‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 361 sur 411 · EXHORTATION · texte numérisé non relu

EXHORTATION

« C'est maintenant, mon cher frère {ou ma chère sœur, monsieur ou madame , qu'on peut vous dire ce que l'apôlre saint Paul écrivait aux nouveaux fidèles d'Ephèse : Vous n'êtes plus étranger, mais vous êtes citoyen de l'Eglise, et vous avez part aux grâces et aux privilèges des saints et des domestiques de Dieu. Jésus-Christ , le bon pasteur, en vous éclairant des lumières de la foi, vous a conduit dans la bergerie , afin, comme il l'a promis, que rous y trouviez la vie de voire âme, et i\\ie vous l'y trouviez abondamment; de sorte que dans les sentiments de la parfaite reconnaissance qu'une grâce si singulière doit vous inspirer, vous avez lieu de dire avec le roi-prophèle : Le Seiijneur est mon pasteur, il m'a établi dans Us divins pâturages de son Eglise. Rien ne

pourra me manquer; il a ftit revivre mon âme, il m'a conduit dans le sentier de la justice , j'espère que sa miséricorde, qui m'a prévenu, in assistera dans les jours de ma vie, afin que j'habite éternellement dans la maison du Seigneur. Vous y arriverez infailliblement dans celte maison célesle, mon cher frère [ou ma chère sœur, monsieur ou madame), si, vous regardant comme une brebis sous la conduite de Jésus-Christ, vous écoulez avec docililé la voix de vos pasleurs qui vous parlent en son nom, et si vous persévérez constamment jusqu'à la mort dans la profession de loi que vous venez de faire, dans une observation exacte des commandements de Dieu et de ceux de l'Eglise, et dans la pratique de la charilé et de toutes les vertus chrétiennes.

« Mais comme cette persévérance est an grand don de Dieu, qui ne l'accorde qu'à ceux qui la lui demandent par une humble prière, ne laissez passer aucun jour de votre vie sans le conjurer de vous accorder cette, grâce. Nous allons la lui demander pour vous, en même temps que nous le remercierons de celle qu'il vient de vous faire. »

Après ce discours le prêtre se lèvera, et s' étant tourné vers l'autel, il entonnera le Te Dcum laudamus, ou il le récitera seulement avec ceux qui l'accompagnent.

Le Te Deum fini, le prêtre dira :

y Bénissons le Père et y Benedicamus Pale Fils avec le Saint- Irem, et Filium cum

Esprit, iii Louons- le et exaltons- le dans tous les siècles.

y.Scigneur, exaucez ma prière. i\ Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

y Le Seigneur soit avec vous; fi) et avec voire esprit.

Prions.

0 Dieu, donl la miséricorde n'a point de bornes, eldont la bonlé est un trésor infini, nous rendons grâces à voire majesté bionl'iiisanle pour les dons qu'elle nous a faits, implorant toujours votre clémcnie, afin ([ue nous accordant ce que nous demandons, vous ne nous abandonniez pas et nous disposiez aux récompenses à venir.

Par Jésus-Christ Notre-Scigneur. i^ Ainsi soit-il.

On ne doit pas abandonner le nouveau fidèle après son abjuration ; mais il faut le disposer soiijueusement à la participation des sacrements, principalement de celui de pénitence, et le lui administrer sitôt qu'il y paraîtra suffisamment préparé, afin de te réconcilier avec Dieu le plus tôt qu'il sera possible.

sanclo Spiritu ; i^ Laudemus et superexallenius eum in saicuia.

y Domine, exaudi orationem meam ; 1^ El clamor meus ad te veniat.

y Dominus vobiscum : i^ Et cuin spiritu tuo.

Orcimis.

Deus,mjusmiscricordiœ non est numerus,elbonitatis infiiiilusestthesaurus, piissimje majeslali tuîE pro collatis donis gratias agiinus, luaiu semper demenliam exoranlcs, ul qui pelentibus poslulala concediSjCosdem non deserens ad |iiœ.inia fulura disponas. Per Chrislum Dominum nostrum. i^ Amen.

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Quant au sacrement de la sainte eucharistie , comme il demande des dispositions encore plus saintes, on ne doit le donner aux nouveaux convertis qu'après le temps d'épreuve nécessaire pour s'assurer du désir qu'ils ont de le recevoir, et de leurs dispositions,lorsqu'ils ont témoigné le désirer et qu'ils l'ont demandé avec instance.

TITHE TROISIÈME.

(Résume a uu grand nombre de Rituels, par Beuvelel.)

§ I. Des défauts odi peuvent rendhe one confession ndlie,

TANT DE LA PABT DO CONFESSEUB QUE DO CÔTÉ DES PÉNI- TENTS.

Quelle est la première et la principale partie ou condition requise en un confesseur?

C'est la science , parce qu'étant juge et médecin tout ensemble, il ne peut s'acquillcr comme il faut de l'un ni de l'autre de ces deux ofGces s'il n'a la capacité suffisante.

A quoi se réduit toute la doctrine et la science précisément et absolument nécessaire à un confesseur pour s'acquitter comme il faut de ce ministère ?

Elle se rapporte toute à connaître quels sont les défauts essentiels qui peuvent rendre une confession nulle et invalide ou illicite.

Quels sont les défauts essentiels qui peuvent rendre une confession nulle?

11 n'y en peut avoir que deux sortes : les uns qui regardent le pénitent, les autres qui regardent le confesseur; car comme le sacreniciil de pénitence consiste essentiellement dans les actes du pénitent et du confesseur, il faut que tous les manquements qui s'y rencontrent viennent nécessairement de la part de l'un ou de l'autre.

I. Desdéfauls essentiels de la paridu [lénitenl, qui peuvent rendre une confession invalide.

Quels sont les actes que vous appelez rfu pénitent en ce sacrement ?

Il y en a trois : la contrition, la confession et la satisfaction, qui tiennent lieu comme de matière en ce sacrement, ainsi que les conciles de Florence et de Trente l'ont déclaré (In Décret. Eugen. sess.ik-).

Tous ces trois actes sont - ils toujours nécessaires absolument au sacrement de pénitence pour le rendre valide?

Non, il n'y a que les deux premiers, faute desquels la confession est rendue nulle et sans effet ; savoir la contrition et la confession , parce que ce sont les deux parties essentielles du sacrement de pénitence, la satisfaction n'étant qu'une partie intégrante, comme parlent les théologiens , ce qui se voit, 1° en ce que la satisfaction est postérieure au sacrement, et en ce qu'à l'article de la mort on peut validement absoudre un pénitent sans lui enjoindre aucune satisfaction.

Quels sont les défauts essentiels qui se peuvent commettreàl'égard delà contrition? Il y en a six opposés aux conditions nécessaires pour faire un acte de contrition véritable.

Quelles sont ces conditions?

1° Que ce soit un acte de douleur; 2" inté-

DlCTIONNAIRE DES RlT£S SACRÉS. II.

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rieur; 3° surnaturel ; V° général ; ^" excité en nous par un motif surnaturel, c'est-à-dire que la foi nous enseigne, et enfin efficace , produit avant l'absolution du prêire.

Pourquoi dites-vous un acte de douleur ?

Parce que le déplaisir que l'on conçoit d'avoir offensé Dieu doit être actuel, et nonseulement habituel, en sorte que pour celui qui n'aurait produit aucun acte de douleur avant l'absolution, le sacrement serait nul. Et la raison c'est qu'un contr.iire n'est jamais cha.'^séque par son contraire, et ainsi comme le péché est entré chez nous par un acte de complaisance, il en doit être chassé par une tristesse et une douleur actuelle.

Pourquoi intérieure?

Parce (ju'il ne suffit pas que cette douleur soit extérieure, sensible et seulement dans l'appéiit inférieur, mar(iuée même au dehors par des sanglots et des larmes; mais elle doit être au fond du cœur et dans la volonté, laquelle ayant été le siège du péché, doit être aussi le siège de la douleur qui l'en doit chasser. Convertimini ad ;? e in toto corde vestro (scindite corda vestra). Et le concile de Trente définit la contrition, dolor animi.

Pourquoi dites-vous surnaturelle?

C'est-à-dire qu'elle soit excitée en nous par un principe surnaturel et par un mouvement du Suint-Esprit, parce que la contrition , éiant la disposition dernière à la grâce de la justification, doit être de inême ordre (jue la forme qui la suit immédiatement, c'est-à-dire surnaturelle; car entre les dispositions et la forme, entre les moyens et la fin, entre la cause et l'elTel, il doit y avoir de la proportion. En sorte que si cette tristesse intérieure était seulement naturelle, c'est-à-dire produite par les forces de la nature ou par la raison, elle serait inutile ;iU sacrement. ^'oilà pourquoi le concile de Trente dit que celte douleur est un don de Dieu et un mouvement du Sainl-Espril.

Pourquoi dites -vous générale ?

Parce que celle douleur doit s'étendre a tous les péchés, au moins mortels, que l'on a commis, pour les détester; en sorle que, qui réserveraiU'afl'eclion et la complaisance à un seul ne ferait rien du tout. Et la raison, c'est que Dieu ne fait jamais miséricorde à demi, et ce serait une impiété extrême de lui demander pardon d'une partie seulement de nos péchés; autrcmeiil il s'ensuivrait qu'un homme serait jusle et pécheur tout ensemble, ami et ennemi de Dieu en même temps, enfant de Dieu et esclave du démon, héritier du paradis et de l'enfer : ce qui est absurde.

Pourquoi dites-vous par un motif surnaturel?

Parce qu'il faut que la contrition, qui regarde Dieu comme auteur de la grâce, ait un objet cl un motif non pas naturel et humain, mais surnaturel et révélé par la foi. Or, la foi nous en propose de deux sortes: les uns ont Dieu purement pour objet, en tant qu'il est aimable par-dessus toutes choses, saus aucun mélange impur dintcrêl

humain, sans aucun esprit servile pour la crainte d'un enfer, ou mercenaire pour Vesoérancc J'un paradis. Les autres ont certaines considérations d'intérêt mêlées avec la ticnsée de Dieu, et regardent plus les dons de Dieu que Dieu même, plus le paradis de Dieu que le Dieu du paradis : ceux-ci forment la douleur imparfaite que nous appelons allrilion (laquelle néanmoins, par la vertu du sacrement de la confession, reçoit son mérile et emporte la justification du pécheur); et les premiers motifs font la contrition parfaite ; mais ils sont tous deux surnaturels.

' En quoi la contrition parfaite diffère-t-elle de l'imparfaite?

■ 1° Par le motif: caria contrition est une douleur conçue pour le pur amour de Dieu, parce que lé péché lui déplaît, et conséquemmenl elle est fondée sur la charité : au lieu que l'attrition est une douleur conçue seulement ou parce que le péché nous prive du bonheur éternel, ou parce qu'il nous engage aux peines de l'enfor, et qu'ainsi elle n'est fondée que sur respérance; 2' elles diffèrent à raison de leurs effets; car la contrition a de soi la force de justifier le pécheur avant même qu'il reçoive actuellement le sacrement de pénitence (quoique non sans le désir de le recevoir) ; mais l'atlrilion dispose seulement à recevoir la grâce de la justification dans la réception actuelle de ce sacrement.

Du reste elles conviennent en toutes les autres conditions expliquées.

Sur quoi est fondée cette diversité de motifs surnaturels, parfait et imparfait, que /'on peut avoir de pleurer ses péchés ?

Sur les deux manières dont nous pouvons aimer une personne : car comme on peut aimer quelqu'un d'un amour d'amitié ou par amour de concupiscence, ainsi pouvonsnous aimer Dieu en ces deux façons : nous l'aimons d'un amour d'amilié quand nous l'aimons par préférence à toute autre chose, parce qu'il est infiniment bon, aimable en «oi-méme; nous l'aimons d'un amour de concupiscence quand nous l'aimons en tant qu'il est bon seulement, non pas précisément en soi, mais envers nous-mêmes, et qu'il nous communique ses biens de grâce et de gloire. Le premier amour est très-parfait, parce qu'il regarde la charité, qui est la reine de toutes les vertus ; le second est dit imparfait, parce qu'il ne regarde que l'espérance, qui est une vertu bien inférieure à Ja charité. Voilà pourquoi le premier forme la contrition parfaite, quand on ne regarde que les seuls intérêts d'un Dieu maltraité et déshonoré par la créature; le second forme la contrition imparfaite, c'est-à-dire l'atlrilion, en ce qu'il ne regarde que la perte du paradis ou les peines de l'enfer.

Pourquoi dites-vous que cette douleur doit être efficace?

G'<"sl le concile de Trente qui nous l'enseigne, quand il dit que cette douleur doit être jointe avec un ferme propos d'éviter toutes sortes de péchés et les occasions pro-

chaines qui nous y portent, de nous confesser, de satisfaire à Dieu ei au prochain, el enfin de garder à l'avenir tous les commandements de Dieu.

Comment peut-on former ce ferme propos?

Eu deux laçons : formellement ou virtuellement; le bon propos que j'appelle formel , autrement explicite et actuel, est celui que le pénitent forme en l'intérieur di- son âme, lorsqu'après avoir conçu le déplaisir raisonnable de ses fautes, il s'engaE:e effectivement envers Dieu à n'y plus retourner, et cela en termes conçus au moment même de la confession, mais dont l'effet doit suivre en son temps. Le bon propos virtuel et implicite est lorsque, sans faire mention expresse de la [)romesse susdite, nous produisons d'autres actes, conmie seraient la douleur et la détestalion des offenses, sous l'impression desquels ce bon propos soit renfermé.

Est-il nécessaire que ce propos soit actuel?

Oui, s'il vous vient en !a mémoire pour l'heure, sinon il suffit qu'il soit virtuel et en préparation d'esprit ; ainsi l'assurent Navarre en sa Somme, chap, 1, n. 15, et autres graves auteurs.

Quels sot}t les défauts essentiels qui se peuvent commettre à l'égard de la confession?

Ils se peuvent rapporter à deux, savoir au défaut d'intégrité ou au défaut d'examen de conscience; car toutes les autres conditions qu'apportent d'ordinaire les docteurs sont seulement accidentelles.

Qu'entendez-vous par l'intégrité de la confession ?

Le concile de Trente, section 14^, chap. lo, nous apprend que l'intégrité de la confession, qui est commandée et de droit divin positif, consiste en trois choses : 1° à déclarer tous les péchés mortels quanta l'espèce; 2° à en exprimer le nombre autant qu'on s'en peut souvenir; 3°à y ajouter les circonstances qui changent l'espèce.

Comment peut-on considérer l'intégrité de la confession?

Les théologiens en distinguent de deux sortes, l'une qu'ils appellent matérielle, et l'autre formelle : la première consiste dans les trois actes ci -dessus; la seconde est quand une personne, ayant fait ce qu'elle a pu pour rendre sa confession entière quant à l'espèce, quant au nombre et quant aux circonstances , comme il vient d'être dit, oublie néanmoins , sans qu'il y ait de sa faute, de s'accuser d'un ou de plusieurs péchés mortels.

Quelle différence y a-t-il entre ces deux intégrités ?

C'est que la première n'est seulement que de droit divin positif, qui ne nous oblige pas à l'impossible, mais la seconde est de nécessité de sacrement, d'autant qu'elle exige de nous ce que nous pouvons.

Est-il nécessaire que toutes les confessions soient eti lierez entantes ces deux manières?

Non, parce qu'il y a certains cas dans lesquels il n'est pas nécessaire que l'iulégrilé matérielle se rencontre, d'autant qu'il y a

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