OVARIOTOMIE
été suivie de quatre opérations devenues mortelles. Trois opérations, pratiquées à Reims, ont également été mortelles; néanmoins, une de mes opérées de Reims a guéri. M. de Krassowski, à Saint-Pétersbourg, a obtenu 3 guérisons sur ses 6 premières opérations; M. Étilling, à Cassel, a fait iO ovariotomies jusqu'en 1 866, 6 fois avec succès. MM. Battlehner, à Carlsruhe; Nusbaum, à Munich; Schlossberger, à Leipzig; Meslerton, à Upsal, etc., ont également obtenu d'heureux résultats. A Edimbourg, l'ovariotomie a été constamment mortelle jusqu'en 1 862; depuis, elle a fourni les résultats les plus remarquables entre les mains de M, Keith; ce n'est pas pourtant la constitution des malades — qui d'ailleurs étaient anglaises — ni le milieu qui ont changé.
Quoi qu'il en soit, l'avenir de cette opération est définitivement assuré, à en juger par ses progrès. L'habile initiateur de la chirurgie moderne en Portugal, le professeur Barbosa, l'a introduite dans ce pays, en la pratiquant pour la première fois à Lisbonne sur une jeune fille de vingt-quatre ans. Le kyste, dont l'existence remontait à trois ans, était multiloculaire, entouré d'adhérences^ très-volumineux, rempli d'un liquide visqueux si épais qu'il ne sortit que très-difficilement par une grosse canule. Malheureusement, après des espérances de guérison, une péritonite survint et enleva l'opérée le sixième jour. Mais les bases, les succès de cette opération, sont trop bien établies maintenant pour ne pas la répéter devant ce premier insuccès.
Pour son succès même, il n'est pas sans utilité de signaler une nouvelle mépxise analogue à celle que nous avons déjà relatée j(voy. année 4 865). Au lieu de la rate, c'est le rein qui a été pris pour un kyste de l'ovaire par le docteur Baum, de Goetlingue. La tumeur avait été ponctionnée préalablement et diagnostiquée comme telle par l'issue du sérum. Ce n'est que dix-huit mois après que le liquide s'étant reproduit dans des proportions incompatibles avec l'existence , l'abdomen fut ouvert. Après la division du péritoine, le kyste se montra de couleur rouge bleuâtre avec de nombreux vaisseaux saillants à la surface. Ponctionné, il donna issue à 25 pintes de liquide d'abord clair, puis trouble et purulent à la fin. Mais l'excision fut ensuite rendue impossible par l'étendue et la solidité des adhérences avec l'intestin, notamment le côlon transverse et descendant. La paroi antérieure fut seulement excisée et les
OVAlUOTOMIIi.
bords réunis aveo les parois de l'abdomen par six points de suture. La mort survint le deuxième jour et l'aulopsie révéla l'erreur. C'était un kyste du rein gauche atrophié, à parois trèsépaisses, s'étendanl de la partie supérieure de la région lombaire à la surface du bassin et remplissant toute la cavité périlonéale de droite à gauche, tellement que tous les organes circonvoisins en étaient refoulés, comprimés {Archiv fur Idin. Chir.). Nouvel avertissement pour rendre l'examen aussi minutieux que possible avant d'opérer.
Contre cette redoutable opération, Scanzoni invoque la récidive qui en serait la conséquence sur l'ovaire non enlevé. Rien jusqu'ici ne prouve la réalité de cotte assertion. M. SpencerWells a constaté que l'un et l'autre ovaire sont atteints avec une fréquence égale, et que dans le tiers à la moitié des cas terminés par la mort, l'autopsie a montré que tous deux étaient atteints. Pourtant, la maladie ne débute pas simultanément, car sur les 150 premières opérations qu'il a exécutées, il n'excisa les deux ovaires que dans 7 cas, et dans 3 autres seulement l'ovaire non enlevé fut soupçonné malade. Dans 3 cas seulement, l'ovaire examiné et conservé comme sain fut ensuite atteint, et encore, dans deux de ces cas, la maladie était de nature maligne. Les résultats montrent donc qu'après une première ovariotomio heureuse, la guérison peut être, règle générale, regardée comme définitive.
D'ailleurs, en cas de récidive, une seconde opération peut être exécutée sans offrir plus de danger que la première, comme 4 cas en témoignent. Le premier est celui du docteur Atlee(de Philadelphie), dans lequel l'ovariotomie, suivie de succès, fut pratiquée seize ans après la première ; le deuxième est dû à M. Spencer Wells, l'opération ayant été faite neuf mois après la première; le troisième du docteur Bird est relatif à une récidive opérée quatorze ans après. Ces deux derniers cas furent suivis de mort, mais M. SpencerWells en a relaté un quatrième suivi de succès, chez une fille de vingt-quaire ans, opérée par lui, une première fois en février 1 865. La tumeur pesait 29 livres. L'ovaire droit était sain et pendant un an la guérison se maintint parfaitement. Mais au quinzième mois la récidive se manifesta et fut si rapide dans son développement qu'au dix-huitième mois, une tumeur pesant 18 livres fut enlevée avec un succès égal à la première {Roy. med.'and chirunj. Society, nov.). Sur celte petite statistique, les succès sont donc de moitié.
l'ANCKÉAS.
Cuuléisalion du pédicule. Dans la troisième série de ses ovarioLomies, composée de 13 cas, M. Bakei-Brown n'a eu que
niorls. Or, en analysant le nombre total de ses opérations depuis un an et s'élevant à 36, au point de vue de l'occlusion du pédicule, la mort n'est arrivée, un seul cas excepté, que dans ceux ou la ligature a clé ajoutée à la cautérisation du pédicule {Briiish med. Joum.^ septembre). Nouveau témoignage en faveur de la supériorité de ce procédé. (Voy. année 1863.)
Il est pourtant insuffisant parfois comme iiémostalique, quand les artères du pédicule ont acquis un calibre considérable égal à celui do la fémorale par exemple. C'est ainsi que MM. Baker-Brown et Harper ont été obligés de recourir à la ligature consécutive du pédicule pour arrêter l'écoulement du sang. Sur 8 cautérisations pratiquées par ce dernier, la ligature est devenue nécessaire dans 2. Le cautère actuel ne doit pas d'ailleurs être employé chez les femmes très-grasses, le pédicule graisseux prenant feu au contact du fer chaud. {Royal med. and chir. Society, novembre.)
PANCRÉAS. Squirrhe. Chez un charpentier de cinquantesix ans, entré le 19 septembre 1 865, à l'hôpital de la Croix- Rousse, salle Saint-Nizier, n" 13, ayant quilté son travail depuis trois mois, par suite de faiblesse et de vomissements irréguliers, M. Boucaud observa un amaigrissement excessif, accusant un trouble profond de la nutrition. Ictère très-foncé, sans albuminurie ni hématurie. Les hémorrhagies spontanées des maladies hépatiques faisaient défaut. Le foie, indolore, paraissait avoir conservé son volume normal au moins en haut. En bas, une tumeur dure, bosselée, peu douloureuse au toucher, du volume d'une grosse pomme, occupe l'hypochondre droit. Elle rend un son mat qui se continue aVec celui du foie, moins une ligne sonore qui suffit à faire exclure une affection hépatique. Un kyste de cet organe n'eût pas amené un amaigrissement si marqué. Un squirrhe pouvait seul l'expliquer. Restait à en déterminer le siège. La palpalion en montrait le développement d'arrière en avant, et non de haut en bas et la pression, en déplaçant la tumeur de droite à gauche et en rendant la mobilité évidente, acheva de montrer qu'elle ne dépendait pas du foie.
L'absence de constipation, d'hématémèse,demélaena, la con-
l'AIMLLOMK.
seiv.ilion de l'appélit, l'irtégularilé des vomissemeiils, loul montrait qu'elle ne dépendait pas de l'estomac. L'ictère indiquait seulement ses rapports avec les voies biliaires. L'absence de ptyalisme, de sialorrliée, de selles aqueuses abondantes, signes des affections pancréatiques, éloignaient l'idée de son siège réel. En effet, le malade, ayant succombé le 1 5 octobre, l'autopsie démontra une tumeur squirrheuse, lardacée, grosse comme une tête de fœtus, occupant la tête du pancréas, se continuant avec le corps de cet organe et s'arrêlant au col. La partie antérieure est assez mobile quoique entourée par le duodénum, interposé à droite entre la tumeur et le foie. Elle englobait les canaux cholédoque et pancréatique, et, en supprimant la sécrétion du suc pancréatique, en s'opposant à la circulation de la bile, elle avait provoqué l'amaigrissement extrême et rapide qui en était le symptôme le plus saillant. (Soc. des se. méd. de Lyon, 1865.)
Éludes sur les maladies du pancréas, par le docteur Ancelol; brochure in-i", Paris. Résumé comparatif des diverses affections de cet organe, leurs causes et leurs effets sur les organes voisins.
PAPILLOME. M. W. Roser décrit, sous ce nouveau litre, la prolifération inflammatoire des papilles de la peau, avec abcès dans leurs interstices et coalescence, union de leurs extrémités libres plus ou moins tuméfiées. Ses analogies avec le cancer, les condylomes et le lupus doivent surtout l'en faire distinguer soigneusement.
Le visage, les pieds et les mains en sont le siège habituel. Une phlegmasie circonscrite de la peau avec multiplication rapide et hypertrophie des papilles du derme en forment le caractère. De petits abcès se multiplient à leur base, et les papilles, en s'élevant, se soudent à leur sommet, de manière à former des ponts, des brides. Il est parfois difficile de distinguer ces abcès papillaires des abcès sudoripares ou hidrosanite.
A l'état aigu, il a de l'analogie avec l'eczéma et le furoncle. Les transitions sont surtout remarquables dans les parties garnies de poils. Quand l'inflammation gagne profondément et donne lieu à un exsudât fibrineux, il peut y avoir analogie avec le furoncle superficiel. Il ressemble surtout au tubercule anatomique, avec abcès interpapillaires ; mais sa marche envahissante, serpigineuse, et sa résistance aux traitements les plus actifs le distinguent suffisamment.
l'Ait ALYSIES.
Celle affeclioii succède aux brûlures, au Iraumalisme, sans causes spécifiques manifesles. Pourlanl, les abcès inlerpapillaires s'observent dans les condylomes el le lupus, ella soudure ■ des papilles sous l'influence syphililique.
Le papillome indammaloire guéril le plus souvenl sponlanénient. Des 'lotions d'eau blanche ou des onclions de pommade au précipité suffisent pour la favoriser. Ce n'est que par exception qu'il devient nécessaire d'exciser les excroissances papillaires.
En voici un exemple type :
Un homme de vingt ans entra à la Clinique, le 9 juin, portant aux jambes de larges ulcérations à bords décollés, suile d'abcès froids et, sur la face dorsale des pieds, des papillomes volumineux de 3 pouces de long, 1 à 2 de large et un demipouce d'élévation. L'aspect était celui d'une amygdale hypertrophiée. La pression faisait sourdre du pus ou une espèce de purée blanchâtre, par une centaine de petites ouvertures, correspondant à autant d'abcès interpapillaires, dislincls ou confluents, el tout un réseau de traînées cicatricielles formant des ponls, avec une texture analogue à celle qui succède aux décollements de la peau chez les scrofuleux. Cet étal existant depuis six ans avait résisté à plusieurs traitements. La résection des papilles hypertrophiées et des traînées cicatricielles suffirent à modifier celte surface, qui se cicatrisa rapidement sans rétraction notable, les parties superficielles du derme éianl seules enlevées. {Arch. der Heilkunde, première livraison.)
De là l'utilité d'un diagnostic difi'érentiel avec les diverses maladies qui ressemblent au papillome inflammatoire.
PARALYSIES, Paralysie générale. Il résulte de la pratique du docteur Munoz , comme médecin de l'asile des aliénés de la Havane, établissement unique dans l'île, qu'elle y est peu- commune, et que la presque lolalilé des cas s'observent chez les blancs étrangers, mais dans une proportion moins forte que dans les climats tempérés. Les indigènes, même nègres, en sont moins fréquemment alleinls que les étrangers, mais plus que les blancs et les femmes plus que les hommes, contrairement à ce qui s'observe dans la race blanche.
Il rapporte aussi plusieurs exemples de manie ambitieuse non suivie de paralysie générale, principalement chez les hommes. {Ami, méd.-iisychol. , mars.)
l'AllAUSIKS.
Ces données sont inléressanlcs sans doule, mais ne reposant que sur un petit nombre d'observations, et une pratique de deux années seulement, elles demandent confirmation avan', d'être admises sans réserve.
Nitrate iVargenl. Ce n'est plus seulement la teinte ardoisée de la peau qui est à craindre par son usage interne prolongé, mais son action directe sur la muqueuse buccale, comme M. Guipon (de Laon) en a observé le premier un exemple manifeste. — Voy. Stomatite.
Artérile noueuse. A l'aulopsie d'un homme de quarantesept ans, mort à l'hôpital de Fribourg d'une paralysie générale, à marche très-rapide, on constata, entre autres lésions, des nodosités rondes, blanches ou jaunes, grosses comme des grains' de pavot, sur les parois de presque toutes les petites artères. Celles de la plupart des muscles en contenaient, notamment ceux de la mastication. Situées principalement à la division des plus petites branches artérielles, où elles forment comme une couronne de roses, elles sont si abondantes que l'on peut en compter une douzaine par pouce carré. Elles sont moins abondantes sur les artères du tissu cellulaire sous-cutané, où elles forment des groupes, des agglomérations qui peuvent être perçues pendant la vie. Très-développée dans les artères coronaires, cette dégénérescence se retrouvait dans celles du basventre, du foie, des reins et de l'intestin. {Deulch. Arch. fiir klinische Med, , I . )
Paralysis agUans. Ghjcosurie. Maladie rare et peu connue, mal désignée sous ce litre, puisqu'il n'y a rien de paralysé et que les muscles conservent toute leur contractilité et leur force; plus exactement nommée chorca feslinans par Sauvages, et mieux encore chorea jirocursiva par Bernt. 11 n'y a qu'un trouble, une agitation désordonnée du système musculaire. M. Topinard en rapporte, dans tous ses détails, un exemple extrêmement curieux , très-remarquable , observé sur un médecin de soixante-trois ans qui, exposé quotidiennement, depuis quarante-trois ans do pratique, à do grandes fatigues et aux vicissitudes atmosphériques, fut pris, à soixante-deux ans, d'une impulsion irrésistible qui le pousse en avant et l'oblige, pour ne pas tomber, à trottiner sans cesse, le corps penché, de troubles bizarres de la visioii, de (jhjcosurie et de sutyriasis,
CAHNIEU. 20
l'AltALYSlES,
phénomènes qui n'avaient pas encore él6 signalés. Un an après, il présente du tremblement des membres supérieurs el, trois ou quatre ans plus tard, un léger embarras de la parole, Son caractère s'altère, devient Irès-mobile, et il ressent à la nuque une sensation i)cnible de pression. Quatre ans et demi après le début, la glycosurie est considérablement améliorée, tandis que le tremblement des membres supérieurs et la propulsion en avant ont augmenté. La force musculaire, la sensibilité générale, les fonctions recto-vésicales et les facultés intellectuelles restent indemnes, et X. .. continue à vaquer à ses occupations ~ professionnelles.
La glycosurie était-elle ici symptôme ou complication? On peut même admettre, comme M. Fritz, que tous les pliénomènes "morbides étaient sous sa dépendance; car les symptômes nerveux diminuaient ou augmentaient avec celle-ci, que le moindre écart de régime suffisait à influencer. Mais l'auleur pense tout autrement. Les quelques autopsies, faites dans ce cas, ayant montré une induration des centres nerveux avoisinant le quatrième ventricule, notamment le pont de Varole, la moelle allongée et de la partie' supérieure de la moelle cervicale, el la lésion du quatrième ventricule étant considérée comme la cause du diabète, il voit là une extension de la lésion analomo-palhologique de la paralysis agitans, témoignée par ses symptômes spécifiques. {Gaz. des hôp., n° 21.)
Telle est l'interprétation donnée à ce fait; mais, si savante et ingénieuse qu'elle soit, elle n'a pu réunir l'adhésion des jeunes membres de la Société médicale d'observation qui l'ont trouvée trop hardie et hasardée, et leurs réserves à cet égard sont trop sages pour ne pas s'y associer.
Paralysie ascendante aiguë. Symptomatologie. Chez une femme de soixante ans, observée par le docteur Caussin, après une certaine géne de la marche, pendant deux à trois jours, sans avoir pour cela cessé ses travaux, il se déclare tout à coup dans la nuit des fourmillements dans les membres inférieurs, des éloufîements avec douleurs vives dans la région lombaire. Elle ne peut rester couchée; la marche est impossible. 11 n'y a ni maux de cœur , ni vomissements, ni douleurs de tète; point de paralysie de la vessie ni du rectum. Intelligence intacte, parole facile. Molililé à peu près nulle des extrémités inférieures j sensibilité intacte, sinon un peu obtuse
PARALYSIES
dans les pieds, surtout à gauche. Mais la pression est douloureuse sur les vertèbres lombaires. Coucliéesur lo dos, elle accuse, dès le lendemain, des douleurs vives dans la région dorsale et dans la région lombaire quand elle est assise. Paraplégie complète; déjà, il y a des fourmillements dans les membres supérieurs; la moin gauche ne peut plus serrer, les étouffements augmentent et la mort survient le soir même. {Gaz. des hôp., n" 23.)
Dans cette photographie de la paralysie ascendante aiguë, on remarquera l'addition des douleurs spontanées et provoquées parla pression le long de la colonne vertébrale; signe non indiqué jusqu'ici, et qui semble devoir être pris en grande considération, pour déterminer le siège de cette nfciladie.
L'exemple relaté à la Société de médecine de l'Aisne, par M. Mart. Gru, médecin à Montagny, est surtout remarquable par l'invasion subite et la rapidité de la mort. C'était chez un enfant de cinq ans, faible et anémique, ayant éprouvé un refroidissement prolongé, le 8 avril. Douze jours après, c'est-àdire le 20, alors que rien n'indiquait une invasion si grave, il se lève comme d'habitude et tombe aussitôt à droite et à gauche. Croyant à de la malice, la mère le corrige, le replace sur une chaise dont il tombe aussitôt.
Il déjeune comme d'habitude sans se plaindre, sinon du genou gauche. Vers onze heures, il ne peut déjà plus porter la main à sa tête pour se gratter. Il ne peut bientôt plus se maintenir assis sur le carreau pour jouer. On le replace au lit oîi il mange avec ses mains; mais, dès le lendemain, il ne peut plus s'en servir. Physionomie naturelle; intelligence saine; un peu de céphalalgie frontale, pas de fièvre; langue blanche, sans déviation; constipation. Nul autre symptôme morbide, sinon que les membres sont douloureux à la pression.
Malgré un purgatif, des frictions sèclies sur la colonne vertébrale et des sinapismes, tous les symptômes ont augmenté le lendemain. La tète ne se soutient plus droite. La voix et la tous sont affaiblies; l'expectoration plus difficile, malgré l'état normal de la poitrine. Selles et urines volontaires. A midi, une consultation a lieu : la paralysie des extrémités inférieures est complète; les mains et les avant-bras jouissent encore de quelques mouvements ; la déglutition' s'embarrasse. Cinq sangsues à la nuque sont ajoutées au traitement précédent. A cinq heures du soir, le pouls est très-fréquent; sueur abondante. Inlelli-
PARALYSIliS.
gcnce nelle, expression naturelle. Tous les symptômes augmentent graduellement : un vomissement a lieu, puis des suffocations; et, à deux heures du matin, l'enfant succombe à cette paralysie exclusive du système moteur, car, peu d'inslanis avant de mourir, l'enfant expulsa encore volontairement ses urines. {Bull. méd. de l'Aisne, n" 3.)
N'est-ce pas là la réalisation du labieau sémiologique, si exactement peint par M. Peliegrino Lévi, de cette maladie encore si imparfaitement connue des praticiens. (Vov année 1865.)
Paralysie atropliiqae. Dégénérescence gramtleuse des muscles volontaires. Elle consiste, suivant M. Meryon, dans la séparation graduelle et progressive de la membrane amorphe qui enveloppe les fibres musculaires primitives et dans la dispersion de la matière granuleuse qui y reste contenue. Un homme de vingt-deux ans commença, dès l'âge de cinq ans, à présenter les symptômes de celte affection : faiblesse dans les reins et marche vacillante; au bout de deux ou trois ans, il s'y joignit de la difficulté à fléchir les cuisses sur le tronc, à monter les marches d'un escalier; puis, perte des mouvements volontaires des orteils et des pieds. La maladie continua par les membres supérieurs, et le patient perdit la faculté de porter ses bras à la tète; mais il pouvait encore plier l'avant-braaet tenir fermement un objet avec la main. Les muscles de la respiration furent enfin envahis, sans que les muscles involontaires ou de la vie organique eussent été compromis., La sœur de cet individu avait eu la même maladie.
M. Meryon distingue cette paralysie de celle causée par la lésion des nerfs ou des centres nerveux, en ce que : 1° le mal a une marche centrifuge sans suivre la distribution d'aucun nerf; 2° il n'y a aucune espèce de trouble nerveux concomitant; 3° l'examen cadavérique ne fait découvrir aucune altération du système nerveux.
Enfin, dans les muscles paralysés par suite d'une lésion ner-veuse, il y a disruption du sarcolemme et ségrégation des granules qui constituent la matière sarcomateuse. Tandis que danS' les muscles affectés de la maladie qui vient d'être décrite, lesfibres primitives sont graduellement détruites, les stries transversales disparaissent et les globules huileux remplissent peu à peu les intervalles des fibres prenant ainsi la place que le lissu
PARALYSIES
musculaire sain occupait primitivement. {Hoy. med. and chlr. Soc, mars.)
Ce serait donc là, si celte première observation se confirme, une variété de la paralysie musculaire alrophique progressive.
Paralysies périphériques. Étiologie. Bien des opinions ont déjà été émises sur la cause de ces paralysies. N'ayant rencontré, dans plusieurs cas observés, aucune lésion de l'appareil nerveux central ni périphérique, M. Leudet, qui a le dernier écrit à ce sujet, les considérait comme asthéniques, sine maleria, contrairement à Graves qui, le premier, les a attribuées à une altération locale du nerf. M. Gubler, au contraire, les a distinguées en en admettant plusieurs espèces. M. Duménil confirme celte division en montrant, par des faits longuement décrits, observés à l'hospice de Rouen, que, dans certains cas du moins, il en est qui tiennent à l'altéralion atrophique du nerf, due à un processus inflammatoire. Telle serait la paralysie glosso-Iaryngée. Leur marche peut être ascendante et atteindre la moelle épinière, où elles produisent des lésions incontestables. Elles peuvent aussi atteindre le sentiment et le mouvement, comme dans les paralysies traumaliques ; elles s'accompagnent d'altérations de nutrition et de symptômes analogues. L'application de l'électricité exige une grande circonspection ; car, employée au début de la névrite, elle peut en activer la marche, tandis que, plus tard, elle peut rendre au nerf atrophié une nouvelle contraclililé. (Gaz. hebd., n" 4 et suiv.)
Suivant le professeur Schutzenberger, elles peuvent résulter de chutes qui, en déterminant des ruptures vasculaire, périméduUaire, englobent les racines motrices ou sensibles innervant certains muscles. Un exemple de paralysie persistante, localisée aux muscles des deux avant-bras, à la suite d'une violente chute à la tête et l'épaule gauche, lui paraît avoir cette étiologie. La naissance des filets nerveux, à des hauteurs différentes de la moelle, expliquent le retour de la motililé des muscles du bras et la persistance de la paralysie dans ceux des avant-bras.
M. Flirtz corrobore celte interprétation par un fait analogue. A la suite d'une violente chute sur les pieds, survint une paralysie absolue des mouvements dans les extrémités inférieures, avec persistance de la sensibilité, coïncidant avec une douleur
PARALYSIES
à la pression des opopliyses épineuses des vertèbres loml:>aires. r.a paralysie a diminué graduellement avec celle-ci, et le malade put marcher ensuite, mais sans que les muscles se con- Iractent par le galvanisme. {Gaz. méd. de Slrasb., n" ^ .)
Paralysie saturnine. Lo concierge du cimetière do Bordeaux avait l'habitude de se chauffer dans son échoppe avec les débris de croix do bois peint. Sa cheminée lirait fort mal et laissait souvent rabattre la fumée à l'intérieur. Cet homme éprouva graduellement une paralysie des muscles extenseurs, surtout de l'avanl-bras, avec quelques légères coliques abdominales. Celle des doigts fut si prononcée, qu'il ne pouvait écrire ni signer son nom. Les mouvements de flexion restèrent assez intacts. Personne ne pensait à l'éliologie du combustible funéraire, lorsque un courant d'air ayant été établi pour éviter la gêne de la fumée, les accidents qui avaient résisté jusque-là à divers traitements, diminuèrent spontanément. [Gaz. des hôp., iï° 25.)
Sans révoquer en doute celte étiologie, on voit que c'est surtout aux mauvaises conditions d'habitation qu'il faut en attribuer l'action toxique. Il est remarquable, d'ailleurs, que la femme de ce concierge qui, plus que lui, sans doute, restait exposée dans l'habitation à l'influence nocive de ces émanalions, n'a jamais présenté de phénomènes saturnins, quoique atteinte d'arthrite dartreuse. Il y a donc lieu au moins à réserve, aussi bien que chez ce journaliste, éprouvant des accidents analogues , qui furent attribués aux émanations des feuilles imprimées, sortant de la presse et provenant des caractères d'imprimerie. Ce sont là des hypothèses plutôt que des réalités.
Paraplégie. Anatomie pathologique. Si la paralysie des membres inférieurs dénote toujours une altération de texture ou de fonction des nerfs rachidiens, il n'est pas aussi facile de déterminer la nature de celte lésion ; souvent le diagnostic ne peut être précisé par la ressemblance, l'uniformité d'altérations diverses. A (e titre, l'observation suivante, recueillie à l'hôpital Middlesex, el présentée à la Royal med and chir. Sociely of London, le 23 janvier, offre un intérêt réel par la rareté des symptômes et surtout les altérations trouvées à l'autopsie.
Il s'agit d'un homme de quarante-cinq ans qui, après avoir
PARALYSIES
joiiid'uno excellenle snnté jusqu'à trenle-huil ans, éprouve ensuite, pendant trois années consécutives, une diminution graduelle de ses forces, puis abolition progressive du mouvement dans les membres inférieurs, jusqu'à la paraplégie complète avec déviation de la colonne en avant. A son entrée à l'hôpital, M. Gibley constata l'abolition complète de tout mouvement volontaire dans la moitié inférieure du corps, avec rétraction et flexion des jambes ; les bras jouissent encore de quelques mouvements et le malade peut porter les aliments à sa bouche, à condition qu'on les ait préalab'ement coupés et placés devant lui. Aux membres inférieurs, abolition complète de la sensibilité, conservée en partie aux mains. Incontinence d'urine;, paralysie du sphincter anal. Enfin, tumeur volumineuse au-dessous du coude gauche et au-dessous de l'arcade crurale du même côté. Mort après un mois de séjour à l'hôpital.
A l'autopsie, rien dans la poitrine ni l'abdomen ; le cerveau et les nerfs crciniens sont sains.
Mais en ouvrant le canal rachidien, on trouve un nombre considérable de tumeurs sur le trajet des nerfs qui se détachent de la moelle, il y en avait plusieurs à la région cervicale, et les plus grosses, atteignant le volume d'une noix, comprimaient la moelle qui était en ce point diminuée de volume et ramollie. Il y avait aussi bon nombre de névromes sur les racines des nerfs, naissant du reste de la moelle, et ces tumeurs étaient sur certains points assez nombreuses pour présenter l'aspect d'un véritable chapelet. La grosse tumeur observée pendant la vie au-dessous du ligament de Poupart n'était autre qu'un névrome du nerf crural ; ce névrome, enfermé dans une capsule fibreuse, présentait à la coupe l'aspect d'une tumeur fibreuse, creusée de kystes de volume variable; le plus grand était de la grosseur d'un œuf, et rempli en partie par des caillots sanguins imparfaitement organisés ; un second, plus petit, renfermait une substance gélatineuse, et les autres, moins volumineux, de la sérosité claire.
Paralysie dn moteur oculaire externe. Diagnostic. Appliquant l'ophthalmoscope à l'étude de cette altération, comme il l'a fait déjà pour beaucoup d'encéphalopathies, M. Bouchut a pu distinguer celles qui sont idiopathiques, essentielles, de nature musculaire, rhumatismale ou syphilitique, sans lésion du système nerveux, de celles qui sont symptomatiques d'une