RESPIRATION
Angleterre. Celte dilTérence de pratique explique seule la différence des résultats.
RESPIRATIOiV. Physiologie. Résumant toute la série de ses intéressantes recherches sur le rôle des muscles qui concourent à cet acte important de la vie, M. Duchenne (de Boulogne) en a indiqué les résultats dans les conclusions suivantes :
lyiaphragme. — I. Il ressort de toutes ses expériences faites sur l'homme et les animaux vivants ou morts, que, sous l'influence de l'électrisation du nerf phrénique, la contraction du diaphragme, communiquant ou non avec l'arbre nerveux, produit l'élévation des côtes diaphragmatiques et leur mouvement en dehors, lorsque les parois abdominales sont intactes. On voit aussi, dans ces expériences, le diamètre antéro-postérieur de la base du thorax s'agrandir, mais d'une manière à peine sensible. Dans certains cas, le mouvement excentrique des côtes inférieures est communiqué aux côtes supérieures.
L'observation clinique a confirmé les faits démontrés par ces expériences électro-physiologiques sur l'action propre du diaphragme.
il. Si ranimai a été éventré et que ses viscères abdominaux aient été abaissés, la contraction isolée du diaphragme attire les côtes diaphragmatiques dans une direction opposée, c'està-dire en dedans.
III. Bien que le diaphragme, dès qu'il a perdu ses rapports de contiguïté avec les viscères abdominaux, devienne expirateur, quant aux mouvements qu'il imprime aux côtes inférieures, il n'en agrandit pas moins encore, en s'abaissant, le diamètre vertical de la poitrine.
L'abai?sement du centre phrénique est alors assez limité, et, au maximum de contraction, le diaphragme prend la forme d'un cône tronqué, sans devenir convexe en bas, comme le croyait Haller.
IV. Le mouvement concentrique de la partie inférieure de la poitrine, observé pendant la contraction du diaphragme, après l'ouverture de l'abdomen et l'abaissement des viscères, prouve, contrairement à l'opinion de MM. Beau et Maissiat, que le péricarde n'offre pas au diaphragme un point d'appui qui lui permette de produire l'expansion des côtes auxquelles il s'insère.
RESPIIUTION.
Les inouvemenls en sens contraire de la base de la poitrine, suivant que les viscères abdominaux sont ou non abaissés, au niomenl de la contraction du diaphragme, démontrent, ainsi que l'avait pressenti Magendie, que l'expansion des côtes inférieures par la contraction physiologique du diaphragme est due au point d'appui que ce muscle prend alors sur les viscères abdominaux.
V. Ce point d appui ne pourrait favoriser le mouvement d'expansion des côtes diaphragmaliques, observé pendant sa contraction, s'il ne reposait pas sur la surface large el convexe de ces viscères. Celte proposition ressort d'une expérience dans laquelle on ne parvient pas à provoquer le mouvement excentrique des côtes inférieures, lorsque, la main étant appliquée sur le centre phrénique d'un cheval mort, on s'oppose à l'abaissement de ce muscle, pendant qu'on le fait contracter par la faradisation des nerfs phréniques.
VI. La connaissance de la paralysie et de la contracture du diaphragme est ressorlie de ces expériences électro-physiologiques.
Inlercoslaux. — VII. Les expériences électro-physiologiques faites chez l'homme, soit en faradisant les intercostaux externes sur tous les points de leur surface et les intercostaux internes dans l'espace intercartilagineux, soit en localisant l'excitation électrique dans un nerf intercostal, démontrent que tous ces muscles sont inspirateurs : ^"en élevant individuellement chaque côte inférieure qui reste fixe ; 2" en imprimant un mouvement excentrique à cette côte inférieure, à l'aide de la rotation qu'ils lui font exécuter sur ses extrémités.
VIII. L'action inspiratrice des intercostaux, mise en lumière chez l'homme vivant au moyen de l'expérimentation électrophysiologique, a été confirmée : 1" par des faits cliniques dans lesquels les muscles inspirateurs auxiliaires étant atrophiés, ainsi que le diaphragme, la respiration costale avait lieu cependant largement, el dans lesquels, avec les doigts appliqués dans les espaces intercostaux, on sentait les muscles intercostaux se gonfler, se durcir, pendant chaque inspiration ; 2° par des faits cliniques dans lesquels, consécutivement à l'atrophie des intercostaux, la respiration costo-supérieure est abolie, et la capacité thoracique diminue , ce qui est la contre-épreuve des faits précédents.
RLSPIRATION. A29
IX. L'expérimentation éieclro-physiologique, confirmant l'opinion de Winslowet, après lui, de Haller et d'autres physiologistes, démontrent que les intercostaux élèvent la côte inférieure, parce que le point fixe est à la côte supérieure ; d'autre part, l'observation clinique prouve que ces muscles ne peuvent pas abaisser les côtes supérieures, pendant la respiration coslosupérieure naturelle, parce qu'alors elles sont fortement élevées par le sterno-cléido mastoïdien et les scalènes.
X. De ce que les intercostaux se trouvent dans un état d'élongalion, pendant l'inspiration, ce n'est pas une raison pour qu'ils ne puissent concourir aux mouvements inspiratoires, comme l'a prétendu Hamberger ; car j'ai démontré que certains muscles, lorsqu'ils sont appelés à fonctionner volontairement, sont placés dans un état d'élongation par la contraction synergique d'autres muscles, afin que leur force soit augmentée. C'est ce que l'observation clinique a démontré pour les fléchisseurs des doigls qui perdent leur puissance, dès que les radiaux et le cubital postérieur paralysés ne peuvent plus maintenir la main étendue, au moment où ils se contractent; de même l'élongalion des intercostaux internes, pendant l'inspiralion, peut augmenter la puissance de ces muscles qui concourent à la produire.
X[. La direction oblique des intercostaux indique qu'ils sont destinés à l'inspiration, car c'est seulement pendant ce temps de la respiration qu'ils deviennent perpendiculaires aux leviers (les côtes) qu'ils mettent en mouvement. S'ils se contractaient pendant l'expiration, ils deviendraient encore plus obliques à ces leviers ; ce qui serait contraire à la règle générale, à savoir : que les muscles deviennent ou tendent à devenir; en se contractant, perpendiculaires aux leviers qu'ils meuvent, de telle sorte que leur puissance augmente en raison de leur degré de contraction.
XII. La dirociion oblique, en sens inverse des intercostaux internes et externes, indique que ces muscles sont destinés à se contracter synergiquement, car s'ils agissaient isolément pour produire, les premiers, l'expiration, les seconds, l'inspiration, il en résulterait nécessairement, pendant chacun de ces mouvements, un mouvement oblique des côtes les unes sur les autres ; ce qui paraît, du reste, ressortir de l'observation clinique.
La contraction simultanée de tous ces muscles neutralise
RliSPlRATION.
cette action oblique qui, en raison de cetle combinaison, est convertie en une action perpendiculaire aux côtes à mettre en mouvement.
XIII. Contrairement aux déductions tirées des vivisections de Galien, qui rendait le porc aphone en pratiquant la ligature de tous les intercostaux, l'observation clinique démontre que ces muscles n'exercent pas une grande iniluence sur la phonation sans efTort.
XIV. L'ulililé des iiilercoslaux n'est pas comparable à celle du diaphragme, car leur paralysie ne compromet pas la vie comme celle de ce muscle. Cependant, lorsque celui-ci vient à faire défaut, les inlercoslaux sont les seuls qui puissent le suppléer provisoirement, de manière que l'hématose continue à se faire et que le sujet puisse vivre, s'il ne survient pas d'affection bronchique ou thoracique.
C'est pour cette raison que les intercostaux doivent être aussi considérés comme des muscles inspirateurs essentiels venant, toutefois, après le diaphragme.
Muscles inspirateurs auxiliaires. — XV. Les scalènes, les sterno-cléido-mastoïdiens, les portions claviculaires des trapèzes, les petits pectoraux, les sous-claviers, concourent à l'inspiration coslo- supérieure ; on peut le constater par la vue et par le toucher.
XVI. Suivant leur importance physiologique, ces muscles sont subordonnés aux intercostaux dont ils sont seulement les auxiliaires; car l'observation clinique démontre que, malgré leur absence, l'inspiration costo-supérieure peut être exécutée par les inlercoslaux, sans trouble appréciable.
XVII. On ne saurait contester toutefois leur utilité et leur puissance dans l'inspiration costale, lorsqu'on voit, par exemple, le slerno-cléido mastoïdien capable d'entretenir, par son action isolée, l'inspiration costo-supérieure avec assez de force pour que l'hémalose ait lieu, bien que d'une manière incomplète.
Ces muscles sont surtout utiles, dans la respiration costosupérieure, en rendant plus fixes et même en élevant les attaches supérieures des muscles intercostaux ; mais le sLernociéido-mastoïdien n'intervient que dans les besoins de respirer.
XVIII. Le sterno-cléido-masloïdien ne peut agir comme auxiliaire de l'inspiration costo-supérieure, que si la têie est maintenue solidement dans l'extension. Les muscles qui pro-
KESPIHATION.
duisenl celle exlension de la tête, et surloul le splénius, pendant, l'inspiralion coslo-suporieure, doivent donc être rangés parmi les auxiliaires de l'inspiration.
XIX. D'aulres muscles concourent aussi, mais d'un manière tout à fait secondaire, à l'inspiration costo-supérieure, lorsqu'elle se fait avec effort : ce sont les grands dentelés, les rhomboïdes, etc.
Muscles expirateurs. — XX. Les muscles expirateurs sont extrinsèques ou intrins^èques ; les premiers agissent sur les parois Ihoracique et diaphragmatique : ce sont les muscles de l'abdomen, le petit dentelé postérieur et inférieur et le triangulaire du sternum ; les seconds, principalement sur les bronches : ce sont les muscles bronchiques de Reissessen.
XXI. Les muscles de l'abdomen dépriment, par leur contraction simultanée et tendent en tous sens, à la manière d'une peau de tambour, la paroi abdominale, qui refoule de bas en haut les viscères abdominaux et conséquemment le diaphragme.
XXII. Le concours des espiraleurs extrinsèques n'est pas nécessaire à la respiration ordinaire, car les muscles de l'abdomen, les plus puissants de ces muscles expirateurs, peuvent être atrophiés, sans qu'il en résulte le moindre trouble appréciable dans l'expiration.
Les muscles expirateurs extrinsèques se contractent seulement pendant l'expiration avec effort, pendant le chant, le cri et la toux, etc.
XXIII. Les observations cliniques établissent, au contraire, que les muscles bronchiques (expirateurs intrinsèques) sont des expirateurs actifs essentiels, en montrant que la colonne d'air qui arrive librement dans les poumons, pendant l'inspiration normale, en est expulsée en petite quantité, et avec peu de force, malgré la contraction énergique des expirateurs extrinsèques ; qu'il en résulte une anxiété, un besoin incessant d'expirer, occasionné par le séjour trop prolongé dans les petites bronches d'un air qui n'est plus respirabie ; enfin que la faiblesse de l'expiration rendant l'expectoration difficile, sinon impossible, la vie du malade peut être mise en danger par une simple bronchite.
XXIV. La physiologie expérimentale avait parfaitement établi que, sous l'influence d'un courant électrique, les muscles bronchiques resserrent les bronches membraneuses au point
RÉTUÉCISSEMENT.
d'efTacor onlicromcnl lour diamètre. Mais le \m\ de force qu'elle accorde à ces muscles (un cinquième do la force élastique du poumon) ne me paraît pas en rapport avec le rôle important qu'ils jouent dans l'acte de l'expiration et qui a été mis en évidence par l'observation clinique, (^cad. des se, "septembre,)
Respiration artificielle. Après l'expérimentation du mode opératoire de M. le docteur Yaslel (de Caen), pour la produire, M. Liézard s'est convaincu de son efficacité et a cherché à déterminer ainsi sur le cadavre, en disséquant successivement les muscles pouvant entrer en action, quels en étaient les agents actifs? Il a trouvé que, dans l'inspiration, le ligament costo-claviculaire, le petit pectoral et le grand dentelé, par ses digilations costales inférieures, s'insérant, d'autre part, à l'angle inférieur de l'omoplate; le grand dorsal, par ses insertions aux fausses côtes, contribue aussi au mouvement dans une faible proportion; enfin, les intercostaux transmettent, d'une côte à l'autre, le mouvement imprimé au premier de ces os, par la traction du ligament costo-claviculaire.
Dans l'expiration, le grand pectoral et le grand dentelé, ce dernier par ses digilations costales supérieures insérées, d'autre part, au bord postérieur de l'omoplate, sont les deux seules puissances actives, le phénomène se produisant en grande partie, comme dans l'expiration normale, par restitution de la cage à son état de repos, sous l'influence des puissances élastiques que tout le monde connaît. [Jom-n, de l'anat., n° 2.)
RÉTRÉCISSEMENT. Rétrécissement de l'urètlire.
Bromure de potassium. A l'exemple de Debout (voy. années 1 864), le docteur Griffith (de Dublin) l'a employé contre un. rétrécissement ancien, suite de blennorrhagie. La rétention, étant complète depuis plusieurs heures et le cathétérisme impos- • sible, il prescrivit un bain tiède et 50 centigrammes de bromure i en injections. Après quelques-unes, le malade urina spontané-ment. [Mcd. Pi-ess.)
La nature du rétrécissement n'étant pas indiquée, comment, affirmer l'efficacité du bromure quand, dans beaucoup de rétré- • cissements spasmodiques, le bain suffit pour faire cesser immé- ■ dialement la rétention.
Bétrécisseiuent de l'œsophage. ■— Voy. CEsophage.
KllUMATISME.
ttétréclssemciit lacrymal. — Voy. LACRYMoroME.
RÉVULSIOlV. Un nouveau révulseur, modifié et perfectionné par M. le docteur Morpain, présente l'avantage, sur celui du docteur Dreyfus, de pouvoir graduer à volonté la puissance en poids du choc des aiguilles. De 2 kilogramme?, on arrive graduellement jusqu'à la force de 7 kilogrammes avec cet instrument, et la pénétration des aiguilles peut ainsi être réglée dans les différentes régions. Il consiste en un cylindre métallique dans lequel se meut, par un ressort à boudin, une rondelle garnie de trente-sept aiguilles, rondelle jouant librement sur la tige, ce qui lui permet un mouvement de recul qui prévient la fracture des aiguilles. Il suffit pour la manoeuvre de tirer sur la bavette jusqu'à ce que la tige vienne accrocher un ressort, et de presser ensuite sur un boulon, comme dans le ventouseur, pour faire partir les aiguilles. Un petit modèle de dix-sept aiguilles s'adapte à la trousse ordinaire, [Acad. de méd. , octobre.)
RlIIGOLÈiVE. — Voy. .\nesthésie.
RlHJi\IA.TISME. Acé laie de plomb. Ayant essayé sans succès toutes les médications spécifiques contre le rhumatisme articulaire, M. le professeur Munk déclare revenir à la méthode rationnelle de diriger le traitement suivant les principales indications, qui sont : V abaisser la température et par suite faire tomber la fièvre ; 2° apaiser la douleur; 3° diminuer la transpiration. Il a employé à cet effet l'acétate de plomb, qui, propre à diminuer à la fois la chaleur et les sueurs, devait en môme temps, par son action sur les capillaires, modérer la douleur en restreignant l'afûux du sang à l'arliculalion. Il a constaté qu'aucun autre médicament n'agissait plus rapidement sur la marche du rhumatisme aigu, compliqué ou non de péricardite ou d'endocardite; la plupart des malades étaient frappés de la diminution de la fièvre, de la sueur et surtout de la douleur. Les doses varient de 1/2 grain à 1 grain, d'heure en heure ou de deux heures en deux heures ; l'effet en était très-marqué au bout de peu de jours, sans aucune action défavorable, pas même sur l'appareil digestif, quoiqu'il en ait été absorbé, dans quelques cas, jusqu'à 100 grains. Il faut avoir soin de prévenir ou combattre la constipation par des lavements, des infusions de séné, garniek. 25
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l'huile de ricin, etc., et (If'rcndre (oute boisson acide. La diète est natiirelleitient rafraîchissante.
Quand la tempéi alure est abais-éo de façon qu'il n'y ait plus de fièvre ou que, s'il y a péricardile ou endocardite, la température du soir soit considérablement moins élevée, l'acétate de plomb est suspendu et l'on a recours, suivant les iiidicacations, au bicarbonate de soude, au quinquina, etc. [Ceutr. Blait., n" 35.)
Si ces assertions suffisent pour faire expérimenter ce remède, elles sont loin d être assez précises pour lui accorder la préférence sur les autres. Rien n'en montre l'action ni les avantages.
Ithumatistuc noueux. Sa prédominance presque exclusive chez la femme déjà signalée par MM. Charcot et Vulpian, à la Salpêtrière, où le quinzième ou le vingtième des femmes eai seraient atteintes, est confirmée de nouveau par le docteur- Privât. Sur 205 malades observés aux eaux alcalino-ferrugi-neuses et arsenicales de Lamalou-l' Ancien, il y avait 201 femmes i et seulement 4 hommes.
Malgré la nature rebelle de cette affection, l'usage de ces« eaux a amené9 guérisons, et 130 améliorations, qui se soutien-nent à la condition d'en continuer l'usage. On comprend en» effet que chez des femmes le plus souvent faibles, lymphatiques, irritables et souvent anémiques, les eaux de Lamalou-l Ancien, bicarbonatées sodiques et ferrugineuses, contenant 2 grammesavec 4 milligrammes d'arséniate de soude par litre, prises eni bains de piscine de 34 à 35 degrés et des étuves sèches à 35 ài 40 degrés, aient pour effet de calmer la douleur et de tonifier la constitution. [Bull, de Ihérap., avril.)
Rhumatisme uréthral. Un fait de névralgie sciatique, . bilatérale, coïncidant avec une blennorrhagie, s'élant présenté à M. le docteur Peter, dans son service de l'hôpital Saml-Louis, ,
fait extrêmement rare, puisque selon M. Alf. Fournier, quii
a appelé l'attention à ce sujet, ce serait seulement le huitième cas enregistré dans la science, — M. Peler en a pris occasion pour nier, à l'exemple de quelques novateurs, la spécificité du: rhumatisme blennorrhagiqueet sa dépendance éliologique, patho- • génique de l'écoulement uiélhral. Mais il a suffi que M. Fournierprésentât de nouveau le tableau exact, précis des traits caractéristiques du rhumatisme simple et du rhumatisme blennor- ■
HHUMATlbMfc;.
rhagique pour en déiiioiUrer les différoncos synipLomalologiques et la nature disliucte. Si quelques cas de rhumatisme blennorrhagique ont suivi la loi du rhumatisme simple en retentissant vers le cœur ou en se montrant chez des rhumatisants, ce sont là des exceptions infiniment rares, de l'aveu même de ceux qui voudraient les assimiler l'un à l'autre. En général, c'est surtout par ces deux traits caractéristiques qu'ils se distinguent
Mais en présence des nombreuses espèces de blennorrhagies du gland, du prépuce, de l'urèthre, de la vulve ou du col utérin, ce titre de rhumatisme blennorrhagique ne paraît pas rigoureux à M. Fournier. Outre que ces différentes espèces n'ont pas la même cause, la vérité est qu'elles ne produisent pas toutes également la métastase arthritique. Vérification faite, il n'en est qu'une seule qui y donne lieu selon lui : c'est l'uréthrite, la blennorrhagie uréthrale seule qui se complique d'accidents rhumatismaux. Jamais on ne les a rencontrés comme complication de la blennorrhagie balono-prépuliale, vaginite, vulvite ou des écoulements du col. Il semble nécessaire que l urèlhre soit intéressé pour qu'ils se produisent.
De là une étiologie et une dénomination nouvelle de celte maladie.
L'observation clinique apprend, en effet, que les excitations de l'urèthre sont susceptibles d'éveiller dans l'organisme quelques-uns de ces phénomènes singuliers que l'on appelait sympathiques autrefois, et auxquels on donne aujourd hiii ie nom de réflexes. Tels sont les accès intermittents et parfois pernicieux qui se développent à l'occasion d'un simple cathétérisme. accidents qu'un jeune interne distingué, M. Dieuliifoy,a réunis sous le titre nouveau de fièvre uréthrale. Des phlegmons, des suppurations s'observent môme par suite de l introduction de sondes, de bougies ou d'instruments lilhotriteurs, et l'on a vu jusqu'à de véritables arltirites s'ensuivre.
Dès lors, n'y a-t-il pas lieu de se demander si le rhumatisme blennorrhagique n'est pas une manifestation du même ordre, s'il n'est pas aussi un phénomène réflexe d'irritation uréthrale?
Ce n'est là sans doute qu'une hypothèse, mais qui ne semble pas dépourvue de fondement. Si les irritations de l'urèthre peuvent éveiller des troubles généraux dans l'organisme et provoquer des déterminations morbides vers certains systèmes, les séreuses ou le tissu cellulaire, est-il donc difficile d'admettre que la blennorrhagie, violente et spéciale irritation de l'urèthre
-'i36 RHUMATISME.
puisse, au môme lilre, développer des accidciils de même ordre comme aussi en modifier l'expression suivantsa modalité propre? Un tel rapprochement n'a rien de vraisemblable.
De plus, si de toutes les affections dites blennorrhagiques, l'uréthrite seule s'accompagne d'accidents rhumatismaux, c'est qu'évidemment l'état de l'uréthrite dans cette maladie n'est pas étranger à cette détermination morbide. Si donc l'affection dite blennorrhagie urélhrale se complique de manifestations rhumatismales, ce n'est pas en tant que blennorrhagie qu'elle les produit, mais au litre d'état pathologique de l'urèthre. Ce rhumatisme serait donc en résumé une simple variété de ces phénomènes réflexes qui se développent à propos des excitations pathologiques de l'urèlhre, et par conséquent la dénomination de rhumatisme uréthral devrait remplacer celle de rhumatisme blennorrhagique.
C'est le nom d'état génital, de rhumatisme génital que M. Lorain lui impose en raison des accidents arthritiques qui se manifestent chez les femmes enceintes, les nouvelles accouchées et les nourrices, comme il en cite plusieurs exemples. Plusieurs états morbides très-différents engendrent, en effet, ce rhumatisme secondaire, qui n'a pas plus de raison d'être appelé blennorrhagique que génital, puerpéral, des nourrices, traumatique ou scarlatineux. ( Soc. méd. des hôpitaux de Paris, novembre. )
Du rhumatisme viscéral, par M. le docteur Bail. In-S" de 1 67 pages, avec planches et tableaux. Dans cette thèse pour l'agrégation à la Faculté de médecine de Paris, et couronnée par la nomination de l'auteur, ne se trouve pas la réponse catégorique à la question qu'elle traite. C'est un grave problème, il est vrai, de savoir si l'on doit admettre un rhumatisme de tous les viscères et même de tous les organes, comme tend à le faire l'école actuelle. En prudent candidat, l'auteur n'a pas cherché à la résoudre, et s'est borné à collectionner des faits de part et d'autre, sans autre choix qu'une bonne description suivant les traditions de l'Ecole de Paris. Au lieu de traiter magistralement la question qui lui était posée, c'est-à-dire de discuter l'existence, les caractères idiopathiques et symplomatiques du rhumatisme viscéral, ses signes différentiels, etc., il s'est borné à le constater dans les divers appareils, réussissant par là à faire une grosse monographie sans répondre directement