‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 411 sur 411 · PR'E · texte numérisé non relu

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qu'une ppinlurc! de tnôinc taille tiendrait lieu de slaliie. Benoît XIV semble s'en ronteuier : Viimmodo lumen crucifi-ius ia majori tabula vel pictus, tel cœlalus, priiauin lucum obtineat prœ cœleris oDinibus quœ eudeni tabula exprimuntur. Ce sont ses lermes.

15. On est plus partagé sur la troisième question. Mcrati, fondé sur un décret delà sacrée congrégation des llilos (l), soutient, contre Gavantus , qu'il faut une croiK non - seulement sur l'autel où le saint sacrement repose dans le tabernacle, mais encore lorsqu'il «st exposé. Pour appuyer ce sentiment, il cite quelques docteurs qui l'ont embrassé, et surtout Didaque Uias, qui, mailre des cérémonies dans la métropfdc de Séville , les possédait en homme éclairé. Il y joint l'autorité do deux ordres célèbres ("2), et il conclut qu'il faut s'en tenir au décret de la sacrée congrégation, décret conforme d'ailleurs à la rul)rique, qui, voulant une croix sans distinction quelconque, est censée la vouloir dans tous les temps.

Si on lui obj'-cle que la figure est inutile en présence de la réalité, il répliiiue, 1" que si cette objection était solide, elle aurait lait impression sur les consulleurs romains, qui très-sûrement ne l'oyl pas ignorée; i° qu'en cas qu'elle eût lieu, il ne laudruit point de croix à la messe, ou du moins pendant sa partie la plus considérable, puisque, depuis ia Consécration jusqu'à la Communion, Jésus-Christ est très-présent sur l'autel ; 3' que la présence sacramentelle n'est que pour tes yeux de la foi ; que l'Eglise veut et a raison de vouloir quelque chose (jui, eu fr.ippanl les yeux du corps„ réveille cette même loi qui s'endiirt aiséiuent; que c'est pour cela que le pied du calice et le paiu même qui doit être consacré |)orlenl l'cmpreiule de la croix. 11 ajoute que, de l'aveu de (javaiilus, les objets qui parlent aux yeux enchaînent plus puissamment l'imagination, toujours prête à s'euvoler, et que c'est pour celle raison qu'il exiige une croix dans les autels à tabernacle où repose le saint sacrement. Ces raisons m'avaient louché, et je connais des diocèses qui, pleins d'unjusto respect pour la sacrée congrégation, c'est-àdire pour un corps île savants très-versés eu ces matières, el qui ne prennenl leur parti <iu'.i|irès de longues et mùrcs réllexions, avaient commencé à suivre sa décision. Mais noire saint-père le pape, dans sou bref du 19 juillet 17'f(), nous apprend ce que Merali a sans doute ignoré, savoir, 1° que dans U congrégation du \k mais 1707, les suffrages des consulteurs furent Irès-parlagés ; 2* (ju'il fui résolu ({ue son décret ne serait pas rendu public j 3" qu'après un nouvel examcu fait

(1) Super altarfi in quo SS. sacranK^nluru e\posiliim esl, crus (le moro collocari débet, cum irn.igiiie crucilixi apposiui. S. R. Conqreg. M ilarlii 1707, apud Meiali iit Indice decrelor. u. 604.

(2; MiT^iU lu Gavaiil. p. i , lit. 20, n. 7.

',:,) S.TI1..111., quoJlil). 9, i, 3.

(i) Liigo, eaii. (lisp- "9.

(o) Suari./-. (1i.-ip. 81 , secl. S; Vasquez, disp. 253, cap. ô : Utjiiy, ibid. ; (Ju.'trli el Meijti, pari, i, lit, 20. Be- II d. XtV, de Sacnlic. 1. m, c. 1.5, ii. I.

au commencement de son pontiOcal, le 2 septembre n'vi, la même congrégation avait enfin réglé que chaque Eglise eûl à s'en tenir à ses anciens usages : lia ut nikil iminuletur in ea diacesi ubi crux in ulluri conx/itui soleal, dum mi»»j celebralur, ttiamsi sacra eucliarislia publiée proslet; neque nova disciplina excitelur in ea diœcesi ubi contraria Inijus ni cunsueludo jnmpridem invaluerit, 10. Pour ce qui est de la dernière question, quelques auteurs ont pensé qu'on ne peut, sans pécher mor:ellement, dire U messe à un autel où il n'y a point de croix ; tant parce que c'e»! aller contre la coutume universelle, qui a force de loi, ((ue parce que la rubri(iue prescrit souvent au prêtre de se tourner vers la croix, ce qui ne se peut faire lorsqu'il n'y en a point. D'autres, et un bien plus grand nombre, ont jugé que l'omission de cette cérémonie n'était tout au plus qu'une faute vénielle. La raison qu'ils en rendent est que, d'un côté, il ne faut pas multiplier les lois qui aillent au mortel, sans en avoir de solides motifs, de peur de tendre mal à propos des pièges à la verlu (.'?), cl que, do l'autre, il n'y a point de raison de porter si loin la nécessité d'une croix pendanl le temps du sacrifice. Lo droit canonique n'en dit mol, cl l'on ne peut prouver que la coutume qui l'autorise oblige sub gravi. C'esl, il est vrai, un usage prescrit par la rubrique; mais elle prescrit aussi l'usage de deux cierges pendant la messe el d'un troisième depuis lo Sanctus jusqu'à la Communion, et ce|iendant, dit le cardinal de Liigo, on n'est pas grièvement coupable pour y manquer ('»). Ce sentiment nous parait sage et plausible. Nous y adhérerons donc, ainsi que l'ont fait avant nous des docteurs d'un mérite distingué (5), avec lesquels il ne sera pas inutile de remarquer, l" que, dans le cas de nécessité, on pourrait se passer de croix ; 2° qu'au jugement de la cona;régalioa des Riles (C) , il n'est pas nécessaire de bénir celles qu'on met sur l'autel ou qu'on porte aux processions. 17. U ne nous reste plus qu'à parler de la lumière qui doit servir au sacrifice.

Et d'abord on convient qu'elle esl si nécessaire qu'on ne peut, même pour donner le viatique à un moribond, célébrer sans en avoir. Le suffrage unanime des théologiens, la coutume aussi étroite que conslante de l'Eglise, le foudroyant arrêt du pape Honorius lii contre un prêtre qui avait osé célébrer sans fi.u et sans eau (7), tout dél)Ose en faveur de ce rigoureux sentiment. C'est pourquoi, si la lumière venait à s'éteindre avant la consécration, el qu'on ne pût en avoir d'autre, il faudrait, fùl-ce un jour solennel, eu rester là. Ce serait autre chose

(6) Cruces allaiium sou prore.ssionum non siiiit benedicendie de pra'cepio : piUest laimn siniplex sacerdos cas bpnedioere privalim, el non soleiniiilur {S. U. C. 12 Jutii 1704). rignaielli Jil ia môme cliuse des images des saiius que l'on nul dans li'S éiilises.

(7) Iiueni-li c\uod presbvicr (Sancue Iirigid;e Brixiensis) sine igné s.u^nlicabat elaqna. Cnni igilur vel ex apeila nialiua, VI l niiiiia dec.pieiui» pi;ceassu piobalur, manda nins t|n;iU'nus olliciu el lieneli. ii) pujietiio ipsum priie» Hunonus Hl. caj). ii, de Célébrât, iiusiar.

on voul, des miauties, mais ces minulies, qui, quand on ies néglige, enfantent le trouble et les murmures, produisent, quand on est fidèle à les suivre, la paix, l'ordre, l'uniformité.

(ExplicaLiou du P. Lebrun.) I. Comment les fidèles doivent se préparer pour assister à la messe avec fruit.

Les livres sacrés nous recommandent de

si la consécration d'une des espèces était déjà faite. L'intégrité du sacrifice l'emporte sur toute loi de cette nature.

18. On convient encore qu'on ne doit se servir à l'autel que de cire. Les rubriques et la coutume appuient également celte opinion, et elle nous paraît si sûre, que nous regarderions comme coupable d'une faute griève quiconque s'en écarterait, hors le cas

de nécessité (1). Dans ce cas, on pourrait se préparer noire âme avant la prière (G). Et

servir de suif ou d'huile, et cela non-seule- •' •'•' " — •"' ''" -'"" "--■■"-■-'--

ment à raison du besoin de communier un malade ou de dire la messe à un peuple, qui autrement ne pourra l'entendre, mais encore pour vaincre une tenlation qui fatigue, ou même, selon quelques-uns (2), pour se procurer un honoraire sans lequel on aurait peine à vivre. S'il ne s'agissait que de satisfaire sa dévotion particulière, je serais plus réservé. La vraie piété se sèvre elle

Comme il n'y a point de plus excellente prière que celle qui doit rendre Jésus-Christ présent sur nos autels et qui nous fait participer à son adorable sacrifice, il n'y en a point aussi qui exige plus de préparation que le sacrifice de la messe.

La première et la meilleure préparation, c'est la bonne vie qui répond à l'état de chrétien : Vivez de telle manière, ont souvent dit les Pères , que vous puissiez mériter chaque

même en faveur de la règle ; elle a affaire à jour d'être admis à la sainte table

un maître qui sait bien la dédommager.

19. A l'égard du nombre des cierges, la rubrique en demande deux (.3), et c'est la pratique de tous les gens de bien. Je ne sais comment l'usage contraire s'est introduit dans de grands diocèses. Si c'est la pauvreté, il faut gémir du malheur des temps; si c'est Un vernis d'avarice, il faut gémir encore davantage. Et envers qui serons-nous riches, si nous ne le sommes pas à l'égard de Dieu?

20. Nous finissons par trois petites observations : la première , que quoiqu'il soit mieux d'allumer un troisième cierge vers le temps de l'élévation, dans les églises qui font l'office romain, parce qu'il est toujours bon de se conformer aux rubriques, personne, que je sache, n'en fait une loi qui oblige sub gravi. On sait que cela n'est d'usage ni dans le diocèse de Paris ni en plusieurs autres du royaume. La seconde, qu'il y a au contraire une très-étroite obligation d'entretenir nuit et jour une lampe allumée devant l'autel où repose le saint sacrement : obligation si forte, qu'on juge coupables de péché mortel ou les supérieurs ou ceux sur lesquels ils se déchargent de ce soin, s'ils y manquent pendant un temps considérable, tel que serait celui d'un jour entier. Ce serait autre cho.se s'ils y étaient forcés par l'indigence et la misère des lieux. La troisième, que si dans le nombre des cierges qu'on allume pendant la célébration du sacrifice il faut éviter la superstition fi), il faut éviter aussi un air de faste et de grandeur. La congrégation des Rites, à qui rien n'échappe, a décidé (3] qu'un vicaire général, fût-il pronotaire apostolique, n'a droit ni de se fiirc servir à l'autel pardeuxchapelains, ni d'avoir quatre cierges aux messes basses, si la solennité de la fôte ne l'exige. Ce seront là , si

(1) La matière stéariquo dont on fait des bougies bien propres n'a pas été approuvée à Rome; on peutspulcnient croire que cet usage n'est pas une infraction grave .'i la règle.

{Noie de l'Edilcur.)

f5) Quarti, n'i snprn.

(3) r.andelabra saliem duo runi candelis accensis hinc et inde in utroque ejus lalere. Uubric. part, v, lit. 20,

En second lieu il faut se préparer par un ardent désir d'aller à la maison du Seigneur et de trouver au pied de l'autel toutes les consolations. Les vrais Israélites se représentaient avec une très-grande joie le bonheur d'aller au saint temple, dont l'autel méritait principalement du respect, parce qu'il était une figure du nôtre ; et quel sujet n'ont pas les chrétiens de soupirer après leurs églises, où est réellement Dieu leur Rédempteur I Dans quelque embarras qu'ils se trouvent, ils doivent se calmer en disant avec Jonas au milieu des flots de la mer : Je reverrai votresnint temple (1). Leur foi devrait tenir leurs âmes attachées au sacrement de notre rédemption, ainsi quesaint Augustin le dit de sainte Monique, qui ne manqua aucun jour d'assister à l'autel, d'où elle savait qu'on distribue la victime sainte [Cunfess. l. ix, c. 13).

Un troisième moyen do se préparer est de gémir de ses misères, de concevoir quelle est son indignité, d'entrer dans les senliiiients du publicain qui n'osait presque lever les yeux en entrant au temple, llien de plus respectable que la maison du Seigneur ; et si Dieu a dit du tabernacle de la loi : Tremblez devant mon sanctuaire [Levit. xxvi, 2), quel respect ne doivent pas inspirer nos églises, où Ion offre le sacrifice du ciel et de la terre, le sangd'unDieu fait homme?Un diacre disait autrefois tout haut dans l'église ces paroles de saint Jean : Loin d'ici les chiens, les empoisonneurs,les impudiques, et quiconque aime et fait lcmensonge{Apoc.xxn,i^). Chaque fidèle doit se le dire à soi-même, et entrer dans des sentiments de componction qui produisent le recueillement, de peur d'entendre ce terrible reproche de l'Evangile : Mon ami, comment étes-vous entré dans ce lieu sans avoir la rube nuptiale {Mattli. x^ii, 12)? c'est-à-dire sans le

(4) «Quarunidam missaruni et candelarum certum numeruni, qui niagis a superslilioso cultu quam a vera religione invenlus est, omuino ab Ecclcsia remove.int episcopi. » Trident, scss. 22, in Vccrcto de Obscrvaitdis, etc.

(a) Uic 7 Augusti 16^7, apud Gavantura.

(6) Anle oialioneni prépara animaui luam. Eccli xviir, 23.

(7) Verumiamen rursus videbo templum sanclum luiim Joii. Il, 3.

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rcspccl/.a modcstieclla pureté que celle robe Jésigne, et qui conviennent au liou saint où l'on va prier et adorer l'Agneau: sans tache.

Enfin, pour se préparer à tirer beaucoup Je fruit du saint sacrifice oii l'Eglise s'olïre avec Jésus-("lirist, il faut se disposer à pouvoir s'y offrir soi-même, et entrer dans l'esprit du sacrifice de Jésus-Clirist el de son Eglise. Il faut que les fidèles demandent à Dieu que, semblables aux holocaustes que le feu purifiait el consutnait, le feu divin consume ce qui est en eux de terrestre cl de charnel, cl qui ne peut être offert avec Jésus- Christ (1), afin que non-seulement leurs âmes soient purifiées par ce divin feu, mais encore leurs corps {Hom. xii, 1), qui doivent être offerts comme leurs âmes, el qu'ils puissent dire avec saint P.iul : Puis(juc )tous avons un grand pontife élabli pour nous sur la maison de Dieu, approchons-nous de lui arec un cœur vraiment sincère, sans aucun déguisement, avec une pleine foi, pénétrés de tuus nos devoirs à la vue de ces grands mystères que la foi nous fait apercevoir, ayant les cœurs purifiés par une aspersion intérieure, exempts de tout reproche de la conscience, et renouvelant en nos corps la pureté qu'ils ont eue par les eaux salutaires du baptême [llebr. x,21, scq.).

Mais quand nous ne nous trouverions pas dans ces sainlesdisposilions que les chrétiens doivent souhaiter, ne laissons pas d'espérer en lamiséricorde deDieu, et d'aller avec confiance au pied de l'autel qui est la source des grâces. Le pontife que nous avons, dit saint l'aul, n'est pas tel qu'il ne puisse compatir à nos faiblesses. Il a éprouvé comme nous toutes sortes de tentations, hormis le péché. Allons donc nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, afin d'y recevoir miséricorde et d'y trouver le secours de la grâce dans nos besoins [Hebr. iv, loj.

II. De la préparation particulière des prêtres marquée dans les rubriques.

Explicalion du mol rubrique.

On a appelé rubriques des observations écrites en caractères rouges. Celteexpression vient de l'ancien droit romain, dont les litres et les maximes ou les décisions principales étaient écrites en rouge (2). Parcourez les lois rouges des anciens, dilJuvénal (3), c'està-dire les rubriques du droit , suivant la remarque de l'ancien Scoliasle. On a nommé de même rubriques de la messe les règles qui prescrivent la manière de la dire, parce qu'en effet on les a communément écrites en rouge pour les mieux l'aire distinguer. Anciennement ces règles ne s'écrivaient que dans des livres particuliers appelés Direcloi-

(1) August. m psal. l, n. 23.

(-2) yumlilian. 1. xii, c. -5; Prudeatius, coMra Symmucn.

(3) Causas âge, periege rubras

Majorum leges. (Satir. 1. xiii.)

(4) Voyez la préface de Palricio, évûviue de Pienza, au premier Ponlilical imprimé à Rome en 148S; son épilre il Innocent VIII, en 1488; el les préfaces du livre Sacerdotal el du Pontifical sous Léon X.

(3) Ordo missa; composilus per reverendum palrem Dominusi Joannem Burchardum, olim niagistium cœrenioniarum S. R. Ecclesise. Ordo scrvandus per sacerdotes ia

rcs, Rituels, Cérémoniaux, Ordinaires. Les anciens Missels manuscrits , et môme les premiers imprimés n'ont presque point de rubriques. Burcbard (V), maître des cérémonies sous les papes Innocent Vlll et Alexandre VI, sur la fin du w siècle, est le premier qui ait mis au long l'ordre el les cérémonies de la messe, dans le Pontifical imprimé à Rome pour la première fois en 1485, cl dans le Sacerdotal imprimé quelques années après, el réimprimé sous Léon X (o). On joignit ces cérémonies à l'ordinaire de la messe dans quelques .Missels, et le pape Pic V, en 1570, les a fait mettre dans l'ordre el sous les litres que nous les voyons aujourd'hui à la tête des Missels, (l'est là le trésor des rubriques. Nous les rapporterons exaclemenl chacune en son rang, pour en marquer le sens el en découvrir les origines à mesure que nous expliquerons les prières.

KLBRIQUE.

Le prêtre qui se dispose à dire la messe aprèss'être confessé sacramentcllement , s'il en a eu besoin , el récité du moins matines el laudes, s'applique quelque temps à l'oraison, et dit selon sa commodité les prières marquées. Jl prévoit dans le Missel ce qu'il doit lire , lav( ses mains, et prépare le calice. lUibr. tit.I,n. i.

REMARQUE

1° Le prêtre se confesse s'il en a besoin. Celte règle est une suite du précepte de l'Apôlre, (]ui a dit : Quiconque mangera le pnin (de vie) ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable {i\e\a prof nuanon) du corpset du snng de Jésus-Christ. Que l'homme donc s'éprouve soi-même \ Cor. xi, ■11). Quel crime serait-ce, dit Firinilien dans sa lettre à saint Cyprien 6), d'oser commimier au corps el au sang de Jésus-Christ sans avoir exposé ses péchés et les avoir lavés par les sacrements rfe l'Eglise, pui.'iqu'il est écrit : Quiconque, etc.I Ces maximes n'étaient pas négligées à Garthage,oùsaintGyprien(/»e£(i/)sis) parle de ces hommes pleins de foi et de charité çkî, quoiqu'ils n'eussent ni sacrifié aux idoles ni pris des billets {[)Ourn'èlTc pas recherchés), parceg«')/s avaient eu seulement quelque pensée de le faire, allaient confesser avec douleur et avec simplicité aux prêtres de Dieu cette pensée, leur déclaraient l'étal de leur conscience, le poids de leur âme, et cherchaient pour les moindres plaies le remède salutaire. Le concile de Trente (Sess. i3, c. 7) a mar(iué aux prêtres dislin— ctemenl, aussi bien qu'à tous les fidèles, cû qu'ils doivent observer touchant la confession pour participer aux saints mystères, et ces règles se trouvent dans plusieurs conciles particuliers avant et après le concile de Trente (7),

2° Après avoir dit du moins matines et lau-

celebralione niissae sine canlu el sine ministris, secundum rituin S. R. Ecclesia;. Suceidoiale piact- iv, c. 8, p. US.

(G) Quale delictum est... ut non ablulis per Ecclesia) lavacrum sordibus, nec peccatis exposilis, usurpala temere comnuinicatione eontingant corpus et saiiguinem Domi::i, cum scriptum sil : Quicwiqtte , etc. lulcr Epistolas Cyprian. 73.

(7) Conc. Colon, an. 1280; I.ingonense, an. 1404; Carnotcnse, an. 1326, c. 26; Paiisiense, an. 1557, c. I ; Burdigaleuse, an. 1582, c. 6; Remense, an. 1.Ï85, c. i; Bilnrigense, an. 1384, c. 89; Aque»»», aa. 1383, «. 7.

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des. On a loujonrs fait de longues prières vocales avanl le saint sacrifice, afin qu'elles pussent exciter ces désirs qui, comme dit sailli Augustin (Ij, produisent d'autant plus d'effet qu'ils s'animent davantage. Les veilles de la nuit et les prières du point du jour, si anciennes parmi les cliréliens, étaient regardées comme une disposition à l'encharislie. Quand saint Aihanase fut obligé de fuir, on célébrait actuellement les vigiles dans l'église, parce qu'on devait faire la synaxc, c'osl-à-dire rassemblée pour le sacrifice (2j. De là ces longues veilles Ju samedi (ju'on voit dans Cassien et celte prolongation de prières le dimanche matin, auquel les moines devaii ni assister à la messe et y communier. Or matines et laudes comprennent rofDce de la nuit et du matin. Les matines s'appelaient autrefois les vigiles, le nocturne ou les nocturnes, parce qu'on les disait la nuit. Nous savons que de|)uis onze cents ans sans interruption cet office se fait la nuit dans l'Eglise de Paris (•î) : cl l'on ne sait pas le coumiencement de cel usage qui était autrefois trèscommun (i). Mais comme depuis plusieurs siècles la plupart des églises n'ont dit le noctiirMC que le matin, on l'a appelé matines (.')). Ainsi 1(! concile de Rouen, en 12;j6, ordonna que les cure's et les chapelains diraient mutines la nuit : et le chapitre de l'église de Troyes, en 136'i-, statua (IJ) qu'on continuemit de chanter matines à minuit. A l'égard de landes, c'était l'olficc du point du jour, qui est bien marqué dans Grégoire de l'ours (7) au milieu du vr siècle, pour le temps de le dire, et pour les psaumes et le capitule dont il est encore composé aujourd'hui. Comme donc ces olfices étaient une première préparation au saint sacrifice, plusieurs conciles ^8) ont réglé, de même que la rubrique, qu'on ne dirait la messe qu'après avoir dit l'office de la nuit et du matin, qui comprend matines et laudes. Quelques anciennes églises ont si fort retenu celte masiiiie, que l'office était une préparation au saint sacrifice, qu'à Saint-Etienne de Bourges Mgr rarclievéqne ne peut pas oiflcier à la messe aux jours qui lui sont destinés, s'il n'a assisté aux premières vêpres, à matines et à laudes. Il en est de même à Boulogne. Et cela s'observe aussi à Notre-Dame de Paris, si des indispositions ou des affaires enipêchent Mgr l'archevêque d'aller à l'office de la nuit, après avoir officie à vêpres.

(i) Ideo per cerla iiilervalla liorarum et lemporumcliam verliis logamiis Dciini, ui... ac] hoc aiiyendum nosipsos acrius excitemus. Dignior enim sei|uetur eUectus, quera fervenlior praecpdit ailecliis. Episl. 130, ad Proba,n.

(ij Socriit. Iliil. Ecoles. I. ii, c. 8.

(5) Viînain. Forluiiai. Fil. S. Genn. ; et t. ii , carni. 10.

(4) Greg. Turon. Uisl. I n-, c. 6.

(5) Les cmiuimi's des cimiireux écrites par Guignes, ciiuiviième prieur général, ipil suni leurs premiers sialnts, ont appeli! l'office de la miil matines, apparemment parce qu'ils ont dit en même temps laudes; elles nouveaux Missels et Bréviaires de Pans le uonimenl noclurDe, pou» parler coinine l'aiiliiiiilé.

{6)Camus3l, Piomptiiarium Trec.

(7) Ce ritis Palium, c. 6.

(«) Synod. Paris., Odou. de Soliaco, Innocent IV, epist. 40, O.niic. Neiuaus. au. 1284; Coûo. Liogon. au. 1444; Se- UOUCiise, au. loU.

I.a rubrique ajoute du mnîns, parce qu'if a clé souvent ordonné de dire prime (9). et même tierce (10) avant la messe, et tiii'cn elTel on devrait régulièrement avoir dit les heures qui précèdent le temps auquel on la dit, c'est-à-dire, prime et tierce, si on la dit vers les neuf heures, et même sexte, si on ne la dit que vers midi.

3" Le prêtre s'applique quelque peu de temps à l'oraison. La prière mentale doit toujours être jointe à la vocale; celle-ci ne sert qu'autant qu'on est recueilli ; et le recueillement peut redoubler par une simple allention à sa propre indignité et à la grandeur des mystères., De peur que le tumiille du monde ne mît un obslacle au recueillement, quelques églises cathédrales et collégiales ont voulu autrefois que le prêtre qui devait officier pendant la semaine , la passât tout entière en retraite (11). Tout le chœur le conduisait en procession le samedi au soir jusqu'à un appartement particulier d'où il ne sortait que pour la messe cl les autres offices. On avait même en quelques endroits engagé le diacre et le sous-diacre au même recueillement. Deux savants ecclésiastiques qui, sous M. Fouquet.évêqued'Agde, avaient recherché les anciens usages de cette église, ont marqué que le diacre et le sous-diacre semainiers gardaient exactement la retraite pendant leur semaine, et ne sortaient pas de la maison capitulaire où ils avaient chacun un appartement particulier.

M.iis il ne reste plus (jue quelques vestiges de ces pratiques si édifiantes. Actuellement, à l'abbaye de Saint-Claude, le semainier ne sort point du cloître, et garde lui seul pendant la semaine l'abstinence de viande, que toute la communauté observait autrefois(I2). Les prêtres qui sont contraints de mener une vie commune et de vaquer à beaucoup d'affaires, doivent gémir cl demander à Dieu le recueillement convenable au saint sacrifice.

4^° Il dit les prières marquées. L'ancien auteur qui a écrit sous le nom de saint Denys lAréopagilo (13) parle des inspirations particulières que le saint évoque Carpus recevait pendant les;)r!'crM;)>"eparn<oire« des saints mystères; elsaintMaxime(li)etPachymère(15), qui ont commenté cel endroit, ne l'entendent que des prières que le prêtre fait en particulier pour se disposer à approcher de l'autel avec pureté et a^cc ferveur. Il y a huit ou neuf cents ans qu'on met de ces sortes de

(9) Synod. Colon, an. 1280; Sjnod. Exon.an. 1287, c 2; Synodic. Paris, p. 7.

{lOj tbid., p. 343.

(11) Voyez le livre intitulé: Pratiques depiélé pour hono'i'r le saim sacremenl, imprimé en 11)85, prat. 28, où il esl du que dans l'église calliédrale de Uoueu les anciens clianniues ont fait observer c ue cérémonie, contre l'eiitreprise des v'imps. (Page 86.)

(12) Parmi les chartreux, oii la clôture et l'atisliuencn sont loujonrs gardées, le semainier .ijoule à ces praliiiues celle de réciter la pas>i.in de Jésus-Christ sel Jn saint Joan. Il le fait en aulu- n eu étole au pied de l'autel, avant <iue de rouiinencer la lutbse, pour portera l'autel un esprit tout occulté des iiiysiéres du sacrilice du Sauveur. Consucliiil. in.ss. ordin. Cm tus.

(11) liiisl. 8, p. 790.

(li) In Uioiivs., p. 319.

(UJ Page 279.

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prièrps à la télé des Sacramenlairos on Missels. Le Mierolo;,Mie, vers l'an lOllO, a riaïqué les qiialre premiers psaumes (1 de la préparalioii qu'on voit dans les Missels, (l.ins les Bréviaires et dans toutes les sacristies. Cent ans auparavant, le Sacramentaire de Trêves, écrit au x' siècle ne marque que les trois premiers ; mais il les f.iil suivre de longues lilanies des saints ; et ces litanies ont été dites par tout le choeur 2) aux erandes messes. Cela est encore observé aux «athcdralcs de Cambrai et d'.\rras, où loul le chœur à genonx chante tous les jours les lilanies avant la messe, cl à Barcelone, où on les réelle (3). On ne trouve pas tout à lait les mômes psaumes et les mêmes prières dans tous les anciens livres; et IKglise laisse à la dévotion et au loisir du prêtre de choisir les prières qu'il ju<;era les piuM propres pour nourrir sa loi et sa piété.

5' Il prévoit dans le Misnel ce qu'il doit lire , afin qu'il l'enlr-nde et le dise mieux, et qu'il ne cause aucun ennui aux assistants en cherchant dans le livre.

6' // lave ses moins. C'est une maxime de tous les temps et de tous les peoples de se laver les mains avant le sacrifice. L'ancienne loi l'ordonnait expressément (■'») , et les chrétiens n'ont jamais négligé cette pratique. Saint Cyrille de Jérusalem dit (.ï) qu'on sait bien que les ministres de l'autel ne s'en approchent pas sans s'être lavés auparavant. Vondriez-vousvousapprorherdusdcrilîcesans vous être lavé les vuiins ? dit saint Chrysostoine dans ses homélies au peuple d'.Xnlioche (6); et saint Augustin (7) ou plutôt sain! Césairc (8) dit aussi que tous les hommes ont soin de se laver les mains pour recevoir l'eucharistie. Le seul respect inspire celte propreté; mais l'Eglise a principalement en vue d'inspirer, par cette ablulien extérieure, la pureté intérieure qu'elle l'ait demander par une oraison propre, en lavant les mains.

7" Jl prépare le calice lui-même, ou le ("ait préparer par une autre personne, comnje la rubrique de l'aris le remarque. Il sulfirail ménie que tout ce qui est nécessaire pour l'oblation se trouvât sur l'auU-l à l'OITerloire, comme on le fait aux messes solennelles ; mais comme aux messes basses le prêtre n'a ni diacre ni sous-diacre, et qu'il pourrait lui manquer quelque chose au temps di; l'oblation, il est plus à propos qu'avant de commencer la messe il porte à l'autel le calice tout préparé avec un pain sur la patène.

III. De la préparation extérieure par les ornements particuliers.

Les liabils particuliers dont le prêtre se

U) Omnidilecla... Boiedixisli... Incliiiu .. Cieiihli.

(ij Les cliarlreux les liisenl ainsi aux jours fériaiu.

(ô) On a cessé du les chauler à Tournai depuis environ ffenle-six ;ins. A Noyou, [leniiani la procession qui se fait le diiiianclie avant la messe, les enf.inls .le rliœnr cbaiilenl les lilanies à l'aulel; et cela semble avoir elé ainsi établi pour abréger l'ollice. A Melz , on a couiuine lia chanter les lilanies des sainls les lundis, mercredis el vendredis de carême, après sexle. Tout le chœur à genoux les commence devant l'autel; elles se coulinueQl pendant h procession, et s'achèvent Uaus l'église.

W Bxod. XXX, 18.

revêt, et les cierges qu'on allume avant que de commencer la messe, sont une cérémonie religieuse qui doit préparer les assistants à quelque chose de grand et d'auguste.

RinniQiR.

Le prêtre prend des vêlements qui ne doivent être ni ilécousus ni déchirés, mais entier$ et propres, bénits par l'évéque ou par qutlque autre qui en ait le pouvoir, etc. Til. 1, n. 2.

nEMARQlJE

Où l'on montre l'origine des babils sacerdoLiut, et (lonrqitoi l'IÎKlise vhui (|iic te prAtre prenne des habits par liculiers pour dire la uiesse.

Dans les Etals et dais les républiques il y a des habits particuliers pour plusieurs cérémonies, pour rendre la justice, pour honorer les sciences, pour les rejouissances et pour le d 'uil ; et l'on ne peut être surpris que l'Eglise prenne des habits particuliers dans ses cérémonies les plus saintes et les plus augustes. Dieu avait marqu(> dans rancieiine loi quels devaient être les habits sacres dans les fonctions du ministère; et quoi(]iic nous ne soyons pas assujeilis à toutes les cérémonies de l'ancienne loi, saint .lérrtme ('.>) infère néanmoins de ce qui est rapporté dans Eiéchiel lonchant le servire divin, « que nous ne devons pas entrer dans le Saint des sainls, et célébrer les sacrements du Seigneur avec les habits qui nous servent aux autres

usages de la vie La religion divine,

ajotile-t-il, a un habit pourle ministère et un autre pour l'usage commun. »

\ éritablement les saints mysières, infiiiimenls grands par cux-mênics, n'ont besoin d'aucun éclat extérieur. Aussi d.ins le temps des persécutions on n'étail occnpé que d'offrir le saint sacrifice avec une conscience pure, sans rechercher des habits particuliers. Mais les hommes ont souvent besoin de signes extérieurs el sensibles, qui les rappellent intérieurement anx grandeurs invisibles des mystères. Ils doivent choisir ce qui peut imprimer un plus grand respect. La propreté seule a souvent pu suffire pour inspirer ce respect. Mais quand l'Eglise est lievenuc riche par les dons des puissants du siècle convertis à la foi, on n'a pas dû craindre de célébrer le service divin avec quelque magnificence, parce que tout ce qu'il y a de grand dans le moniJe vient de Dieu, et doit être consacré à sa gloire. L'or et l'argent m'appartiennent, dit le Seii/neur dans le prophète, en représentant la gloire du temple du Désiré des nations (10). C'est ce qui fit élever et orner des temples si magnifiques dès que les princes embrassèrent ou autorisèrent le christianisme ; et l'on put bien alors prendre de riches habits pour les cérémonies sacrées.

(3) Catech, 3, Myslag.

(li) Homil. ô, in epist. ad Eplies.

(7) Serni. 229, append., Ai. de Tempore, 232.

(8) Serm. 5'2.

(9; Per quœ discimus non quotitlianis et quibusiiliet pro usu vita; conitnunis poliulis veslibus nos ingredi debere in sancla sanclorum; sed niunda conscienli.i, el mniidis veslibus lenere Doniini sacranieuta... Purro rebgiodivina allerum habitum habel in minislerio, allerum in usu vuaque conimuni. Hier, in Ezecli. xliv.

(10) Implebo domnm islam gloria... Meuni estargenluia el {ueumestaurum, dicitDouiiuuseitercituuai. ,49^. ii,8,d

Nous lisons dans Théodorel (1) que l'empereur Constantin donna à Macaire, évoque de Jérnsaletn, une robe lissue d'or, pour s'en servir en donnant le baptême. On voit dans Optai de Milève (2) que l'empereur envoya des ornements aux églises, qu'il appelle" les maisons de Dieu ; et saint Grégoire de Nazianze relève l'éclat des ornemealsxle tout le clergé. A la dédicace de la célèbre église de Tyr, en 313, Eusèbe, évêque de Ccsarée, qui en fit le discours, parle des habits des évoques qui étaient présents comme de saints habits qui les rendaient vénérables : 0 amis et pontifes du Seigneur , leur dit-il, qui êtes revêtus de la sainte tunique (3). On regardait les habits qui servaient au ministère sacré comme devant être distingués du commun, et conservés avec respect. En effet, le prêtre Népotien, qui n'était nullement magnifique, mais seulement propre, faisait tant de cas de la tunique dont il était revêtu en offrant le saint sacrifice, qu'il la laissa par testament à saint Jérôme, pour qui il avait une vénération toute particulière (i).

Cette distinction des habits de la messe n'a éié observée quelque temps que par dévotion ; mais dans la suite les papes et les conciles (3) ont ordonné qu'on ne célébrerait le saint sacrifice qu'avec des habits consacrés à cette sainte action, et ont défendu sous les plus grièves peines de se servir de ces habits dans les usages coilimuns. C'est pourquoi la rubrique veut que ces vêtements soient bénits par l'évêque, afin qu'ils soient entièrement destinés à des usages sacrés. Selon la liturgie de saint Chrysostome (6j, les Grecs les bénissent chacun en particulier par le signe de la croix accompagné d'une prière toutes les fois qu'ils les prennent. Les Latins l'ont fait aussi autrefois de même, comme on le voit dans la messe de Ratolde écrite au x<' siècle , et il paraît par un grand nombre d'anciens Pontificaux et Sacramentaircs qu'on observe du moins bien régulièrement, depuis huit cents ans,

(1) Ilist. ecctes. 1. ii

(2) Lib. II.

(5) 01 iYiovioS^'fi. Eiiseb. Hist. cccles. 1. \, cap. 4.

(i) Hier. Epist.ad HeUod., EijUapli. Nep.

(5) Vide Baron, an. 200, ii. 6; Conc. Brac. can. 1.

(6) Eucliot. Giœc. p;ig .'>:).

(7) Lib. Sncram. Ecclcs. Turon. anle an. 800; Marlen. t. I, p. 543; Sacram. ms. Trcvir. ad Casulam, ad Fauonem.

(8) Voijez (il l'arliclo des ornements ci-dessus cnumérés, el au Supplément qui leriiiine ce Dicliounaire, pour ce qui regarde l'araict, l'aube et la ceinture) l'origine de ces ornements, le changement que la propreté el la commodité oui introduit, les vues qu'a l'Eglise en les faisant prendre aux ministres sacrés, et d'où vient qu'où se sert de différentes couleurs en diverses fêles, ainsi que les prières qu'on récite en les prenant.

(9) Nullus niissara cantet...sine amiclu, sine alba, slola, fanone et casula. Hom. de Cur. pasl. ad presb , Conc. t. VIII, col. 31.

(10) Ord.Rom.

(11) Missal. AmUros. an. 1482, 1548 et 1360.

(12) Missat. Lugd. an 1310 et le Recueil des cérém. de V église de Lyon, imprimé l'an 1702.

(13) Conc. Co^ac.

de ne prendre ces ornemenis qu'en disant des prières, dont nous remarquons les variétés, soit dans le sens, soit dans les termes. Les Ponlificatix elles Sacramentaircs, qui sont écrits vers l'an 000 , contiennent les prières pour l'amicl, l'aube, la ceinture, i'élole el la chasuble; et quelques-uns y joignent une prière pour le manipule, qui a été ensuite dite partout depuis le xr siècle i7). Quoique ces ornements soient uniquement consacrés aux usages saints , ils ne laissent pas d'avoir été originairement semblables aux habits dont on se servait dans la vie civile. Mais comme ceux-ci ont souvent changé, et que les habits sacrés ont aussi souffert quelque changement, ils ont été dans la suite tout différents les uns des autres.

De ramict,de l'aube, delà ceinture, du manipule, de I'élole el de la chasuble (8) dont les papes el les conciles veulent que les prêtres soient revêtus pour dire la messe.

La rubrique et l'ordinaire du Missel marquent l'ordre qu'on vient de voir dans le titre, et qu'on doit garder en prenant les ornements. Le pape Léon IV, vers l'an 830, prescrivit à peu près le même ordre en ces termes : Que nul ne dise la messe sans amict , sans aube, sans élole, sans manipule et sans chasuble (9), el l'on trouve tous ces ornements marqués dans plusieurs anciens Sacramenlaires depuis le ix' siècle, avec ces deux différences : la première, que dans l'un des plus anciens ordres romains, écrit au temps de Charlemagne (10) , l'amicl n'est marqué qu'après l'aube et la ceinture ; et cet usage s'est conservé dans les églises de Milan (11) et de Lyon (12). La seconde différence est que le manipule est marqué après la chasuble dans le règlement (13) du diocèse d'Oviédo en 1050, en quelques manuscrits (14-). et en divers auteurs avant l'an 1200. t'est l'usage que les évéques gardent encore aujourd'hui. A l'égard des prières qu'on récite en les prenant, on les voit avec quelques variétés dans une infinité de livres d'église depuis le IX' siècle (15).

(14) Sacram. ms. Trev.

(15) Ces prières se trouvent dans l'ancienne messe qui a été donnée par Flaccus Illyricus en 1557, el qui me paraît être un recueil de prières tirées des Missels de plusieurs Eglises de Germanie vers la fin du ix» siècle, plutôt que VOrdo missœ de quelque Eglise particulière. Ces prières sont aussi dans un Pontifical de saint l'rudence, évoque de Troyes, et dans deux manuscrits de huit ceuls ans de Moissac el de Saint-Galien de Tours, donnés par le P. UiTlèae {de Anl. Eccl. Rit., t. I, p. 523, 533, 536); dans un Sacramenlaire manuscrit de Trêves écrit vers l'an 990, et conservé dans la bibliothèque de l'Oratoire de Paris, dans un Sacramenlaire nis. de la bibliothèque de l'Eglise de Noyon, qui a environ huit cents ans; el dans deux manuscrits de la bibliothèque du Koi, donl l'un.esl un Pontifical de l'église de Séez, écrit vers l'an 1040, n. 386G, où la messe est de même <pie celle qui a été donnée par le P. H. Menard sons ce idru: Missa velus, ex codice Tilimio (Append. ad lib. Sacram. p. 266), el l'autre est un Missel plénier écrit l'an 1060; et enfin dans un très grand nombre d'aures Missels postérieurs. 11 d'y a que fort peu d'églises au Ml* siècle où l'on s'habillait en conlinuanl les prières de la préparation sans en réciter de particulières pour les ornements.

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