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l'EN
Non, mais seulement à ceux que l'on ne connaît point du tout, que l'on n'a point encore confessés, et qui paraissent ne pas connaître sufflsamment la matière de ces inlerrogations.
Quelles interrogations faut-il faire après la confession?
Quand le pénitent s'accuse de lui-même , et qu'il a dit tout ce qu'il avait en la mémoire, il faut l'interroger, 1° sur quelque péché contre les commandements de Dieu, qu'on doute probablement qu'il aur;iit commis , sans songer à s'en accuser; 2° sur quelque péché de sa condition , qu'il pourrait aussi avoir commis et dont il ne se serait pas confessé ; 3° il faut (si l'on doute probablrment qu'il ail encore quelque péché qu'il ne découvre point par honte, crainte, oubli ou malice) lui demander s'il n'a plus rier. à dire, et lui présenlcr adroitement et en peu de mois , l'importance de l'intégrité de la confession , lui ouvrant tout d'a'bord son cœur, aGn d'exciter sa confiance.
Est - il toujours nécessaire d'interroger toute sorte de pénitent ?
Oui, généralement parlant, parce qu'il y en a Irès-pcu qui n'en aient besoin, et souvent même les personnes qui sembleraient devoir être exemples de ces interrogations sont celles qui en ont plus grand bes(jin , comme sont ces gens du monde qui d'ordinaire ont de l'esprit pour toutes sortes d'affaires, excepté pour celle de leur salut; et bien que l'opinion de quelques docteurs et la pratique de certains confesseurs soient contraires, néanmoins si nous voulons considérer que les confesseurs ne sont pas seulement juges , mais encore médecins , nous concluons que parla charité au moins ils doivent aider les pauvres malades à découvrir leurs maladies spirituelles, incomparablement plus dangereuses que celles du corps.
Mais si dans un jour de presse et de grande foule, on troiivait (tes pénitents fort grossiers, qui eussent besoin de plusieurs interrogations, qui demandassent un long temps, et portassent préjudice aux autres , lesquels pourraient cependant s' impatienter, que faudrait-il faire?
Il faudrait lâcher de leur faire trouver bon de remettre leur confession à un autre jour plus commode , leur en faisant goikter l'importance et la nécessité, avec le plus de cordialité qu'il sera possible.
Que faut-il observer pour bien faire ces interrogations ?
Il faut pour cela éviter ces deux extrémités de trop ou trop peu demander; et 1° s'abstenir de toute demande curieuse, imperiinente , inutile et superflue, omettant les péchés qu'on a sujet de croire que le pénitent n'a point commis, et commençant par les moins honteux et difficiles à confesser, surtout quand il s'agit des péchés contre le sixième commandement , ne touchiint point d'abord le mal, mais y venant de loin, pas à pas, par plusieurs demandes, en sorte que l'on mette, s'il se peut, le pénitent en tel itat que de soi-même il se trouve engagé à
déclarer le péché qu'auparavant il n'osait dire. Mais il ne faut pourtant pas être Iroj) réserve à demander ce que l'on voit bien que le. pénitent pourrait avoir raisonnablement oublié, eu égard à sa qualité, à ses incliuations et au temps qu'il a laissé passer sans aller à confesse, prenant en cela le loisir nécessaire, sans y mettre trop d'empressement.
2° 11 faut se servir, dans les interrogations, de certains termes qui ne puissent pas choquer le pénitent et d'un ton de voix qui nous fasse entrer plus facilemont dans son cœur et d'où il prenne occasion d'avoir en nous plus do conliaiice.
Ne faut-il pas faire tnissi d'interrogations pendant la confession du pénitent?
Non, quand il s'accuse de soi-même, d'autant que cela le trouble et lui fait perdre la mémoire de ce qu'il avait à dire; mais il faut attendre qu'il ail tout dit pour suppléer par les demandes à ce qu'il aurait pu oublier. Mais jamais il ne laul l'arrêler ni l'interrompre, sinon en trois ou quatre reiiconlres.
Qufls sont ces cas auxquels on peut interrompre le pénitent, et l'interroger pendant qu'il s'accuse ?
1" Quand il parle obscurément; 2° quand il ne dit pas l'espèce ou le nombre de ses péchés : 3" s'il n'explique point assez les circonstances qui changent l'espèce, ou qui aggravent notablement le péché; 4° quand il est nécessaire de laverlir de quelque salisfaction, restitution ou réconciliation à faire, ou de (juelque occasion prochaine à retrancher, si on craint qu'à la fin on ne s'en souvienne pas.
Si le pénitent dit qu'il ne peut s'accuser et qu'il le faille interroger?
Pour lors le confesseur doit tâcher de lui faire dire un péché par lui-même, et , s'il se peut, le plus grief qu'il ait fait; ensuite lui en demander un autre, puis un troisième, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus rien dire, et enfin l'interroger de ce que communément une personne de sa condition peut comniellre.
Comment peut-on découvrir les péchés d'un pénitent?
On peut se servir de l'un de ces deux moyens : le premier est de l'interroger drs lieux où il a demeuré, des personnes qu'il a fréquentées, des exercices auxquels il s'est appliqué, et des vices et mauvaises habitudes auxquels il a été le plus enclin. Le second est de l'interroger sur tous les commandements de Dieu et de l'Eglise et sur les péchés qui se commettent ordinairement en sa condition, el sur ceux auxquels il peut avoir participé , examinant les circonstances du temps, du lieu, de la durée, etc., suivant ce vers :
Ouis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando?
Et pour le faire plus facilement, il serait bon que le confesseur se lût formé dans l'esprit une liste de tous les péchés , au moins des principaux, qui se peuvent commettre contre les comuiaudemcnls de Dieu et de l'Eglise,
et particulièrement des péchés des conditions particulières; qu'il eût rédigé cette liste par écrit pour s'en rafraîchir la mémoire par la lecture qu'il en pourrait faire dp temps en temps, et se faciliter par ce moyen l'examen qu'il est souvent obligé de faire de ses pénitents. (Le formulaire de la confession générale contenue dans la plupart des Manuels peut servir à cet eflet.)
Comment se doivent entendre toutes ces circonstances, Quis, quid, ubi, etc.?
Quis signifie la circonstance , 1° de la personne qui a péché , si elle est sacrée ou laïque, publique ou privée ; 2° la personne avec qui il a péché, si elle est sa parente, si elle est mariée, etc.; 3° la personne conlre qui il a péché, si c'est un clerc, v. g., qu'il a frappé, ou son père, etc.
Quid signifie la quantité, si elle est notable ou non ; le dommage causé par le péché, ou la mauvaise suite, etc.
Ubi signifie le lieu où le péché a été commis, s'il est sacré ou profane, public ou secret.
Quibus auxiliis : cela marque les personnes et les moyens dont on s'est servi pour mal faire, si, v. g., on s'est servi de choses saintes pour des superslitions ou des maléfices ; si on a contraint ou incité les autres à pécher, si on a participé à leur mal.
Cur marque la fin et le motif do celui qui agit, comme serait le cas de celui qui commettrait un homicide pour faire un adultère ou un larcin.
Quomodo marque la manière dont la chose s'est faite, si c'esl librement, avec advertance ou non.
Quando regarde le temps, comme si on faisait un péché en un jour de fêle par mépris de la '.néme fête, ou qu'un jour de dimanche on eût des distractions volontaires pendant la messe, ou qu'on eût déjeuné un jour de jeûne.
S'il se trouve des choses difficiles à répondre?
11 faut élever son cœur à Dieu et demander lumière au Saint-Esprit; si nonobstant cela on ne se trouve pas assez éclairé, il faut demander du temps au pénitent pour y penser et pour en conférer, s'il est besoin, et le lui faire trouver bon. Que si le pénitent témoigne une grande répugnance de lequ'on le renvoie sans absolution, et que d'ailleurs il paraisse avoir un véritable regret de ses fautes, on pourra lui donner l'absolution, dit le Rituel d'Arras , si ex anima promittat se facturum quidquid difficultate explicata judicabil necessarium.
2' De la prudence du confesseur dans les cas auxquels il faui différer ou refuser l'absolution.
Quelle est la seconde chose où doit paraître la prudence du confesseur?
C'est à connaître quand et à qui il faut accorder, différer, suspendre ou refuser l'absolution.
Esi-il à propos de suspendre quelquefois le bénéfice de l'absolulion aux pénitents?
Oui, cl le confesseur y est obligé eu plu-
pour
sieurs cas, pour plusieurs raisons : 1 l'honneur du sacrement; 2° pour son intérêt propre; 3 pour l'intérêt du pénitent même. Je dis pour l'honneur du sacrement, parce que c'est lui faire injure que de l'appliquer sur une matière qui n'est point disposée ; c'est profaner le sang du Fils de Dieu et communiquer les choses saintes aux indignes, et faire un aussi grand mal que de baptiser un enfant mort, que de donner la sainte communion à un excommunié, et d'appliquer l'extrême-onclion à un cadavre. Je dis en second lieu, pour l'intérêt propre du confesseur, parce qu'étant dispensateur il ne doit pas dissiper; étant l'homme de Dieu, il doit prendre ses intérêts en main ; étant médecin, il doit quelquefois apporter le fer et le feu où il est nécessaire, pour ne pas coopérer à un tel sacrilège, et s'engager à la damnation éternelle avec son pénitent. Je dis enfin, pour l'intérêt du pénitent, parce qu'il importe grandement de ne point abuser les pécheurs par une absolution trop précipitée, afin de les obliger d'apporter plus de soin pour l'amendement de leur vie.
Comment cela se pourrait-il prouver?
Cette vérité est si claire dans l'Ecriture, dans les Pères et dans les conciles, qu'il faudrait fermer les yeux pour ne le point remarquer.
L'Ecriture sainte : NoUte projicere margarilas vestras ante porcos. Nolite dure sanclum canibus. Nemini cito manus imposueris, et ne communicaveris peccatis alienis ; ce qui s'entend aussi bien de la pénitence que de l'ordination; Quodcunque ligaveris super terram, quodcunque solveris, etc. Or qu'est-ce que lier, sinon refuser l'absolution , comme délier c'est l'accorder?
Les Pères offrent partout la même doctrine. Saint Cyprien va jusqu'à ne pas accorder l'absolution aux apostats au lit de la mort [Non desperatione indulyentiœ, sed rigore disciplinœ. S. Aug.), et on la refusa en France jusqu'auxivsiècle à ceux qui étaient condamnés à mort par la justice. Dans ces derniers siècles, saint Charles, dont la doctrine et la pratique sont approuvées de toute l'Eglise, invective, dans tous ses avertissements aux confesseurs, contre ceux qui sont si indulgents à accorder l'absolution à toutes sortes de personnes, et il marque les cas en particulier auxquels on doit la différer ou la reluser. Ce qui a été suivi après lui par tous les évêques, quand dans leurs Manuels ils ont énuméré ceux à qui ils voulaient qu'elle fût différée ou refusée. Et si à ces enseignements nous voulons ajouter l'expérience, nous verrons que le plus grand mal du christianisme est venu de ce relâchement ; Facilitas enim veniœ incentivum tribuit delinquenli [Conc. Trid.).
Consideremus etiam ne nos et ipsum dele' rioremfaciamus,cujusmiseremurinjuste{Amb.
inps. CXXXVIII).
Quoniam comperrmus fœdissime pro suis peccatis homines agere pœnilentiam, ut qnoties peccnre libueril, tolics a presbyleris se reconciliari cxpostulent, ideo pro coercenda
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tam exsecrabili prœsumptione, etc. {Conc, Toi. iu,can. 11).
Qui pro peccatis gravibtts levés çuosdam et inusiiatos imponunt pœnitentiœ modos , consuxmt pulvillos sub omni cubito manus et faciiint cervicalia sub cnpile universœ œtalis ad capiendas animas (Conc. Cobil. ii, can. 31).
Inter co'tera nnum est quod sanctam maxime conlrislat Ecctesiam, faha videlicet pœnitentia; ideo confrutres nostros admonemus ne fnlsis pœnitenliis laicorum animas decipi, et in infernum pertrahi patiantur (Conc. Lat. sub Inn. II, an. ll;J9, ran. 22).
In injungendis pai'vis panitentiis sibi caveant sacerdotes : secu7idiim enim qualitalem culpœ et possibililatem confitentis débet esse qualitas pœnilenliœ ; alioquin quod 7ninus est, requiretur ab eis (Syn. Par. sub Od. 1175, c. 6, § 9J.
Quels sont les cas auxquels il faut suspendre ou refuser Vabsolulion.
Le Manuel en donne sept ou huit principaux.
Quel est le premier ?
C'est le défaut de contrition, c'pst-à-dirc de douleur véritable et de ferme propos de s'amender de ses péchés. Vident nntem sacerdos diligenter qunndo et quibus conferenda, vel neganda, vel differenda sil absululio. Ne absolvat eos qui talis bene/icii sunt incnpaces, quales sunt qui nulla danl signa doloris.
Comment peul-on reconnaître si le pénitent a douleur de ses péchés ?
On ne peut pas donner la règle certaine ni de marque infaillible pour cela, il n'y a que l'esprit de Dieu qui puisse découvrir ce secret, comme c'est lui seul qui le produit dans l'âme du pécheur; néanmoins comme un confesseur ne doit point donner l'absolution sans avoir quelque assurance morale et quelque conjecture probable de cette douleur, voici des marques qui pourront moralement la lui faire connaître, et donl il pourra se contenter : 1° quand le pénitent se met en certaine posture extérieure du corps qui témoigne l'humilité et la confusion, et qu'il se sert de certain ton de voix, de certaine façon de s'énoncer pleine de douleur et de regret de ses faules, si d'ailleurs on n'a des preuves et des conjectures suffisantes d'hypocrisie ; 2' quand il a fait par avance quelque chose pour demander pardon à Dieu et lui satisfaire; 3" quand, avant que de se présenter, il a lâché de produire des actes de contrition , cl a pour cela considéré quelque puissant motif pour s'y exciter, et prié Dieu pour ce même sujet.
Mais si le pénitent n'avait produit aucun acte de contrition ?
Il serait bon de lui donner un peu de temps pour s'y exciter, de lui suggérer quelque motif de repentir, lui disnnt d'implorer la grâce du Saint-Esprit, de penser aux jugements de Dieu, au paradis qu'il a perdu, à l'enfer qu'il a mérité, à la mort qu'il a causée à Notre- Seigneur; et pendant qu'il s'exciterait au regret de ses fautes, on pourrait entendre une autre personne.
Comment peul-on reconnaître si le pénitent
a le ferme propos de ne plus retourner à ses péchés?
!• S'il est disposé à éviter toutes les occasions prochaines du péché, comme le lieu, le temps, les emplois, les personnes qui le font tomber d'ordinaire; 2 quand il veut bien se réconcilier avec ses ennemis, qu'il renonce à la haine el au désir de vengeance dans son cœur et qu'il est prêt à leur donner dans l'occasion des témoignages extérieurs de bienveillance et de charité ; 3° quand , ayant fait du tort à son prochain, il est prêt à le réparer en la manière qui lui sera prescrite; k' quiind enfin il acci'pte volontiers la pénitence qui lui est imposée, et qu'il promet d'exécuter fidèlement les choses qui lui sont ordonnées ou conseillées pour se défaire de ses mauvaises habitudes, nonobstant la difficulté qu'il pourrait y avoir.
Quel est le second cas pour lequel on doit refuser L'absolution ?
Quand le pénitent , étant en haine et inimitié contre son prochain , ne veut pas se réconcilier de cœur avec lui : Qui odia et inimicitias deponere no/un/. Rit. rom.
Comment pourra-t-on reconnaître s'il y a encore de la haine et de l'inimitié dans le cœur?
1° Quand le pénitent dit qu'il ne veut point de mal à son ennemi, mais qu'il ne lui peut vouloir du bien , ou qu'il ne lui veut ni bien ni mal , si ce n'est que dans l'explication il ne déclare qu'il est prêt à lui rendre les devoirs généraux , comme le saluer, prier pour lui, l'assister en ses nécessités, etc. ; i" quand dans la confession, il parle encore avec chaleur de son ennemi ; 3" quand il ne peut le voir ni le souffrir, non pour aucune antipathie naturelle, par crainte ou par faiblesse, mais pour je ne sais quelle mauvaise disposition qu'on pourra reconnaître, s'il ne peut entendre dire du bien de lui, s'il se réjouit de ses disgrâces , ou si , quand on lui en parle, il s'emporte encore avec colère; i" quand il ne veut pas se soumettre à lui rendre les devoirs généraux , au moins autant que sa condition le permet, c'est-à-dire les mêmes qu'il devait lui rendre avant l'inimitié, selon sa condition, frère à frère, voisin à voisin; 5' quand, ayant le tort et étant l'agresseur, il ne veut pas se soumettre et faire satisfaction à celui qu'il a offensé.
Quel est le troisième cas?
C'est le défaut de restitution ou de réparation du tort fait à autrui , quand on l'a pu , pour tout ou du moins pour partie. Tels sont ceux qui, piir les pratiques et trafics injustes, usures, larcins, fraudes, faussetés, monopoles, usurpation et autres voies pareilles, ont acquis du bien ou causé du dommage, soit à l'Eglise, soit au public, soit à des particuliers : Qui aliéna, si possunt , restiluere nolunt. Et la raison pour Liquelle il faut leur refuser l'absolution, aussi bien qu'à ceux dont il est question dans les cas précédents, c'est qu'ils sont censés ne vouloir pas sortir de l'état du péché.
Quel est le quatrième cas pour lequel il faut suspendre ou refuser l'absolution?
C'est quand le pénitent est dans l'occaslua
Vîil
DICTIONNAIRE DES CEREMONIES ET DES UlTES SACRES.
VlM
prochaine du péché , et qu'il ne veut point la quitter: Qui prnximam peccandi occasionem deserere notunt. Rit. rom.
Qu'appelez-vous occasions prochaines dti péché 'l
Ce sont toutes les choses qui en peuvent dire les causes, ou parce qu'elles y portent d'elles-mêmes et qu'elles sont telles de leur nature, par exemple, retenir chez soi une femme avec laquelle on pèche , garder des mauvais livres, des tableaux lascifs, se vêtir imrnodestrment, etc.; ou parce qu'elles sont telles à l'égard du pénitent, à cause qu'il est tellement accoutumé à s'y laisser emporter, que le confesseur a sujet de croire qu'à raison de ses mauvaises habitudes, il ne s'abstiendra jamais de retourner au péché, tant qu'il demeurera dans les mêmes occasions , comme sont pour plusieurs personnes certaines conditions , certains exercices dans lesquels depuis longtemps elles offensent Dieu, et qu'il est presque sûr qu'elles l'offenseront toujours en y demeurant ; comme sont encore , pour d'autres personnes , les jeux, les cabarets, les comédies, les romans impudiques, etc.
Qui sont donc ceux à qui on doit refuser l'absolution, pour les occasions prochaines du péché dans lesquelles ils peuvent être engagés ?
1° Les serviteurs et servantes , ou autres personnes libres, qui demeurent dans une maison où se trouve quelque autre personne qui est cause qu'ils tombent ordinairement dans les péchés d'impureté, s'ils ne consentent à en sortir; 2° les maîtres el maîtresses qui , connaissant le mal , ne les congédient point l'un ou l'autre , ou tous les deux ; 3" ceux ou celles qui fréquentent des maisons ou des personnes qui leur seraient occasion ordinaire de commettre celle sorte de péché, s'ils ne renoncent à cette fréquentation ; 4» ceux qui , allant au cabaret , ont coutume de s'y enivrer ou d'y commettre des péchés mortels, comme le blasphème , des paroles ou des actions obscènes et déshonnêles, de dérober ou d'incominoder notablement leur famille, pour fournir à leur débauche , s'ils ne renoncent au cabaret ; o° ceux qui , jouant aux jeux de hasard , sont sujets d'ordinaire à y jurer, blasphémer, prendre querelle, y tromper, y perdre excessivement , et dérober pour jouer, s'ils ne renoncent aux jeux ; 6' les personnes du sexe qui s'habillent immodestement, et ne veulent pas s'en abstenir , comme aussi les pères et mères ou les maris qui y consentent ; 7° ceux qui ont des tableaux lascifs , provoquant à des pensées impudiques , s'ils ne les veulent quitter ou les brûler; 8° ceux qui ont des livres hérétiques ou d'autres impudiques ; 9° ceux qui , reconnaissant que les danses et le théâtre seraient pour eux occasion (le tomber ordinairement dans des péchés d'impureté, ne voudraient pas s'abstenir (l'y aller ; 10" ceux enfin qui sont dans des niétitrs ou des conditions qu'ils disent ne pouvoir exercer sans péché mortel, à moins de quitter ce métier ou de se corriger du mauvais commerce qu'ils v font ; comme
sont pour plusieurs la guerre, le négoce, les offices d'avocat, de procureur, etc.
Ne suffit-il pas que le pénitent promette au confesseur de quitter l'occasion prochaine du péché, pour avoir l'absotutionf
Si c'est pour une première fois, et que le confesseur espère probablement que le pénitent tiendra sa promesse, on peut la lui accorder, quoiqu'il soit toujours meilleur el plus assuré de le faire sortir de l'occasion avant que de l'absoudre ; mais quand le pénitent qui a promis en ses confessions précédentes de quitter cette occasion n'en a rien fait, le confesseur ne doit plus s'y fier, mais différer l'absolution jus(ju'à ce qu'il se -oit éloigné de ces occasions , et qu'il ail inôme vécu quelque temps sans les reprendre.
Mais si le pénitent dit qu'il espère avoir assez de force, el que Dieu lui fera la grâce de le préserver de tomber dorénavant dans le péché, nonobstant l'occasion?
Il faut lui représenter que c'est tenter Dieu et avoir une fausse confiance en sa bonté, que de demeurer en telle occasion , ayant éprouve que nonobstant ses bonnes résolutions et ses promesses précédentes, il n'a pas laissé d'y retourner.
Que faut-il faire à l'égard des personnes qui ne seraient pas de condition libre pour se sé~ parer, comme seraient des frères et sœurs , ou d'autres proches parents demeurant en la même maison, et tombant ordinairement dans les péchés d'impureté à l'occasion les uns des autres?
1" Si 1 ' confesseur peut trouver quelque expédient el le faire agréer à son pénitent, sans occasion de scandale, par exemple, si c'est un garçon , de s'éloigner et de prendre une condition ou un parti quelconque hors de la maison , il le faudrait faire. 2° Si cela ne se peut , il faut pour le moins leur enjoindre d'éviti r soigneusement toute familiarité, toute privauté, et même de se trouver seuls ensemble, de brûler les lettres d'amuur, s'il y en a. 3" Leur ordonner d'avoir souvent recours à la prière, et surtout leur recommander la dévotion à la sainte Vierge, les éprouver longuement, s'il se peut, avant que de leur donner l'absolution, et les faire venir souvent à confesse , et tous deux au même confesseur, si la chose est possible.
Mais { dira quelqu'un ) si je quitte cette tnaison où il y a occasion prochaine , ma fortune est perdue , et me voilà réduit à la pauvreté?
11 faut répondre : 1° Quœrite primum re- (jnum Del , et hœc omnia (c'est-à-dire les vêtements et la nourriture ) adjicientur vobis {Maith. , \l). 2' Que quand Dieu permettrait (lu'on tombât dans la pauvreté, il vaut mieux vivre et mourir pauvre comme Lazare el aller en paradis comme lui , que d'être heureux comme le mauvais riche, et lui tenir compagnie dans l'enfer. Quid prodest homiiii si universum tnundum iucretur, aniinœ vcro suce detrimentum paliutur?
Mais (dira un maître) je ne puis congédier celte servante, varce qu'elle est fort utile d mon viiuaqif
PEN
PEM
A cela il faut opposer la maxime du Fils de Dieu : Si oculiis tuus dexlcr scandalitat te, crue eum et projice abs te. Ouami ello vous serait aussi chère que yolre œil el que votre main droite, il faut |ji couper.
Quel est le cirifjuième cas auquel le confesseur doit refuser l'absolution ?
C'est \t' scandale public. Qui publicuin scnndnlum dederunt, ni.ii pit-hliee satisfaciani et scandalum tollant. Rit. rom.
Quelles sont les personnes scandaleusei aurr/tielles, à raison de leurs scandales, il faut refuser l'absolulion?
I Lis roncubinaires publics; 2° les usuriers publics; 3° les renieurs et blasphém.iteurs publics ; 4 ceux qui uni des haines et des inimitiés publiques; 5 tous ceux qui sont aux auires une occation d'otïense, à moins d'avoir ôté le scandale et satisfait au public.
Quelles sont les satisfactions ou réparations (/ull faut exiger de ces pécheurs publics avant que de leur accorder l'absolution?
II faut, s'ils sont malades, les obligera demander publiquement pardon à toute l'assemblée (jui se trouvera dans la chambre quand on leur portera le viatique ou rextrôme-onclion, du scandale qu'ils ont donné; que les concubinaires chassent leurs concubines, que les usuriers restituent ou donnent caution valable pour les sommes dont ils peuvent être redevables, et que ceux qui onl des ennemis se réconcilienl publiquement. Que s'ils se présentent à confesse étant en bonne santé, et qu'il» aient un véritable dessein de se convertir, il faut avoir recours au supérieur , pour apprendre de lui la manière dont ils doivent satisfaire au scandale du public.
Quel est le sixième cas?
Quand le pénitent a quelque cas réservé, pour lequel ou ledoit renvoyer au supérieur, excepté à l'article de la mort, où tout prêtre a pouvoir d'en absoudre : Neque etiam eos ubsolvat quorum peccala sunt superioribus reservata. Quod si pœnitens aliqua censura vel cusu reservato sil lifinlus, non absolvat.
Quel est le septième cas ?
C'est l'ignorance des principaux mystères de notre religion, dont la connaissance est nécessaire, non-seulement pour ceux qui les ignorent , mais même pour les pères et mères, les maîtres et maîtresses qui négligent de les enseigner à leurs enfants , qui n'ont pas soin de les envoyer à la messe. Moneant fréquenter parochi suas parochianos accedentes ad sncramcnlum pœnilenliœ cum hac ignorantia fidei nostrœ ruilimen torum , omnino imparatos esse acindispositos ad absolutionem consequendam, atque adeo confessiones esse invalidas (Rit. Par. Catltal.).
Quel est le dernier cas pour lequel on doit suspendre l'absolution?
C'est le péché d'habitude, «. g-, de jurement, d'impureté, de travail les jours de fêtes et les dimanches, de gourmandise, de colère, de larcin, etc., Qui peccala sua derelinquere, aut vitam in melius emendare nolunt. Bit. rom.
Faut-il refuser l'absolution à toutes sortes de pénitents pour des prclirs it'li il^i' m!' '
Non , mais seulement quand, après s'en être confessé deux ou trois fois, et avoir été averti de temps en temps de s'en corriger, il n'a fuit aucun effort pour cela, ou qu.iiid on reconnaît que le péché se comniel et srt continue plutôt par malice que par faiblesse cl infiriiiité.
Les Manuels de Châlons, d(î Périgneux, et .lutres, traitant des cas pour lesquels il faut renvoyer les pénitents, les expriment en cette sorte : V idéal diligenler, etc., ne ahsolrai eos qui talis beneficii sunt incapares; quates sunt qui nulla dant signa veri et supeniaturalis doloris, et vilain in melius emendare nolunt, qui odin et inimicilins ex corde non deposuerunt, et omnem ad quodvis peccalum morlale affectum, qui in confessiune admonitt articulos fidei et ulia ad salutem necessurin addiscere neglexerunt, aliéna, cum possenl, non restituerunt, qui proximam pcccandi occasionemactu non descrucrunt. qui viltosoa habitus,v.g.blasphemiœ,luxuriw, elc, a confessoribus correpli, corrigere nonstuducrunt, aut qui pxtblicuii scandalutn dederunt , nisi publiée satisfaciant et scandalum tullant juxta prœscriptum nostrum.
Que doit faire le confesseur pour rendre ce refus ou délai de l'absolution profitable aux pénitents ?
il faut, 1° leur faire voir l'énormité de leurs péchés, et leurexposerdoucementctaffeetueusement les raisons qui l'obligent à différer ou refuser l'absolution ; leur représentant que le péchéniorlel est une chose si énorme, qu'autrefois l'Eglise ordonnait que celui qui avait commis un péché mortel fût privé de l'absolution et de la communion, non pas quelques jours seulement, mais trois, sept, quinze, vingt ans tout entiers, quelquefois jusqu'à la mort, selon la qualilé du péché; que si en ayant commis un grand nombre, on les prive de cette grâce pour quelques jours seulement, c'est afin do la leur donner ensuite plus efficacement et plus parfaitement ; que c'est pour leur donner le loisir de considérer et de ressentir les ofîen* ses qu'ils ont faites à Dieu, d'en faire quelque pénitence, d'en obtenir de la divine miséricorde une véritable repenlance et une grâce puissante pour s'en corriger; qu'on ne veut pas se rendre participant de leurs crimes, en leur donnant l'absolution trop légèrement, avant que de s'être assuré s'ils sont dans une véritable volonté de les quitter; qu'on a grand sujet d'en douter, vu qu'après l'avoir promis tant de fois à leurs confesseurs, ils ont toujours persévéré dans leurs vices, qu'on n'ose donc plus s'en fier à leurs paroles, mais qu'on veut juger par les effets et par le témoignage de leurs actions s'ils ont un vrai désir de renoncer aa démon et au péché, et lie se convertira Dieu.
2' Leur imposer des exercices de pénitence qui aient quelque proportion à la qualité de leurs péchés, et leur prescrire des moyen» jiour s'en préserver à l'avenir : f. g., autant de fois qu'ils toml>erout dans tel ou tel
péché, déjeuner le lendemain, de s'abstenir de vin, faire quelque auTiiône, baiser la terre, coui;her sur la dure, etc.
3' Leur donner un certain temps, qui pour l'ordinaire doit être fort court, pour exécuter les choses enjointes, et leur dire de revenir ensuite le trouver, pourvoir quel effort et quelle violence ils auront faite sur eux-mêmes, afin de leur accorder ou différer encore l'absolution, suivant leurs dispositions présentes.
Mais si vous ne me donnez l'absolulion (dira le pén\lcn\) f irai à d'autres confesseurs.
Allez, à la bonne heure, la confession est libre; j'aime mieux qu'un aulre se charge de ce poids-là que moi, /i6ernt)i animam meam, je ne veux pas me damner pour autrui.
Mais vous scandaliserez, parce qu'on s'apercevra que je ne reçois pas l'absolution?
Point du tout •. car la bénédiction vous metira à couvert, en disant : Miserealur et ynt/u/r/cnfinm (ce que le prêtre doit faire la tête couverle, dil le Rituel de Châlons, ne astanles adverterepossint absolutumnon esse. Mais, en lui donnant cette bénédiction , il faut bien l'avertir que ce n'est pas l'absolution).
Mais je ne communierai pas à Pâques ?
Non, soumettez- vous humblement à ce que je vous dis, puisque le canon Omnis ulriiisque scxus, qui oblige tous les chrétiens de communier à Pâques, donne pouvoir au confesseur de différer et de remettre la communion tant qu'il le juge à propos.
N'y a-t-il pas d'autres personnes auxquelles on doit refuser l'absolution?
Oui, outre celles qui viennent d'être énumérées, il y en a encore de deux sortes : les premières sont les personnes mariées qui vivent en dissension et séparation sans cause légitime, pendant qu'ils persévèrent dans cette mauvaise volonté ; les seconds sont les ecclésiastiques mal pourvus de leurs bénéfices ou qui en ont d'incompatibles sans cause légitime, ou qui ne résident pas sans légitime excuse, ou qui font mélier de ne point dire l'office ou ne pas porter l'habit ecclésiastique {Man. de Trêves, de Liège, S. FrançoisdcSalcSfCnses Avertissements aux confesseurs).
Les derniers sont ceux qui, par violence, tromperie et fausse promesse, ayant ravi l'honneur d'une jeune personne ou d'une veuve, ne veulent pas promettre de l'épouser si elle est de leur condition et qu'il n'y ait point d'empêchement, ou ne veulent pas lui donner de quoi la marier honnêtement si elle est de condition inégale. Le Manuel de Périgueux ajoute les faux dîmeurs. Qui oblationes decimarum alluri ejnsque ministris aut injuste detinent, aul ingrate denegant.
Leur peut-on refuser l'absolution pour des péchés véniels dans lesquels on retombe souvent?
Non, parlant à la rigueur, parce que les péchés véniels n'étant point matière nécessaire du sacrement, le pénitent peut ne les plus confesser ; mais néanmoins lorsqu'il se trouve des pénitents qui viennent souvent à
confesse sans reconnaître en eux aucun amendement et sans avoir fait aucun effort de leur part, on .peut jjrudomment leur suspendre ou leur refuser le bénéfice de l'absolution, pour les obligpr d'être plus sur leurs gardes (principalement si ce sont des péchés d'attache et d'habitude, ou qui conduisent plus prochainement au mortel, ou qui nous éloignent davantage de la perfection que Dieu demande de nous en l'état où nous sommes). Et l'expérience a fait voir que cette remise a servi de puissant aiguillon à plusieurs personnes pieuses, qui étaient tombées dans un relâchement notable, pour se relever avec plus de courage, [lar la considération de leur infidélité.
Quand donc il ne se trouve aucune raison de différer l'absolution?
Il faut, après tout l'examen fait, 1" exciter les pénitents à la plus grande contrition qu'il est possible, par des motifs pressants et proportionnés à leur capacité: 2" leur proposer les remèdes à leur mal, les exhorter à les embrasser de bon cœur, et les instruire comment ils doivent vivre à l'avenir ; 3° leur imposer la pénitence , et enfin leur donner l'absolution , louchant laquelle il est bon seulement de remarquer avec le Manuel d'Arras, que, pour éviter les inconvénients qui pourraient arriver à ceux que l'on renvoie sans absolution, il faut en prononcer les paroles à voix basse et qui ne soient pas aisément entendues. Ob hanc causam, consultum est, formam absolutionis cum precibus eam comitantibus submissiure semper voce pronuntiare.
3° De la prudence du confesseur dans l'imposition des pénitences.
Quelle est la troisième chose où doit paraUrt la prudence du confesseur?
C'est en l'imposition des pénitences
Quelles conditions doit avoir la pénitence que le confesseur enjoint ?
Le saint concile de Trente en demande trois : la première , quelle soit proportionnée, c'est-à-dire qu'on n'enjoigne pas des choses légères pour des péchés énormes, mais que la salisf/iction réponde en quelque sorte à la grandeur des péchés; la seconde, qu'elle serve dechâtiment pour laviepassée; et la troisième, qu'elle soit un préservatif du futur, c'est-à-dire, qu'elle soit, comme on l'appelle, médicinale.
Pourquoi le concile demande-t-il que' les satisfactions et pénitences soient proportionnées ?
i° Parce que la justice de Dieu ne peut souffrir que ceux qui sont tombés depuis leur baptême soient reçus en sa grâce avec la même facilité qu'auparavant; 2"parcequc la crainte des peines et des châtiments retient les pécheurs et leur sert de frein pour les empêcher de retomber dans leurs péchés; 3° parce que l'un des principaux fruits de la satisfaction , c'est de détruire les habitudes du vice par les actions des vertus (jui leur sont coiilrairps; i° parce que ces œnvri's de pénilini-e peuvent Irès-efficacemeiit apaiser la colère de Dieu; o° parce qu'elles
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nous rendent conioniies à Jésus-Christ satisfaisant par SCS souffrances pour les pécliés du inonde, et que sans celle conforniile nous ne devons point espérer de part à sa gloire; en- Gn parce que la promesse de l'héritage céleste ne nous est faite que sous celte condition , si (amen coinpatimur, ut et conglorificeinur.
Pour faire que les pénitences soient proportionnées, à quoi faut- il avoir égard ?
A deu\ choses principales : 1° à la qualité du péché; -2" à l'élal du pécheur.
Que faut- il considérer dans le péché?
l" La griôvelé : car un larcin , par exemple, de cenl écus, mérite plus de peine qu'un larcin de cinq sous; 2" la durée; 3° le nombre; k" le s<an(laie.
Du côté. du pécheur que faut-il considérer?
1" Sa dignité, patentes eniin patenter tormenta palicnlur, dit l'Ecriture; or, le confesseur doit conformer son jugement à celui de Dieu; "l" sa science ou son ignorance, qui peut rendre le péché plus ou moins grief; 3" sa profession, avec laquelle cerlaines pénitences sont incompatibles et pourraient causer une telle fatigue, que pour ce motif on pourrait les adoucir : par exemple , on doit pour l'ordinaire donner pour pénitence aux pauvres de prendre en patience leur pauvreté et tout ce qu'ils y souffrent; 4" su complexion , tant spirituelle que corporelle , parce que les uns peuvent porter plus, les autres moins; 5° ses commodités, parce que ceux, par exemple, qui sont en service et en sujélion, ne peuvent faire ce que d'autres personnes libres pourraient faire: par exemple, ordonner à une servanie de faire pèlerinage, ou à un pauvre de faire l'aumône, serait une pénitence indiscrète ; ti° la contrition, qui doit faire adoucir les pénitences suivant qu'un la reconnaîtra plus ou moins grande ; 7" s'il a déjà fait quelque chose par avance pour satisfaction de ses fautes ; 8' la disposition et la bonne volonté à faire tout ce que le confesseur demandera.
Quelles sont les pénitences que le confesseur doit imposer?
Avant que de répondre il faut supposer que nous pouvons satisfaire à Dieu pour nos péchés en trois laçons ; 1" par les maladies, les allliclions , les pertes de biens et autres peines qui nous sont envoyées de la part de Dieu ; 2° par les peines et les mortiûcations volontaires que nous prenons de nous-mêmes ; 3" par les œuvres satisfactoires qui nous sont imposées au sacrement de pénitencf .
Cela posé, quelle sorte de pénitence doit enjoindre un confesseur au sacrement de pénitence ?
Toutes ces pénitences se rapportent à trois chefs , au jeûne , à l'aumône et à l'oraison, sous lesquels sont comprises toutes les autres plus particulières que l'on doit imposer selon la portée et la disposition du pénitent.
Qu'enlendez-vous par le jeûne?
Toutes les morliGcations corporelles , comme s'abstenir quelques jours de chair ou de viu ; jeûner certains jours , comme les
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mercredis, vendredis et samedis , et le faire même au pain et à l'eau ; se priver de quelque repas ou demi-repas, ou de quelque morceau; veiller un peu plus tard ou se lever plus malin; se priver quelques jours d'aller en compagnie ou de prendre quelque récréation, se renfermer en son cabinet et y garder quelque lemps le silence, se proslerneV contre terre un intervalle de temps , ou même y coucher ; porter le cilice quelques jours, èlre certain lemps sans aller à cheval.
A qui doit-on principideiiient enjoindre ces pénitences ?
Aux sensuels et à ceux qui traitent trop mollement et délicatement leurs corps , comme les ivrognes, les lubriques , les paresseux, les gens de bonne chère, les mondains, etc.
Que comprend l'autnône ?
'Foules les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles, comme visiter ceux qui sont en prison , les consoler , les nourrir un certain lemps ; visiter les pauvres de la paroisse ; instruire ou faire instruire ses enfants et ses domestiques ; distribuer aux. pauvres tant par jour, ou par mois, ou par années, selon ses moyens ; donner les vieux habits, les vieux meubles (|ui ne servent de rien; contribuer à l'ornement des autels, à la fabrique des églises et surtout de la paroisse.
Qu'est-ce que comprend l'oraison ?
Prier Dieu tous les jours soir el matin, et s'il se peut eii commun, sinon en particulier, et toujours à genoux, devant quelque pieuie image qu'on devra avoir auprès du lit avec de l'eau bénite. Et parce que celte péiiitence est une des principales et des plus ordinaires qu'il faut enjoindre, il est bon de remarquer que quand on l'impose, il faut déterminer el prescrire les prières qu'on devra faire : v. g., l'exercice chrétien cl certain nombre de Pater et d'Are, les litanies, les commandements de Dieu; el surtout d'y faire, ce que recommandent si expressément les Manuels après saint Chrysostome, le renouvellement des promesses du baptême; prier Dieu pour les morts les lundis et quelques autres jours de la semaine ; visiter à certains jours les églises où il y a des exercices de dévotion, principalementen Carême et pendanll'Avenl ; assister à la messe certains jours de la semaine, y demeurer à genoux et se tenir quelquefois éloigné de l'autel; assister à la messe de paroisse el au prône ; dire les sept psaumes pénitenliels , reciter le chapelet , faire de petits pèlerinages qui ne préjudicient point aux devoirs de la paroisse et de sa condition, et les faire seul et en silence ou priant Dieu ; aller à confesse certains jours ou tant de fois l'année ; faire dire quelques messes, visiter certains jours le saint sacrement , l'accompagner quelquefois quand on le porte aux malades ; aller au catéchisme, se faire enrôler en quelque confrérie de la saillie N ierge ; porter toujours un chapelet et le dire souvent avec dé\olion ; lire quelque bon livre le plus souvent qu'on pourra, ou au moins les dimanches cl fêtes
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De quoi se doit donner de garde le confesseur dans l'imposition des pénitences ?
1° De s'appliquer les aumônes qu'il aurait ■onjoinles au pénitent en faveur des pauvres, ni de recevoir la rétribution des messes qu'il lui aurait ordonné de faire dire en satisfaction de ses péchés, pour les dire lui-uiêmc ou les faire dire par un autre, comme il fut ordonné au synode de Paris en 1175 , ni de rien exiger ou demander pour l'administration de ce sacrement. C'est ce que recommandent tous les Manuels , et celui de Périgueux ajoute de plus la défense de recevoir même ce qui leur sera présenté; 2° ne pas imposer de pénitences publiques pour les péchés occultes , quelque griefs qu'ils puissent être; 3" ne pas donner des pénitences mêlées et embrouillées de diverses sortes de prières ou d'actions , par exemple , cinq Pater , trois chapelets, une iiymiie, un psaume; ou bien donner tant d'aumônes, jeûner tant de jours et l";ilre (!irr t.nit lic messes, parce que le pénitent en perd aisément la mémoire et demeure en scrupule ; h' que l'accomplissement des pénitences ne découvre pas le pénitent, et ne scandalise personne.
Si te péniient fait difficulté d'accepter ce qui lui (Si enjoint?
il faut examiner les raisons qu'il oppose, et, si elles sont justes , modérer ou changer la satisfaction , selon que la prudence le dictera.
S'il s'en trouve de si déraisonnables et de siridicules qu'ils 7ievoutussent accepter aucune pénitence, ou qu'ils voulussent différer de la faire en l'autre monde?
Il faudrait avec toute la douceur possible leur faire voir le peu de disposition qu'ils ont pour se présenter à la pénitence, qui demande du pécheur une préparation d'esprit à recevoir tout ce que le confesseur lui ordonnera de faire, et au reste leur demander comment , ne pouvant rien souffrir en celte ^ le . ils souffriront les peines du purgatoire en l'autre; mais, si nonobstant tout cela ils persistent encore, il est bien à i raindre qu'ils ne croient pas même qu'il y ai! un purgatoire. Tulius est imponere minorem débita, quam, majorem... quia talis defectus inpurgatorio supplebitur. S. Thora., opusc. 65.
4° De la prudence et de rndresse du confesseur à traiter avec les pémietits confonnémetu à leurs dispositions ei conditions différentes.
Quelle est la quatrième chose où doit paraître la prudence du confesseur ?
C'est à recoonaitre l'esprit, la disposition et le caractère du pénitent, s'il est effronté et insolent, s'il est honteux, timoré, scrupuleux, ignorant, souple, revêche,afin de pouvoir, en qualité de médecin, appliquer le remède à tous ces maux; 2° à traiter autrement les hommes que les femmes, les petits que les grands, etc.
Comment faut - il se comporter avec ceux JMÏ ont de la honte à déclarer leurs péchés ?
Il faut les rassurer, leur dire que nous ne sommes pas des anges, non plus qu'eux; que BOUS sommes tous pécheurs; que l'on ne
s'élonne pas d'entendre de grands péclié»,parcc qu'on sait bien que la fragilité humaine est grande, que les tentations de l'esprit malin sont fréquentes et violentes, que c'est chose humaine de pécher, mais que ce serait chose diabolique de demeurer dans son péché faute de le confesser; que la confession est une chose si secrète, qa'un confesseur qui craint tant soit peu Dieu aimerait mieux être brûlé tout vif que de révéler la moindre faute qu'il a entendue en confession ; qu'enfln Dieu nous commande de confesser nos péchés aux prêtres, et partant qu'il le faut faire pour l'amour de lui, et en l'honneur de la confusion qu'il a subie sur la croix en présence de ses ennemis, et qu'il vaut bien mieux avoir la honte de confesser son péché à l'oreille d'un seul homme, que d'être confondu devant tous les anges et les hommes et devant Dieu au jour du jugement, et d'être ensuite damné pour l'élernilé.
Si au contraire le pénitent est effronté et téméraire ?
11 faut lui représenter fortement , mais toujours avec douceur, qu'il est devant Dieu, que c'est aux pieds de Jésus-Christ, son juge souverain, et non pas d'un homme seulement qu'il vient se prosterner; qu'il doit se regarder comme un criminel de lèse - majesté divine, qui a mérité la damnation ; qu'il est question ici d'une action très-importante, où il s'agit de sonsalutéternelet d'appliquer à son âme le fruit, du sang de Jésus-Christ ; qu'à l'heure de la mort il ne rendra aucun compte plus sévère que celui des mauvaises confessions qu'il aura faites.
Si on voit le pénitent craintif et en quelque défiance d'obtenir le pardon de ses péchés ?
Il faut le relever et le fortifier, lui représentant iiuc Dieu a un très-grand désir de lui panlonner; qu'il prend un grand plaisir dans la pénitence des grands pécheurs ; que plus notre misère est grande, plus la miséricorde de Dieu est glorifiée en nous; (]ue Notre-Seigneur a prié son Père pour ceux ()ui l'ont crucifié, pour nous apprendre que quand nous l'aurions crucifié de nos propres mains, il nous pardonnerait très-volontiers, si nous lui demandions pardon ; qu'il fait tant d'estime de la pénitence, que la plus légère de toutes , pourvu qu'elle soit vraie , lui fait oublier toute sorte de péchés, au point que si les damnés et les dénmnsmêmes la pouvaient avoir, tous leurs péchés leur seraient remis; que le plus grand tort qu'on peut faire à la bonté de Dieu, à la passion el à la mort de Jésus - Christ , c'est de n'avoir pas confiance d'obtenir le pardon de nos fautes, et qu'enfin nous sommes obligés par article de foi, de croire la rémission des péchés, afin que nous ne doutions point delà recevoir lorsque nous avons recours au sacrement que Notre-Seigneur a institué pour cet effet, en y apportant les dispositions requises.
Si on le voit en perplexité, ne sachant pas bien dire ses péchés, pour n'avoir su examiner sa consciejicc?
Il faut lui promettre sou assistaucc, et
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l'assurer que, moyennant l'aide de Dieu, on ne laissera pas pour cela de lui faire faire une bonne et sainte confossion. Kl dans les choses ou l'on reconnaît qu'il a peine à s'accuser, il f;iut l'encourager fortement, lui adresser par intervalle quelquesunes des paroles suivantes ou autres semblables : Allons 1 courage, mon cher frère ou ma chère sœur; croyez-tnoi, Dieu vous fait une grande grâce de vous bien confesser : poursuivez généreusement , et n'épargnez rien pour l'amour de Noire-Seigneur Jésus- Chrisl, qui est mort pour l'amour de vous. Donnez gloire à Dieu et confusion au diable; oh 1 quelle consolation vous aurez à l'heure de la mort et (lè> le moment qui suivra une si bonne confession! Ne le f.iites pas néanmoins pour votre satisfaction pyrtieulière , mais pour donner contentement à Notre- Seigneur et à sa très-sainte Mère , qui se réjouissent avec tous les an;ics et les saints quand une âme s'accuse humblement de ses péchés , avec résolution de les quitter et de se donner parfaitement à Dieu.
Comment faitt-il se comporter en ce sacretnent à Vétjard des enfants ?
1° Il faut les accueillir gracieusement , avec toute la tendresse possible, el les traiter et caresser avec un amour maternel , à l'exemple de Noire-Seigneur, afin de ne pas leur donner pour ce sacrement une aversion qu'il serait ensuite difficile de guérir. 2° Il ne faut jamais les entendre plusieurs à la fois , comme il se fait en quelques lieux, mais seul à seul, l'un après l'autre ; et s'il en est chez qui l'on remarque quelque étincelle de raison, qui commencent, par exemple, à avoir honte et à rougir du mensonge , de îa désobéissance, etc., et qui d'eux-mêmes, ou par les questions qu'on leur l'ait, s'accusent de quelque péché, on peut enassurance, dit le Manuel d'Arras, leur donner l'absolulion, etiamsi, ajoule-t-il, de eorumdem cnpacilate non adeo constet. Quant à ceux qui n'ont aucun usage de raison, bien qu'il soit Irès-bon de leur faire toutes les demandes que l'on fait aux adultes, de leur faire dire le Con/itcor, afin de les former cl de les accoutumer de bonne heure à la confession , le prélre néanmoins ne doit pas leur donner l'absolution ; mais au lieu de l'absolution , il pourra, si la commodité lui permet, leur ■donner la bénédiction, qui se trouve dans tedit Manuel d'Arras, et dans celui de Périgueux, en ces termes :
Domine Jesu Christe , qui dixisti : Sinite parvulos venire ad me, talium enim est regnum cœlorum , super httnc parvuhim tuœ benedictionis gratiam infunde ; ut gratta , œlate et sapientia npud Deumet Itnmines prof,ciens , salutem consequatur œternam , in nomine Patris f, el Fitii, etc.
Comment (nul - il se comporter avec les femmes ?
11 faut 1° poser pour fondement la maxime de saint François Xavier, que 1<( confession des personnes de ce sexe aussi bien que leur conversation, est un peu chatouilleuse et £lissanle. là où l'on fait de trè$>graudes
perles pour bien peu de gain. 'Voilà pourquoi, afin d'éviter le malheur de plusieurs qui , après avoir commencé par l'esprit, ont fini misérablement par la chair, on ne doit pas entendre leurs confessions dans des lieux retirés ou dans des chapelles obscures, mais en des lieux exposés à la vue de tout le monde, et où doit se trouver un cierge allumé lorsqu'on est obligé de les confesser le soir ou le matin. 2 On ne doit jamais exiger d'elles, quelque vertu qu'on leur trouve , aucun vœu de chasteté, ni même les admettre à en faire aucun sans le conseil de l'évcque, comme il est ordonné dans un synode provincial de Cambrai. 3 II ne faut pas s'engager en de longs entreliens avec elles , pas même sous prétexte de piété, fussent-elles des religieuses cloîtrées , parce que pour l'ordinaire celle multitude de paroles ne sert qu'à lier le cœur du confesseur et de la pénitente d'une chaîne que bien souvent il leur est ensuite difficile de rompre : et tant s'en faut que la dévotion s'entretienne par de semblables discours, qu'au contraire elle s'évapore bientôt.
Comment faut - il se comporter avec les infirmes ?
i'oyez l'art. Infirmes
Comment faut - il se comporter avec un muet ?
On peut lui donner l'absolution, même hors lescasdc nécessilc, pourvu qu'il déclare ses péchés en la meilleure façon qu'il pourra par signes, el qu'il témoigne en avoir du regret.
Comment avec «« sourd ?
Si le pénitent est tout à fait sourd , ou qu'il ait l'oreille si dure qu'il faille faire une trop grande contention de voix , lu confesseur n'est pas obligé de crier pour le faire entendre, mais il doit ouïr la confession de son pénitent, et lui donner l'absolution, quand il voit des marques de douleur, parce que ces personnes sont censées faire leur confession entière en la manière qu'ils peuvent, ce qui suffit pour les absoudre.
Comment faut - (7 se comporter avec les personnes qui sonl d'une autre paroisse ?
Régulièrement parlant, il uc faut pas les recevoir sans la permission de leur propre curé ou de l'ordinaire : si pourtant il se rencontrait des personnes venues de dehors à l'occasion de quelque fêle solennelle de patron, dédicace , ou autres, ou arrivées pour alTaire d'un autre diocèse et qui eussent la dévotion de se confesser et de communier, on pourrait leur accorder l'absolution en qualité de pèlerins et de voyageurs, pourvu que cela ne se fît pas par malice et à dessein de se soustraire à la juridiction de son propre curé ; car en ce cas, pour ne pas priver les fidèles du fruit de leur dévotion , la coutume reçue et approuvée universellement interprète la permission tacite des pasteurs el des ordinaires en leur faveur.
Comment faut - il se comporter avec des personnes scrupuleuses?
1* 11 f;iut avant toute chose que le confesseur reconnaisse que le pénitent est frappé
de celte maladie. 2° Le mal étant découvert , il faut se donner de garde de devenir scrupuleux avec lui , c'est-à-dire de traiter sa conscience avec doute et appréhension; mais après avoir une fois bien examiné les difficultés qui se rencontrent, et avoir recommandé toute l'affaire à Dieu, il doit répondre hardiment et confidemment, et agir avec autorité. 3° Il faut bien prendre garde de ne pas vaciller dans les conseils qu'on lui donne, mais demeurer ferme dans ce que l'on a jugé être plus expédient pour la gloire de Dieu et son salut, k" Il doit tâcher de lui persuader et lui faire avouer véritablement qu'il est scrupuleux en tel et en tel cas, et par conséquent incapable en cela de se conduire soi - même , puisqu' une conscience scrupuleuse , étant dans l'erreur et dans l'aveuglement, ne peut pas juger sainement des choses, et qu'ainsi il doit croire le confesseur et captiver son jugement, s'il veut guérir de son mal. 5" Comme les scrupuleux ont coutume de faire grand cas des choses où il n'y a pas de mal, particulièrement des mauvaises pensées auxquelles ils s'imaginent avoir donné consentement lors même qu'ils en ont plus d'horreur, il faut que le confesseur témoigne tout au contraire n'en faire pas d'état, le faisant passer légèrement sur ce point dans son accusation.
Enfin, si le scrupule regarde la validité des confessions, et que le pénitent s'imagine n'avoir fait en sa vie confession qui vaille, si le confesseur voit, par la connaissance qu'il a de sa conscience depuis longtemps, qu'il n'y a nul fondement de s'inquiéter , il doit lui commander de demeurer en repos, et quelque instance qu'il lui fasse, ii ne doit pas acquiescer à une nouvelle confession générale.
Comment faut-il se comporter quand il y a aes restitutions à faire, et que les pénitents y consentent?
Il faut bien se garder de s'offrir à eux pour prendre la chose, et la restituer pour eux, mais leur dire qu'ils la doivent mettre entre les mains d'un homme de bien, auquel ils aient confiance, afin qu'il les acquitte de cette obligation. Si néanmoins ils prient le confesseur de s'en charger, il doit l'accepter afin qu'il ne soit pas contraint de se découvrir encore à d'autres qu'à lui ; puis écrire ou leur faire écrire le nom de ceux à qui elle est due, et le lieu de leur demeure. Et enfin, pour ne donner aucun lieu à la calomnie ni au soupçon, il faut tirer un acquit des personnes auxquelles on aura fait la restitution, pour le montrer en cas de besoin.
IV. De la discrétion du confesseur ou du sceau de ta confession.
Quelle est la troisième disposition éloignée nécessaire au confesseur après la bonté et la prudence qui viennent d'être expliquées?
C'est le secret de la discrétion, pour ne parler jamais à qui que ce soit, ni directemeutni indirectement, expressément ni taciiemenl, Ues-pécbés qu'il a entendus en la coii-
fession, non pas même au pénitent, si ce n'est que le pénitent lui en |iarle le premier, ou qu'il soit besoin d'en conférer avec d'autres pour le bien du pénitent et l'éclaircissement des difficultés.
Que faut-il observer en cas qu'il fallût en communiquer avec d'autres?
Trois choses : 1° que ce soit par la permission du pénileni, si on le juge expédient ; 2° se donner biende garde de nommer jamais le pénitent ni de dire qu'on a entendu ce péché-là en confession , ni de le proposer à d'autres qu'à ceux qui en peuvent donner la solution ; 3° qu'on en communique de telle façon, en tel temps, en tel lieu, et avec telles circonstances, quecelui de qui l'on prend avis ne puisse avoir la pensée de connaître ni même soupçonner le pénitent.