PRATIQUE DES CÉRÉMONIES
On a publié sous ce titre, dans le xvii' siècle, un ouvrage fort remarquable en son genre, selon l'expression de 1). Guéranger ( Jnslit. litiirg. t. II, p. 14-2 ); il faut faire connaître ici cet ouvrage, qui nous a fourni plusieurs articles ; et nous ne pouvons mieux le taire connaître qu'en laissant parler l'auteur, et le clergé de France qui l'a encouragé et approuvé. On y verra comment ce clergé a tenu à l'anliquité en fuit de cérémonies, comment il tendait à l'uniformilé sur ce point , et comment ceux qui ont étudié ces matières dans les vraies sources ont reconnu que les lois ét;jblics à ce sujel par les souverains pontifes sont des décisions infaillibles dont ils n'ont pas pris la liberté do se départir. Voici donc le titre et les préliminaires de cet ouvrage.
Pratique des céuémonies de l'Eglise, selon Vusage romain, dressée par ordre de l'assemblée générale du clergé de France, par le lieur du Molin, prêtre primicier el chanoine en la sainte Eglise d'Arles, vicaire général de monseigneur iarchevêque d'Arles.
A messeigneurs les cardinaux, archevêques cl évêques, et autres députés de l'assemblée générale du clergé de France.
Messeigneurs, Encore que j'aie tâché de montrer par imites les actions de ma vie le respect que j'ai pour Vos Grandeurs, et que je ne me sois
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réservé que In gloire d'une obéissance tréshumble et tris-respectueuse pour vos commandements, je ne laisse pas d'appréhender qu'elle n'ait pas été assez pronpte â la semonce qui mu fut faite par Messeigneurs de l'assemblée de 1645, de dresser la Pratique dt lotîtes les cérémonies de l'office divin , pour joindre à celles de la Messe pontificile que ji m'étais donné l'honneur de leur vffrir ; mais, je suis obligé de vous dire, Messeigneurs, que les motifs de ce retardement n'ont été qu'a fin de donner moyen à des plus cap'iblcs que moi d'exécuter ce dessein, el attendre des nouveaux ordres pour éviter le reproche d'une diligence affectée, qui marque démangeaison d'écrire el de s'ériger en auteur, lorsqu'on met sons la presse des choses qui ne sont m nécessaires ni demandées. }'ous tn'avez ôlé ce scrupule, Messeigneurs, dans une assemblée où j'ai eu l'honneur d'assister, et où vous in'avez reproché trop obligeamment pour moi nies premiers engagements. Recevez donc un ouvrage qui vous appartient par tant de titres, et qui n'aurait jamais vu le jour sans votre faveur. Je n'ai pas la vanité de prétendre qu'il ait l'approbation universelle, bien qu'il soit écrit pour tous, mais je me fais justice à moi-même en reconnaissant la faiblesse des productions de mon esprit, el je prévois encore l'obstacle des anciens usages des éi/lises particulières , que je n'ai pas l'autorité de régler. Je dirai seulement pour ma défense gue je ne me suis point écarté des lois que les souverains pontifes, qui sont les Pères communs de l'Eglise, ont établies, et que j'ai toujours regardées comme des décisions infaillibles, dont je ne me laisse pas la liberté de m'en départir jamais. J'espère, Messeigneurs, que Vos Grandeurs prendront le temps d'introduire cette utile nouveauté, qui, faisant honorer Dieu partout avec le même culte, ôtera la bigarrure de tu robe de son Epouse, et attirera sur vos personnes, avec les bénédictions des peuples qui vous sont soumis, les grâces que vous désire,
Messeigneurs , Votre très-humble et très-obéissant serviteur, MoLiN, primicier d'Arles.
AU LECTEDR.
Cher lecteur, ayant écrit pour toi, je dois d'abord te rendre raison de mon dessein, gui n'est pas d'enchérir sur le prix de ces graves el dignes auteurs qui ont traité la même matière, (i quoi un plus capable que moi n'aurait rien à faire après eux, si notre nation, contre la maxime de toutes les autres qui ont paré l'Eglise de cérémonies à leur mode, comme de la livrée du pays et contre sa propre inclination à la nouveauté, n'avait demeuré scrupuleusement dans ses anciennes coulumes.
C'est par où j'ai jugé que la Pratique que j'ai à dresser le serait agréable, étant réduite à une méthode plusjacile et rapportée à tout usage.
Jusqu'à présent nos cérémonies ont paru des énigmes qui avaient besoin d'une longue interprétation, pour régler les différents sen-
sive iu sigiium iiuodciPiumuuicaliuoxplcu cit, «.ouciuilur.» DuiuuJ. Ub. IV, cap, 2ù