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SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE VERSAILLES

Du service médical des pauvres, en France, tant à la ville qu'à la campagne, et de la façon dont il devrait être établi pour répondre à la fois aux nécessités des malades indigents et aux exigences légitimes des médecins. 200 fr. de récompense.

Adresser les mémoires écrits en français avant le 1" août 1867, à M, le docteur Le Duc, rue Neuve, n° 11, à Versailles.

PSEUDARTHROSE.

PROSTITUTION. Pour prévenir les déplorables malheurs auxquels elle donne lieu dans les petites localités , le docteur Berger (d'Arbois) voudrait qu'elle y fût entourée des mêmes garanties réglementaires que dans les grandes villes. Au contraire, elle y est pratiquée en toute liberté sans application de ces règlements. C'est là surtout qu'il est facile de suivre à la trace les maux qu'elle engendre. En voici un exemple :

Dans un hameau de quatre à cinq maisons, voisin d'Arbois, vivait une femme qui y attirait non-seulement la jeunesse, mais encore les hommes mariés et les pères de famille. Or, M. Bergeret a soigné des mères de famille , infectées par leurs maris d'affections graves, puisées à celte source impure. Un grand nombre d'enfants naissaient morts ou vivaient quelques jours au milieu de souffrances, par suite de la syphilis congénitale. Et pourtant jamais la police n'a cherché à arrêter de semblables maux. {Ann. d'hygiène publ., t. XXV.)

PSEUDARTHROSE. Extension et immobilisation. Choisir le moyen le plus sûr d'obtenir la consolidation, c'est toujours fort chanceux; souvent on est réduit à les essayer tour à tour en les modifiant. Placé dans cette alternative pour un jeune homme de vingt ans admis à la Charité, atteint d'une fracture du fémur avec raccourcissement de 9 centimètres, M. Le Fort se décida pour l'extension combinée à l'immobilisation d'après ce motif péremptoire que, entre tous les autres, il est le moins grave et celui qui donne le plus de guérisons. La statistique de Gurit , comprenant 110 cas de pseudarthrose de la cuisse, donne, en effet, 11 succès sur 14 cas traités par l'extension permanente , tandis que les scarifications sous-cutanées des fragments n'avaient que 17 guérisons sur 30, la résection 14 sur 28. La détermination était donc des mieux motivées.

A cet effet, une béquille fut munie, à l'extrémité supérieure, d'une plaque de bois formant étrier, et à l'extrémité opposée une large attelle interne , garnie d'ouate , montait jusqu'à l'ischion. Un appareil plâtré, appliqué sur la jambe, servit à donner un point d'appui aux lacs extenseurs. L'extension était produite par une longue vis jouant dans la plaque-étrier et la contre-extension par la béquille appuyée dans l'aisselle, l'attelle interne appuyant sur l'ischion.

Une traction croissante, progressive, permit de détruire le chevauchement des fragments et de les mettre eu contact. Des

«1* PSEUDARTHROSE-

frottements l'un contre l'autre furent exercés, puis, après trois semnines, un appareil inamovible appliqué. Après diverses péripéties, une guérison parfaite s'ensuivit, avec raccourcissement de 6 à 7 centimètres seulement. — Voy. Immouii isation.

Perfcctionnemenl de l'immobilisation. Combiner l'immobilité du tissu osseux avec les moyens propres à prévenir l'atrophie, l'engourdissement des parties molles qui en sont si souvent la conséquence, tel est le but qu'un jeune interne des hôpitaux de Lyon, M. Aubert, s'est proposé, en apportant la modification suivante : il applique immédiatement sur la peau un certain nombre de petites bandes métalliques très-minces, isolées les unes des autres, et en fait sortir les extrémités entre les interstices d'un bandage amidonné ou autre construit suivant les règles ordinaires. Il se ferl ensuite de ces feuilles métalliques comme conducteurs du fluide électrique qu'il applique pendant l'immobilisation à l'époque que l'on juge convenable, après les quinze à vingt premiers jours, par exemple. [Soc. des sciences méd., janvier.)

Electro-punclure el drainage. C'est inutilement, au contraire, que M. le professeur Azam de Bordeaux employa l'extension contre une pseudarthrose flottante du fémur remontant à deux ans sur un meunier âgé de Irente-cinq ans. Elle ne servit qu'à rendre au membre raccourci de 10 centimètres environ, par la tonicité musculaire, sa longueur primitive. L'injection de l'ammoniaque entre les fragments, selon le procédé de M. Bourguet, d'Aix, ne produisit pas de meilleur résultat que l'introduction d'aiguilles à acupunclure. Ce n'est qu'en faisant passer des courants d'induction à l'aide de ces aiguilles que l'indammation se développa, inflammation même suppurative provoquant de nombreux et vastes abcès à l'extérieur, nécessitant la drainage pour se tarir entièrement. Le membre ayant continué à être soumis à l'extension et à l'immobilité durant cette longue suppuration, un manchon fibreux s'est formé entre les fragments qui a bientôt permis la marche, et qui, en se condensant, se solidifiant davantage par l'exercice, a permis l'usage du membre avec raccourcissement de 4 centimètres seulement. [Journ. de mec/, de Bordeaux, mars.)

Le résultat obtenu est surtout remarquable en raison de la date reculée de la pseudarthrose. Il est une preuve en outre que, même dans ces cas, en apparence incurables, la léseclion,

la rugination, bien autrement dangereuses et graves, ne sont pas indispensables pour amener la guérison. . C'est la rugination que M. Delore employa dans une pseudarlhrose de l'humérus, à 8 centimètres au-dessus du coude. Le frollement des fragments n'ayant déterminé aucun travail de consolidation après sept semaines d'immobilisation du membre, il cliloroformisa le patient et plongea un lénolome court et fort au niveau de la fracture, au milieu de la face postérieure du bras, pour éviter plus sûrement la lésion des nerfs et des vaisseaux, et rugina ensuite pendant cinq à six minutes les surfaces des fragments. La plaie étant recouverte ensuite de coUodion, le bras fut placé dans un appareil amidonné, et, trente-cinq jours après, la consolidation était manifeste.

Plusieurs procédés peuvent donc conduire au succès dans ce cas; l'essentiel est de choisir le plus sûr et le moins dangereux. Évidemment, celui-ci l'est moins que la résection des fragments ; mais n'est-il pas plus susceptible de développer des accidents, le tétanos, par exemple, que l'extension progressive employée dans le cas précédent? Il y a là pour la chirurgie moderne une étude comparative des plus intéressantes à faire de ces divers moyens, autant au point de vue de leur gravité que de leur succès.

PSORIASIS. De ce que dans plusieurs cas, M. Squire en a vu la marche co'incider avec l'état de l'utérus, il en conclut que l'étiologie de cette dermatose est liée à l'état de l'utérus. Ainsi , l'activité fonctionnelle de cet organe, la grossesse, seraient défavorables au développement de celte maladie, tandis que l'allaitement, l'aménorrhée, feraient le contraire. [Royal med. und siirg. Socielrf/]ma.)

N'est-ce pas là une interprétation trop restreinte d'un fait physiologico -pathologique beaucoup plus générnl. Si beaucoup d'affections cutanées, te psoriasis enire autres, débutent à l'âge critique, n'en est-il pas de même de diverses autres affections ?

PULVÉRISATION. Un résumé substantiel des principes généraux de cette méthode thérapeutique par le docteur Fieber, de Vienne [Inhatalion med. Fhissigkeiten, traduit par /i Morgagni et la Presse méd. belge, n'" 22, 23 et 24), reproduit les préceptes suivants pour son emploi dans les affections des voies respiratoires qui peuvent servir de guide aux praticiens :

Perchlorure de fer cristallisé. Pour 100 gr. d'eau, <0 à oO centigr., comme astringent; 50 centigr. à 2 gr. comme slyptique contre l'hémoptysie. On l'associe à l'eau de goudron comme antiseptique.

Tannin. Exige plus de modération dans le dosage que le perchlorure de fer. Sert à détruire les polypes pelils et nombreux de la gorge et qui ne peuvent être opérés. Employé surtout contre le catarrhe, l'inflammation légère, les ulcérations de la muqueuse respiratoire, l'œdème de la glotte, 5 centigr. à 5 gr. pour 100 gr. d'eau, en commençant progressivement. Dans le croup, on l'a administré jusqu'à 10 gr. pour 100 gr, d'eau. La solution doit être renouvelée de temps en temps pour éviter la décomposition en acide gallique.

Alun. Remplit les mêmes indications que l'acide lannique. On peut choisir entre les deux. Contre le catarrhe, il est trèsbon de les associer aux narcotiques.

Nilrale d'argent. Un appareil avec récipient de verre est indispensable pour s'en servir ; la figure du malade sera préalablement enduite d'huile ou recouverte d'un masque. L'altération qu'il subit à la lumière en rend l'usage thérapeutique fort difficile. Pour enlever les taches qu'il produit sur la peau, on a recours à une solution d'iodure de potassium.

Employé principalement contre les ulcères du pharynx et du larynx, 50 centigr, à 2 gr. pour 100 gr. d'eau. Dans la diphthérie, 5 cenligr, pour 5 gr. d'eau. Dans le catarrhe chronique, 5 à 30 cenligr. pour 5 gr. d'eau. Il est très-important dans ce dernier cas d'augmenter graduellement la force de la solution.

Sulfate de zinc. Fréquemment indiqué dans la bronchorrhée due à l'emphysème ; associé à l'opium, il est utile dans l'hémoptysie. (Teinture d'opium simple, 5 gouttes; sulfate de zinc, 20 centigr.; eau distillée, 20 gr.)

Sulfate de cuivre. M. Trousseau en a reconnu l'efficacité à très-petite dose dans la gangrène pulmonaire.

Acétate de plomb. Conlre-iudiqué chez les individus affaiblis et les affections chroniques.

Opium. Calme la douleur et l'irritalion à la do?o de 2 à 5 goultps de la teinture simple (2 parties d'opium pour 1 3 de véhicule) dans 30 gr. d'eau.

Acélale de morphine. 1 /2 à 2 cenligr. dans 20 gr. d'eau.

Extrait de jusquiame. Fort avantageux (1 à 2 centigr. pour 20 gr. de mixture oléagineuse) dans la toux convulsive et toutes les formes spasmodiques.

Acide hijdrocyanique. Empoisonne Irès-rapidement. 11 est prudent de ne faire usage que de l'eau d'amandes amères et de laurier-cerise (50 à 100 centigr. dans 20 gr. d'eau) pour calmer l'irritation produite par d'autres médicaments, le perchlorure de fer par exemple.

Subslances émollientes et dissolvantes. Associées aux narcotiques, elles favorisent l'expectoration en désagrégeant la sécrétion bronchique, modèrent la chaleur, la sécheresse de la gorge et le besoin de tousser.

Ghjcérine et gomme arabique. Employées le plus souvent à cet effet.

Carbonate de potasse et potasse caustique. Préconisés en gargarisme dans la pharyngite folliculaire.

Eau de chaux elcarbonate de lithine. Contre le croup.

Chlorure de soude. 5 à 80 centigr. pour 20 gr. d'eau facilitent l'expectoration, diminuent la sécrétion bronchique et par conséquent la toux. Regardé comme l'agent principal des eaux minérales et l'air marin, efficaces contre les affections pulmonaires.

Sel ammoniac. Facilite également l'expectoration, soit sous forme gazeuze à l'état naissant, soit sous forme liquide, à la dose de 2 à 5 gr. pour 500 gr. d'eau. Comme antiseptiques, le chlorate de potasse (1/2 à 1 gr. pour 20 gr. d'eau) et l'eau de chaux méritent la préférence.

Balsamiques et substances empyreumatiques. Contre les ca-

«1» PURPUlU.

(arrhes chroniques, les bronchectasies et la gangrène piûmona\re ; huile de lérébenllihie (unegoulle dans 20 gr, d'eau); huile de pin et de genévrier, huile de cade, mais surtout eau de gou^ dron (100 gr. dans SOO gr. d eau).

Sublimé corrosif. ^5 cenligr. dans ROO gr. d'eaa (Demarquay), 25 cenligr; dans" 100 à 500 gr. d'eau (Waldenburg) contre toutes les affections syphilitiques des voies respiratoires et du pharynx.

Arsenic. 10 à 20 gouttes dans 50 gr. d'eau de la solution arsenicale de Fowler a fort bien réussi contre l'asthme nerveux.

Iode et brome. Contre la syphilis, on se sert de la sohuion iodûrée (iod. de potassium 2 à 3 gr.; iod. pur, 1 0 à 1 5 centigr.; eau dist., un litre) ; de la teinture d'iode (5 centigr. à un gr. dans eau distillée 20 gr.), du bromure de polassium (20 à 50 centigr. dans 20 gr. d'eau).

Nervins. On emploie l'eau d'asa fœtida, de menthe poivrée, de castoréum et l'huile de pin en solution dans l'alcool, contre l'asthme symptomatique de l'emphysème pulmonaire, et comme excitant dans l'aphonie sans altération de structure.

Sulfate de quinine. Administré avec saccès chez une femme tuberculeuse, tourmentée par des accès périodiques de toux (20 centigr. dans 80 gr. d'eau associés à l'opium et à l'alun). — Voy. Théu.^peutique uEspinAioiRE ; Ophthalmothérapie.

PURPURA. Symptomatologie. Des douleurs des membres inférieurs apparaissent à la fin de la journée chez un jeune ouvrier de dix-neuf ans, dans une fonderie de cuivre, surmené, travaillant au-dessus de ses forces. On le croit atteint de rhumatisme. Mais M. Gignoux ne constate aucun Irouble fonctionnel. Il y a seulement des douleurs sans tuméfaction dans les deux genoux et la cheville droite. Elles augmentent par la marche et la station debout, et diminuent, disparaissent par le repos couché. Mais, dès le lendemain apparaît, sur le siège des douleurs, une éruption Irès-confluente de taches hémorrhagiques dénotant la nature de l'affection,

La douleur articulaire persiste par le mouvement ; une autre apparaît au coude droit conjointement avec une érup-

QUARANTAINES. âl9

lion locale identiriue. Selles diarrhéigues et sanguinolenles ; et, comme critérium à posteriori, la solution de perchlorure de fer dissipe capidement taches et douleurs. Aussi l'auteur n'hésite-t-il pas avec raison à rattacher ces douleurs au purpura, à en faire un symptôme précurseur, contrairement à quelques médecins allemands en faisant une affection essentielle. Il s'agit de vérifier seulement si elles sont dues à l'épanchement du sang dans les gaines tendineuses, comme le pense Wunderiich, ou à un retentissement sympathique. (Soc. des se. méd. de Lyon, mars.)

QUARiVNTAIiXES. Trois navires venant de Saint-Thomas (Antilles), et entrés successivement dans le port de Southamplon, au mois de novembre, ont présenté plusieurs cas de fièvre jaune, comme ce fait s'était montré l'année dernière à Swansea de même que dans les ports français de Brest et Saint-Nazaire, il y a quelques années. Le navire Impératrice- Eugénie, venant de la Vera-Cniz , paraît en avoir été également infecté. Les rapports de plus en plus fréquents des pays à fièvre jaune avec les poris européens tendent à rendre ce fait moins étonnant. Aussi ne s'en est-on guère ému en Angleterre. Ce qui a causé le plus d'impression, de critiques, de colères, sont les mesures prises par le Conseil privé contre ces navires et leurs passagers. Aussitôt arrivé, r^irctio a été isolé, déchargé, purifié, et ses passagers envoyés en. quarantaine à Molherbank, h l'instar de ce qui a lieu en France, depuis les mesures sanitaires inaugurées par M. Môlier, de si regrettable mémoire. Ils étaient à peine libres que la Tyne, vapeur transatlantique , arrivait avec de nouveaux cas, ainsi que la Seine, et la même mesure préventive lui fut appliquée, mais non conire les passagers, ' tant avaient été vives les récriminations de la presse contre la détention arbitraire de ceux de VAlrato,

« Persojine ne pourrait la justifier scientifiquement, dit le Brilish, car s'il y a quelque chose do démontré quant à la fièvre jaune, c'est qu'elle ne se communique et ne se propage pas audessous d'une température de 50" Farenh. La crainte que des passagers débarquant en Angleterre ne la communiquent est donc chimérique, et la mesure prise est aussi inintelligente

'|20 IIAMOLLISSEMENÏ.

qu'opprossivG. La désinfeclion du navire csl seule admissible el nécessaire, car la fièvre jaune se Iransporle bien plus par lesi navires que par les individus. »

Des passagers de la Tyne, les malades ont donc seuls été misi on quarantaine; VAiolus a reçu les autres et les a transportés à i Porstmoulh, où ils ont débarqué en liberté. « A la bonne heure, s'écrie la Lancet, espérons qu'un autre pas sera fait contre lai pratique française. Il n'y a pas d'excuses pour la détention despassagers sains de VAtralo, et la répétition de cette mesure > serait un scandale public. »

Il est donc bien entendu que le système sanitaire en vigueur en France n'est ni applicable ni appliqué de l'autre côté du détroit. On pourra juger ainsi du meilleur système par les résultats. — Voy. Choléha.

RAGE. Fève de Calahar. Expérimentée à l'hôpital- do> Pavie, par le professeur Sangalli, chez un garçon de neuf ans, , à la dose de 5 centigrammes dans 15 décigrammes d'alcool eni injections hypodermiques, elle échoua complètement {Arch. ital. , juin). — Voy. Prix.

RAMOLLISSEMEMT. Séméiologie. Six sujets adonnés; aux excès alcooliques ont donné à M. Rasse l'occasion d'ob-server un nouveau signe du ramollissement cérébral. Quatre? fois l'écoulement du sang par le nez fut assez considérable? pour nécessiter le double tamponnement. Dans quatre cas, le? ramollissement a suivi une marche rapide; trois fo's, la mortl est survenue quatre mois après le début^ et une fois au bout deî huit mois. Les deux derniers malades ont vécu deux ans.

Deux des malades qui ont succombé en peu de temps, âgés: d'environ quarante ans, avaient joui jusque-là d'une santé ^ excellente et ne subissaient l'influence alcoolique que depuisdeux années, Chez deux autres, plusieurs accès violents de' delirhm Iremens s'étaient produits antérieurement à la manifestation hémorrhagique de la membrane piluitaire, et avaient! été combattus avec succès par le laudanum à haute dose.

Des principaux auteurs qui ont traité du ramollissement, ,

HAMOLLI&SEMLNT.

Iloslan, Andral, Rochoiix, Lallemand, Abercroiiibic, Calineil, Siillon cl Durand-l'uidel, aucun ne menlionno ce pliénomcne. Aussi l'auteur a-t-il cru devoir indiquer ce signe pronostique d'un travail, souvent très-prochain, de ramollissement du cerveau chez les personnes faisant abus d'alcooliques. Selon lui, ce Qux hémorrhagique accuserait un commencement d'altération du ti?su cérébral se traduisant par une congestion considt'rable, puisque la marchede l'affection a été très-rapidement mortelle. S'il s'était agi d'un raplus sanguin simple, ces épistaxis abondantes eussent été puissamment révulsives et partant salutaires. [Artmédical de Bruxelles, septembre.)

Eludes physiolofjiqites et palhologiques du ramollissement cérébral, par MM. Prévost et Colard, internes des hôpitaux. Un volume in-8'', avec 4 planches chromo-lithographiées.

Perfectionnant les expériences faites en Allemagne pour démontrer que cette allération, au lieu d'être toujours de nature inflammatoire, peut être causée directement par une thrombose on embolie artérielle, MM. Prévost et Cotard ont déterminé ces embolies sur des chiens, sans entraîner leur mort immédiate. Ils ont produit ainsi des ramollissements identiques avec ceux que l'on observe sur l'homme, en en suivant le développement à ses diverses périodes. L'hypérémie du début, la dégénérescence consécutive, la production du lissu conjonclif, et la formation des plaques jaunes, apparlenantà la troisième période, ont pu être ainsi étudiées séparément. Il est donc parfaitement démontré que la congestion manifeste qui s'observe habituellement dans le- poin's oh se distribue l'artère oblitérée n'est pas de nature phlegmasique, bien qu'il soit difficile de s'en rendre compte. L'examen de la température rectale, en montrant qu'elle ne s'élève pas comme dans les inflammations, est une autre preuve à l'appui de cotte doctrine.

Le développement de corps granuleux et de granulations graisseuses, dès le troisième jour autour des capillaires, et la dégénérescence même de ceux-ci permettent d'y assimiler les infarctus qui se sont produits simultanément dans les viscères à la suite de ces expériences.

L'analyse de nombreuses observations cliniques a montré des ramollissements constitués par un processus morbide trèsanalogue à celui dont ces expérimentations physiologiques démontrent l'existence.

UÉ8ECT10NS,

Dos dijférenles (ormes de ramollissemenl du cerveau, par le docteur Proust. In-8.

Du rôle de l'inflammalion dans le ramollissemenl du cerveau, par le docteur Yvan Poumeau. Un vol. gr. in-8", avec planches coloriées et noires.

RECRUTEMENT. A Thonnenr du corps de santé militaire italien, il faut .signaler la brillante victoire remportée p;ir l'un de ses chefs les plus distingués, le docleur Corlèse, membre du Conseil supérieur et inspecteur du service sanitaire de l'armée. L'Institut lombard avait mis au concours, pour l'obtention du prix Cagnola, de la valeur de 2000 Ir., la question suivante. Etablir les maladies el les infirmités dispensant de la conscription militaire dans les diverses provinces italiennes el les vioyens de les prévenir. Le savant inspecteur n'a pas dédaigné de descendre dans la lice, et il a fourni en réponse un véritable Traité sur ce sujet, ainsi que le constate un rapport élogieux {Annali univ, di 7ned. ; juin). Cet exemple de zèle persévérant d'un homme arrivé au but, et que le patriotisme a pu seul guider pour l'accomplissement de cette tâche mérite d'être imité.

RÉSECTIONS. La statistique de 130 résections pratiquées dans l'armée confédérée, pendant la dernière guerre des États- Unis, les distribue ainsi :

BESBCÏIONS PRIMITIVES.

RESECTIONS SECONDAIHES.

succès.

Insuccès.

Morlalilc,

/Épaule,. .

j Coude. . .

1 Poignet. . .

\ Genou. . .

/• Épaule.. .

2fj

1 Coude. , . .

1 Poignet. . .

\ Hanche. .

Résectionti sons-périostées. — Voy. Abcès.

Rcseetions sous-capsnlo-pérîos<^es. Par de nouvelles expériences sur les animaux,, lapins, chiens, chats, M. Ollier, en laissant le périoste se continuer de part et d'autre avec les ligaments et la capsule articulaire, a continué les résultats déjà

RÉSECTIONS.

annoncés par lui (voy. année 4 865). L'articulation persiste et assure l'indépendance et la mobilité des parties osseuses reproduites. — Les exsudations fournies par le périoste s'organisent isolément, bien qu'elles soient formées dans le même conduit fibreux. 11 a obtenu ainsi sur des chiens la reproduction des articulations du coude et de l'épaule avec le même type. L'articuialion nouvelle du coude a été un gingiyme parfait. La troclilée, les condyles, l'olécrâne, étaient complets, et la solidité latérale ne laissait rien à désirer.

Six mois après la résection de l'articulation de l'épaule, le chien se servait de son membre comme de celui du côté non opéré.

Un fait curieux, constaté chez les jeunes animaux en expérience, c'est la production d'un cartilage semblable au cartilage normal, dit de conjugaison, entre ladiaphyseet l'épiphyse, expliquant l'élongation du membre dans ce cas.

Une série de pièces, présentées à laSociélé de chirurgie, témoigne de la réalité de ces faits.

L'observation clinique a donné des résultats identiques. Ayant enlevé à une jeune fille de quinze ani la moitié supérieure de l'humérus, pour une ostéite ancienne compliquée d'arthrite, d'altération du cartilage, de déformation et d'érosion de la tète humérale, d'yilleurs sans formation deséquestre, en conservant les rapports des ligaments et des muscles avec la gaine capsule périostique entourant l'extrémité osseuse, M. Ollier a vu l'extrémité articulaire enlevée se reproduire; naître et se développer le nouvel os que l'on sent manifestement sous le doigt. Tous les mouvements et toutes les nuances des mouvements de l'articulation se sont rétablis, ainsi que la forme normale des parties. Il en a été de même de l'articulation du coude chez un autre sujet.

Mais ces résultats heureux ne s'obtiennent pas, tant s'en faut, chez tous les sujets. Ce ne sont que les individus jeunes, âgés de moins de trente ans, qui en bénéficient. Jusqu'à cet âge, la résection du coude, par exemple, peut être tentée avec un avantage réel, sinon toujours au point de vue de la reproduction complète des extrémités articulaires, du moins au point de vue du rétablissement des mouvements. Exécutée quatre ou cinq fois par lui, celte opération n'a donné qu'une légère diminution dans la longueur du membre. Après l'opération, les os sont maintenus aussi écartés que possible, comme

424 RÉSECTIONS.

le meilleur moyen d'empêcher l'ankylose, Jamais elle n'est survenue, soit chez les animaux, soit chez l'homme, dansées conditions.

Le temps nécessaire à cette régénération des extrémités articulaires est subordonné à la nature de la lésion, à l'état général du sujet, aux accidents plus ou moins graves qui peuvent compliquer les suites de l'opération, etc.

Quant aux membres inférieurs, le genou se reconstituant chez l'animal comme le coude, M. Ollier croit qu'il en serait de même chez l'homme. Giûce à l'immobililé parfaiie que l'on peut obtenir chez lui, il croit môme que le résultat serait d'autant plus favorable. Mais il n'a pas eu occasion de constater le fait, d'auiant moins qu'il n'est pas partisan de la résection du genou chez les enfants.

La résection de l'articulation tibio-tarsienne est une de celles qui semblent exiger le plus l'ankylose dans l'intérêt du malade. Cependant, M. Ollier a pu, chez un homme de vingt-cinq ans, enlever 7 centimètres de tibia, retrancher une portion de l'astragale, et être témoin d'une reproduction rapide des parties osseuses enlevées. Le malade était si bien et si solidement guéri, qu'il pouvait marcher et môme se livrer à la danse pendant plusieurs heures.

La résection du calcanéum est fort peu pratiquée en France. M. Ollier a eu l'occasion d'enlever les deux tiers postérieurs de cet os et de voir le talon se reproduire, sinon dans son entier, du moins assez pour que le pied appuyât complètement et solidement sur le sol par sa face plantaire. Grâce à la conservation des rapports du tendon d'Achille avec le périoste calcanéen, ce talon était soulevé par ce tendon.

La condition essentielle du succès de la régénération osseuse, selon le chirurgien lyonnais, à la suite des résections articulaires, est le séjour h la campagne. C'est ainsi que chez le dernier opéré cité, ce séjour a amené les plus heureux résultats, ainsi que l'on en trouve les détails dans la thèse inaugurale de M. le docteur Bonnesœur ((>ue/qfi(es mois sur le pé- 7'iosle et les résections sous-périostées. Paris, 27 janvier 1 866).

Mais M. le professeur Sédillol fait, selon son habitude, de sérieuses objections à ces brillants exploits qu'il considère presque comme merveilleux. Et d'abord, il attribue un certain rôle à la membrane pyogénique qui se forme par suite de la suppuration dans la régénération osseuse dans tous ces cas.

RÉSECTIONS.

« L'obscurité de ces deux modes d 'ostéogénie, l'un par la suppuration, l'autre par l'Iiyperplasie ou l'irritation simple du périoste, entraîne encore chaque jour, dit-il, les plus taux jugements. » La conservation des gaînes périostées n'a l'avantage que de fournir un moule régulier aux cellules osseuses, et de donner de la régularité à l'os reproduit. L'immobilité, favorable contre la douleur de l'inflammation, paraît plutôt nuisible aux mouvements ultérieurs des articulations, en modifiant la disposition anatomiqiie des os, en en altérant la mobilité. Quant à la production du cartilage de conjugaison, il voudrait des preuves plus décisives de sa réalité, car une production purement fibreuse a été constatée à la place de ces cartilages interarticulaires. Ceux de M, Ollier pourraient donc bien être de même nature. Un examen critique et détaillé des deux faits invoqués permet ainsi de mettre l'élongation réelle de l'os en doute. Ce sont donc là des points à élucider. {Gaz. méd. de Slrasb. juin). — Voy. Ostéogénie.

Sur quatre cas d'ablation totale ou partielle du calcanéum, M. Ollier a fait cette opération avec une innocuité parfaite, et en conservant la gaîne périostique du calcanéum et les attaches du tendon d'Achille à cette gaîne. Grâce à ce procédé, que le calcanéum se reproduise ou qu'il ne se reproduise pas, les fonctions du tendon d'Achille ont été conservées. '

Chez une jeune fille de quinze ans, dont tous les os du tarse étaient cariés, à laquelle M. Ollier avait dû enlever déjà les deux cunéiformes, creuser dans le pied une espèce de lunuel, évider la partie postérieure du calcanéum, il a fallu plus tard enlever les 7/8'^ de cet os. Eh bien, malgré une telle perte de substance, au bout de six mois, cette jeune fille pouvait marcher, courir, sauter sur son pied et faire, sans fatigue, des courses de 7 à 8 kilomètres.

Le rétablissement physiologique était parfait. Quant à la reproduction osseuse, elle n'a pas eu lieu complètement, mais il s'est formé une masse ostéo-fibreuse saillante et solide, pouvant faire fonction de talon, do manière que la plante du pied ne repose pas complètement sur le sol, mais en est éloignée par une dislance de 7 à 8 millimètres. — Le même résultat a été obtenu dans d'autres circonstances, et la masse ostéofibreuse, remplaçant le talon, avait une solidité telle, que l'on ne pouvait la faire fléchir en y exerçant la plus forte pression possible.

'''26 RfiSKCTlONS.

Au (ioulilo point de vuo du rétablissement de la forme et des fonctions du talon, M, Ollier obtient donc, par son procédé, des résultats qui manquent complètement par le procédé ordinaire.

Des résultats analogues ont été obtenus par le même chirurgien dans six cas d'ablation complète du premier métatarsien. Bien qu'il n'y ait pas eu de reproduction osseuse proprement dite, toujours il s'est formé une masse ostéo-fibreuse saillante et solide qui a permis de conserver la forme et les fonctions de cette partie du pied.

A la suite de la résection delà téte humérale, M. Ollier a pu également, en conservant la gaîne périoslique et les attaches des tendons des muscles qui s'y insèrent, reconstituer, pour ainsi dire, la forme et les fonctions de l'articulation scapulohuméralo. Il possède deux faits qui montrent que la résection pratiquée d'une certaine manière permet la conservation des mouvements de l'articulation.

Enfin, des résultats non moins satisfaisants ont été obtenus par M. Ollier dans la résection sous-périostée du coude. Cette résection a, en outre, l'avantage de se faire avec une rapidité et une innocuité qui lui donnent une grande supériorité sur le procédé ordinaire de résection.

MM. Broca et Trélat confirment, sur ce dernier point, par leur expérience personnelle, les assertions de M. Ollier. (Soc. de chir.)

Résection du genou. Considérée comme moins grave que l'amputation de la cuisse par M. Nélaton, d'après la statistique de M. Le Fort, qui, sur 217 cas recueillis en Allemagne, en Angleterre et en Amérique, donne une mortalité de 29 pour 100 environ, tandis que celle de l'amputation de 45 pour 100 en Angleterre, s'élève jusqu'à 50 pour 1 00 en Allemagne et en France. Mais les accidents consécutifs atténuent beaucoup cette supériorité. Les fistules, les suppurations, le défaut de soudure, se manifestent au moins six fois pour 100, ce qui élève les insuccès de 35 à 36 pour 1 00. En France, sur 8 résections, 5 ont été suivies de mort et les trois succès ne sont pas complets, il y a subluxation du tibia en arrière, et les malades ne marchent pas très-bien {Mouv, méd.]. Cette différence lient sans doute à ce qu'on ne la pratique en France que dans des cas graves, tandis que l'on n'y regarde pas cje si près en

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