‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 12 sur 157 · ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

ALLAITEMENT

Traité de la médecine légale des aliénés dans ses rapports avec la capacité civile et la responsabilité juridique des individus atteints de diverses affections aiguës ou chroniques du système nerveux, d'infirmités congénitales (surdi-mutilé, cécifé), d'arrêt do développement cérébral (idiotie, imbécillité), etc., par M. Morel, médecin en chef de l'asile d'aliénés de Saint-Yon (Seine-Inférieure), etc., etc. 4 volume grand in-S" compacte, publié en 6 fascicules. En vente le fascicule comprenant les Considérations (jéncrales el l'historique. In-S" de 160 pages.

ALL /VITEMEIVT. De la morlalilé des nourrissons en France, spécialement dans l'arrondissement de Nogenl-le-Rolrou, par le docteur Brochard, chevalier de la Légion d'honneur, médecin de l'Hôlel-Dieu, de la-prison et des épidémies de Nogent-le-Rotrou. In- 8" de 161 pages.

Circonscrivant cette question très-importante d'hygiène publique à l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), où l'unique industrie des femmes est de venir chercher des nouveau-nés à Paris pour les allaiter, M. le docteur Brochard la résout de manière à lever tous les doutes à cet égard.

Sur 2429 nourrissons arrivés en 1 858 el 1 859, ila constaté officiellement, comme chargé du service médical de la direction des nourrices dans cet arrondissement, qu'il en était mort 866, soit 33 pour 100; tandis que sur 2163 naissances survenues pendant ce temps dans l'arrondissement, il n'y a eu que 496 décès d'enfants n'ayant pas deux ans, soit 22 seulement pour 1 00, défalcation faite, bien entendu, des 866 précédents enregistrés par erreur comme formant la mortalité locale. Soit 1 362 décès sur 2163 naissances. Ainsi se trouve faussé le mouvement annuel de la population parisienne el celle des départements où s'exerce l'industrie des nourrissons. La différence est ici authentique et très-frappante, d'autant plus qu'aucune cause locale ou endémique n'avait agi durant celle période.

Les causes réelles de celle extrême mortalité cliez les nourrissons de Paris ne ressortent pas moins clairement de celle statistique. Elle a été de 17 pour 100 chez les nourrissons parfaitement surveillés de la direction générale des nourrices, de 42 sur ceux des bureaux particuliers piivésde surveillance; de 55 parmi les enfants assistés de Paris, quoique surveillés comme les premiers, et de 60 à 75 parmi ceux du département qui sont tous élevés au biberon par ordre supérieur {Journal de

ALLA ITEM liNT

médecine de Bordeaux, février). C'est donc bien à défaut de soins et d'aiiailement naturel, soit dans les huit à dix premiers jours de la naissance, soit indéfiniment, comme chez ces derniers, qu'il faut s'en prendre, sans que la différence de constitution avec les enfants des campagnes, des prédispositions héréditaires morbides, etc., puissent être invoquées. Il est d'aulanl plus facile aux parents, aux familles et à l'adminisiration d'y porter remède, que la nouvelle société protectrice de l'enfance leur en offre un sûr moyen.

Un mémoire du docteur Monot (de la Nièvre) sur Vindustrie des nourrices et la mortalilé des nouveau-nés, soumis officiellement à l'Académie de médecine, a mis cette question importante à l'ordre du jour devant ce corps savant, en signalant des abus criants aussi bien des nourrices que des autorités municipales, et des malheurs déplorables. Pour y porter remède, il propose d'exclure les filles-mères comme nourrices et obligeant les femmes mariées à une autorisation spéciale de leurs maris, à cause de la démoralisation qui autrement en est la conséquence. L'Age exact de la nourrice, qui ne pourrait se présenter comme telle que de vingt à quarante ans; celui de son enfant; la moralité et les conditions de salubrité de logement, de position, devraient aussi ôire exigées, ainsi que des inspections médicales plus fréquentes et plus efficaces.

Sans cloute des réformes sont urgentes devant la déplorable liabitude que les habitants des grandes villes, Paris en particulier, ont de confier leurs enfants à des étrangères pour les allaiter, sans les moindres garanties de moralité ni de santé. Mais il est bien délicat de touchera cet égard à la liberté individuelle; ce n'est que par l'entremise des officiers municipaux que le gouvernement peut veiller à l'observation des mesures qu'il jugera nécessaire d'édicter, et l'on sait toutce que laissent à désirer dans les campagnes les lumières, le zèle et même l'inlégrilé, l'indépendance de ces autorités. L'exécution de ces réformes laissera donc toujours beaucoup à désirer.

Une mesure, la meilleure assurément, serait de prescrire à toutes les mères d'allaiter leurs enfants ; devoir commandé par la morale et la nature. Mais que de réclamations s'élèveraient aussitôt! A défaut de cette prescription légale, ne pourrait-on pas du moins recommander ce devoir sacré par la voix du clergé et des autorités, et venir en aide pécuniairement aux mères pauvres ayant besoin de leur travail journalier pour vivre et

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