INDULGENCES
La matière si importante des indulgences doit trouver place dans une encyclopédie Ihéologique. La matière doit y être traitée sous le rapport théologique dans le dictionnaire spécialement destiné à la théologie. Mais il faut un répertoire sûr d'indulgences authentiques et dos prières et pratiques auxquelles elles sont attachées, afin qu'on ne soit pas induit en erreur par des recueils apocryphes et bien incomplets. On trouvera donc dans ce Dictionnaire, sous les titres qui leur conviennent, des indulgences trè<-authcntiques. On verra au mol Recoeil l'indication de différents articles où l'on trouvera la plupart de ces indulgences. Voici quelques notions à ce sujet.
DES INDULGENCES ET DES CONDITIONS nEQCISES
POUR LES Gagner.
( ludulgences authtul'uiues. )
Le péché engendre dans les âmes les effets les plus pernicieux. Les théologiens en reconnaissent deux principaux : la coulpe et la peine. La coulpe, ou l'injure faite à Dieu par le péché(cu//)a),nousdépouille desagràce et de son amour; la peine, punition du péché, nous ferme la porte du ciel. On distingue deux sortes de peines, la peine élcrnelle et la peine temporelle. Le sacrement de pénitence nous remet entièrement la coulpe et la peine éternelle que mérite le péché mortel, si nous le recevons avec les dispositions requises; mais il nous reste ordinairement une peine temporelleà subir en celte vie par les bonnes œuvres et la pénitence, ou en l'autre par les flammes du purgatoire.
Mais qui peut sonder les impénétrables desseins de la justice divine? qui peut connaître l'étendue de la satisfaction qu'elle demande de nous eu ce monde? et qui pourra
(1) Dans un ouvrage intimié : Le Chrétien instruit, m* partie, inslr. 21. L'ouvrage italien , imprimé à Rome , doul MOUS dounous la traduction , ne fait pas raenlion de
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jamais se flatter d'avoir satisfait en tout oq en partie ? Est-il possible de ne pas trembler en considérant les feux dévorants du purgatoire, allumés par le souffle de cette justice divine pour achever de purifler nos âmes da leurs souillures?
Soyez béni , 6 divin Sauveur, qui avez établi dans votre Eglise le trésor inappréciable des indulgences où vous nous permettez do puiser, afin que par quelques légères satisfactions, nous puissions obtenir la remise des peines dues à nos péchée , quoique effacés quant à la coulpe et quanta la peine éternelle!
Les satisfactions surabondantes de Jésus- Christ, de la sainte Vierge et des sainl^ composent ce trésor précieux où l'Eglise puise les indulgences,
« Afin de bien comprendre ce que nous Tenons d'avancer, dit le P. Ségneri (1), il ne faut point perdre de vue que toute bonne œuvre renferme toujours en soi une qualité méritoire et une qualité salisfactoire. L'une donne à son auteur un droit à la récompense, et ce droit lui est personnel; il ue peut, par conséquent, le transmettre à uu autre, d'après les paroles de l'Apôtre : UnuS' quisque propriam mercedem accipiel, secundumsuum laborem. Chacun recevrala récompense qui lui est propre et qui sera proportionnée à sesœuvrcs. L'autre nous remet une partie plus ou moins grande de nos dettes, selon que nos œuvres sont plus ou moins méritoires. Cette seconde qualité diffère de la précédente, en ce qu'elle n'est pas personnelle ; ainsi nous pouvons satisfaire pour nos semblables, connue un riche peut satisfaire pour un pauvre eu acquittant ses dettes. Ceci posé, nous pouvons comprendre facilement tout ce que nous allons dire sur le trésor où l'Eglise va puiser les indulgences.
«Un grand nombre de saints ont satisfait à la justice divine au delà de ce qu'ils lui devaient pour leurs fautes , soit eu s'imposant voluntairenicnt des pénitences, soit en support.int avec résignation les maladies qu'il a. plu à Dieu de leur envoyer, soit enfin par les supplices du martyre. Jean Baptiste, sanctifié dès le sein de sa mère, fut comblé d'une telle abondance de bénédictions, qu'on put l'appeler grand devant le Seigneur : Magnus coram Domino. Néanmoins il passa dans le désert, au milieu des travaux pénibles de la prédication et de la pénitence, cette vie si sainte dès son commencement , et il la termina au fond d'un noir cachot, où un bourreau lui trancha la léte. Funeste présent qu'il réservait à une infâme pécheresse 1 Combien d'anacliorètes, de vierges, de suints évéques et de martyrs qui, tout en menant la vie la plus pure , ont soupiré après les souffrances, et désiré la mort la plus cruelle au milieu des tortures? Les satisfactions de ces serviteurs fidèles n'excédaient-elles pas les dettes qu'ils avaient contractées? Or, comme dans le ciel il n'y a plus de dettes à acquitter, cette sura-
cette note du P. Ségneri. Nous la rapportons néanmoins, parce qu'elle explique avec lucidité le sujet que nous Irai» tons ici.
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Lniidance de sntisfaclioiis va grossir le Irésor de l'Eglise, qui en devient l'iiérilièrc, comme une mère hérite des richesses de ses cufaiils.
« Marie, dont les soulTranccs ont surpassé celles des aulres saints, ne mérita-l-elle pas le nom glorieux de Ueine des martyrs? Aussi le prophète Jérémic compare la grauileur de ses douleurs à l'immensité de la mer. Magna est velut marc contrilio tua.
« Si donc les satisfactions de celte Vierge pure sont si grandes, que <levons-nous penser de celles que nous a méritées son divin Fils par les travaux pénibles de sa vie mortelle et par les supplices de sa douloureuse passion ? Si , comme la foi nous l'enseigne , une seule goutle de son sang suffisait pour laver tous les péchés du monde , il est facile de juger de l'étendue de ces satisfactions , auxquelles leur divin auteur donne un prix iuGni. »
C'est là le trésor inépuisable d'où l'Eglise tire ses indulgences; c'est à cette source intarissable où elle va puiser ses richesses spirituelles , et dont Jésus-Christ , la sainte Vierge et les saints nous ont constitués les héritiers par leur mort.
Aussi le concile de ïrentc(§ 21, ch. 9) qualifie-t-il les indulgences de trésors célestes. Nous trouvons la môme doctrine enseignée dans la bulle Unigenitus de Clément VI. Jésus-Christ, dit-il, par les mérites de sa passion, a laissé à son Eglise un trésor d'un prix infini, qu'il a confié à saint Pierre, auquel il a donné les clefs du ciel, et à ses successeurs, afln qu'ils en fissent part aux fidèles. Les mérites de la sainte Vierge et des saints coucourent aussi à former ce trésor.
Les richesses de l'Eglise étant infinies , elles sont par là même inépuisables ; semblables à la mer qui n'éprouve aucune diminution par la quantité d'eau qu'on peut lui soustraire.
«AHilaboraverunt, et vos in labores eorum inlroislis, s'écrie ici le P. Ségucri. D'autres ont semé et vous, vous recueillez en pais le fruit de leurs travaux. Jésus-Christ a semé , mais la moisson qu'il a obtenue ne peut entrer en comparaison avec la divine semence. Les saints aussi ont semé, mais dans une proportion infiniment plus petite; cependant leur semence a dépassé leurs besoins, et nous pouvons jouir du fruit do leurs travaux. Aussi peut-on nous adresser ces paroles que
(1) Les évÊques jouissent aussi du privilép;i; d'accorder des iudulgences (Synode diocésain de Benoît XIV, Ijb. ii, c. 9, n. 6; ellib. v, c. 1, n. 3). Mais les indulgences accordées par les évéques ne sont que de 40 jours, nu bien d'un an s'il s'agit de la dédicace d'une église (Conc. de Lalran, can. 6i). Leurs diocésains seuls prolitent de ces indulgences (Collet., de InduicjeiUiis, loui. XII, cai». 3, n. 71).
(2) Comme il arrive très-rarement que l'on réunisse tomes les conditions voulues pour gagner une indulgence plénière, il s'ensuit conséquemment que bien peu de personnes en retirent tous les avantages qui y soûl attachés. L'indulgence est, comme nous l'avons dit, la remise de la prine due au péché; mais la remise du péché précède toujours celle de la peine. Donc, pour gagner une indulgence plenière, il faut être en état de grâce, et de plus être purifié de ses péchés véniels qui méritent aussi leurs peines. Pour obtenir le pardon de ses péchés véniels, il buttes délester entièrement. Or trouve-t-on beaucoup
le serviteur paresseux adressait avec reproche à son maître : Mclis quod non seminasti, A'ous moissonnez ce (|ue vous n'avez pas semé. Bonté infinie d'un Dieu qui concilie ainsi sa juslicc et sa miséricorde! Sa justice en obtenant la réparation de l'injure (lui lui a élé faite, et sa miséricorde en acceiitant les cautions qui s'offrent pour nous. Aussi , dit saint Thomas, par l'indulgence on ne reçoit pas, à proprement parler, la remise de sa dette, mais l'argent avec lequel on petit la payer : Çuî indulgentias suscipit, noti absolvitur, simpliciler loquendo, a débita pœnœ , sed dalur illi unde debitum solvat. »
N'allons pas croire cependant que chaque fidèle puisse entrer en possession de ces richesses quand et comme il lui plaît. Il est des conditions imposées par les souverains pontifes (1) qu'il faut remplir exactement ; encore ne peut-on en obtenir que la quantité qu'ils ont désignée. De là deux sortes d'indulgences, plénières et partielles.
L'indulgence plénière remet toute peine temporelle réservée aux péchés déjà remis quant à la coulpe et quant à la peine éternelle : ainsi celui qui viendrait à mourir après avoir gagné une indulgence plénièro irait au ciel sans même passer par les ûammes du purgatoire (2).
Les indulgences du jubilé, ou celles données en forme de jubilé, produisent les mêmes effets : ce qui les distingue des indulgences plénières ordinaires , c'est qu'elles sont accompagnées de privilèges particuliers, tels que le pouvoir d'absoudre de certains cas réservés, de commuer certains vœux, etc.
L'indulgence partielle , comme l'indique sou nom, ne remet qu'une partie de la peine due au péché, déjà remis quant à la coulpe et quant à la peine éternelle. Il est essenlicl de bien comprendre ces mots appliques aux indulgences partielles : indulgences de tant de jours, de tant d'années, etc. Ces expressions ne correspondent point au nombre de jours, d'années que l'on doit passer en purgatoire, mais aux pénitences prescrites par les anciens canons. .Ainsi celui qui gagne une indulgence de 50 jours reçoit la remise des peines qu'il devait sul.>ir en cette vie ou en l'uutre , et pour la délivrance desquelles il lui aurait fallu se soumettre à une pénitence canonique de 30 jours (3).
Il est facile maintenant de comprendre ce
de Ddèles dont la conlrition s'étend jusque sur leurs fautes les plus légères? donc nous avons eu raison de dire que l)ien peu de personnes gagnent une indulgence plénière. Ces réfleiions, loin de nous décourager, doivent nous inspirer une juste horreur du péché véniel, nnus purtcr à recourir souvent aux indulgences et û en relirer le plus de fruits possibles; car si nous ne les gagnons pas dans toute leur plénitude, nous pouvons du moins espérer do satisfaire en partie à la justice divine.
(5) Quelquefois on trouve des recueils qui annoncent des indulgences de plusieurs milliers d'années. L'authenticité de ces indulgences n'étant pas constatée, il faut les considérer non comme des décisions des souverains pontifes, mais comme des opinions de quelques docteurs particuliers. Ecoutons ce que Beuolt XIV dit à ce sujet dans son opuscule du Synode diocésain, livre xni, ch. 18, n. 8 : « Un voit des indulgences de plusieurs mille ans dont on attribue la concession au.ï souverains pontifes... Cependant elles sont regardées comme des iuveuUons par Soius,
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que c est que les indulgences , leur importance, les avantages qu'on en peut retirer, rersonnc ne doute que le pouvoir d'accorder les indulgences ne réside dans l'Eglise, d'après ces paroles de Jésus - Christ à saint l'ierre : Toul ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Si Jésus-Christ, comme nous le voyons, donne à son liglise le pouvoir de remettre toutes sortes de péctiés , à plus forte raison il lui accorde celui de remettre les peines temporelles qui restent à expier après le pardon du péclié. Cette vérité est encore enseignée par le concile de Trente, sess. 25, cli. 21 :
« Comme Jésus-Clirist a accordé à son Eglise le pouvoir d'accorder des indulgences, pouvoir dont elle a usé dès les premiers temps, le saint concile déclare que l'on doit conserver cet usage approuvé par les autres conciles, comme étant d'nne grande efficacité pour le peuple clirétien, et frai)ped'aiiatlième tous ceux qui proclament <|nc les indulgences sont inutiles, ou qui refusent à l'Eglise le pouvoir de les accorder. »
l'assoivs maintenant aux conditions requises pour les indulgences (1). Il y en a deux principales. La première, c'est d'être en état de grâce ; car celui qui par son péché mérite une peine éternelle , ne peut obtenir la remise d'une peine temporelle. Si donc l'on se trouvait dans l'impossibilité do recourir au sacrement de pénitence, il faudrait s'exciter à la contrition parfaite, afin de rentrer en grâce avec Dieu, si on avait eu le malheur de l'abandonner. Quiconque désire gagner une indulgence plénière dans toute son étendue, doit non-seulement détester tous les péehés véniels dont il s'est rendu coupable, mais encore ne conserver dans son cœur aucune affection à ces mêmes péchés. Heureux si tous les fidèles qui désirent gagner les indulgences étaient animés de semblables dispositions!
La seconde condition indispensable pour gagner les indulgences est d'observer ponctuellement et avec attention toutes les œuvres prescrites par rapport soit au lieu, dans telle église, devant tel autel ; soit au temps, à tel jour, à telle heure; soit à la manière, à genoux , s'etant confessé , ayant communié.
BCcl. i, dist. 20, qiisst. 2. Eslius, secl. 4, disl. 20, § 10; loin (le les coiisidûrer comme cm.inaiu du sai;il-siVge, 011 doit les regarder comme des iniiovalions faites U plaisir. Eiiliu te cardinal Thomasius, après avoir lait voir la niodéraiion des souverains poiitiles dans la concession des miliilgcnces, qu'ils n'étemlaienl qu'ii un petit nombre d'années, concluiquecelte extension d'indulgences à mille ans est d'aut.inl plus incroyable qu'elle se rapporte à un tem|is cil le cbef de l'Eglise usjit de la plus grande modération. » Celte concession d'indulgences de plusieurs mille ans peut êire plus nuisible qu'utile aux Ddèles; car elle est trèspropre à les détourner de s'appliquer à gagner celles dont l'aiiilieniicité est reconnue, et qui ne s'elenJent qu'à quelques années, ou qui même sont restreintes à un certain nombre de jours. Les indulgences les |ilus étendues que nous ayons trouvées d.ins le recueil italien ne dépassent pas cent et deux eenis ans.
(l) L'intention d'obtenir les indulgences n est pas mise au nombre des conditions requises dans l'ouirage italien édité à lioiiie en^ 18U. C'est qu'en effet les iiulles qui pre'cnvenl ce qu'on doit faire ne prescrivent pas d'intentidii, .lice n'est celle de prier à telle ou telle fin; alors celte iuteuiioD est requise comme les autres œuvres pres-
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De sorte que si quelqu'un, par inadvertance, par Ignorance, par impossibilité même, n'accomplissait pas en tout ou en partie consiueralile (luelqu une de ces œuvres prescrites. ou n observait pas ponctuellement les prescriptions de lieu, de temps, de mauière.il ne gagnerait pas les indulgences.
La récitation de certaines prières est attachée à presque toutes les indulgences en gênerai; quant aux indulgences plénières, la confession et la communion sont presque toujours indispensables. C'est ici l'occasion de rapporter trois décrets de la congrégation des Indulgences concernant l'accomplissenient des œuvres prescrites.
Le 1" concerne la confession nécessaire pour gagner un grand nombre d'indulgences. Par ce décret du 9 décembre 17tJ3, approuve par Clément XIII, la sacrée congrégation déclare que hs personnes qui sont dans la louable habitude de se confesser au moins une fuis par semaine, lorsqu'elles n'en sont point empêchées par quelque motif légitime, pourront, sans qu'elles aient besoin de recourir à une nouvelle confession, gagner toutes les indulgences accordées pendunl la semaine, pourvu qu'elles observent les oeuvres présentes. Il est inutile d'ajouter que ces mêmes personnes doivent s'approcher du tribunal de la pénitence, si, depuis leur dernière confession, elles se sont rendues coupables de quelque péché mortel (2).
Il ne s agit point ici des indulgences du jubilé, ou de celles accordées en forme de jubilé; car, d'après le môme décret, pour les gagner, la confession est indispensable.
Le 2' a rapport à la communion, presque toujours prescrite comme condition nécessaire pour gagner les indulgences. D'après ce décret du 12 juin 1822, coulirmé par Pie VII, la congrégation des Indulgences a décidé que les jours de fêtes, lorsque l'indulgence commence aux premières vêpres, on peut communier h veille, au lieu du jour même, quoiiiue l'époque delà communion ait été fixée à re jour dans la concession de l'tndnlijence (.3).
Le 3' s'applique à certaines prières aui-
criles. Mais ne faut-il pas au moins une intention général* de ga^'ner les indulgences qu'on pourra obtenir ? c'est ce que l'auleur italien conseille plus loin, et d'autres le conseillent aussi; mais ils n'e.KJgcnl à chaque œuvre qu'une iiitenlioa virtuello ou inierprétative. Voij. Layman, S. Alphonse de Liguori, Goriiia, etc., contre Suarez, etc.
(2) l'ar un décret du 19 mai 1739, la congrégation des IndiilgenL'es déclare que l'on satisfait a la condition prescrite pour la confession, en se confessant la veille du jour ou l'indulgence est accordée, et que lorsque la visile d'une église est enjointe, on peut la faire indifléreuiuieut avant ou après la confession et la cominunion.
(ô) Quint au temps oii l'on peut accomplir les œuvres prescrites pour gagner les indulgences, il varie selon qu'il s'agit d'un jour de tète ou d'un jour ordinaire. Dans le dernier cas, on peut satisfaire aux obligations requises, depuis minuit jusqu'à l'autre iiiinuil. Dans le premier, au contraire, on |ieut les coniinencer la veille , à l'heure des premières vêpres, e'esl-a-dirr au moment où le soleil est plus près de son couehi-r (|iie de son lever, et les terminer _____ le lendeniaiu, jour de lu fête, vei's le coucher du soleiJ«Sïv"np*>. ( Par un décret de la congrégation des Induljcnccyuji^L- L-'/V 19 mars 1841, le souverain pontife Grégoire XVI a dé '
quelles sont attachées des indulgenees. Par ce décret de la sacrée congrégation, du 29 février 1820, Pie VII déclare qu'en récitant alternativement avec d'aulres personnes certaines prières, comme le chapelet , /'Angélus, le De profiindis, tes litanies et autres semblables, on gagne également les indulgences qui y sont allachées.
Les chréliens qui ont mis en œnvre tous les moyens laissés à leur disposilion pour gagner les indulgence^, ne doivent point négliger de faire de dignes fruits de pénitence; mais travailler à leur salut avec plus d'ardeur qu'auparavant, et chercher à apaiser la justice divine. Car lEglise en ouvrant son sein pour nous enrichir de ses trésors n'a point l'inlention d'encourager notre lâchetéi, mais de soutenir et de ranimer notre faiblesse.
Notre intention n^est point de rccu^eillir ici toutes les prières auxquelles sont attachées des indulgences, mais seulement celles qui sont le plus à la portée des fidèles, et qu'ils peuvent gagner le plus facilement. Ils pourront choisir celles qu'ils croiront devoir leur convenir davantage. Ne dédaignons point les trésor» spirituels que l'Eglise étale chaque jour à nos yeux; mais allons puiser à cette source intarissable, c'est là que nous puriQerons nos âmes des taches dont elles sont souillées; c'est alors que nous pourrons espérer de ne pas voir noire bon- Jieur différé après notre mort, mais d'entrer immédiatement en possession de celui dont l'amour fera notre félicité ipendant l'éternité (1).
PRIÈRES POUR LES FINS DE L'ÉaUSE (2).
Presque toujours les souverains pontifes imposent pour cOfudilion essentielle à ceux qui veulent gagner une indulgence plénière, l'obligation de prier pour les intentions de l'Eglise. On en compte quatre principales : la prospérité de l'Eglise, la propagation de la foi, l'extirpation des hérésies, la concorde entre les princes chréliens. De plus, on est dans l'habitude de prier pour N. S. P. le pape.
Ordinairement les souverains pontifes ne fixent pas les prières à réciter pour gagner les indulgences ; mais on est dans l'usage de dire cinq Pater et cinq Ave. Dans l'intention d'être de quelque utilité aux âmes pieuses qui se disposent à gagner des indulgences, nous allons insérer ici quelques prières, où elles trouveront exposées les diverses intentions oour lesquelles elles doivent prier.
que la confession et la communion failes le jour de Piques suffisent pour obtenir t'indul^ence plénière, et en même temps pour satisfaire au |irécepte des pâqnes , pourvu qu'on assiste dévoiement i* ta béuédicliou [lapale. [Raccotla, Romii, 1844, onzième édilinn.)
(1) La vue des tourments qu'endurent dans les feux du pnrgutoTe uns semblables, nos amis, nos parents, doit snrloui nous dét'>miiuer à recourir aux indulgences : car l'Église nous enseigne que non- seulement elles leur sont :ipplicaljles, mais encore que par ce moyen on peut les .soulager et même les arraclier a ces flammes dévorantes dans les)uellcs elles languissent. Qui pourrait être assez insen- "-»U)Ie |i(Hir leur reluser le secours de ses prières, s'il com- . Kcèuait lyuie l'étendue de leur siviailice? Heureux celui
Oraison préparatoire.
Dieu souverainement juste et infiniment miséricordieux, j'ai la douce espérance que dans le sacrement de réconciliation mes péchés m'ont été remis, non-seulement quant à la coulpe, mais encore quant à la peine éternelle.Cependant votrejustice ne peut pas encore êlre satisfaite. 11 me reste doncune peine temporelle à subir en cette vie ou en l'autre. Aussi j'ai recours aux mérites infinis de Jésus-Christ, à ceux de la sainte Vierge et des saints. Aujourd'hui votre Eglise, qui en est dépositaire, m'ouvre son sein. Permettez que je vienne puiscràcette source intarissable les grâces dont j'ai besoin pour subvenir à ma fai blesse. 0 Dieu miséricordieux, faites que je participe aux précieux effets de celle indulgence que je sollicite (3). Je déteste dans toute la sincérité de mon cœur les péchés de ma vie passée, et je prends en votre présence la ferme résolution de les éviter à l'avenir.