‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 364 sur 411 · II. De la bonté du confesseur · texte numérisé non relu

II. De la bonté du confesseur

Qu'entendez-vous par la bonté du confesseur ?

J'entends un assemblage de toutes les vertus qui lui sont nécessaires, et dont beaucoup d'auteurs traitetit fort au long, mais principalement la pureté de conscience, qu'il doit avoir eu un degré éminent pour ne pas se souiller lui-même en pensant effacer les souillures des autres, el ne pas se condamner en les jugeant.

Quelles sont les vertusen général nécessaires à un confesseur ?

1° L'estime de son ministère et du salut des âmes pour s'y affectionner; 2° la pureté d'intention , pour n'avoir aucun égard à l'intérêt on au profit particulier, ni aucun respect humain, comme à laqualité, au sexe ou à la condition des personnes qui se présentent ; mais ne rechercher en cela que la gloire de Dieu et le salut du pénitent; 3° la charité, pour supporter avec patience les défauts des pénilents, les estimant toujours meilleurs que soi ; pour persévérer dans un exercice si pénible, nonobstant les ennuis et les dégoûts qui s'y trouvent ; pour ne point condamner les opinions, la conduite et les pratiques des autres confesseurs ; pour reprendre avec un esprit de douceur et de compassion les pécheurs pénitents ; ^° la chasielé, pour pou voir résister à toutes les tentations qui arrivent, soit dedans, soit hors le tribunal ; à quoi se rapporte la sobriété , parce que le sceau de la confession court grand risque dans la bouche d'un ivrogne.

lil l>.i Is prudence du confesseur.

En quoi doit paraître la prudence du confesseur f

Kn quatre choses principales, dont la première regarde les irtterrogations qu'il faut faire avantetaprès la confession ; la seconde quand il faut accorder, différer ou refuser

l'absolution; la troisième , la manière d'enjoindre les pénitences ou satisfactions; el la quatrième , la manière différente de traiter avec les pénitents qui seprésentent, conformément aux dispositions qui se rencunireul en eux.

1° De la prudence du roiifenscur dans les iiiterrogatioiu qu'il diAl (aire.

Quelles interrogations faut-il faire avant la confession?

Il y en a six ou sept

La première est de demander au pénitent s'il est de la paroisse, parce que pour absoudre il faut avoir la juridiction. La seconde , lie quelle condition, s'il est juge, marchand, laboureur, artisan, marié ou non, ecclésiastique, bénéficier , etc. , pour reconnaître s'il s'accuse des péchés de su condition, en quoi la plupart manquent pour l'ordinaire. La troisième , depuis quel temps il a été à confesse, pour mieux reconnaître la force el la violence de ses habitudes, et lu lieu où il s'est confessé; s'il n'a rien oublié el s'il est bien satisfait de cette dernière confession el des autres précédentes. La quatrième, s'il a accompli la pénitence enjointe ou satisfait aux restitutions du bien on de l'honneur du prochain, au casqu'il y fût obligé. La cinquième, s'il a eu querelle ou haine contre son prochain, s'il s'est réconcilié. La sixième, s'il est bien préparé pour faire cette confession, c'est-à-dire 1° s'il a fait el bien fait son examen, parce que la plupart ignorent la manière de le bien faire, et souvent par la faute des confesseurs ; 2 s'il s'est escilé à la douleur cl repentancc de ses péch;''s, lui en faisant concevoir l'iniportance. La septième, s'il sait les choses nécessaires à salut; au cas qu'il ne les sût pas, les lui apprendre sur-lechamp, si le temps le permet, ou lui donner heure et jour pour l'en instruire, oul'adresser à quelqu'un pour cet effet, lui faisant voir qu'il n'est pas capable d'absolution , jusqu'à ce qu'il les sache. Enfin il est quelquefois nécessaire de s'informer quel âge il a, pour conn;iîlrc s'il est capable de censures el de péchés réservés, s'il est obligé au jeûne ou non, s'il n'est point tombé dans certains péchés qui se commettent d'ordinaire à certain âge.

Mais si l'on trouvait des personnes si grossières qu'on ne puisse aljsolument leur faire apprendre ce (ju elles doivent savoir?

Il faudrait se contenter de leur faire produire un acte de foi sur tes principaux mystères, c'esl-à-dire de la Trinité, de l'Incarnation et de l'Eucharistie.

Suffit-il qu'un pénitent sache ces trois mystères principaux ?

Oui, cela est nécessaire, de nécessité de moyen ; mais de nécessité de précepte il est encore obligé de savoir le Symbole, le Pater, le Décalogue. Voilà pourquoi il faut lui demander s'il les sait; cl, s'il se trouve qu'il les ignore, l'obliger de les apprendre au plus tôi, lui enjoignant d'assister quelques jouis au catéchisme par pénitence.

Kst-il nécessaire défaire toutes ces demundts à touf lei pénitentf qui te préientent f

l'iuo

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