‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 315 sur 411 · PAI · texte numérisé non relu

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corps. — 2. Tout pain n'y est pas propre. — 3. Peut-on se servir du pain de seigle dans le cas de nécessité? — 4. Usage des Grecs différent de celui des Latins. .Suites de ce principe. ~^. Le pain qui commence à se gâter peut-il servir à l'autel? — G. Règles marquées par la rubrique sur ce point. — 7. Que faire quand on ne peut remédier au défaut de la matière? ~ 8. Suffit-il d'offrir mentalement celle qu'on lui substitue ? — 9. Est-ce assez dans es cas de recommencer à Qui pridie, etc. — 10. Que doit faire le célébrant, d'une formule viciée?— II. Faut-il consacrer de nouveaii le pain et le vin, quand on ne s'aperçoit du vice de l'hostie, qu'après avoir pris le précieux sang ? — 12. Quid, si l'on 7ie découvre le défaut de la matière , que quelque temps après la communion? — 13. Conduite à garder dans le doute ; — Ik. Et dans le cas où l'hostie disparaît naturellement ou par miracle.

1. Tout le monde convient que le pain est la matière de laijuelle le corps de l'Homme^ Dieu doit être produit sur nos autels. Ce point de notre foi est si clairement établi dans l'Ecriture (G), si constamment enseigné dans la tradition (7)|, si affermi par la pratique de toutes les Eglises du monde, qu'il n'y a pas d'apparence qu'il soit désormais combattu (8;. .

2. Mais tout pain peut-il être la matière de la consécration? C'est la première difficulté qui se présente ici.

Et d'abord il n'y a personne qui ne donne l'exclusion au pain qui se faitoude légumes, comme de pois et de fèves; ou de fruits, comme de noix et de châtaignes; ou de rncines, comme de celle qu'on nomme cassave dans l'Amérique. . . /

Il n'y a donc que ce qui croît en épis, qu'on puisse avec quelque sorte de vraisemblance prendre pour la matière de l'eucharistie : mais il faut encore en retrancher l'orge, l'avoine et tout ce qui peut se rapporter à l'un ou à l'autre. Ainsi, il n'y a guère que le froment et le seigle dont on puisse disputer

Que lo pain de froment suffise pour la consécration, c'est une vérité que personne ne conteste : mais qu'il en soit la matière nécessaire, en sorte que le pain de seigle n'y puisse suppléer, c'est de quoi on ne convient pas. Saint Thomas, dont le seul nom fait un argument, met en ce genre le seigle au niveau du froment (9). Sa raison estauele

fausse pièce, qu'on ne trouve point avant le x' siècle ; car elle n'est point dans le corps des autres ^fausses décrélales.

(1) Eulogias post missasindiebusfestisplebidistribuite. Léo IV, liom. de Cura pasl.

(2) Sirinoiid. Not. in coiic. Naiin. Conc. tom. I.Y.

(3) Baluz. Prœfat. in Reginon.

(4) L. 1, de Ecoles, discipl. c. 332

(b) Quod accipiuul, quamvis non corpns sit Cliristi, sanctum est lamen, sancliiis quam cibi quibus alimur, quoniam sacrameutum est. Aug. de Peu. mer. el remiss. 1. n, c. "26.

• (6) Accepit Jésus panem, benedixit, fregit, deditque discipulis suis, dicens :Accipile,'hoc est corpus meuin. ' Uatlh.,- Marc. ii\, etc. •

(7) In saeramenlis corporis et sanguinis Domini nlliil aniplius offeratur, quam ipse Doniinus tradidit, hoc est panis et tinumaquse inixlum. Conc. Carlbag. m, an. 397; cap. 2i. Vide concil. Florent, in decreto hlugenii; Laterau. IV, dp. Firmiier ; Trid. sess. 13, 21, 22, etc.

(8) Il l'a éli par les gnostiques, vers l'an 213, par les catapliryges, vers217,etc. KoyeiS.Epipliaiie, Uaeres. 26. S. .iugusliii, hLerps. 26 et 28. , '.

(9) Non ita est de siligine, quod frumenli genus ex verr Iritico m riialis terris scminalo hascitur.adeoque potest esse niatcria eucharislise. S. Thom. q. 74, 2, 3, ad 2.— Au rapport du ttiéologien'Sœtllcr, il y a dans cerlaiftes contrées du Nord une espèce de froment appelée en français esfrioue oaépéaulre, dont ou, fait d'excellent pain servi sur les meilleures labU's; cet auteur juge que c'esi'uue h'»-

DICTIONNAIRE DES CEUEMONlES ET DES RITES SACRES.

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premier naît du second dans les mauvaises celle illustre et sainte abbaye les pains qui (erres, et qu'ain-i ils sonll'un et l'autre de la devaient ^crvirà laulil 4^).

moiiie espèce. M. d'Arfçenlré (1) pense et pf..-ic comme le saint doileur, cl le savant ïiyurnely te range du uiêuie côté.

Nous croyons néannioins, avec plusieurs célèbres thomistes (-2), que le sentiment contraire est le seul qu'oi\ puisse suivre dans la pr;ilique. Nos moUfs sont que la matière de l'eucliarislie est du pain simplement dit ; or, celle dénomination dans l'usaf^c conimun no ir.ar(|U.! que le pain de froment. Tout pain d'un ordre inférieur s'exprime avec une adJili m qui earaclérise >oii csjièoe. C'e^l, dil-on, du .pain d'orge, du p;ii.i de seigle. Gomme donc, lorsqu'on dit >imi)''emeut que riiuilc est la matière de la confi! lualion, on enlend par là l'huile d'olives, à l'.exciu-ion de touleaulre : ainsi, quand l'Kcriture el la tradition assignent le pain pour la matière de reucliarisiie , ou ne duil entendre l'un et l'autre que du pain de froment.

il y a plus : c'est que pour lever l'équivoque, qui n'était pas bien à craindre, 1 Eglise, ((uand l'occision s'en est prc-enlée, a spéciOé le pain dont elle veut qu'on se serve pour la consécration. On le voit dans ses conciles, dans ses rubriques , dans ses catéchismes (3). Qui peut sans danger tenir ferme contre de si respectables autorités?

J'ajoute que la raison sur laquelle se fonde saint Thomas n'est rien moins que concluante, puisque bien des gens soutiennent que le froment dans les mauvais fonds dégénère en ivraie et en avoine , graines donl le saint docteur n'aurait pas voulu faire la matière de l'euchariblie. Les nouveaux naturalistes n'admettent aucune conversion d'une semence en l'aulre, et par là ils ôlenl toute probabilité à l'opinion de

3. Il suit du principe que nous venons d'élab ir qui) ne serait permis de consacrer du pain de seigle, ni pour procurer le viatique, à un malade, ni pour fain; entendre |;i messe à une paroisse, qui la [terdia un jour de fêle ou de dimanche. C'est qu'il n'est jamais permis de se seriird'uiie matière Irèsdouleiise hors 11' cas de la dernière nécesnilé, et qu'il n'y en a aucune d'entendre la messe ou de communier à l'article de la mort, quand on ne peut ni l'un i.i l'autre sans expoS''r un sacrement .lu danj^er île nullité. Dans ce cas la loi de Dieu et celle di' l'Eglise cessent égaleuieiil. Ou peut mênie dire qu'il en faut beaucoup moins pour arrêter l'ob'.!g.'ilion qu'elles imposent. Cela est évident eii France, où l'on refuse le viatique à ceux qui sont condamnés au dernier supplice (5).

Comme le pain, pour être de vrai pain , doit être pétri avec de l'eau naturelle, et cuit au feu d'une certaine manière, tout co qui se fait «ans l'un ou sans l'autre ne peut servir à l'aulel. De l'eau de la mer suffirait au défaut d'autre, de l'eau de roSc> ne ferait qu'une matière donteus!! (G). Le lait et le miel feraient une matière absolument nulle. Mais que le pain soit cuit au four, sous la cenilre ou entre des fers chauds, cela est indifférent pour la substance du sacrifice. Je dis, pour la stibslance: car pour la manière chacun doit s'en tenir à l'usage de son Eglise.

k. Les Grecs se servent de pain levé pour l'eucharistie, les Latins de pain azyme ou sans levain. Cen'esl pas ici le lieud'examiner laquelle de ces deux pratiques l'emporte sur l'autre. Si, comme nous le croyons, Jésus- Christ n'a institué l'eucharistie qu'après la

saiut Thomas. Ainsi. la bonne physique sert «cène pascale, c'est-à-dire dans un temps où

quelquefois à la théologie

Le pain fait avec du froment qui n'est pas bien pur, mais où il n'y a que peu de grains de seigle, d'orge ou autres semblables, ne laisse pas d'être propre à la consécration. Il est toujours réputé pain : comme le vin mêlé de quelques goutles d'eau est toujouis réputé vin. Cependant le respect infini qui est dû au sacrement exige qu'on n'emploie pour sa matière que ce qu il y a de plus pur et de plus bl.inc. On peut voir, dans les Coutumes deCluny, avec quel soin on préparait dans

il ét.jil défendu sous peine de mort de manger ou même d'avoir à la maison du pain levé, l'Eglise laline a l'avantage de suivre le plus ancien et le plus parfait modèle de consécration qu'on puisse imaginer. Mais, après tout, l'une et l'autre forme sulfit à l'essence du sacrifice. Nous ne faisons point de procès aux Orientaux sur leur usage, et ce n'est que depuis que le démou du schisme et de l'erreur s'est emparé d'eux qu'ils ont lâché de répandre des doutes sur le nôtre. Les calvinistes semblent s être unis

liftrc suirisanie pour l'eiicliarislie, et dit qu'on l'emploie eu rff>l piiuf cclj, surloul eu Suède et dans l'Helvélie, au vu et Ml su des évft>iues, cl uiêiiic des uoiices aposlolupu'S. Macs it ii'jppiouve pas nu'ou s'eu sirve, nuii plus que du seigle, d,iii^ les lieux où ces graius ne sont pas lépulés ilu Iruuieul, et ue foraieul pas le paiu usuel des bou- Dcs t.>bles. Edit.

(U D'A'geuiré, Explkraion des sept sacremcnls, tom. 1, p. aotijTournJy, | ag. Ô6l.

(2) Aiiclor opcris rie Re sncramenla.ia, odil. Ycuel. 1"')7, tom I, pag. 3o6, et Calecliisiii. lluui., iiifrn.

(5) l)c paui', sivi- azyuiuj, siïî- fcrineiil.ilusluciil, Grsci, iio.i c.;iaii., duuinijdo e.\ irilico cmisti l. O^ik. Fliuent. SeSv lill. (Libu. tom. Xlll.) Teiliiiiii est eueliai isllu; sauaïueiuuui, eu us luuli'iii eal pains Irilicous, el viuuiii de vile. Eujeuiui, ibid., lu Decrt^to. Sul>alurU veiba usluu-

dunt panem eiicbarisiicum ex trliico coiiGci oporlere : coiniiiUMi onlm loqueudl cuiisucliidliie, cum paiiisabsolute diiiuir, i<aiieui ex tritao inliliigi salis coiisiat. Caleclilsin. eoncil. Trid , pan. ii, de tuclmr. ii. 12. Le Ca!écliiMiie du coiuile de Treule est en grande parlie I ouvrage de plusieurs saviuil'! dominicains. Il a élé appiiiiné pnr Pie V, par Grégoire VIII, |)ar saint Cliarles, par le clergé de Fr:iiice assemliléf à Melun, clc. Yoijei l'Apparat nui est à la lêtc du livre, art. 2 el 5.

(4) Vo\jez le P. I.ougueval, tom. VIII, pag. 23ô, ou le Spialeijiuin, loin. IV.

(5) l.e nouveau lliluet de Paris le permet, quand l'esé- Cuiion ne iloil pas avuir lieu dans la même iiulinée. Hdit

(tij Si imnis m oi)nfi.-itus di- acpia rosacea vel alterius disiillaiionis, dutniuii est au conlicialur tiicrametilum. Ku< bric, purt, m, lil, 3, b. i.

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àeux(l); mais les luthériens nous ont vengés (2).

Il faut copondant observer qu'un Lalin qui chez les Latins consacrerait avec du pain livé, et un Grec qui tlicz les Grecs ccmsacrerail avec des azymes, feraient, chacun de son côlé, uni- (aule considérable : parce qu'aucun particulier n'a droit de s'écarter d'un rite iinporl.int, et moins encore (|uand cela lui est dcfi'ndu par une autorité légiliuic, cuuinie il arrive ici (3).

Si un Latin devenait n embre d'une Fglisc grecque, ou un Grec fl'uiie Eglise lalinc , Quarii prétend (pin ni l'un ni l'autre ne puurr.iieut sans dispense du pape retenir leur ancien usage, et qu'ainsi le Grec serait tenu de célébrer avec du p^iin azyme, et le Lalin avec du pain levé. Merali (i) est d'un autre avis, et il se fonde sur ru>ase où sont les Grecs domiciliés à Rouk; de célébrer à la grecque, même <lai!S les églises des Latins. ALiis ne pourrait-on pas dire qu'il y a dans ce ras, ou une dispense du supérieur, ou une coutume qui dûmenl approuvée équivaut à la dispense (5)?

Mais un préire du rite latin ne peut-il en aucun c:is célébrer avec du pain commun, quand il se trouve tout à coup dans l'impuissance d'en avoir d'autre'? Il s'agira par exemple de dire la messe, ou pour un peuple nouilireux ()ui ne l'cnlendra pas dans une grande solennité, ou pour conimunierun niulade qui s'en vaà grands pas, ou pour achever la messe que n'a pu linir un prêtre qui a prononcé les paroles de la consécration sur une fjimulc cono!iq)ue, ou sur une autre qui a disparu. On n'a que du pain levé, quid \uris ï

Nous estimons qu'on ne peut dans les deux premiers cas se servir de pain levé, comme on ne pourrait dans le n;ême cas célébrer sans calice ou sans ornement!). L'usage du pain sans levain est quel(|uc chose; de si sacrédans l'Eglise d'Occident, qu'elle ne s'en depait qu'à la dernière cxlréniité, c'est-àdire lorsque cela est nécessaire pour la perfecti'in du sacrifice; d'où il suit ({uc dans le troisième cas un prêtre pourrait et môme serait obligé de se servir de pain ordinaire, s'il n'en trouvait point d'autre.

Il résulte de tout ceci qu'un séculier du rite lalin ne peut communier qu'avec du pain azyme, et un Grec qu'avec du pain levé, ei que par conséquent l'un et l'autre ne doivent s'approcher de la sainte table que

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dans les Eglises qui suivent l'usage de leur nation, quand il y en a des dcut sortes dans le lieu où ils se trouvent.

•H. Si le pain dont on se sert pour le sacrifice commence à se gâter, et cpi'il ne II- soit pas encore jusqu'à cesser d'être du pain, la consécraiion subsiste, mais le prcirc qui se sert d'une maliére si altérée pèche mortelleiiienl, ainsi que le disent les rubriques (6). De ce principe nous conclurons, en passant, «lu'on ne pourrait cimsacrer avec du p.iin f.it d'amidon, parci; que cette paie, quoique faite de fromenl, est si altérée par la longue fi'rment.ilioii que lui cause l'e.iu dont on la trempe presque coiilinuellemenl, qu'on ne peut plus la regarder comme de vraie farine; aussi n'en a-l-ei!e plus ni le troùi, ui l'odeur, ni les autres propriétés ; et c'est pour c.'la qui! saint Thomas et la plus grande partie des théologiens la regardent comme une matière impropre au sacrifice.

(). Mais que doit faire le prêtre quand il s'aperçoii (pie 1 1 formule qu'on lui a donnée, ou quil a mise pour li consécration, est corrompue ou n'est pas de fromenl 'l

La rubrique, qui entre ici dans un assez grand détail, lève une partie des difficultés qui se présentent sur ce sujet ; mai-, elle en fait nafire d'autres qui méritent de re discutées. Elle dit doue d'abord que si le ce ébrant s'aperçoit de sa méprise avant la consécration, il doit ôier la mauvaise formule qu'il a oiïeric, lui en susbtiluer une autre, l'offrir au moins mentalement , et reprendre et poursuivre de l'endroit où il était resté (7).

l'aile dit en second lieu que s'il ne découvre son erreur qu'après la consécration, ou <]ùe lorsqu'il a déjà pris celle hostie corrompue, il doit s'en faire apporter une autre, l'offrir Comme on vient de le dire , la consacrer en commençant par les paroles : Qui pridie qiinm paleretur, et s'en cutnmunier, quoi-» qu'il ne soit plus à jeun, parce que le précepte de l'intcgrilé du sacrifice remporte sur le précepte du jeûne. Que s'il n'avait pas encore pris la formule dont il s'agit, il devrait ou la prendre après 1 1 communion du . corps ( t du s.ing, ou la donner à ((uelqu'un des assistants, ou enfin la garder quelque part avec respect.

Enfin la même rubrique ajoute que si le prêtre ne s'aperçoit du défaut de sa matière qu'après qu'il a pris le précieux sang, il doit offrir, comme il est dit ci -dessus, de nouveau pain et de nouveau vin avec de

(1) Wenddiii, Chiisiianœ Théologie lib. i, c. 2ô, thés. 13, pag. m//a.'>Ol.

(2) Frittein. Keclwumni Thcoloqia poUmica. looo 14. de sacra cœiia, toniiov. i. An placenW oibicnlares, quœ vulijti Iwsùa: i'(7 ubliiiœ tticwUiir,el i;i iucia cœna adliiOi'iilur, iiiU leruniunis? l'jg. 1006.

(3) UnusquirqHe juxla lÀxlesiœ sus, sive Oceiiteiiialis, sive Uneniiiisi'.oiisueluiliucui comeciijt. Coiicil. Florent., in Litteris wiionis.

(4) Mf rati. pari, m, lit. 3, aii numenim 3 Gnvanll.

(5) BeiiotlXlV ilèieiKi alisolimieiit aux (lêires grecs pi l;ni;l^ Ue 'célélH-er auueuieul que selon leur rite. [Comlit. i'Iii ;)u lurulii ) tiuii.

(Gi ii /)u;iis cœ|ierit corrum|ii, sed non sit corniplus, siuiiliter, si non su azyiuus secuuJu.n iiioreiu li!cclesi;e Lï-

lina;. cnnncilur snr laiiienfum ; soJ conlicicns graviter pecrai. Kuli'ic. p. m, lit. 3, n ^.

{') Si Cl leljrani aille conserralionem advprteril liostiaoi esse corruptaui, ant non essc n iiiceini, rcniola illa liObtia, ali.nn poiial, et t.icla olilatinnc sallcni inenie coiieepia, prosequalur ab eo loio ubi ile>nll Kutiric, ihid , n. i. Si iJ adverleiil posi conseciaiioncm, eiiain [losi illius tiusliae snmplioiipcii, posil.i atia fai'i.il oblaiinnem ut supra, el a coiiM'craiiiine iiiii|.iat, seilicet ab illi-i verbis : Qui pridie quant itnlcielnr, il ill.mi prioreni, si non suiniisil, 6uniat pdbl snnipU' m m oorpoiis ei singuinis, vel alii buineiiilain Iradal , Vil aut ubi révère iler l'Onservet Si aulem sumpseral, niliiloniiiiUA snniat eain quant conseeravlt, i|Uja praicepiuiii de periectinne sacraui>'nti inajoris est poiideril quam quod a jejuiiiis suniatur. Ibid., u. S,

niCTlONNAIUE IiES CLREMONIES ET DES RITES SACHES.

l'eau ; consacrer l'un cl l'autre, en commençant à Qtd pridie, s'en communier et conlinuer la messe, cl cela partie pour rendre le sacrifice complet, partie pour garder l'ordre (1) , qui veut que le corps existe avant que son sang soit répandu dans le calice. Tout cela parait juste et précis : il en naît cependant des difQcultés qu'il est- à propos d'éclaircir.

7. On demande donc en premier lieu quelle conduite doit tenir un prêtre qui ne peut remédier au défaut essentiel de sa nia-

de recevoir après l'oblation de la grande hostie de petites formules qu'on présente quelquefois pour la communion des fidèles. 9. On demande en troisième lieu si, au lieu de recommencer à ces paroles, Qui pridie, la consécration du pain ou du vin que l'on substitue à une matière viciée, il ne serait pas à propos de recommencer à la prière, Quam oblalionem, par laquelle le prêtre demande que le pain soit changé au corps, et le vin au sang de Jésus-Christ Noire-Seigneur : Ut nobis corpus et saïKjuis fiaC

lière , parce qu'il n'a point d'hostie qu'il dilectissimi Filii tui , elc puisse substituer à celle qu'on lui a pré- ' ' ""i"':— -'- -'-"sentée.

Il faut distinguer : ou ce prêtre s'aperçoit de cet accident avant la consécration du calice, ou il ne s'en aperçoit qu'après. Dans la première supposition il doit sortir de l'autel et ne pas consacrer une matière qui n'est pas capable d'être consacrée ; dans le second cas, s'il ne peut trouver de pain levé, il doit continuer la messe et omettre les

La solution de cette difficulté dépend d'une question qui fut agitée avec autant de force que de politesse entre le P. Lebrun , prêtre de l'Oratoire, et le P. Bougeant, jésuite. Le premier soutenait que les paroles de l'institution, Hoc est corpus ; hic est sitiu guis , ne sont qu'une partie de la forme de la consécration ; et qu'afin qu'elles aient leur effet, il faut y joindre la prière qui demande le changement du pain et du vin :

paroles et les signes qui répondent aux es- prière qui dans la liturgie latine se fait avant

pèccs du pain. Il faudrait suivre la même -■' -:•" > > - ■ i':..^,-.,..,-...^ ...„:..

méthode si après la consécration de l'hostie on reconnaissait qu'on a pris pour du vin ce qui n'en était pas et qu'on ne pût en avoir d'autre. Il est bien vrai que dans ces deux hypothèses le sacrifice sera imparfait ; mais il est vrai aussi que c'est un malheur que le célébrant ne peut plus empêcher, que s'il y a eu de la négligence de sa part , il doit s'en humilier devant Dieu le plus tôt qu'il lui sera possible.

8. On demande en second lieu s'il suffit d'oCfrir mentalement le pain ou le vin dont ou remplace celui qu'on u'avail offert verbalement que par erreur.

La rubrique, en prescrivant qu'on offre au moins e» esprit (oblatione saltem tnente concepta) la matière au sujet de laquelle on s'est trompé, insinue qu'il serait mieux de répéter l'oraison Sasc/pe, sancte Pater, ou YOfferimus ; le mot saltem ne peut avoir d'autre sens, et c'est à quoi on doit s'en tenir quand rien n'oblige au contraire. Cepcndunt il est clairj par le teste même que cette offrande verbale n'est pas absolument nécessaire, et Gavantus en conclut qu'on n'est tenu ni à mettre la nouvelle hostie sur la patène, ni à faire avec elle et sur elle les signes de croix prescrits dans le Missel (2). On se contente de cette dernière sorte doblation, quand on ne peut aisément revenir à l'autre, soit parce que l'on récite déjà certaines parties du canon, qu'on ne peut couper , soit parce que l'on donnerait de l'inquiétude au peuple qui se trouble lorsqu'il voit le prêtre quitter sou chemin el revenir sur ses pas. Nous examinous ailleurs s'il est permis

qu'on récite les paroles de l'institution, mais qui dans les liturgies orientales ne se dit qu'un peu de temps après. Cette question, que nous avons traitée avec étendue dans un de nos derniers ouvrages (.3) , n'entre point dans le plan de celui-ci. Nous nous contenterons donc de dire en deuxmots.qu'il faut s'en tenir à la rubrique, el que l'opinion de ceux qui regardent l'ini'ocat/on comme nécessaire à la validité de la consécration nous paraît aussi contraire au concile de Florence qu'elle est opposée au sentiment commun des théologiens [<i}. On a si fortement enlevé au P. Lebrun, Claude de Saintes et Nicolas Isamberl, qu'il n'y a pas d'apparence qu'on ose jamais nous le contester (o).

10. On demande en quatrième lieu à qui le prêtre peut donner une formule corrompue, qu'il ne prendrait pas, ainsi que le lui permet la rubrique par celle disjonctive: Sumat vel alii sumendam tradat, vel alicubi rcverentcr conservet. -

Il me semble qu'il ne la pourrait donner qu'à des enfants ou à des personnes qui fussent en état de grâce, parce que, quoique une matière subslanlielleraent gâtée ne change pas de nature en vertu des paroles de la consécration, on peut souvent douter si elle est tellement corrompue qu'elle he puisse du tout être consacrée ; el ce doule, qui, quand il est bien fondé, sulBl pour lui en substituer une autre, parce que l'on ne peut se contenter d'une matière douteuse, ne suffit pas pour la traiter comme un pain commun. Le meilleur et le plus sûr en pareil cas est de s'en tenir à la première partie

(1) Quod %\ hoc conlingat posl sutaptionem saiiguinis, appoui débet rursus novus panis el vinum cuni aqua. El facla prius oblatione ul supra, sacerdos consecrel, iiicipieudo ab illis verbis : Qvx pridie ; ac statim sumat uirumque, el prosequalur missam; ne sacrameiiluni remancat imperfcclum, cl ul debilus servetur ordo. Ibid., n. 6.

(2) Gavanius, m p., lit. 3, ii. i, lit. q.

(5) CyiKiH. Piaitecl. lournelti, loin VIII. d 77i

(i) Voyez le cardinal Bessarion, Léon AUaiius Arcudius, Ufllarmiii, Bona, Goar, Mabillon, tome II Musei Ilalici, p. 2t3, et Merati, qui les cite avec plus d'eteuduc, part, m, lit. 3, ad nuni. S.

(o) T'oyM l'Apologie des anciens docteurs de la faculté de théologie de Pans, Claude de Saintes el Nicolas Ua;nlierl, Palis, 17-iH. par le 1'. Hoignan Ctf. U

PAl

(lo In rubrique , c'est-à-dire de 'consommer soi-même les espères (louteiises, ;ipr("'s .-ivoir (•(insoiiimé colles qu'on ;i consiicrées en leur pince. C'est pourciiioi 1(> Missel di' Pnris dit sim[)lcrn('iit et s.uis ailerniilive : Illnm nulcin ;);-!0>em (hostiani corruptam) sinon snmpsiC, sumnl posi sumiUionem sanguinis. Si autcm sumpsernt, etc. (1).

11. On demande en cinquième lieu si ce que prescrit la rubrique par ces paroles , Quod si hoc conlinijal (nimirum ul detegalnr liostiœ corruplio) posl snmptionem sani/uinis, ffpponi débet i-tirsits novns p/rnis et vinitm citm 01/11(1, etc., emporte une loi étroiie dont on ne puisse s'écarler : en sorte qu'il faille absolument consacrer l'espèce même qui élait lèjîilimement consacrée.

Nous croyons d'abord avec Suarez, Gavantus (2) el la nuiltitudc des docteurs, que cette nouvelle consécration des deuK espèces n'est pas nécessaire à l'essence du sacrifice; il se trouve tout entier partout où se Irotne le sang séparé, autant qu'il le peut être, tiu corps de Jésus-Clirisl. Or, que le s.ing soit consacré devant ou après le corps, il n'est pas moins séparé de lui par le gl.iive de la [)arole. Donc une telle consécration, quoi(]ue l'ordre en soit renversé, ne nuit point à l'essence du sacrifice ; et cela est encore plus indubitable dans le sentiment de ceux qui prétendent que la substance du sacrifice ne demande, que la consécralion d'une seule espèce : sentiment qui nous paraît le plus vrai, et que nous avons suivi dans un autre ouvrage (3).

Reste donc à savoir si cette nouvelle consécration n'est pas de nécessité de préceiite, el c'est sur quoi l'on est partagé. Saint Thomas,Suarez, Gavantus, tiennent l'ariirmaiive, 1° parce que si l'on ne consacrait que le pain on renverserait l'ordre qui doit être dans la consécration des deux espèces, ordre qui demande que le corps soit consacre avant le sang, puisque le sang doit être représenté comme séparé du corps, ce qui suppose la préexistenee de ce même corps ; 2' parce que la rubrique exige formellement qu'en pareil cas on consacre une seconde fois le corps et le sang ; or la rubrique oblige en conscience.

Malgré ces raisons, des auleurs de nom et qui sont estimés en Italie , où la force des rubriques n'est pas ignorée, soutiennent nonseulement qu'il n'est pas nécessaire de recommencer la consécration du vin, mais encore qu'il est mieux de roniellre. ils le prouvent, l" parce que le droit veut qu'en fait de sacrements on se contente de suppléer à ce qui a été omis inconsidérément ('il, sans réitérer ce qui a été bien fait. Or, disent-ils, dans le cas dont il est question, le calice a été bien et diimenl consacré, et il n'y a que le pain qui ne l'ait pu être ; donc. 2 Parce qu'en consacrant une seconde fois les deux espèces, on n'achève pas le premier sacrifice, mais on en offre un nouveau, qui est

(1) Rubrica' Missalis Parisiensis, an. 1706, pap;. 28, 29.

(2) Suarez, disp. 83, sect. 1 ; Gavauuis ubi supra, n. 6, 'Ul. I.

(3) Conlimiat. TourncL, tom. IX, p. 515.

DlCTIOXNAIRE DES KiTES SACRÉS. H.

entièrement distingué du premier. Rien en effet ne lui manque de ce (|ui peut f.iire un sacrifice complet : il a sa double oblalioii. s;i double consécr.ilion, sa double communion. Donc il n'y a rien qui l'unisse avec la consécration du premier vin , et par conséquent celle-ci n'est pas complétée, mais elle demeure imparfiite. Or quelle apparence que l'Eglise veuille laisser imparfait un sacrifice qui se peut achever sans inconvénient ? 3°Parcequ'unc nouvelleconsécrationdu pain el du vin doit nalurellemciit surprendre et troubler le peuple; inconvénient toujours fâcIhux , el qu'il faut éviter autant qu'il est possible. Ainsi raisonnent plusieurs théologiens, que suittjuarli dans un ouvrage imprimé à Rome (5) el à \ enise

El les raisons de saint Thomas, sur lesquelles se sont fondés les rubriqnaiies ne l'ctonnent point. 11 répond à la première (ju'il n'est pas de l'essence du sacrifice qii.' lo corps soit consacré avant le sang; qu'à la vérité on ne pourrait sms péché mortel renverser graliiilement cet ordre établi par Jésus-Christ même, mais qu'il n'y a .incun mat à le faire, quand on ne peut .•lùtrement suppléer ce qui manque à la perfection du sacrifice; qu'après tout, ce inême ordre est renversé quand on s'aperçoil du défiut do l'hoslie avant que d'avoir pris le précieux sang; puisque en ce cas la rubriifue oblige bien à consacrer de nouveau pain, mais non pas à consacrer de nouveau vin.

Quanl à la seconde raison, il prétend que les rubriques renfermées sous le litre de Defeclibits ne sont que de pures instructions, et non pas des lois qui obligent. 11 le prouve par l'auloriîé de Suarez lui-mcinc. Enfin il remarque que dans le nouveau Missel {tit. de Defecln vini] la rubrique, après avoii- propo^éall prêtre, qui par mégarde n'a mis que de l'eau dans le calice, do consacrer de nouveau le pain el le vin, lui permet de ne consacrer que le vin, supposé qu'il célèbre devant plusieurs personnes, à qui cette double consécration pourrait donner de l'inquiélud-

Ces raisons me paraissent si solides, que jo ne puis condamner ceux qui s'y rendent. Cependant un juste respect, je ne dis pa.^ pour les ordres , mais pour les plus légères insinuations de l'Eglise, me porterait à suivre la rubrique, bien persuadé que tous les termes en ont été pesés à un poids rigoureux, .le ne m'en éloignerais donc que dans le cas où je ne pourrais la suivre, sans trop alarmer la multitude, ou sans s'arrêter trop longtemps

12. On demaïK^e en sixième lieu ce que doit l'aire le prêtre quand il ne s'aperçoit du défaut delà matière que quelque temps après la communion.

R. Ou le défaut de la matière tombe à l<i fois sur le pain et sur le vin, ou il ne tombe que sur l'un des deux. Dans ce dernier cas, le prêtre doit y suppléer, tant qu'il n'a pas

(i) In lalibiis non est alitiuid ilerandum, sed caiite supplendum qiioil incaule fuerat pra:lL'rniissum. Iniioc. III, c. 1, deScitrain. non iterandis.

[S) yuarti, pari, m, li;. 5, sect. 2, dub. 2.

quille l'autel. S"il en csl déjà sorti, \\ ne doit pas y relourner pour faire une nouvelle consécration. Ce ne si'rail plus là continuer son premier sacrifice (si les deux espèces n'y sont pas essentielles), ce serait en commencer un second ; el c'est ce qui n'est pas permis à un prêtre qui n'est plus à jeun.

Dans le premier cas, c'est-a-dire lorsqu'il y a eu de l'erreur sur le pain el sur le vin, le prélre n'est tenu, ni ne peut consacrer une vraie malièrc. Il n'y est pas tenu, parce qu'il n'y a point de sacrifice commencé que l'on soil obligé de parfaire. Il ne le peut pas, parce qu'il n'est plus à jeun, el qu'il n'y a point de nécessité qui le dispense d'y être.

Ce serait autre chose si, avant la consé-

du sacrifice, parce que, dans la sup])ositioik du doute, il n'esl pas sûr (juc la matière offerte ne soil pas valablement consacrée. Du reste, en tout ceci nous parlons d'un doute probable et légitime. Il faut compter pour rien des inquiétudes mal fondées; il en est qu'on peut déposer par le jugement de quelqu'un de ceux qui ehlcndenl la messe, par exemple, en leur faisant goûter ou une formule, flu du vin semblable à celui qu'on a consacré.

11. Si l'hostie consacrée disparaît ou par accident ou par miracle, el qu'on ne puisse la trouver, il faut eu olïrir une autre, el la consacrer, en commençaul à ces paroles : Qui pridie (2). Gavantus, dans le cas d'une

cration, il s'apercevait du double dél'autdont disparition miraculeuse, ne regarde une

nous parlons : car alors il serait obligé de seconde consécration que comme un conseil,

se procurer la matière compétente, s'il le et c'est ainsi qu'en parle saint Thomas (3).

Douvait. sans alteudre trop longtemps. S'il D'autres prétendent qu'il vaudrait mieux

ne s'aperçoil de son erreur qu'après avoir prononcé les paroles de la consécration, j'aimerais mieux le voir consacrer de nouveau, que de quitter l'autel, à moins que le trouble et la confusion qui ne sont (lue trop ordinaires dans des cas si frappants, ne le missent hors d'état de poursuivre comme il faut. Tout ceci est fondé sur le sentiment comimin des docteurs (1).

l;J. On demande enfin ce que doit faire un Immme qui doute avec fondement si la malièrc présente csl ou n'est pas propre à la consécration.

La réponse est aisée. S'il doute avant que d'avoir prononcé les paroles de la consécration, il doit ou se faire apporter une matière incontestable, ou, si cela ne se peut, en demeurer là, parce qu'on ne peut sans un énorme sacrilège exposer le sacrement et le sacrifice au danger de nullité. S'il ne commence à douter qu'après les paroles de la consécration, il doit encore, si cela est possible, consacrer, mais sous condition , une matière sûre, parce que c'est le seul moyen qu'il ait de remédier à l'inconvcnient de la nullité du sacrifice. En ce cas il pourra prendre à la fois les deux hosties, ou lune après l'autre, sans avoir égard au jeûne naturel , dont l'observation exacte ne lui est pas possible.

Il y aurait plus d'embarras si le doute tombait sur la matière du sang, et qu'on n'eût qu'un calice. Je ne verrais pour lors rien de mieux à faire que de prendre d'abord la matière douteuse, d'en consacrer une plus sûre sous condition, el de la prendre comme la première.

Si l'on nétail pas à portée de substituer une matière certaine à celle qui est douteuse, il faudrait toujours continuer l'action

s'en abstenir, non-seulement parce que Dieu dispense de la communion quand il en soustrait la malièrc, mais encore parce qu'il semble alors ne la vouloir pas. Ici comme ai Heurs je suivrais la lettre des rubriques, sauf à n'eu pas venir à une troisième consécration, si le miracle opéré sur la première formule recommençait sur la seconde. Si l'hostie se changeait en chair, ou qu'elle présentai la forme d'un enfant, comme il est quelquefois arrivé, on ne devrait pas la prendre en cet état, mais la conserver : c'est encore la doctrine do saint Thomas ('*). Ces cas sont si rares qu'il serait inutile de s'y arrêter plus longtemps. On peut lire sur celle matière les auteurs que nous citons dans les notes (o).

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