‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 309 sur 411 · ORGANISTE · texte numérisé non relu

ORGANISTE

Office de l'orgnnisle. rt «tes niusicii'iis, d'.nprès le Cérômoiiial (lesévôiiiics, liv. 1, cil. 28.

1. Tous les dimanches et toutes les fêles auxquelles le peuple s'abstient des oeuvres scrviles . il convient d'employer à l'église l'orgue et le chant ninsic.il.

2. Il faul excepter les dimanches de TAvent et du Carême; on peut cependant en faire usage à la messe seulement le troisième dimanche de l'Avtntet li^ quatrième du Carême dont l'/ntroU exprime la joie; on le peut aussi à toutes les l'êtes ((u'on célèbre avec soiennilé pendant l'Avent et le Carême, comme Saint-Matthias . S.iinl-Josepli , l'Annonciation et autres semblables: on le peut encore à la messe seulement du jeudi s.iint , à la messe et aux \épres du samedi saint, et toutes les fois qu'on célèbre solennellement pour une c;»usc importante et non lugubre.

3. Toutes les l'ois que l'évéqne doit cciébrer solennellement, ou assister à une messe solennelle un jour de grande fêle . il convient déjouer de l'orgue pendant qu'il enire dans l'Eglise et lors()u'il en part après l'olfiee.

k. A la réception d'un l,'"gat apostolique , d'un cardinal, de l'archevêque ou d'un autre évéque reçu avec honneur par celui du diocèse , on en fait autant pendant leur prière en attendant le cimmencemeut de l'ol'fice.

5. Aux matines solennelles et à laudes, les jours de gran<Jes fêtes, on peut jouer des orgues comaie a vêpres.

G. Il est de règle ((ue, soit à vêpres , soil à matines, soil à la messe, le chœur chante le premier verset des caniniues el des hymnes, el tous les versets auxquels on se met à genoux, comme Te ergo qtiœsumus, Tantitin ergo en présence du suinl saereinent , el autres semtilahles; il en est de même du Gloria Palri . el de la dernière strophe des hymnes, quand même l'orgue aurait joué ce qui précède immédiatement.

7. Anx autres parties de roffice qu'on récite en cheeur, il n'esl pas d'u-age d'emplnycr l'orgue. Si cet usage existe dans certains lieux, on peut s'y conformer, surlout quand on chaule tierce pendant que l'évêque se préparc à célébrer. Mais il faul observer, toutes les fois que l'orgue joue alternativementquelquc chose qui devrait être chanté, que cela doit être prononcé d'une voix intelligible par quelqu'un du chœur. Il serait bien de le chanter coujoinlement avec l'orgue.

8. Aux \êpres solennelles l'orgue joue onlinairemenl à la fin île chaque psaume, et .ilteriiativement à tous les versets de l'hymne et du cantique Magnificat, conformément aux règles préeédcnles.

9. A la messe solennelle, on joue alternativement au Kijric, au Gloria in cxcelsis, aa S inclus et à VAgnu'i Dei ; on joue aussi à la fin de l'Epîlre. à l'Offertoire, à l'élévation du saint sacrement (d'un son plus grave et plus doux ). au verset a|>pelé Communion; et à la fin de la messe.

10. On ne joue pas de l'orgue pendant lo Symbole ; il doit être chanté intelligiblement dans le cliœiir.

IL 11 r.iut éviter avec soin de jouer des airs lascifs, mondains, profanes, des airs de théâtre, des pièces qui n'auraient aucun rapport avec l'oificc qu'on célèbre; il no faut pas d'autres instruments de musique si ce n'esl l'orgue.

il. L'iiarmoniede? voix doit exciter à la piété; les chantres el les musiciens auront soin (le n'y mêler rien qui ressente la légèreté ou la mondanité; cela détournerait l'esprit de la coulcmplalion des choses divines ; ils chanteront d'un tonde piété, d'une voix disliiicle et intelligible.

13. A la messe i-t à l'iJfice pour les morts, on ne se sert pas de l'orgue, ni de la musique, ni du chant qu'on appelle figuré, maisdu plain-rhant, comme pendant l'Avent et le Carême, aux jours non fê es.

A ces dispositions du Ceri-monial, on peut ajouter celles de plusieurs décrets delà congrégaliondesRiles,qui rérTOUvent leschanis en langue vulgaire dans l'église ; on en tolère au n'.omeiit où le saint sacrement est remis dans le tabernacle après la bénédic-» tion, pendant laquelle il ne Inut rien chanter. [Decr. 17C2.) Tout ce qu'on chante doit êlre exlr.iit du Missel ou du Bréviaire, ou du moins de l'Ecriture sainte ou des saints Pères, d'après Alexandre \ II. ( \ oy. Gardelliiii in instrucl. CUm. § 31, n. 16 et seq. )

Ou trouve beaucoup de détails concernant le chant, la musique el les instrumenis, dans une encyclique de Benoît XIV du 19 l'.-vrier 17i9. Il cite ( n° 8 ) un décret du pape lunoceul XII, du -20 aoûl 1(;92, qui ne permet pas aux musicien.-, de rien ajouter aux parlies de l'olfice, si ce n'esl quelque strophe ou molel extrait IcvUiellement de l'office ou de la messe de la fêle du saint sacremenl ; il a permis de chanter cela d'une manière à exciter la dévotion des fidèles, au moment de l'élévation de l'hostie, el pendant qu'elleesl expo sée à la vénération du peuple.

],ll DICTIONNAIRE DES CKREMONIES ET DES RITES SACRES

Le mémo Benoît XIV (iv 9) démontre, par beaucoup de citations de conciles et autres , que les paroles qu'on chante doivent être chantées surtout de manière qu'elles soient parfaitement intelligibles. Quant aux ins- Irumenls, il n'admet, outre lorgue, que ceux qui servent à fortiûer et à soutenir la voix des chantres; il exclut les tambours, le cor de chasse, et lout ce qui est propre à la musique de thi'àlre.

Dans la chapelle du pape, on chante l'Offertoire en contre-point un peu rapidement, pour exécuter ensuite des motets analogues a l'office du jour; Stabal mater clolorosa, le dimanche des Hameaux; Fratreseijo enim , le jeudi saint; le jour de Pâques, le chœur ch.inlc lenlcmint l'Offertoire, ainsi que le très-beau motel C/(n's(«s resurgcns, composé par Félix Auerio. { Voy. Fonctions papales, par Gaelano Moroni , traduit par l'abbé Pascal. )

OIINEMENTS.

DiriICL'LTÉ SUR LES ORNEMENTS SACERDO- TAUX.

(Trailé des S!?. Mystères, de Collel.)

i. Nércssilé des ornements pour le sacrifice. — 2. Nature du péché de celui qui célèbre sans quelques-uns d'eux. — 3. Cas de nécessité. — 4. Jtidicieuse règle des bo7is théologiens. — .-). Les ornements doivent être bénits. — 6. Prières à réciter par le ministre qui s'en revêt. — 7. Quand les ornements perdent leur bénédiction. — 8. Suite de la même madère. — 9. Un habit sacré peut-il devenir profane ? un habit profane peut-il devenir sacié? — 10. Que penser des ornements timbrés d'armoiries ? Sage décision de M. de lu Paluelle. — 11. Chasuble de saint Charles armoiriée au séminaire de Saint-Firmin. — [-2. Couleur des ornements. — 13. Tout prêtre peut-il prendre ses ornements sur l'autel ? Les ornemenis que prend un prêtre pour célébrer les divins mystères sont l'amict, l'aube, la ceinture, le manipule, l'étole et la chasuble. Il n'est pas de notre plan de prouver contre les novateurs du xvr siècle que l'Eglise, en établissant des habits extraordinaires et majestueux pour le sacrifice, n'a rien fait qui ne fût digne de sa profonde sagesse. Le concert du monde entier, dès le temps et avant le temps de Constantin, la Venge suffisamment : et quelque idée que nous ayons de la prudence de Calvin et de Lulher (1), nous ne pouvons la conlrepeser dans la balance de tous les siècles, sans la trouver de moindre poids. Entrons donc dans le détail des difficultés qui peuvent arrêter sur la matière des ornements, et suivons notre uiéthode ordinaire : si elle ennuie par la répétition , du moins éclaire-t-elle par l'ordre et par la liaison des parties.

(t) En relisani cet ouvrage, j'apprends que les luljiéliens se servent, ou au moins se servaient il y a 70 ans, dans quelques-unes de leurs églises, niÈme de chasubles dans la célébration de leur prétendue liturgie. Ceux qui suivent la liturgie anglicane sont vêtus à l'autel comme les prêtres deriiglise romaine.

1. Je dis donc d'abord qu'il y a péché mortel à célébrer sans les principaux ornements dont nous venons de parler : et cela quand même on ne les Omettrait qu'à raison d'une grande nécessité. Trois raisons courtes, mais péremptoires, appuient eetlç décision : le consentement unanime des maîtres, consentement qui ne peut être que d'un trèsgrand poids ; la pratique constjinle de toutes les Eglises, sans en excepter celles que le schisme a séparées de nous; et enfin d'anciens canons qui n'ont pu nous Iransmcllrc que ce qu'ils avaient reçu, et à la substance desquels nous n'avons rien ajoulé (2).

2. J'ai dit sans les principaux ornetnents, tels que sont l'aube, la chasuble, et quoi qu'en pense Suarcz, l'étole, si sévèrcuicnl prescrite par d'anciens conciles (.'}). On n'est point d'accord sur la nature du péché dont se rendrait coupable un prêtre qui célébrerait sans manipule, ou sans ceinture. Quarli croit qu'il ne serait que véniel. Suarez , Lédesma, Sylvius (i) et plusieurs autres prétendent qu'il irait au delà. On peut faire, selon l'avis de saint Antonin (o>, une étole d'un long manipule ou un manipule d'une élole un peu courte , parce qu'il n'y a qu'une même bénédiction pour ces deux ornements. Par la même raison on peut, selon le saint docteur, se servir d'étole au lieu de ceinture. Vasquez, Layman, Azor sont du même sentiment; et Sylvius, qui le rapporte sans se déclarer contre, paraît l'approuver.

3. J'ai ajouté qu'on ne pouvait célébrer sans ces ornements , même dans le cas d'une très-grande nécessité, tel que serait celui de donner, un jour de fête, la messe à un peuple qui ne l'entendra pas , ou de procurer à un moribond la grâce du saint viatique. C'est que les lois d'entendre la messe ou de communier à la mort n'obligent que lorsqu'on peut célébrer selon les règles les plus importantes , et qu'on est estimé ne le pouvoir quand on manque d'aube, d'étole ou de chasuble. C'est par celte raison que des cas dune semblable nécessité n'autorisent point un prêtre latin à consacrer avec dn pain levé, et qu'il ne peut célébrer ni sans autel , ni dans un lieu profane, ni à une heure absolument indue, comme après souper.

Je dirai plus, c'est que, quoique de trèshabiles gens croient, avec Sylvius, que pour éviter la mort intentée par un caprice qui n'aurait point pour objet le mépris tle la religion, on peut célébrer dans ses habits ordinaires ; j'aurais, ce me semble , de la 'iciiie à m'y déterminer. 11 y aurait tant de scandale à le faire, et le scandale mis à part, il y a tant d'irrévérence, qu'il semble que la mort serait un moindre mal. C'est le jugement qu'en porte Merati; j'y souscris bien volontiers.

li. A l'égard des ornemenis de moindre

(2) Vide cap. 42, cl alibi passim, disl. 1, de Consecr. (5) Qua ergo ratione leinpore sacriticii non assuniiiorarmn)?etc. Cuncil. Bracar. m, can. 3.

(4) Suarez, disp. 82, sect. 2; Ledesma cap. 20; Vastiuei, disp. 233; Sylvius, q. 83, art. 6.

(5) S. Antonio, in p., lit. 13.

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