‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 112 sur 157 · PELLAGRE · texte numérisé non relu

PELLAGRE

tout ici que les différences avec les palliologisles français sont le plus accentuées. Sous ce rapport, les noies de M. Cornil, plus nombreuses dans ce volume que dans le précédent, sont de la plus liaule utilité pour la synonymie et les droits des auteurs français. En ce qui concerne surtout les maladies des centres nerveux, ces notes sont d'une haute importance, en montrant combien de revendications les médecins français pourraient faire et en témoignant hautement qu'ils n'observent et ne travaillent pas moins que les Allemands. Elles éclairent complètement ainsi ce savant irailé de pathologie médicale allemande, fait à un point de vue exclusif, sans doute, mais qui, d'après les idées, les doctrines, les méthodes positives actuelles, est de la plus haute nécessité pour tous les praticiens, comme pouvant seul les initier à ces doctrines, ces méthodes de la pratique médicale d'oulre-Rhin.

Basai de pathologie et clinique médicales, par M. Guinier, professeur agrégé et ancien chef de clinique médicale, à la Faculté de Montpellier, etc., etc. Un vol. in-8° de 561 pages. Librairie Germer Baillière. Réunion de leçons et mémoires sur la pathologie et la pyrétologie, la forme pernicieuse de la fièvre paludéenne, la fièvre typhoïde, la diphlhérie, la pneumonie, la Ihoracocenlèse chez les enfants, le carreau et d'autres sujets, avec une table analytique et alphabétique, rendant les recherches des plus faciles. Sur tous ces sujets divers, on trouve de nombreuses observations cliniques, interprétées suivant la doctrine vitaliste de l'Ecole de Montpellier.

Transactions of the pathological Society of London. (Mémoires de la Société de pathologie de Londres pour l'année 1865- '1866, 7° année). Ce nouveau volume, de près de 500 pages, est divisé sous différents litres suivant les maladies des systèmes organiques. Il réunit ainsi 15 cas de maladies du système nerveux, 13 des organes respiratoires, 34 de ceux de la circulation, 35 de ceux de la digestion, 32 du système osseux, 12 des organes des sens, etc., etc. Nos sociétés françaises ne trouveront-elles pas dans celle division, toute analomique et donnant lieu à des rapprochements utiles pour la pathologie et la thérapeutique, un exemple à imiter dans la compilation de leurs travaux?

PKF>LAGRE. Traité de la pellagre, d'après des observations

l'IïiilCAL.

recueillies en Italie et en Franco avec une enqucMe dans les asiles (faliéni^s, par le docteur lî. Billod, médecin en chef et directeur do l'asile d'aliénés de Sainte-Gemmes. Un vol. in-8", de 650 pages, I 86 'j. Présenté au concours de rinstilut.où il a obtenu une mention très-lionorable et une récompense officieuse, ce livre donne une idée nouvelle de la pellagre, en ne la considérant pas comme une entité pathologique, mais en séparant les trois ordres d'accidents signalés comme la constituant : cutanés, nerveux, digestifs, en autant de maladies dislincles. Les raisons de cette doctrine y sont exposées et spécialement toutes les pièces de l'enquête démontrant la grande part de l'aliénation mentale qui prédispose, suivant l'auteur, à la pellagre, au lieu d'en être toujours la suite, comme on le croyait. Fondateur et représentant de cette doctrine, d'après l'observation, M. Billod a surtout publié cet ouvrage pour la faire [irévaloir, en y réunissant les preuves les plus convaincantes de sa réalité.

PEPSINE. Après plusieurs médecins français, M. Stephenson, médecin de l'hôpital royal des Enfants d'Edimbourg, l'a administrée à ses petits malades avec succès. Contre la constipation résultant d'une digestion imparfaite, l'action a été incontestable aussi bien que contre la diarrhée el les vomissements, ceux-ci étant, bien entendu, toujours produits par l'action imparfaite de l'estomac sur les aliments. Douze observations cliniques témoignent de ces bienfaits. {Bull, de Ihérap., mai.)

Sans qu'il y ail rien de nouveau ici, il est à remarquer que c'est le vin de pepsine qui a été employé dans la plupart de ces cas. Or, ce vin en Angleterre se prépare d'une manière particu lière, décrite dans le DicUonnaire de 1 864.

PÉRKL/VL ou pied de Madura. Un exemple de cette singulière nffeclion endémique, dans une petite partie de l'Inde anglaise, a été observé par M. le docteur Coquerel, à l'hôpital colonial de la Réunion, sur un jeune Indien de vingt-deux ans. D'après l'examen microscopique qu'il a fait de la pièce analomique, au moment où le pied venait d'être amputé, les tumeurs qui kl constituent avaient de petits kystes à parois parfaitement limilées, comme M. Robin l'avait déjà signalé. Mais à l'état frais, il a pu constater, au milieu du liquide séreux qu'ils renferment, de nombreux globules de pus et de sang qui y nagent,

l'EHliONlTE.

el un unuis de matière jaunâtre, manieloiiDée et caséeuse. Des corpuscules de forme assez irrégulière, plus ou moins polyédriques, finemenl «granulés, agglomérés, d'un' diamètre de 3 ii 5/1 00" de millimètre, et qu'il considère comme du pus concret, forment cette matière. Ce n'est que par exception qu'un seul de ces nombreux kystes contenait des éléments différents, c'eslà dire des plaques polyédriques, couvertes de granulations ar rondies très-fines et serrées à bords nets el d'un vert jaunâtre, plus ou moins foncé. (Soc. de biologie.)

PÉRICARDE. Bruil de moulin. Donné comme signe infaillible, palliognomonique de la rupture de cette enveloppe séreuse par Morel-Lavallèe, il a été observé el constaté trèsdistinctement pendant quatre à cinq jours, par M. Tillaux à l'hospice de Bicétre, chez un carrier de vingt el un ans atteint de fracture de la première vertèbre lombaire. Il disparut graduellement ; à l'autopsie, le péricarde fut trouvré intact sans liquide. Mais deux déchirures du poumon gauche causées par des fractures de côtes avaient produit un épanchement sanguin qui a pu y donner lieu par le sang et l'air épanché, dans la plèvre, el battus ensemble par le cœur. 11 n'est donc pas toujours afllrmalif de la rupture du péricarde, {Bull, de ihérap,, n° 31 .)

l»ERlTOi\ITlUi De la périlonile tuberculeuse, par le docteur L. Hemey, ancien interne des hôpitaux de Paris, lauréat de la Faculté el de l'Académie de médecine de Paris, etc., 90 pages in-S", librairie Germer Baillière. Dans celte thèse remarquable, l'auteur a surtout cherché à prouver la grande fréquence de cette affection, soit primitive, soit consécutive. La phlhisie débuterait souvent par elle; en effet, d'après ses observatiolis, la généralisation consécutive des tubercules ferait seule méconnaître ce fait clinique. De même, elle complique si souvent la phlhisie pulmonaire que sur 32 cas entrés du 15 septembre au 1" novembre 1 866, dans le service de M. Vigla, 23 ont présenté une douleur abdominale caractéristique.

Afin de permettre à chacun de contrôler cette fréquence que dci erreurs de diagnostic ont pu seules faire méconnaître, l'au- ' leur a particulièrement insisté sur ce diagnostic et les signes différentiels propres à la faire distinguer des nombreuses affections qui se confondent avec elle. Sous ce rapport, cette mono-

:m IMIAGÉDÈNISME.

graphie préseiito une grande utilité en rappelant el réunissant les observations et les opinions qui se rattachent à ce sujet.

PESSAIRE. C'est avec le duvet de lyplia, phmle aquatique de la f.iinille de ce nom, renfermé dans du tulle très-clair que M. Raciborski les fabrique. Us ont une longueur de 7 à 8 centimètres et remplissent ainsi toute la cavité du vagin. On les introduit à l'aide d'un petit spéculum ad hoc appelé auto-spe'culum parce que les malades peuvent l'introduire elles-mêmes {Acad. de méd.). Ce n'est là qu'une variété des nombreuses matières employées pour le pansement des afTections génitales sans supériorité marquée sur tant d^autres.

PIIAGÉDÉIVISME. Chjorale de potasse. Qu'il y ait plusieurs remèdes contre ce grave symptôme des plaies ulcéreuses, rien d'étonnant, puisque celles-ci sont le résultat de causes générales et spécifiques, comme le cancer, la scrofule, la syphilis ; mais que le chlorate de potasse les guérisse indistinctement, on le comprend moins. Comment expliquer qu'il guérisse également bien un bubon, un chancre phagédénique et un ulcère simple du cou ou de la jambe n'ayant rien de spécifique ? C'est pourtant ce qui résulte de l'historique et de faits récents consignés dans un mémoire de M. le docteur Tillot sur ce sujet. {Bull, de Ihér. ; mars.) On connaît, en effet, les beiiux succès obtenus avec ce médicament contre le cancroide ; mais tandis que ce ne sont là que des exceptions rares, il est de règle, au contraire, de le voir réussir contre le phagédénisme syphilitique. Tiré de l'oubli dans ces derniers temps par son efficacité éclatante dans la stomatite mercurielle ulcéreuse, il a été vanté également dans la syphilis infantile constitutionnelle, el c'est contre un bubon phagédénique que M. Gaujot en a mis les propriétés anlivirulentes hors de contestation. Aussi bien, tout en soutenant qu'il convient contre le phagédénisme en général, M. Tillot, dans les sept observations rétrospectives qu'il fournit à l'appui, ne cite-t-il qu'une seule observation d'ulcère simple, et encore est-elle peu concluante, tandis que les six autres sont des chancres ou des bubons vénériens. 11 en confirme donc seulement ainsi l'action spécifique. Jusqu'à plus ample informé, il n'y a pas lieu d'en généraliser les propriétés, car les observations sur lesquelles on s'appuie n'ont peut-être pas toute la rigueur voulue. Des expérimentations intéressantes sont encore à faire pour éclaircir ce sujet.

PlIOSPHOUE. 3GI

On l'emploie lopiquement, en solution ou en pommade, à la dose de 2 à 4 grammes pour 100 d'eau, et de 2 à 10 pour -100 d'axonge ou de glycérine. La première forme est préférable pour l'absorption et le renouvellement facile des pansements .

PHIMOSIS. Canlérisaiion linéaire. Consulté pour cet accident congénital qui semblait la cause d'une infécondité prolongée, M. Baudin l'opéra de la manière suivante : Armé d'une pince porte-caustique à recouvrements , dont les cuvettes furent remplies de pâle de caustique Filhos, puis de pâle de chlorure de zinc, il saisit et cautérisa toute l'épaisseur du prépuce du côté de la face du gland. Commencée dans l'aprèsmidi, la cautérisation était complète à une heure peu avancée de la soirée. Là pince fut retirée. L'eschare tomba quatorze jours après, et la cicatrisation se fit bientôt. {Gaz. méd. de Lyon.)

Pour les individus pusillanimes, que l'inslrunient effraye, c'est un moyen simple et innocent d'y suppléer.

PHOSPHORE. Contradicloirement aux expériences do IMM. Munk et Leyden, qui admettent qu'il ne passe pas en nature dans le sang oîi il ne serait pas soluble, mais à l'étal d'acide phosphorique après sa décomposition dans l'estomac, le professeur von Bamberger, en trouvant la muqueuse de cet organe intacte, conclut à son absorption directe, ce qui ne pouvait faire doute après les expériences de MM. Tardieu et Roussin, démontrant l'action toxique du phosphore, tandis que ses dérivés, acide phosphorique, phosphoreux et hypophosphoreux n'ont pas cette action. Il l'a. d ailleurs, vu traverser les tissus vivants par la dyalise.

Il n'a trouvé non plus l'altération des globules sanguins que consécutivement et non primitivement comme dans l'empoisonnement par les acides. Quant à la production de la polystéalose, que l'on a voulu rattacher à la présence d'une grande quantité de graisse dans le sang sous l'action du phosphore, la diminution de cette graisse ayant été constatée, cette étiologie est ruinée. [IVilrzb. med. Zeilschr., 1" livraison.)

La réduction rapide et complète du sulfate de cuivre par le phosphore le fait considérer comme son antidote par le même auteur. Il conseille donc de traiter l'empoisonnement par une solution de sulfate de cuivre à dose vomitive, puis de l'étendre

GAKNIER. 2i

pnTiiisiK.

de manière qu'elle t^oil tolérée, absorbée, iJuiis le cas coi. traire, on la remplacera par une solution de carbonate de cuiYr(; à la dose de 20 à iO centigrammes dans un peu d'eau, et précédée d'une cuillerée à bouche de vinaigre, La glace sera administrée dans l'inlervallo pour éviter les vomissements et l'évaporalion du poison. [Gaz. hcbd. n" 31.)

Le sous-acélale ou verdet pourrait être également employé ;i petite dose?

M. Blondlota eu recours à la sublimation dans une atmosphère d'azote raréfiée. Il a obtenu des cristaux d'un éclat comparable à celui du diamant. Plusieurs des petits cristaux isolés lui ont paru des cubes réguliers, d'autres des octaèdres. Quand le phosphore a été convenablement préservé de la lumière, il est du plus beau blanc, mais le moindre rayon lumineux le fait passer au rouge grenat. [Moniteur scientifique du Quesneville.)

PIITHISIE, Séméiologie. Tissu imlmonaire dans les crachats. Un nouveau procédé pour la recherche du tissu pulmonaire dans l'expectoration a donné au docteur Samuel Fenwick des résultais inconnus jusqu'ici. Au lieu d'étendre les crachais sur une surface plane, et d'en saisir avec des aiguilles les débris de fibres élastiques pour les soumettre à l'examen microscopique, il les dissout dans une solution de soude qu'il porte ensuite à l'ébullition ; puis, en plaçant le résidu dans un verre à expérience, il soumet le précipité qui se dépose au fond sur le champ du microscope comme pour l'examen des sédiments de l'urine. Sur cent expériences ainsi faites de crachais provenant de phlhisiques ou soupçonnés tels, il a recueilli des particules de tissu pulmonaire dans l'ordre de fréquence suivant

Sur vingt-trois cas où le tubercule paraissait à la première période, dont seize présentaient des signes stéthoscopiques, ces parcelles furent constatées treize fois. Dans les sept autres cas où le diagnostic résultait seulement de symptômes généraux sans signes physiques, le résultat fut nul.

Dans vingt-quatre cas où le ramollissement était révélé par l'auscultation, la présence du tissu pulmonaire fut constante dans les crachats. Dans quinze où ces signes étaient douteux, le résultai fut négatif dans huit.

Dans les Irente-cinq cas où des cavernes étaient manifestes, des fragments de tissu pulmonaire furent également constatés

PHTilisilî. :m

dans tous, tandis que, dans deux où la dilalatioii des bronclies avait clé diagnostiquée, on n'en t'ouva pas trace.

Le plus souvent ces fragments, variant d'un centième à un six-millième de grain anglais, étaient au nombre de cinqiuinle ;i soixante, et s'élevaient jusqu'à liuit cents dans l'expectoration de vingt-quatre lieures d'un seul malade. Leur volume était, en général, moindre dans la période de ramollissement que dans les cas de cavernes. Ainsi, le plus grand nombre fut trouvé dans la première période, et les plus larges fragments dans la dernière, {lloy. meil. andsitrg. Socicly.)

A en juger par ces premiers résultats, la présence de ces débris pourrait être un nouveau signe de tubercule au moment où les autres font précisément défaut. Sous ce rapport, ces recherches ont donc une importance qui ne peut être méconnue.

Inoculation. — Pour contrôler les résultats imprévus annoncés l'année dernière à ce sujet (voy. annéelseS), IM. Hérard, aidé de Cornil, a soumis de nouveau des lapins à l'inoculation. Sur sept âgés d'environ six semaines, six ont été placés dans une grande caisse rectangulaire où ils pouvaient se mouvoir et respirer à l'aise. Le septième a été laissé en liberté sans être soumis à l'inoculation non plus qu'un des six autres. Des cinq restants, trois ont été inoculés exclusivement avec la matière des granulations tuberculeuses grises, demi-transparentes ou opaques, jaunâtres, recueillies sur le péritoine et les plèvres d'un phthisique; les doux derniers, avec la matière caséeusc extraite avec précaution des poumons, matière caséeuse considérée encore par la majorité des médecins comme le type du tubercule, mais qui n'est en réalité qu'une pneumonie catarrhale arrivée à la période régressive graisseuse (pneumonie caséeuse) .

Avec un bistouri à lame étroite, une ponction sous-cutanée était faite vers la base de l'oreille, suivant le procédé opératoire indiqué par M. 'Villemin, et dans cette plaie de petits fragments de ces substances, désagrégées préalablement en les triturant avec la pointe de l'instrument, étaient insinuées les 12 décembre et le 1 janvier.

Les sept lapins, placés dans une vaste cave suffisamment aérée et convenablement nourris, ont été sacrifiés, environ deux mois après la première inoculation. L'examen des organes des deux lapins non inoculés n'ont présenté aucune lésion des

l'HTlIISIE.

poumons ni des autres viscères que l'on pûL rapporter à la tuberculose. Le résultat a été également, négatif pour les deux lapins auxquels avait été inoculée la matière caséeuse pulmonaire. Quant aux lapins inoculés exclusivement avec la matière des granulations, deux d'entre eux (le troisième étant réserve pour une expérimentation plus prolongée) ont offert dans les poumons des lésions manifestement tuberculeuses, quoique encore peu avancées, consistant en un groupe de plusieurs petites granulations semi-transparentes, dures, grises, se coupant facilement, donnant une section plane avec des parties un peu opaaues au centre. Leur tissu, assez résistant, était composé de Irès-potits noyaux sphériques, agglomérés, réunis par une matière granuleuse ou par des fibres. Ces granulations ressemblant exactement à celles de l'homme, étaient identiques pour l'aspect extérieur et la composition histologique, comme M. Cornil s'en est assuré, avec celles que contenaient les poumons des lapins inoculés par M. Villemin, et mis obligeamment à la disposition des deux savants expérimentateurs.

Chez l'un de ces deux lapins, le lobe inférieur du poumon était fortement congestionné dans une assez grande étendue, et de grandes cellules épilhéliales en multiplication endogène et des leucocytes existaient dans les parties voisines des granulations.

On apercevait, en outre, sous la peau du cou du côté inoculé, comme un chapelet de gros ganglions ramollis et jaunâtres, dont un mesurait environ 1 centimètre 1 /2 en longueur. Leur tissu pulpeux, opaque, s'écrasait en une bouillie caséeuse, épaisse, et l'on y reconnaissait, au microscope, avec la trame du ganglion, des cellules lympathiques, noyaux ou petites cellules, plus grosses en général qu'à l'état normal, et infiltrées de fines granulations proléiques et graisseuses.

Le péritoine renfermait beaucoup de vers vésiculaires, et le foie d'un des deux lapins montrait de petits points jaunes et gris, qu'au premier abord, ainsi qu'en a fait la remarque M. Villemin, on aurait pu prendre pour des granulations tuberculeuses, mais où lexamen microscopique permettait de découvrir les œufs parfaitement reconnaissables d'helminthes parasites, très-communs chez les lapins.

Ces lapins ne toussaient pas; celui qui portait les lésions les plus prononcées semblait avoir la respiration gênée ; tous deux avaient notablement maigri, et présentaient une eschare assez

PHTHISIK.

profonde au niveau de la piirlie supérieure de la cuisse. Celle escliare était-elle le résultat d'un trouble nutritif ou de toute autre cause? C'est à vérifier, mais il est certain qu'aucun des autres lapins, inoculés ou non, n'ofîrait une semblable lésion.

Ces faits confirment donc de tout point ceux de M. Villemin et établissent une distinciion très- importante, capitale entre la granulation, lésion spécifique, caractéristique de la tuberculose et les produits inflammaloirescaséeux qui se développent autour d'elle. (Soc. méd. des hôp. , février.)

Un contrôle non moins habile et décisif est celui de M. le professeur Lebert, de Breslau, qui, par cinq observations détaillées avec autopsie des tuberculeux sur lesquels la matière de l'inoculation a été prise aussi bien que des animaux qui ont servi aux expériences, ne laisse subsister aucun doute à cet égard. En voici le résumé :

Première expérience. — Tubercules pulmonaires et intestinaux chez un homme de quarante-deux ans. Inoculation et injection sous-cutanée de matière tuberculeuse délayée. Amaigrissement et affaiblissement progressif de l'animal, avec anasarque et ascite à la fin ; mort au bout de quatre mois et demi. A l'autopsie, tubercules nombreux dans les poumons, dans les glandes bronchiques, dans tout le système lymphatique, dans la rate et autour du testicule droit. Tubercules et inflammation du tissu conjonctif, ressemblant à la cirrhose, dans le foie.

Deuxième expérience. — État fébrile, d'apparence catarrhale, signes d'un catarrhe pharyngé intense, affaiblissement rapide, mort au bout de six semaines de maladie. Autopsie : Ulcères du pharynx, laryngite, ulcères trachéaux, tuberculisalion miliaire dans toute l'étendue des poumons. Inoculation d'un lapin, apparence de bonne santé, infiltration grise et granulations du lobe supérieur du poumon droit, granulations tuberculeuses surtout dans le lobe inférieur droit, une seule dans le poumon gauche.

Troisième expérience. — Tubercules pulmonaires à marche rapide, signes de laryngite, mort au bout de deux mois et demi environ. A l'autopsie : tubercules nombreux disséminés, bronchectasie,en outre vraies cavernes tuberculeuses, pneumonie à marche lente dans la partie supérieure du poumon gauche. — Inoculation d'un lapin ; formation successive d'abcès; mort au

:i(>C PHTIIISIE.

bout de deux mois : dans chaque poumon granulations demitranspnrentes, siégeant dans les alvéoles, quelques granulations dans le foie, abcès sons-cutanés.

Quatrième expérience. — Inoculation d'un cochon d'Inde avec le contenu d'une caverne tuberculeuse, provenant de l'autopsie de l'observation |)récédente. Mort au bout do trois jours, probablement par infection putride.

Cinqnième expérience. — Tubercules du cerveau, des sommets pulmonaires, de l'intestin avec ulcères; petit ulcère de l'estomac; hypertrophie considérable des glandes bronchiques et mésentériques. Injection sous-cutanée avec de la matière délayée de ces glandes ; mort au bout do neuf jours. Long trajet listuleux, sanieux, ghindes lymphatiques engorgées autour, abcès dans l'une d'elles, péritonite suppurative générale, altération cellulaire par places circonscrites dans le foie; rate molle et tuméfiée.

Faitès sur deux lapins et trois cochons d'Inde, ces expériences ont eu lieu par injection sous-cutanée, de préférence aux incisions (Voy. Injections), sous la peau de la nuque choisie à l'exclusion de tout autre endroit avec 30 centigrammes à 1 gramme de matière tuberculeuse, délayée, triturée avec quantité suffisante d'eau distillée. Cette matière jaune ou grisâtre, demi-transparente, provenait une fois d'une caverne tuberculeuse et une fois d'une glande mésentérique tuméfiée et hypertrophiée non tuberculeuse, mais provenant d'un enfant tuberculeux.

Les symptômes observés chez les animaux ont beaucoup varié selon la matière employée et la prédisposition individuelle. Un lapin, auquel de la matière tuberculeuse avait été injectée, avait l'air de se porter parfaitement bien. Tué quatie mois et demi après l'inoculation, il présenta cependant des tubercules pulmonaires, bien qu'en petit nombre. Desdeux autres animaux rendus tuberculeux par l'injection, l'un, un lapin, a péri au bout de deux mois, ayant maigri, présenté un élat fébrile et après avoir eu un certain nombre d'abcès sous-cutanés. Son état avait de la ressemblance aveclapyohémie; il présenta, du reste, ii l'autopsie, un certain nombre de tubercules dans les poumons. Le troisième animal, un cochon d'Inde, succomba quatre mois et demi après l'injection de matière tuberculeuse,

rflTHISlE. ^<57

Lrès-amnigri, liydropiMiie , alfaibli, ayant cessé presque de manger. Deux fois sur trois l'irritation locale par l'injection a été forte et prolongée. Chez un des lapins, deux tumeurs phlegmoneuses,dont l'une suppurée ; chez l'autre, suppuration étendue et abcès sous-cutanés multiples. Chez les deux animaux auxquels de la matière non tuberculeuse, mais provenant de sujets tuberculeux, a été injectée, l'irritation locale a é(é forte aussi, provoquant chez l'un des cochons d'Inde un foyer sanieus, sans guérison de la piqûre d'injection, et, chez l'autre un long trajet fiàtuleux avec inflammation ambiante et engorgement des glandes lymphatiques dont l'une même était en suppuration.

Celte irritation locale si forte, et en disproportion avec les qualités physiques apparentes des matières employées, bien plus irritantes que le phosphore môme, est très-remarquable. L'effet septihémiquedu liquide de la caverne vient à l'appui de l'observation depuis longtemps faite de l'action irritante, quelquefois septihémique du liquide des cavernes dans le pneumothorax, tandis que l'introduction de l'air dans le thorax pendant l'opération de la Ihoracocenlèse est à peu près sans inconvénients graves.

Il est digne de remarque aussi, que l'un des animaux avait succombé par suite d'une vaste suppuration et d'abcès souscutanés multiples, d'une façon qui ressemble ainsi à la pyohémie, car les tubercules pulmonaires étaient trop peu nombreux et peu avancés pour occasionner la mort. L'infection générale est encore plus manifeste chez l'animal qui, après l'injection de matière glandulaire, périt au bout de neuf jours avec une péritonite suppurée qu'aucune relation de continuité ne reliait à la plaie suppurée de l'injection.

Parmi les phénomènes consécutifs à l injection, il faut encore citer l'hydropisie du cochon d'Inde de la première expérience. Si l'ascite et l'œdème du mésentère, ainsi que de l'épiploon, s'expliquent par l'inflammation cirrhotique du foie et par l'obstruction tuberculeuse des glandes mésentériques, il ne reste pour l'anasarque d'autre explication que l'obstruction de toutes les glandes lymphatiques de la surface du corps, forme d'hydropisie rare chez l'homme et ordinairement accompagnée d'états morbides si compliqués, que l'hydropisie lymphatique n'a pas encore pu trouver une place à part dans le cadre nosologique.

Quant à ralléralion tuberculeuse, l'aulopsie l'a fait reconnaître

l'HTHISIE.

chez les animaux auxquels la malicre tuberculeuse a été injectée : sur trois expériences il y a eu trois succès, le liquide de lu caverne ne pouvant pas compter comme matière tuberculeuse inoculable.

Dans les trois cas , les poumons étaient atteints de préférence : une fois il n'y avait qu'une douzaine do tubercules dans l'un et un seul dans l'autre poumon; une fuis une douzaine dans chaque poumon ; dans lo troisième cas les deux poumons de l'animal en contenaient un grand nombre. La préférence pour le sommet ne paraît point, exister, et l'on comprend la possibilité de celle dilTérence entre l'homme qui marche debout et l'animal qui marche à quatre pattes, les poumons plutôt dans une position horizontale. Dans l'une de ces trois expériences, il y avait en outre quelques tubercules dans le foie, et dans la plus complètement réussie de toutes où l'organisme en était infecté, il y en avait un très-grand nombre dans les poumons et la plèvre, dans le foie, plusieurs sur l'épicarde, dans la rate, un dans le voisinage du testicule droit; tout le système lymphatique en était atteint, comme M. Lebert ne l'avait jamais observé sur l'homme dans une telle extension pnr rapport aux glandes lymphatiques, tant sous-cutanées et musculaires que viscérales.

Rien de plus caractéristique que les tubercules pulmonaires de ces animaux; et ici il faut aller au-devant d'une objection. Ayant disséqué un grand nombre de lapins et de cochons d'Inde, l'auteur n'a rien trouvé de plus rare chez eux que la tuberculisalion, au moins à Breslau; à moins que l'on ne confonde avec le tubercule ces petites niasses jaunes du foie du lapin formées d'une agglomération d'œufs d'helminthes, erreur des plus faciles à éviter. Déplus, les tubercules étaient trop évidemment dans leur période plastique de développement , une des expériences en fournit entre autres une extension inusitée; les animaux offraient, en outre, toutes les apparences de la santé.

Le volume des tubercules variait depuis une petite tôle d'épingle jusqu'au volume ordinaire des granulations tuberculeuses, celui d'un grain de chènevis, d'une lentille, et tous les intermédiairesjusqu'à de petites infiltrations tuberculeuses lobulaire?, ayant envahi par confluence la majeure partie des alvéoles d'un lobule pulmonaire. Il y avait au début la coloration grise et la demi- transparence, puis opaque au centre, et ensuit^ loiîs les intermédiaires jusqu'au tubercule jaune, et, en

PHTHISIE. 369 outre, des tubercules disséminés ou groupés, des infiîlrations o-rises et jaunes, et dans les infiltralions plus étendues la combinaison entre l'inflammation ambiante et le tubercule.

La substance pulmonaire entourant les tubercules était, du reste, comme chez l'homme, loin d'offrir ordinairement cet état phlegmasique ; sans compter la localisation toute bornée d'un simple liséré hyperplasique qui entoure le tubercule et qui même pourrait bien lui appartenir en propre, il y avait, outre l'élat inflammatoire, tous les passages entre un liséré simplement congestionné, parfois œdémateux, sans infiltration ni hépalisalion, un lissu à peu près normal et un tissu flasque et anémique, ce qui n'est même pas rare.

A la coupe, la granulation tuberculeuse et le tubercule jaune offrent le même état compacte, îa même consistance élastique que chez l'homme, et ce n'est que dans les infiltrations un peu plus étendues des poumons et des glandes lymphatiques que l'on voit apparaître peu à peu l'aspect et la consistance jaune caséeuse, d'abord dans les glandes, puis des tubercules disséminés qui peu à peu deviennent confluents. Sur le nombre très-considérable de ces glandes, une seule renfermait un petit foyer purulent, qui vient à l'appui de mon opinion : que l'on a exagéré la fréquence de l'origine inflammatoire dans le développement de la tuberculisation glandulaire, travail phlegmasique bien plus souvent consécutif que primitif. 11 n'est pas sans intérêt de voir les alvéoles pulmonaires et leur tissu connectif, ainsi que le tissu cellulaire sous-pleural, devenir le point de départ des tubercules communiqués par injection sous-cutanée.

Si dans ces expériences, les tubercules des divers organes ont présenté le même mode d'évolution que chez l'homme, il y a un fait exceptionnel, c'est l'état inflammatoire du tissu connectif de la surface et de l'intérieur du foie, état ressemblant beaucoup à la cirrhose commençante et qui rend probable que les granulations tuberculeuses, tout en donnant peut-être l'impulsion, ont trouvé une prédisposition marquée à cette altération remarquable.

L'examen au microscope vient confirmer tout à fait l'identité des tubercules des animaux d'expérimentation avec ceux de l'homme. Sans compter les restes d'alvéoles pulmonaires, il y avait dans tous les tubercules pulmonaires, gris ou jaunes, de môme que dans ceux des autres organes et tout particulièrement dans les tubercules des glandes lymphatiques, des

l'irriiisiii.

cellules exlrfimemonl nombreuses entourées d'une substance intercellulaire peuiibondante, transparente on légoreinent granuleuse par places. (]es cellules étaient ou rondos ou ii péripliérie irrégulière, renfermant do petits granules, fort peu de graisse, môme clans le tubercule jaune, exceptionnellement un petit noyau distinct, et leur grandeur allait depuis la moitié jusqu'un peu au-dossus du volume d'une cellulo du pus; celles-ci étaient du reste complètement diiïéronlos là où il y avait suppuration, et aucun passage ne reliait entre eux le tubercule et l'abcès glandulaire dans les pièces examinées.

M. Villemin a aussi répété ses premières inoculations, dont les résultats ont été absolument confirmatifs des précédents. Sur 9 nouveaux lapins inoculés avec du tubercule de provenance humaine, un seul s'est montré indemne. Ainsi, sur nn total de 2 2 lapins, 2 seulement ont échappé aux conséquences de l'inoculation du tubercule pris sur l'homme; ce qui montre une aptitude toute spéciale de cet animal pour la phthisie.

11 n'en est pas de même, heureusement, de beaucoup d'autres espèces dans l'échelle zoologique, comme M .Villemin l'a démontré on étendant le cercle de ses expériences. Conformément à cette loi que les maladies spécifiques n'existent et ne se propagent qu'à certaines espèces zoologiques déterminées, contrairement uux affectoins banales, qui se développent sur l'universalité des animaux sous l'incitation des agents étiologiques ordinaires, il a montré qu'en dehors de l'homn e qui a malheureusement une aptitude spéciale pour la plitliisie, il n'y a guère que le singe, la vache, le lapin, et quelques rongeurs analogues, comme le cochon d'Inde, susceptibles de devenir tuberculeux. De là la spécificité du tubercule comme la morve, la syphilis, etc.

Chez la vache, par exemple, il y a la pommelière dont la nature tuberculeuse a été contestée. Ce point litigieux, difficile à résoudre par les moyens ordinaires, l'a été péremptoirement par l'inoculation d'un lapin avec la matière provenant de cette maladie. L'animal a été atteint d'une phthisie aiguë et généralisée, d'une intensité ordinaire. Au bout de deux mois, il était arrivé au marasme le plus complet, et présentait à l'autopsie, des tubercules excessivement abondants dans les poumons, la plèvre, la rate, le fpie, les côtes, les reins, le péritoine, l'intestin, les ganglions mésentériques, etc.

La matière tubprculeuse développée sur un lapin par suite

PUTHISIK

d'inocuifltion, nyant été prise immédialemeiil aprè-^ que celui-ci a été sacrifié, alors qu'il était encore tout chaud, le cœur battant encore, et inoculée à trois autres lapins, ceux-ci présentèrent, après Irès-peu de temps, une tuberculisation généralisée. L'un d'eux succomba au bout de deux mois juste La marche de l'affection avait revêtu un tel degré d'acuité, que les poumons contenaient à peine quelques parcelles de tissu sain. Le foie, la rate, les reins, la plèvre, étaient aussi semés de tubercules. Les mômes lésions furent constatées chez les deux la • pins, à des degrés moindres. En montrant que c'est bien là une matière spécifique, ces expériences tendraient à prouver aussi que, comme tous les virus, elle est d'autant plus active que son état est plus frais. Mais peut-être aussi celte activité variet-elle selon l'analogie plus ou moins grande entre l'organisme qni donne le virus et celui qui le reçoit.

Le cochon d'Inde est, aussi bien que le lapin, un réactif sensible à l'agent étiologique de la tuberculose, comme il résulte des expériences de M. Lebert. Deux de ces rongeurs, inoculés par M. Villemin, ont succombé, l'un après deux mois d'inoculation et l'autre après trois mois et quelques jours en présentant tous deux des tubercules extrêmement abondants dans la plupart des organes : poumons, foie, rate, ganglions lymphatiques.

Au contraire, la matière du tubercule de l'homme inoculée au chien, au chat, au mouton, à la chèvre, au cochon, aux oi seaux, n'adonnéque des résultats à peu près négatifs. De quatre chiens inoculés, un seul a présenté après cinq mois quelques rares tubercules dans un poumon et dans les ganglions bronchiques. Un autre est tombé dans le marasme et n'a offert que des ulcérations dans l'œsophage et le gros intestin. Chez trois jeunes chats, l'expérience a donné un résultat douteux chez l'un, et a réussi chez un autre avec quelques granulations tuberculeuses dans les deux poumons. Quatre moutons inoculés et sacrifiés n'ont rien présenté, l'un d'eux resté vivant n'a offert aucun signe appréciable de phlhisie, et de même d'une chèvre. Un coq et un ramier n'ont présenté aucune trace de tuberculisation, après plusieurs mois d'inoculation. [Acad. de méd., octobre.)

Ce n'est pas que plusieurs de ces animaux ne présentent des lésions locales qui peuvent simuler le tubercule. Plusieurs observations ont été rapportées tendant à faire admettre qu'il se

372 l'IlTlIISIË.

développe chez eux; mais en les examinaiil, en les passant an crible d'une saine critique scientiûque, M. Villemin a prouM qu'elles étaient à peu près toutes insignifiantes ou négatives 11 a mis hors de doute, que les afléctions parasitaires sont la cause la plus habituelle du malentendu qui a fait admettre l'universalité de la tuberculose. L'erreur se déguise d'autanl mieux que le développement des parasites se produit habituellement sur des animaux vivant au milieu des conditions répu tées favorables à la production de la phthisie, comme l'habitation en commun dans des lieux bas et humides, le confinemeni, le parquage des ménageries, etc. ; circonstances qui favorisent la pullulation des entozoaires. Si l'on ajoute que ces parasites ayant pour habitat les organes respiratoires déterminent des troubles fonctionnels d'une analogie des plus grandes avec les accidents de la tuberculose, comme la toux, la dyspnée, l'amaigrissement, qui appellent si naturellement la dénomination de phthisie que dans bien des cas on s'est contenté de cet ensemble symptonialique pour affirmer son existence, on aura l'explication de cette méprise.

Cela fait comprendre aussi comment certains observateurs ont été amenés à regarder les parasites comme le point de départ des lésions tuberculeuses, et donne une idée de la confusion qui a régné et qui règne encore aujourd'hui sur la tuberculose et beaucoup d'affections parasitaires.

Il ne faut pas ignorer dans l'étude des lésions vermineuses qui simulent les tubercules que l'examen microscopique peut rester infructueux dans plusieurs cas. Lorsque les parasites ont disparu, que les processus vermineux, parvenus aux dernières périodes de la métamorphose régressive ne permettent plus de saisir aucune trace d'organisation, le microscope n'apporte pas beaucoup de lumières à la détermination de la nature de la lésion. Cet instrument ne laisse pas non plus que d'être parfois fort incertain dans ses résultats lorsqu'il s'agit d'altérations moins avancées dans leur évolution. La composition des petites tumeurs parasitiques a souvent une très-grande ressemblance avec l'organisation des tubercules vrais. L'accumulation de petites cellules et de noyaux constitue ces espèces de tissus que les Allemands appellent tissus de granulation, et que l'on retrouve avec des nuances différentielles souvent peu accusées dans les productions tuberculeuses.

L'inoculation pourra servir à éclairer bien des faits relatifs à

PlITHISIE.

la phlhisie. FI fiuil la lenler sur le plus d'animaux possible, mais n'espérer la voir réussir que sur les espèces susceptibles d'offrir la manifestation naturelle de cette maladie. Telle est la loi qui domine toutes les maladies spécifiques et virulentes. {Gas. hebd., n°' 42, 43 et 45.)

II suit de là : 1° que c'est en considérant toute petite tumeur comme un tubercule spécial, en regardant les consistances caséeuse, plâtreuse et crétacée, comme le caractère spécifique de la matière tuberculeuse, enfin en prenant pour des symptômes de tuberculisation les accidents de consomption de causes diverses, que l'on a conclu à la phthisie de beaucoup d'animaux; 2° qu'en dehors de l'homme, il n'y a guère que le singe, la vache et peut-être le lapin, qui offrent des exemples incontestables de phthisie tuberculeuse; 3" que les soi-disant tubercules trouvés sur la plupart des autres espèces animales sont en grande partie des lésions déterminées par des parasites ou indirectement provoquées par eux.

En vue de savoir si l'absorption par les voies respiratoires pouvait amener l'infection tuberculeuse, M. Villemin a pris sur un homme de la matière tuberculeuse ramollie, triturée sur les bords d'une assiette et délayée dans de l'eau en rejetant les débris un peu gros; puis, au moyen d'une seringue à dard, il a injecté, dans la trachée de deux hipins, un demi-centimètre cube de celte eau troublée par le tubercule délayé. La trachée avait été préalablement découverte par une incision.

Un de ces lapins devint tuberculeux et l'autre résista.

Cette expérience ne remplit pas son but. De la matière tuberculeuse peut tomber sur la plaie et reproduire, par conséquent, les conditions d'une inoculation ordinaire.

Inoculation de la matière prise au lieu d'inoculation. — Pour savoir si, à l'exemple des autres maladies inoculables, le principe morbide de la tuberculose se reproduit au point d'inoculation, deux lapins ont été inoculés avec de la matière caséeuse exprimée du tubercule développé sous la piqûre d'inoculation que portait un lapin vivant et inoculé lui-même depuis vingt jours. Ces deux lapins offrent, au bout de quatre à cinq mois, une abondante tuberculisation.

Ces expériences montrent une fois de plus la grande analogie entre la tuberculose et les maladies virulentes.

^7/1 PHTHISIK.

Durée d'incubalion. — Essayant aussi de délerminor à peu près l'époque do l'apparition des tubercules dans les poumons et les autres viscères, M. Villemin a également inoculé un lapin pendant qu'il avait la diarrhée, lequel succomija à cette maladie dix jours après son inoculation en présentant une petite granulation transparente dans un des poumons.

Un autre lapin, pris au hasard parmi ceux qui étaient inoculés depuis vingt jours, avait dans un poumon doux petites granulations naissantes, d'une transparence remarquable, dures et résistantes.

Un lapin inoculé avec du tubercule pris sur un autre lapin qui venait d'ôlre tué oITrit, au bout de vingt-huit jours, des tubercules nombreux dans les poumons, la raie et Its reins.

La loi de M. Louis s'est manifestée avec constance. On voit que l'éruption tuberculeuse du poumon semble commencer du dixième au vingtième jour, et que dans les cas ou les tubercules se généralisent, ils apparaissent déjà dans les reins et la rate avant le vingt-huitième jour.

Influence de la tuberculose sur la parluriHon et son produit. — La question de l'hérédité occupe une grande place dans l'histoire de la phthisie, et la solution de ce problème est fort complexe. Les faits qui s'y rattachent pourront facilement s'éclairer par l'expérimentation sur les animaux dont les accouplements se font à notre gré.

La tuberculose a eu pour effet, chez les lapins et les cochons d'Inde, l'avortement ou la mort prématurée des petits, qui paraît devoir être attribué à l'insuffisance de la sécrétion lactée des mères et à leur négligence à l'égard de leur lignée. Sur le plus grand nombre des petits lapins morts le jour de 'eur naissance, ou bien un ou deux jours après, l'estomac était vide, une seule fois exceptée. Ce qui tendrait à faire croire que la mort avait été causée par l'inanition. Aucun d'eux n'avait do tubercules.

Deux seulement ont vécu environ cinq mois, mais en restant chélifs, rabougris, et n'ont guère atteint plus delà moitié de la taille des sujets de leur âge. Ils ont présenté un développement excessif de l'abdomen avec pelage terne et laid, et sont morts d'uno affection étrangère à la tuberculose, en mémo temps que plusieurs autres jeunes lopins de bonne provenance. Ces deux lapins descendants de parents phthisiques n'ont présenté aucune

PIITIIISIE.

Iraco de liiberculisalion. (/Icai/. de méd., octobre.)— Voy. Pitni-

TONITB TUnEnCOLF.USK.

De la pluhisie pulmonaire. — Étude anatomo-pathologique Gl clinique par M. Hérard, médecin de l'hôpital Lariboisière, Ole, etc., et Cornil, chef de clinique de la Faculté do médecine de Paris, un beau volume in-8" de 750 pages avec 27 figures intercalées dans le texte, et 3 planches chromo-lilhographiées ainsi qu'une table analytique. Librairie Germer Baillière.

Alliant entre elles et la clinique française dontM. Hérard est aujourd'hui l'un des plus distingués représentants, et l'histologie fine, sévère, minutieuse des Allemands, dont M. Cornil est l'un des plus fervents propagateurs parmi nous, ces deux autours ont fait une œuvre nouvelle pour ainsi dire sur un sujet connu de toute antiquité. C'est à tel point que les médecins de trente ans familiarisés avec l'ouvrage de M. Louis, le plus récent sur la matière, auront de la peine à se reconnaître dans celui-ci par les divisions nouvelles qui le caractérisent. Partant de celte donnée histologique d'origine allemande, que la granulation miliaire semi-transparente ou opaque est la lésion primordiale, spécifique du tubercule et véritablement caractéristique de la diathèse, contrairement à l'enseignement de M. Empis, qui en a fait une maladie distincte sous le nom de granulie, les auteurs en commencent la description comme formant la base de tout leur travail. Ils l'éludient en général, et dans les divers tissus en particulier. Toutes les altérations consécutives ne sont considérées que comme la suite, le symptôme de celle-ci. Les masses jaunâtres caséeuses, considérées par Laennec et son école comme tuberculeuses et héléromorphes, ne figurent ainsi que comme des pneumonies lobulaires ou lobaires, dont les produits exsudés ont subi la dégénérescence granulo-graisseuse.

Cette phthisie granuleuse est donc étudiée pour son diagnostic et ses symptômes dans la deuxième partie sous ses différents aspects : généralisée ou partielle dans les divers organes, simple ou compliquée, aiguë et chronique, avec de nombreuses observations à l'appui et des figures noires montrant l'état réel des parties. Les anciennes distinctions de phthisie aiguë, galopante, chronique et autres, ne sont là que pour mémoire ot comme synonymes. Colle-ci, la plus ordinaire et qui se présente tous les jours, est ainsi désignée sous lo nom de plukinii' (jrcnnileuse parliel/e. C'est pour en éclairer le diagnostic difTére»tiQ;|

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