‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 13 sur 157 · ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

ALLAITEMENT

faire vivre leur enfant. Déjà les crèches et des sociétés particulières fonctionnent dans ce sens; il n'y aurait qu'à étendre et perfectionner ces moyens de secours.

Aussi la Société protectrice de l'enfance, qui s'est formée à Paris dans le but spécial de surveiller par ses délégués et correspondants les enfants confiés à des nourrices, pourrait-elle être d'un puissant secours pour la réalisation de ces réformes dans les départements. Le gouvernement n'aurait qu'un mot à dire pour l'encourager dans cette voie en lui donnant force et autorité.

Pesées régulières. La santé de l'enfant et son poids étant dans un rapport très-étroit et sensible, MM. Odier et Blache, internes dans les services d'accouchement, estiment que la meilleure organisation administrative par les simples règles d'hygiène et d'allaitement serait impuissante à sauvegarder les intérêts des nouveau-nés, sans y ajouter le système des pesées obligatoires déjà préconisées par MM. N. Guillot, Hervieux et Bouchaud, comme moyen de constater et de surveiller leur état de santé. Ceux-ci sont trop souvent remis aux nourrices dans un état pitoyable pour que l'on doive rendre celies-ci toujours responsables de l'extrême mortalité de leurs nourrissons. La constatation du poids de l'enfant étant une indication infaillible de son état de santé, ils proposent, chaque fois qu'un enfant sera remis à une nourrice^ de le peser et d'inscrire son poids sur son bulletin, qui sera remis à l'autorité locale à son arrivée et transcrit sur un registre spécial.

Chaque semaine, l'enfant devra être représenté au médecin inspecteur qui se rendra auprès de l'autorité, et le poids ainsi constaté indiquera le progrès ou le déclin de sa santé {Académie de médecine, octobre). Ce système singulier n'a qu'un défaut, c'est d'être impraticable sous tous les rapports.

Mortalité infantile. D'un mémoire sur ce sujet lu à la Société de statistique de Londres par le docteur Farr, il résulte que sur 100 nouveau-nés, il en arrive à l'âge de 5 ans : en Norvège, 83 ; en Suède, 80 ; en Danemark, y compris les anciens duchés, ■80; en Angleterre, 74; en Belgique, 73; en France, 71 ; en Prusse, 68; en Hollande, 67; en Autriche, 64; en Espagne, 64; enRussie, 62; en Italie, 61.

Scrutant les causes des ces extrêmes différences, M. Farr

AMÉNORRHÉÉ. Ti

attribue la proportion favorable qui dislingue la Norvège au régime lacté auquel les enfants sont exclusivement soumis dans ce pays. Mais un fait non moins important, c'est la prédominance des populations rurales sur celle des villes, el qui, loin de vivre agglomérées, réunies en centres, en villages populeux, sont dispersées en fermes et maisons isolées, construites en bois, sur des terrains rocheux et exempts d'humidité. D'où résulte pour chaque personne une plus grande aire en Norvège que dans tout autre pays, même aux États-Unis.

Quant à la mortalité extrême qui frappe l'Italie placée à l'extrémité opposée de l'échelle, M. Galligo l'attribue à 1 "étude négligée des maladies de l'enfance et le défaut d'hôpitaux spéciaux. On ne peut apprendre en effet qu'en étudiant, el pour cela il faut en avoir les moyens.

AMÉNORRHÉE. Vagin artificiel. Chez une fille de quinze ans, non réglée, ayant éprouvé à deux reprises, à un mois de distance, des douleurs très-vives dans les reins et le bas-ventre, avec nausées, vomissements, fièvre, accidents paraissant se rattacher à l'élablissement de la menstruation, le médecin n'ayant pas trouvé d'issue à l'examen, fit entrer cette fille à l'Hôtel- Dieu. A l'examen, M. Dolbeau rencontre une conformation externe parfaitement normale; l'hymen offre même un petit orifice à son centre, mais le stylet y rencontre à quelques millimètres un obstacle insurmontable.

L'exploration rectale, abdominale et vésicale constate uniformément une tumeur dure, résistante, sorte de boudin dirigé un peu à droite, entre le rectum et l'urèthre. Le vagin n'existant pas, cette tumeur résultait probablement de l'accumulation du sang. Il s'agissait donc de lui donner issue et de créer une voie, un canal artificiel pour l'écoulement périodique du sang, sans quoi la vie de la jeune fille pouvait être compromise.

La ponction de la tumeur sanguine par le périnée ou par le rectum était donc insuffisante. Outre que l'instrument, en se frayant ainsi un passage aveuglément, peut léser des organes importants, ce n'était là qu'une opération palliative, ne remplissant nullement la principale indication qui y faisait recourir. Le décollement du rectum avec l'urèthre, et l'ouverture consécutive d(! la pocho sanguine proposée et exécutée par Amussat, puis par A. Bérard, puis M. Debrou, sont bien plus rationnels. Dès lors l'urèthre porté en avant à l'aide d'un cathéter, le chi-

AMPUTATIONS

rurgien, portant le rectum en arrière à l'aide du doigt, pratique une incision de la peau entre les deux conduits, comme dans la taille prérectale. Les parties molles sont ensuite décollées, au besoin seulement divisées avec l'instrument tranchant, afin d'éviter plus sûrement toutes lésions. C'est ce qui fut exécuté le 22 mai. Arrivé sur la tumeur, au lieu d'en attendre l'ouverture spontanée par ulcération ou autrement, à cause de la cicatrisation possible de la plaie et du rétrécissement probable de l'ouverture, M. Dolbeau en pratiqua largement l'ouverture pour avoir une issue complète et facile du sang. Des caillots noirâtres ont été extraits. Le doigt a perçu immédiatement le col de l'utérus entouré encore de caillots q'ii ont été rejetés postérieurement. La suppuration s'est établie, et à l'aide du toucher pratiqué chaque jour, une voie artificielle a ainsi été créée pour l'exécution d'une fonction importante à la vie. {Gazelle des hôpilavx, n° 84.)

Délicate par les dangers, les accidents qu'elle peut entraîner, cette opération, dont l'indication est formelle en pareil cas, n'a été faite qu'un si petit nombre de fois, qu'il était curieux d'en connaître les résultats. Les règles n'étaient pas encore apparues après plus d'un mois, à la sortie de l'hôpital. Elles étaient apparues chez l'opérée d'Amussat, quoique obligé d'intervenir de temps en temps pour maintenir le canal béant. Celle de M. Debrou a pu même se marier et devenir enceinte, mais l'accouchement a été des plus laborieux ; il fallut recourir au forceps, et la femme succomba. Jusqu'ici les bénéfices de cette opération ne sont donc pas encore connus, et c'est à la dilatation progressive avec des mèches de Laminaria digilata qu'il faudrait

recourir, croyons -nous, pour en obtenir un succès complet.

AMPUTATIONS. Bien qu'incomplète, la statistique des amputations pratiquées par les chirurgiens de l'armée confédérée pendant la guerre n'offre pas moins un certain intérêt dans la proportionnalité.

Anipiitniions ilc la ciii.s^ic, 509.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100,

Primitives .'545 213 d32 38

Secondaires -162 43 il9 7-2

AMPUTATIONS

.«iiipulnUons de la Jambe, 104.

Guéris. Morts. Mortalilc p. 100.

Primitives 314 219 95 30

Secondaires 150 76 79 40

.%ni|>utation»« ilu pied, 'Si.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

/Chopart.. .16 13 3 18

Primilivcs. . . { Synie. ... 2 2 « 0

(Pirogofr. . -i 2 2 50

„ , . 1 Gliopart . . 8 7 1 12

Secondaires.. \ „ ' , ,, „ n

[ Syine. ... * 4 » 0

Un des opérés par la méthode de Syme subit ullérieuremenl 'amputation de la jambe.

Amputations du bra»; 434,

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

Primitives 294 252 42 14

Secondaires 140 87 53 37

AmiHitations de ravaii(-bra»s^ IB4.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

Primitives .69 61 S 12

Pccondaircf 45 35 10 22

Amputation sn.s nialléolnirc. Par sa position de chirurgien de Tasile impérial de Vincennes, M. Laborie a pu étudier les suites éloignées de cette opération pratiquée dans les divers hôpitaux de Paris. En comparant ainsi un très-grûnd nombre de faits, il a pu juger que si par le résultat immédiat le plus précieux, c'est-à-dire la conservation de la vie des opérés, elle est au-dessus de l'amputation au lieu d'élection, elle lui est incontestablement inférieure , quant aux suites, à l'usage du membre. 11 s'est assuré que tous les opérés offrant la cicatrice à l'extrémité du moignon présentent des accidents absolument identiques. Le membre mutilé ne peut servir à la sustentation. La cicatrice, tiraillée incessamment , s'ulcère. Ces ulcérations douloureuses finissent par gagner les extrémités osseuses, et le plus souvent les malades découragés , dont la santé s'altère, réclament une nouvelle amputation.

Les malades ayant subi l'amputation avec conservation d'un

GAIINIER. 2

26 AMPUTATIONS

seul lambeau postérieur , comprenant dans son épaisseur le tendon d'Achille, font seuls exception à celte règle. On obtient par ce procédé un moignon dont la cicaliice est située sur la partie antérieure et inférieure de la jambe; et le lambeau, fortifié par la présence du tendon qui lui donne une consislance presque osseuse, résiste facilement a la pression exercée parle poids du corps. Dès lors le malade marche sur son moignon; il n'a pas besoin de chercher sur la jambe ou la cuisse un point d'appui, qu'il prend sur l'extrémité même du membre mutilé.

Un blessé ayant subi cette amputation pour un écrasement du pied en offre l'exemple. Le lambeau postérieur se fixe sur la partie antérieure de la jambe, au moins à 2 cenlimèlres au-dessus de la section des os. Le tendon d'Achille, dont on peut apprécier la consislance , forme un véritable squelette dans ce lambeau. Jamais ce malade n'a souffert de la pression, exercée même avec violence à l'extrémité du moignon, et avant la cicatrisation complète il marchait en s'appuyant sur cette extrémité.

Un an après l'opération, la marche est facile, et l'opéré peut faire plusieurs lieues sans se servir de canne, à l'aide d une simple bottine avec un remplissage représentant la longueur de la mutilation; deux liges latérales de fer, que l'on fixe sur la jambe avec une jambière lacée, empêchent la bottine de se renverser. Le résultat est donc aussi satisfaisant que possible, et tout permet d'espérer qu'il se maintiendra. [Soc. de chir., février.)

Amputation de Pirogoff. Pour prévenir la rétraction du i lambeau plantaire, le docteur Scholt/., plaçant le pied à angle' droit sur la jambe, incise les parties molles de la plante dm pied suivant une ligne droite étendue entre les sommets des > deux malléoles et se prolongeant un peu au-dessus de ces? sommets; une autre incision , légèrement convexe en avant,, réunit les extrémités de la première sur la face dorsale, et serti à ouvrir rapidement l'articulation tibio-tarsienne. Coupant en-suite les ligaments latéraux et les tendons qui passent derrière' les malléoles, il dégage les faces supérieure et latérale du cal-canéum jusqu'à pouvoir amener le pied dans l'axe de la jambe. Ce résultat obtenu, l'incision plantaire et l'incision dorsale' se trouvent dans un même plan perpendiculaire à l'axe dui membre inférieur, et c'est aussi suivant ce plan qu'on pratique

Page 1