2 S'il y a quelqu'un qui se présente pour le sous-diaconat, outre ces dénonciations il faut encore faire lecture au peuple du titre en faveur duquel il sera ordonné, à quoi, si personne ne met d'empêchement, il pourra, vingt-quatre heures après la publicatioa faite, donner son témoignage dans lequel soit faite mention de sa vie et mœurs , de sa naissance légitime, de ses études et capacité, et de l'exercice qu'il aura fait de ses ordres. Le formulaire s'en trouve dans les Manuels.

3' S'il arrive que quelqu'un de ceux qu'il aura ainsi élevés parvient à être fait prêtre, il lui doit enseigner exactement les cérémonies de la messe , et le préparer au plus tôt

niCTIONNAIRE DF.S CEREMONIES ET DKS RITES SACRES.

pour offrir son sacrifice «ivre \c plus d'appareil (lu'il sera possible, évitant soi'jneusenirnl , et cinpi'cU.'inl <lir lniitcs ses l'orci-s les alius d'ordiiiiiir'i» ijui se pflisspiil eu pareilles reiicoiilres , coiifuniiéniLMU aux décrets des roiiciles.

Tollnntepifcopi fumpittosa convivin, /nrfij;, chiireas et omne inaninm oblecldmtnioruin gentut, cnterustiue oninc.-< abusas i/ui populi loi eriluCe , nul Kaccrdotiun arariti i in noi œ, utvitcant, tnissœ cilvbralidnrnt irnpfernnl, et in tos qui in hoc grne<e aliquid pccatrint, epiteopus gratiler unimndvei lui, Coiail. Mcdiol IV, lit. de Miss.

Prœdecessoriiin nostrorum diicli veftirjiis statuimiis inlnbentes hujits sacri apprabiiiinne concilii , ut nnllas sncerdotuin noviliorum, illa die qun pi imam mis.irim cclebrnre voluerit , in exordio pnhiicalionis .tnricli.<simi sui offiài obluturns Deo priiiiitias gratiœ ne s(dutiss(bi collntœ, rt/iV/aos lul cnnviviiun iinilarc, aut inviCalos habcre, aut procurare per Ke tel pcr alitnn ullo modo prœsunial ; sed ad soimn Deutn, cujus mililiœ est ascriptiis , dirigat aciein sut curdis maxime die illa dn-olns, curis et soUicitudinibus icmporalinm, qiiibus mentes liominum disirnliuntar, exuliis, rcmotis vaniliuibus liislrionnm, rjnnliOusciinK/ue tumuldbuselinsolenliisrcproborxim.qni eiiain tœpe venire assolent non vocnti. Cimcil. SalizburgiMisc, de Celebrnlionc tnissanim.

Atqne ut mnltn paucis compreltcndantur , impriinis quod adavaritium perfinet, cujusvis generis mercedem condilionis, pacta et quidqnid pro tnissis novis celebrandts datur, nec non importunas, atque illibcrales elermosgnarian exnclioncs jiotius quum pnstnlalioncs aliitque hiijiismodi , quœ a simoniaca lobe, vel certc a turpi qnœstii , non longe abstint , otnnino proliibcaiit. C'inril. Trid. , decr. de Observ., eriland. in célébrai, miss., scss. -22. Id staluitur in conc. Narbon. an. 1G09, lit. de Sacrif. missœ.

Quelle est la seconde chose que le Manuel recommande au curé à l'occasion du sacrement de l'ordre?

C'est d'en parler quelquefois dans son prône, selon les occasions qui se pré>ieiilenl, comme aux dimanches devant les Qualre-T(-oips, pour recommander au peuple île prier Dieu dans celle semaine pour les évéques i]ui ont a faite choix des personnes pour les niini-lères < ccl.'siasliqucs , el pour ceux qui doiv ni élre promus aux o:dres, pour leur en faire conn.iilre l'excellence el leur donner do la vénération pour les ministères ecclésiasliques, pour reiiouvcltr en eux l'esprit de la gràic reçue en l'nrdiiiation et les exCiicr à en faire les fonclioes av< c plus de zèle; m.iis principaletnenl pour apprendre aux parents , qui ont des enfants à présenler à l'E-jUse, la manière avec laquelle il luii y procéder.

De qtiiii doit-on donner avis aux parents touchant cette matière?

t" Il faut les iiisiruire de la nécessité de la ■vocation cà l'étal eccié>iaslique, leur faire voir la témérité de ceux (jui s'y ingèrent d'euxmêmes, les rhâtimeuls que Dieu en a pris,

les maux qui en arrivent non-seuicmcnl à ceux qui y sont ainsi enixapiés , mais encore à toute l'Egliso; surtout quand c'est pour la liinsure, Ir-ur représenter qu'il n'y a poiiil de si danjiereux égarement que celui qui co.iinienci> dés le preniier pas (|ii'oii l'ail, ni île si univrrselle corruption que celle qui coule de la source dans les ruisseaux; que c'esJ ui\ mensonge horrible aux yeux de Dieu de n'avoir point d.rns le cœur ce que l'on promet lie la bouche, c"esl-à-ilire de n'avoir pas \'éritatil-e dessein de se donner à lui , d'abandonner Ifs soins superflus des choses de la terre, et de mener une vie conforme à la saiuteiéet aux obligations de son état.

"■2° Il faiil les inslruire tonchaiil la fin , le niolir cl l'iulenlio!! (]iie l'on doit se proposi^r en se donnant à l'Itgiise, qui ne doit pas élre d en devenir plus riche, d'établir sa fortuuej de soulager sa famille, comme il arrive souveut, mais de rendre service à Dieu d;ius l'état ecclésiasiique; qu'il serait fort à souhaiter que les parents qui voient de bonnes inclinations en leurs enfanls, cl qui recounaissciit en eux quelque sorte de vocation par r^iptiUideel l'afficlion qu'ils pourraient avoir à la piélé , à la science el au culte divin , en fis>enl un sacrifice à Dieu;tniis qu'il laul bien se donner de garde que cela se lasse par aucun mouvi'uienl naturel , qui regarda» la chair cl le sang, mais par l'opération de la giâce, et avec une inteniion toute droite et toute pure , sans mélange d'aucun intérêt humain , comme font ceux qui d'entre leurs enfants choisissent les plus stupides. les plus ineptes , les plus contrefaits pour ilonner à l'Eglise, pour la décharge de leur f.imille, sans avoir aucun soin de les élever dans les vertus chrétiennes et les seniiuieuts de leur condition, ni de les en faire informer [>ar d'autres ; que c'est donc un abus inloléraiiio deceux qui uon-seulemen! fuit lonsurer leurs enfanls sans autre motif que celui de leur procurer des bénéfices, dont ils se servent comme de leur propre (le titulaire n'en ayant souvent que la moindre part), ne considérant pas les malheurs qu'ils attirent par là sur leur famille, el que le bien d'église, qui est sacré et le patrimoine de ,IésU3-(;hiisl , étant mêlé avec des biens profanes , les consotnme et les dévore , comu)e la bagueilo d'Aaron changée en serpent dévora celles des piètres égyptiens; mais encm-e plus de ceux qui, passant plus avant, prennent souvent pour cela leurs aînés, en attendant que quelqu'un des autres soil en âge , de sorte que non-seulement ils n'ont pas dessein de les donner à Dieu , mais qu'il s'en trouve plusieurs qui seraient inconsolables si leurs enfants, usant de leur liberté, s'y donnaient d'eux-mêmes.

La troisième chose, c'est de lenr faire connaîire qui sont ceux qui ont des empéchemcnis canoniques, comme sont ceux qui sont liés de quelque censure, ou qui sont dans quelque irrégularité; les néophytes, ou nuuvellement convertis à la foi; les pénil3nl9 publics; les énergumènes, ou possédés des démons; les fous , ceux qui tombent du uial

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