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irnpoilance, comme sont l'ainict, la ccinlure el le manipule, les bons Ihcologiens donnent une règle qui nous paraît cxtrômcment sage: c'est do mettre en parallèle rindéccnce cl la nécessité, et de donner la préférence à celle (les deux qui l'emportera sur l'autre. Je voudrais bien dire la messe un jour ouvrier pour faire plaisir à une pieuse famille qui sera Ircs-aflligée de ne la pas entendre; mais je n'ai point de manipule : je ne la dirai point , parce qu'il y a plus d'indécence que de nécessité. Je n'ai point de ceinture un jour de dimanche , et si je ne célèbre je ferai jeter les hauts cris à un peuple intraitable : je la célébrerai avec une ceinture non bénite ou quelque chose d'équivalent, parce qu'alors il y a plus de nécessité que d'indécence. Au reste, quand on omet par inadvertance quelques-uns des vêtements dont nous parlons, il y a plus ou moins de péché, selon le degré de la négligence, qui est le principe de l'omission. Si ce n'est qu'un oubli involontaire in sk cl in causa, il n'y en a point du tout.
S. Je dis en second lieu, qu'il y a de soi (1) péché mortel à se servir pour la messe d'ornements qui ne soient pas bénits. La pratique de l'Eglise et le consentement des docteurs en sont une preuve sufQsante. Il est vrai que (]uelques-uns le nient de laceinture, parce que, disent-ils, c'est moins un véritable iiabit qu'un lien qui tient les habits en état. Mais la plupart des autres s'élèvent contre celte restriction, cl il faut les suivre dans la pratique, tant parce que la ceinture vét à sa manière, que parce qu'elle a sa signification mystérieuse, et que d'ailleurs le Missel et le PonliDcal veulent qu'elle soit bénite.
Cette bénédiction se fait par l'évéquc ou par un prêtre à qui il en donne la commission. Les religieux peuvent aussi la faire, mais seulement pour leurs églises, ainsi que l'a décidé la congrégation des Riles (2). C'est donc sans raison que quelques l'égulicrs s'in- (jèrenl de, bénir les ornements pour le service d'autres églises que des leurs. Si les évéques en avaient connaissance, ils leur en feraient défenses sous les peines de droit. Ce sont les propres termes de l'auteur des Conférences d'Angers (3).
(i. Je dis 3' que quoiqu'il ne paraisse pas que les prières : Imponc, Domine, capiti meo galeam sululis , el autres marquées dans la rubrique pour les ministres qui se revêtent des ornements sacrés , soient de précepte rigoureux , tant parce que celle rubrique n'est que directive, que parce que les saints canons n'en disent rien , on ne peut cependant y manquer sans quelque péché de négligence ou de paresse spirituelle. Le savant Navarre a cru que ce péché allait au mortel (4) , mais il n'a pas été suivi en ce point; et même quand on se sert de ces sortes d'ornements pour vêpres ou pour le salut, il
(1) 11 fjul expliquer ce mot paf ce que je viens de dire : si on peut quelciuefois célébrer saos manipule, on le peut sans manipule béoit.
n'est marqué nullepartqu'on doive rccilerces oraisons. Néanmoins il est toujours mieux de le faire; les bons ecclésiastiques le font alors comme avant la messe.
■7. Je dis en quatrième lieu que les habits saccrdolnux perdent leur bénédiction lorsqu'ils perdent la forme sous laquelle ils l'ont reçue ; ou, ce qui revient au même, lorsqu'on ne peut plus s'en servir décemment pour les fonctions du saint ministère.
De là il suit, 1° qu'une aube cesse d'élrc béni'c si une des manches vient à être se parée du corps, soit par violence, soit par vétusté. Ce serait autrechosc si elle n'y était attachée qu'avec un lacet ; car alors il en serait d'elle comme d'un calice à vis qui se démonte sans devenir profane. Si on recousait une manche avant qu'elle fût séparée du tout, ce tout garderait toujours sa bénédiction, quand même on y mettrait une pièce vieille ou neuve, parce que l'accessoire suit la condition du principal. Mais comment le corps d'une aube qui reste entier avec l'autre manche ne bénit-il pas celle qu'on y joint? vu surtout que les murailles dune église servent bien à consacrer la voûte et le reste qu'on y ajoute? c'est, je l'avoue, ce que je ne saurais bien expliquer. Mais je puis encore moins disputer contre l'usage et le sentiment commun
Du même principe il suit encore , au moins est-ce l'opinion la plus suivie, que la ceinture perd sa bénédiction quand elle est rompue de manière qu'aucun de ses deux bouts n'est propre à ceindre le ministre do l'autel. Si l'un ou l'autre restait de longueur à pouvoir ceindre, on pourrait continuer à s'en servir; on pourrait même, pour plus grande commodité, y joindre la partie détachée. Si, lorsqu'une ceinture est près de se rompre, on la répare avec du fil ou on la fortifie d'un nœud, elle reste toujours bénite, parce qu'elle forme toujours un tout dont les parties n'ont point été séparées.
Knfin il suit encore de notre premier principe que l'étole et la chasuble perdent leur bénédiction lorsque, pour les réparer, on y met tant de nouvelles pièces que le neuf l'emporte sur le vieux. 11 n'en serait pas ainsi si on ne les raccommodait que peu à peu : les premières parties feraient sur les dernières ce que fait de l'eau bénite sur celle qu'on y ajoute en moindre quantité.
Si le même ornement était double, c'est-àdire blanc en dessus et rouge en dedans, comme le sont assez souvent ceux des évéques, on pourrait détacher l'un de l'autre, sans préjudice de la bénédiction, parce que chacun d'eux garde toute sa forme et qu'il a été bénit des deux côtés. Quand il n'y a que la doublure déchirée, ou peut n'y avoir point d'égards; mais si elle était bonne, el que le dessus fût enlevé ou en lambeaux , je ne croirais pas qu'on pût s'en servir. 11 y a dans Habert quelque chose à ce sujet que
(-2) S. R. Congregalio, die 2i Aug. an. 1609.
(3) Babin, sur le Saciilicc, p. 135.
(4) Navarre, Manual. cap. 25, n. 23.
TiniONNAIRR DES CEREMONIES ET DES RITES SACRES.
je nVnlends pas bien, l'eut-élre csl-ce ma
faille.
8. Mais que dire si li'unc élolc on f.nsait un manipule, ou «l'uu uiinipule une 6lo!e? Nous piMisDHS d'aboni que si en pliant une élole, sans y rien changer aulrcmcnl, on en liiil un manipule, il n'y a rien à craimiro pour sa béiicdiclion, parce que t-elle-ci élanl la même pour tous les ornements saceniotaux, ils ne la perJenl que ijuanil ils perdent esseiitieliemeiit leur forme : ee (lui n'arrive point dans le cas présent. 11 en serait di; même si d'un long manipule mi j oiivail lalre une élole. Mais si, en retranchant une trèsgrande partie d'une ctole. on en faisait un manipule, je n'oserais, quoi qu'en pensent Azor et quelques autres avec lui, m'en servir à cet usag'' sans le faire piéalablemenl bénir, parce ()u'il passe pour constant en ces matières que la licnédiitiou dispaïaît avec la forme. Il faudrait raisonner de la mèuic façon si pour faire une élole d'un manipule on y ajoutait plusirurs morceaux, l)énit^ ou non bénits, qui remportasscnl nolablemrnt sur la substance primiiive de ce manipule. Autrement une ceinture faite de plusieurs morceaux d'autres ceintures bénilcs, cl dont chacun en particulier ne suflirail pas (lour faire le lour du corps, n'aurait pas besoin de bénédiction : ce qui ne s'accorde ni avec le senlimi'iit des docteurs, ni avec la pratique de l'Eglise.
9. On a coutume d'examiner ici ce qu'on doil faire des ornements de l'Eglise lorsqu'ils sonl usés à ne pouvoir plus y servir. Un ancien canon (1) ordonne que tout ce qui a servi dans le ten)ple du Seigneur soit consumé par le feu, et que les cendi'es en soient jetées dans le baptistère ou autre lieu qui ne soit pas foulé aux pieds par les passants. Linges d'aulel, chaire, chandeliers, rien n'est excepté. L'usage a dérogé à celle loi quant aux ustensiles de mêlai. Le feu qui les met en fusion les change tellement, qu'ils ne sonl plus réputés les mênïes. Pour ce qui est des oriiemeiils et des linges d'église, on ne pourrait, sans une Ircs-grande indécence, s'en servir à des usages profanes.
Mais ce qui a servi à des usages protanes ne peul-il pas se convenir en ornements sacrés ? Il faut que quelques personnes s'en soicnl fait autrefois du scrupule, puisque les frères mineurs oblinrenl à cet effel un privilège de Sixte IV. C'était une grâce de surerogalion. Ln pratique, soit des fidèles, qui donnent volontiers les étoffes précieuses dont ils se sont servis pendant un temps, soil des églises qui les reçoivent avec actions de grâces , suffit pour lever les scrupules qu'on puurrait se faire là-dessus. Dieu agréa dans l'ancienne loi les braceleis, les pendants d'oreille, le hyacinthe, le pourpre, que les hommes et les femmes offrirent à l'eini pour la décoration de son tabernacle cl les habits sacrés de ses lévites (2) ; pourquoi n'agrcc-
(1) Allaris palis, callicdra, candelabnim et Tetum, si funniu vi lu.slaic consuiiipia, inceinlio deiiliir... Ciiiures quo.)ue eorum iii baplisicrium iiifer.liilur, ul>i nullus lr»nstuiu li«beii; aut m pariele, aut io fouis pavimeiitoruin
rail-il pas aujourd'hui de riihr.i éloffes dont la vanité lui fait le sacnfire? Aussi le pape Marcel consacra-t-il à Dieu un lemplf de Lucine, el Honiface W le célèbre Panihéon. Un habit n'est pas plus iin|iiirquedes lieux où un encens abominable a mille fuis fumé devant les démons.
11). C'est une question de savoir si un curé ou toute autre personne en place peut recevoir des ornements ou des calices sur lesquels le dimateur ail fait mettre ses armes. Le P. Alexandre (3) et l'auteur di-s Obligations ccclésinsliiptes le nient. Quelques autres l'ont fait avant el après eux , et il s'en esl trouvé d'un zèle plu> ardent qui ont dit sans détour que les armoiries d'un seigneur vont bien sur la housse d'un mulet el trèsmal sur la chasuble d'un prcire. Il y a en lout cela plus de feu (jne de raison. Ecoulons co qu'eu dit un homme qui fut à la fois trèspieux et Irès-cdairé. «Je conviens (ce sont ses termes que je ne ferai que transcrir,'), je conviens de trois choses, que le P. Alexandre a lort bien remarquées. La première, que ceux qui font sans éclat et en secret des libéralités aux églises par un véritable esprit d'humi:ilé, en recevront de grandes récompenses devant Dieu : cl c'esl à quoi l'Ecriture nous exhorte quand elle nnus dit de cacher notre aumône d.iiis le sein du pauvre: Conclitde elrcmnsi/nam in sinu pnupéris. Eccli. x\ix, 16. La seconde, que ceux qui par vanité b)nt mettre leurs armes sur les ornements (]u'ils oITrent à Dieu sont des imilaieurs de Caïn , el qu'on peut dire d'eux ce que saint Aniltroisc a dit de lui, et ce que le P. Alexandre leur a appliciué : Bene ohtiilenint, sed maie diviserunl ; et en ce c.is il csl vrai. Selon rorac^e [jrcmoncé par Jésns- Chrisl, <|u'ils tint reçu leur récompense : Itecepcrunl mercedein suam. Enfin je conviens qu'il y a plusieurs personnes qui font mettre leurs armes dans les églises, sur les vases sacrés, sur les orncmenis, d'une manière ridicule el indécente; el c'esl pourquoi il est juste de s'y opposer, comme je le dirai dans la suile.
« Mais, comme le même Evangile qui nous défend de f.iire le bien par ostent.itioii et par vanité, nous exhorte aussi de faire éclater notre justice devant les hommes, afin que Dieu soil glorifié et que notre exemple excite les autres à nous imiter, j'estime qu'un donateur peut avoir de très -bons motifs pour fiire mettre ses armes sur les ornements ([u'il donne à l'église, et qu'on ne peut sans témérité condamner celte aciion, puisqu'elle peut être bonne ou mauvaise, selon les différentes intentions qu'on se propose.
« On ne saurait trop blâmer le zèle outré de certains ecclésiastiques qui arrachent les armoiries des ornemenis qui ont été donnés à l'église. Car les prélats les plus sévères ont permis par leurs statuts l'usage des anciens ornements timbrés des armes des dona-
jactentur, ne iiilroeorlium pedibus iiniuinonlur. Cap ô'i, disl. de Consecr.
(2)Exod. y.\\\.
(5J ^ni. Aleian 1er, lib. ii de F.itcli tap. 7, arl 5, n. t.
1H7 Ollf
leurs, et ont seulenionl dpfondn d'on nrcpp- Icr (1c pareils à l'.ivenir. Ces ccclésiasliques n'éviltraicnt pas sans doulc la pmillioii d'un Ici cmporlcmcnt. s'ils élaient ('i)(r("|)ris pour ce sujet; comine il fui ju<;c coiilre le sieur rie Bacquêville, seigneur eu parliedela paroisse de Garge près Sainl-Denis en France, par arrêt du parlement de Paris du 20 mars 1752. Ce seigneur, ayant ôlé par violence les .Trmoirics qui étaient sur une bannii^re que M. Husl, secrétaire du roi, avait donnée à celle église, fut condiimné par corps à la restilurr en l'état où clic était lorsqu'elle avait éié donnée.
« Je connais une famille où il y a plus de deux cents ans que l'on s'est f.iil une loi d'cnlrelenir d'ornements une église parnis- Biale. Les enfants de cette mnisou, voyant les armes de leurs ancêtres sur les ornemenis et sur les chandeliers d'aigent qui sont d.ins celle église, se disent les uns aux autres : Voilà ce que notre bisaïeul, ce que noire aïeul cl ce «lue nuire père ont dimné à Dieu ; suivons leur exemple et inspirons les incuies sentinienls à nos enf.ints.
« Pour moi, comme je ne pénètre point dans le secret des co'urs, ji- crois (jue lessi'igneuis de cette famille ont l;iit meitie leurs armes sur les ornemenl> qu'ils nul tlouné'i à «elle én;li^e, conaue nue iiiar(iue de la proteslaiion intérieure qu'ils ont faite en li;s donnant, que leur famille, leur noblesse, leurs biens cl leur autorité viennent de Dieu, »
Quoiqu'on ne se lasse point d'entendre un écrivain si sage, si judicieux, nous dirons, pour abréger, ((u'apiès avoir solide i. eut répondu aux objctli'ns, il fait quelques remar(iiies (lui niérilenl de trouver | lace ici. La pr. niière, que (lev;inl Di.u il n'y a point de dilïérence entie les aruHS d'un prince et d'Iles d'Uii simple gentilliiMuuu; ; d'où il laisse à conclure qu'on ne voit pas pourquoi le Gatéi liisuie de Montpellier, eu pcrm: l ai:t les unes, a défendu les autres. La sctoodc, qu'il y a beaucoup d'armoiries indécentes qu'on aurait boule de voir sur des ornemenis sacrés, telles que sont celles d'une fenmie éclicvelécjd uiiBicclius nu, d'un pouiceau, d'unecbau\c-souris. La troisième, qu'il y a des seigneurs qui p acent leurs armes dans des lieux où l'on a horreur de les voir, par exemple, au-dessus du tabernacle et des images des .saints. «Elles doivent (i!it notre auteur) être placées d'une manière siniplc cl modeste au bas des chasubles el des autres ornements, el sous les pieds des saintes images. On ne doit point les mcUre sur li's pieds des calices par dessous, parce qu'il ne doit y avoir rien de gravé dessus qu'une croix ; au lieu de laquelle, dit 1 ertullien, on voyait autrefois l'image du bon
(U RésoliUions de vlusiciirs cas de conscience, pnr ines- Sii-f Uiiger André de la P;iliielle, elc, parc, ii, Utlrp 6.
(2) Jean-Casimir, cardiiwl Denhoff. évôquo de Céséiia dans la lloinasiie, irio'-t in 1C97.
(15) P..ramenla aliaris.colpbranlis cl miiiisliorunidebent esse coloris convi riu mis ollicio et nn^'X iliei, clr. Rubnca, pari. III, lit. 19. Ki /c yiijrli ; 1 Miii.ili in liniic lilnlnni.
— SiTvelur slriclun rubrica quoad colorciii pjranuînloruui . . Missa concordare debel cuivi oBicio qiioil qiiisi|ue re-