‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 360 sur 411 · V. Forme de la dispense de l'irrégulariié · texte numérisé non relu

V. Forme de la dispense de l'irrégulariié

Les prêtres, ne pouvant dispenser d'aucune irrégularité qu'en vertu d'une commission spéciale, doivent bien se garder, surtout dans tme matière si importante, de passer les bornes de leur pouvoir.

Le prêtre qui aura reçu un pouvoir spécial de dispenser de l'irrégxdarité dans le sacrement de'ipénilence, observera tout ce qui lui sera prescrit dans sa commission , tant pour la satisfaction qu'il doit imposer au pénitent que pour les autres choses.

Après lui avoir donné l'absolution des péchés en la forme ordinaire, avant que de dire: In nominc Palris, etc., il ajoutera, ayant toujours la main étendue stir le pénitent :

Et aucloritale mihi a sanclissimo domino noslro papa [ou a reverendissimo domino cpiscopo N.) Iradita, dispenso lecum super irrcgularitale (om i rregularilali bus) quam iom quas) incurrisli co quod... {on exprime ici la cause), et habilem te reddo et rcsliluo exsecutioni ordinum cl officiorum luorum. In nominc Palris f, cl Filii, et Spiritus sancli. Amen.

.S'( le pénitent n'a aucun ordre, le prêtre, au lieu de ces mots, Rcsliluo te cxseculioni, dira : Habilem le reddo ad laies ou ad omnes ordinos suscipiendos, suivant la teneur du, mandement pour dispenser {ou ad alia), selon qu'il sera porté par la commission pour dispenser.

Si le mandement porte que le pénitent sera rétabli dans le titre d'un bénéfice et qu'on lui remettra les fruits mal perçus, le prêtre ajoutera : El reslituo tibi titulum bencficii oit lilulos bcncficiorum, et condono tibi fruclns maie perceplos. In nomine Palris t> et Filii, el Spiritus sancli. Amen.

VI. Ordre qu'on doit suivre pour absoudre un horélique dans le for extérieur, el recevoir son abjuration.

Il n'est permis à aucun prêtre, même ayant pouvoir pour absoudre des cas réservés, d'absoudre de l'hérésie hors du tribunal de la pénitence sans un pouvoir spécial, ni de recevoir l'abjuration de ceux qui l'ont professée publiquement. ■

Le prêtre à qui la commission sera adressée examinera si celui qui se présente est suffisamment instruit de la doctrine catholique, apostolique et romaine, et emploiera tous Ici moyens nécessaires pour s'assurer de la sincérité de son retour.

Si lu commission porte qu'on lui suppléera les cérémonies du baptême qui ont été omises lorsqu'il l'aura reçu chez les hérétiques , le prêtre s'q conformera ; autrement il se contentera de le réconcilier en la manière suivante :

uns

S'étant revêtu d'un surplis et d'une étole violette, il se rendra à la porte du chœur où sera le nouveau converti à genoux, tenant wi cierge allume et accompagné de ceux e/ui doivent servir de témoins. Tous se mettront à genoux avec le prêtre, derrière lequel sera le nouveau converti. Le prêtre tourné vers l'autel commencera l'hymne Voni, Crealor, qu'il chantera ourécitera, et que les assistants continueront à deux chœurs : ensuite le prêtre s'étant levé dira :

t Emilie Spirilum luuni et crcabuiitur; 1^ El rei>ovabis faciem lerrœ.

Orcmus.

Dcus, qui corda fidelium sancli Spirilus illuslralione docuisli, da nobis in eodein Spililu recla sapere, cl de cjus semper consolalione gaudere. Per Chrislum Doiuinum noslruin. i^ Amen.

L'oraison finie, le prêtre se tournera vert le nouveau converti qui demeurera toujours à genoux, et s'étant assis et couvert il lui de~ mandera s'il persévère dans le dessein de faire profession de la religion catholique, apostolique et romaine, d'embrasser sa doctrine et de renoncer à tout ce qui lui est contraire. Après qu'il aura répondu, il le félicitera en peu de mots sur son heureux retour ; il lui représen~ lera la grâce que Dieu lui a faite, en le tirant de ses erreurs et des ténèbres de I hérésie, pour le mettre dans le sein de la seule et véritable Eglise hors de laque/le il n'y a point de salut; il l'exhortera à persévérer constamment jus- (/u'à la mort dans la profession de foi qu'il va faire, à éviter soigneusement tout ce qui pourrait le détourner, et à Joindre à l'intégrité de cette foi la pureté des mœurs et les bonnes œuvres, au défait desquelles cette foi serait ruine et sans mérite devant Dieu.

A cet effet le prêtre pourra faire au nouveau converti l exhortation suivante ou «ne autre à son choix.

« Ueniercicz Dieu, mon cher frère (om ma chère sœur, monsieur, on madame), de la gràee qu'il vous (ail aujourd'hui de vous appeler des lénèbres à son agréable lumière. Vous êtes obligé d'estimer d autant plus celte grâce qui', laudis que l'hérésie vous séparait de la société d'Israël, vous ne pouviez pas avoir l'espérance des biens pioiiiis; c'est-àdire qu'étant comme une brebis égarée hors de l'Eglise, qui est le bercail de Jésus-Christ, il n'}' avait point de salut à espérer pour vous. En effet, une des premières vérités que les apôlres ont apprise de la bouche de Nolre-Scigncur, qu'ils nous ont laissée par tradition cl dont tous les fidèles font profession dans le Symbole, c'est que de môme que nous n'adorons qu'un Dieu, que nous ne reconnaissons que Jésus-Christ pour noire rédempteur, et que nous n'admettons qu'un seul bapléme, nous ne devons aussi professer ((u'une seule foi, et ne reconnaître qu'une SI ule Eglise hors de laquelle il est impossible de se sauver. Celle Eglise, mon cher frère ion ma chère sœur, monsieur ou madame), est la sainte Eglise catholique , apostolique cl roiraine; Eglise fondée par les apôtres,

dont la foi pure et sainte a été préclico dans tout l'univers; qui est l'unique épouse hicnaimée de Jésus-Christ ; qui est sur la terre l'unique sociélé avec la(|uellc ce divin Sauveur a promis d'être tous les jours jusqu'à la consommation des siècles, cl cet édifice immortel contre lequel l'enfer ne prévaudra jamais; Eglise à la(|ucllc Jésus-Christ renvoie tous les fidèles pour en respecler les décisions, et qu'il leur ordonne d'honorer comme leur mère s'ils veulent avoir Dieu pour leur père; Eglise qu'il est aisé de connaître dans la succession continuelle cl non interrompue de ses évoques qui sont les successeurs des apôtres; Eglise enfin qui est seule la colonne cl l'appui de la vérité.

« C'est de celte Eglise que l'esprit d'erreur et de schisme vous avait malheureusement séparé, et c'est à elle que vous vous adressez aujourd'hui, pour lui demander de vous recevoir dans son sein cl de vous mettre au nombre de ses enfants. Ce changement de votre esprit et de votre cœur est l'ouvrage de la main du Très Haut. Bénissez donc Dieu, cl remerciez-le de la grâce inestimable qu'il vous lait en ce jour. Louez à jamais Jésus- Christ votre libérateur de vous avoir inspiré le généreux dessein de rompre enfin ces fatales chaînes qui vous lenaicnl attaché aux faux dogmes et aux pernicieuses maximes des hérétiques.

« Dites à Dieu de tout votre cœur : Je crois, Seigneur, tout ce que voire Eglise croit et enseigne; je vais publiquement professer la foi dans laquelle je proteste de vivre cl de mourir; mais comme j'ai raison d'ap- |iréhender que celle foi ne soit encore imparfaite en moi, je vous fais. Seigneur, la même prière que vous fit ce père dont il est parlé dans l'Evangile, de vouloir par le secours de votre grâce m'aider dans la faiblesse de ma foi et suppléer à ce qui lui manque. Mais f.iiles aussi, ô mon Dieu, qu'en demeurant inébranlable dans la foi, je vive de la vie de celle foi jusqu'à mon dernier soupir, en pratiquant exactement les règles qu'elle me prescrit.

« Voilà, mon cher frère (oit ma chère sœur, monsieur ou madame), les saintes dispositions où vous (levez être pour recevoir ulilenienl i'jibsolulion de l'hérésie, que nous allons vous donner. »

Le discours fini, le prêtre fera la demande suivante au nouveau converti :

D. Crojez-vous toutes les vérités que l'Eglise catholique, apostolique et romaine enseigne, qui sont contenues dans la profession de foi dont elle se sert, et dont vous allez faire (oit entendre) la lecture?

Le nouveau converti répondra :

Oui, monsieur, je les crois.

Le nouveau converti étant à genoux dira d'une voix intelligible et doucement, ou, s'il ne sait pus lire, entendra la formule suivante de profession de la foi catholique, apostolique et romaine. Si c'est le prêtre qui la lit, il avertira le nouveau converti d'y unir pendant la lecture son esprit et son cœur.

PEM

PEN

rHOWÎSION DU FOt.

n Je iV. crois de formo foi el je piofossi-, liiiit en général qu'en pnrliculicr, tous les arliclcs conlcnus au symbole de la fui, dont se sert la sainle Eglise romaine ; savoir :

.< Je crois en un seul Dieu, le l'ère loutpuissant, qui a fait le ciel et la (erre, el toutes les choses visibles el invisibles ; en un si'ul Seigneur, Jésus-Chiist, Fils uni(]ue de ])ieu, qui est né du l'ère avant tous les siècles ; Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu; qui n'a pas été fait, mais engendré, consubstanliel au Père ; par lequel toutes choses ont élé faites ; qui est descendu des fieux pour nous, hommes, el pour noire s.ilul, et a élé incarné en prenant chair de la vierge Marie par l'opération du Saint-Espril, cl a élé f.iit homme; qui a èlé aussi ciucilié pour nous sous Ponce- Pilale ; qui a souffcrl, qui a élé mis dans le sépulcre; qui est ressuscilé le troisième jour selon les Ecriluris; qui est monté au ciel; qui esl assis à la droite du Père; qui viendra de nouveau, plein de gloire, juger les vivants el les morts, et dont le règne n'aura point de fin. Je crois au Saint-Esprit qui est aussi Seigneur el qui doniie la vie; ijui procède du Père et du Fils, et qui est adoré et glorifié conjoinlemenl avec le Père el le Fils; (jni a parle par les prophètes. Je crois l'iîglise qui esl une, sainle, catholique et apostolique. Je confesse qu'il y a un baptême pour la rémission des péchés, et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Ainsi soit-il.

« Je reçois el embrasse très-fermement les traditions des apôtres et de la sainle Eglise, avec toutes les autres observances el constitutions de la même Eglise.

« Je reçois aussi la sainle Ecriture selon le sens qu'a tenu el que tient l'Eglise notre sainle mère, à laquelle il appartient déjuger du vrai sens el de l'interprétation des Ecritures saintes : cl je ne la prendrai, ni interpréterai jamais que selon le consentement unanime des Pères.

« Je confesse encore qu'il y a sept sarromenls de la loi nouvelle, vraiment et proprement ainsi appelés, institués par Notre-Scigneur Jésus-Christ, nécessaires au salut du genre humain, quoiqu'ils ne le soient pas tous à chaque homme en parliculier, savoir: le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, rexlréme-onction , l'ordre el le mariage. Je reconnais qu'ils confèrent la grâce, et qu'entre ces sacrements le baptême, la confirmation el l'ordre ne se peuvent réitérer sans sacrilège.

« Je reçois aussi el j'admets les cérémonies de l'Eglise catholique reçues et approuvées dans l'administration solennelle de tous les sacrements.

(I J'embrasse et je recois tout ce qui a été définietdéclaré par le saint concile do Trente, louchant le péché originel el la justification.

« Je reconnais aussi que dans la messe on offre à Dieu un vrai sacrifice, proprement ainsi uppelé, et propitiatoire pour les vivants et pour k'S morts; el que le corps el le sang avec l'Ame et la divinité de Notre Seigneur

Jésus-Christ sont vraiment , réellement cl suhstantiellcinent au Irô'j-saint sacrement de l'eurhaiislie; cl qu'il s'y fait un changement de toute la substance du pain an corps, et de toute la substance' du vin au sang, lequel changement l'Eglise catholiqucappelle transsubstanliation.

« Je confesse aussi que sous une seule des deux espèces on reçoit Jésus-Christ tout entier, el qu'en le recevant ainsi on reçoit un vrai sacrement.

« Je liens fermement qu'il y a un purgatoire, et que les âmes qui y sont détenues sont soulagées par le suffrage des fidèles.

n Je tiens aussi que les saints qui règnenl avec Jésus-Christ sont à honorer et invoquer; qu'ils offrent à Dieu leurs prières pour nous el qu'on doit honorer leurs reliques.

« Je liens fermement que les images de Jésus Christ et de la mère de Dieu tciujnurs vierge, et des autres saints, sont à avoir et à retenir, et qu'il faut leur rendre l'honneur et la révérence qui leur esl due.

« Je confesse que Jésus-Christ a laissé dans son Eglise le pouvoir de donner des iii- (Inlgenees, et que l'usage en est très-salutaire au peuple chrétien.

« Je reconnais que l'Eglise romaine est sainle, catholique et apostolique, et qu'elle est mère et m.iitresse de toutes les églises.

« Elje])romeis et jure une vraie obéissance ou |)ape, successeur de saint Pierre, prince des apôlres et vicaire île Jésus-Chrisl.

« Je reçois aussi sans aucun doute et professe toutes les autres choses qui nous ont élé données, définies et déclarées par les sacrés canons et par les conciles œcuméniques, el principalement par le saint concile de Trente ; el en même lenips je condamne aussi, je rejette et j'anathématise tout ce qui leur est contraire, et toutes les hérésies que l'Eglise a condamnées, rejetées el analhémalisées. »

Ln profession de foi ayant été lue, leprc'lre préseniera le livre des saints Evangiles au voHve'iu converti, lequel mettant la main droite dessits dira :

<t Je N. promets, voue et jure sur ces saints Evangiles de Dieu de garder, confesser Irèsconslaminent jusqu'au dernier soupir de ma vie, avec l'aide de Dieu, celle foi catholique, pure et eniière, hors de laquelle personne ne peut être sauvé, el dont présentement je fais profession sans aucune contrainte ; et tant qu'il me sera possible je la ferai garder, enseigner, prêcher par ceux sur qui j'ai autorité et dont le soin m'aura élé commis. »

Après cela le prêtre se tournera vers l'autel; et s'étunt misa genoux avec tous les assistants, il récitera alternativement avec eux le.psaume 50, Miserere mei, Deus, secundum magnam, etc. Voy. Abbé.

Lequel psaume étant fini, le prêtre dira :

t Kyrie, eleison ; ^ Chrisle, eleison. Kvrie, eleison.

Pater nosler, etc.

^ Et ne nos inducas in teutationem; q Sed libéra nos a malo.

y Salvum fac servuni tuum (ou ancillam tuam), i^ Deus meus, sperantem in le

WCTIONNAIRr: DES CmKMONIES ET DES RITES SACRES.

t Nihil proficiat inimicus in co {ou iii en ; ni Kt lilius iniquitalis non apponat iiocereei.

Y Mille ci, Domine, auxiliuni de sanclo ; nj Ll de Slon lucre cum (ou cam) ;

t Domine, exaudi oralionem meani; i^ Et clamor meus ad te vcniat.

y Dominus vobiscum; lîlEtcum spirilu lue.

Alors le prêtre se lèvera et dira :

Orcinus.

Deus, cui proprium est misercri scmpcr et parcere, suscipe dcprccalioneni nostrani; ul hune faniulum tuum quem (ou hnnc famulam tuani quam) harcsis et cxcomniunicalionis calena conslringit, miscralio luac pielalis clementer absolvat. Per Chrislum Dominum noslrum. i^ Amen.

S'éiant ensuite tourné vers le nouveau converti, et assis, toujours néanmoins découvert, il l'avertira que Vabsolulion qu'il va lui donner ne lui remettra pas ses pèches, mais le déliera seulement de l'excommunication qu'il avait encourue par l'hérésie ou par le schisme qui te séparait de l'Eglise. Puis il dira :

Miserealur lui omnipotens Deus, etc.

Indulgentiam, absolulionem f et remissionem, etc.

Dominus nostcr Jésus Christus te absolvat (j7 se couvrira, et tenant la main droite étendue sur le nouveau converti, il ajoutera;. Et ego auclorilale ipsias et beatorum aposlolorum Pétri et Pauli, ac Ecclesia; suœ sanctœ, mihi a rcverendissinio episcopo N. conimissa, absolvo te a vinculo cxcommunicationis qua propter hseresim ligatus {ou ligala) eras. la nomini Palris f, et Filii, et Spirilus sancti. Amen.

Reduco te in gremiuni sanclœ malris Kcclesise, et ad consortium et communioncm tolius chrislianitatis , a quibus fueras per excommunicalionem et haîresim eiiminatus (ou eliminala), et resliluo te participalioni ecciesiaslicorum sacramentorum. Innomiiic Patrisf, et Filii, et Spiritus sancti. Amen.

S'il y a plusieurs nouveaux convertis qui (ont ensemble leur abjuration, cette formule d'absolution sera prononcée au pluriel.

Le prêtre dira un mot au nouveau fidèle, pour l'animer à la persévérance , lui parlant à peu près en la manière qui suit.

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