‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 26 sur 157 · BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE

ciété de médecine. Cinq enfants bègues, à différents degrés et de différentes manières, soumis à cette méthode, ont été guéris complètement dans l'espace de huit à quinze jours. Sans employer les moyens mécaniques de ses prédécesseurs, M. Chervin, après avoir constaté la cause spéciale du vice de prononciation, la combat directement par une lecture appropriée, des inspirations convenables, etc., etc. Par ces exercices/ il peut garantir la guérison de cette infirmité comme infaillible, ainsi qu'il appert du rapport de M. Passot à ce sujet.

BLEIVIVORRHAGIE. Pathogénie. Une observation d'adénite sous-maxillaire développée durant une blennorrhagie et d'arthrite concomitante chez un jeune homme de dix -huit ans, observé à l'hôpital Saint-Antoine, est l'occasion pour M. le docteur Féréol de remettre en question la nature constitutionnelle de la blennorrhagie. L'ophthaliiiie et l'arthrite blennorrhagiques lui paraissent des témoignages affirmatifs de la dernière évidence; et le siège de la tumeur, dans le cas précédent, son volume énorme, sa dureté lardacée et presque ligneuse, ne laissant écouler par l'incision que du sang fluide, séreux, lui paraît la confirmation de cette doctrine. {Arch, de méd. , août.)

On ne peut être plus précis et positif. Oui, ces fails et quelques autres témoignent avec évidence de la généralisation, du retentissement organique de la blennorrhagie ; mais il faut reconnaître et proclamer aussi que c'est là une très-rare exception à la règle, dépendant de certaines conditions organiques encore inconnues ou mal déterminées. Il ne faudrait donc pas faire une doctrine de ces faits exceptionnels et renouveler ainsi celle de lues gonorrhea, que les généralisations à perte de vue de M. Pidoux tendent à reproduire.

Blennorrhagie inflammatoire. Capsules d'extrait de cubèbe. Suivant M. C. Paul, le cubèbe, administré à haute dose et au début, conviendrait spécialement sous cette forme. Les écoulements récents, remarqunbles par l'intensité de la douleur, du travail infljmmatoire, et les plus pénibles, en seraient surtout passibles ; la douleur et la purulence disparaîtraient après vingtquatre heures, quelques injections feraient le reste.

Au lieu de l'ex'rail oléo-réî^ineux noirâtre, il obtient, à l'aide de l'alcool, de l'eau et de l'éther, un extrait vert olive foncé, d'une consistance sirupeuse épaisse et d'une odeur fortement

BLIiNNOKUHAGlIi

élliérée, d'une saveur franche et piquante correspondant à dix fois son poids de poivre brut, au lieu de huit seulement qu'a l'extrait oléo-résineux.

Pour dissimuler sou odeur, il l'enferme dans des capsules ovoïdes du poids total de 1 gramme, dont il donne le modus fack'iuli et qui renferment 75 centigrammes d'extrait, soit une quantité équivalente à 7 jirammes 50 cenligrammes de poivre.

Sous cette forme, il n'a plus ni odeur ni saveur, et constitue un médicament actif, titré. [Bull, de thérap., octobre.)

Ces différences phurmacologiques constituent jusqu'ici toute la supériorité de celte préparation sur les capsules de Raquin et autres analogues. C'est à l'expérience clinique de prononcer sur sa valeur comparative.

Blefinorrlia;;ic chronique. Dilalalion progressive. Admettant que, dans la plupart des cas, le rétrécissement de l'urèthre est à craindre, M. Allaire conseille do tecourir de bonne heure, et même avant la fin de la période aiguë à l'usage des bougies. 11 en intioduit succes.-iveiuent doux à trois graduellement plus grosses, de \/i a 12 mdliuiètre, en les retirant iminéiliatement; la première bougie introduite le len lemain étant toujours celle de la veille. Des bains locaux et généraux sont employés dans l'intervalle de cette dilatation préventive, reprise en^uite de quinze en quinze jours, pendant deux à trois mois. {Soc. d'emul., mai.)

Si la dilatation a été prescrite et employée en pareil cas, c'est ordinairement sur les signes, les menaces d'un rétiécis>ement, qui en sont 1 indication, ou contre les blennorrhées, qui sont l'effet de ces rétrécissements. M. Allaire, en en faisant une méthode générale, a donc fait quelque cliose de nouveau, sans danger d'être imiié, à cause des accidents qui peuvent résulter d'une telle pratique.

BoiKjics vxédicamcnleuses. Une pensée analogue a fait imaginer à M. Thompson des bougies solubles de beurre de cacao, parfaitement listes, égales au n" 8 ou 9 do la filière, dç longueur variable, et contenant chacune 15 milligrammes de nitrate d'argent, 6 centigrammes de tannin et 4 d'acétate de plornb, ou 60 de sous-nitrate de bismuth, et comme calmants, 12 centigrammes d'opium ou de belladone. Le malade en introduit une chaque soir dans le canal. Dix minutes suffisent

BROMISMli.

pour qu'elle se ramollisse et fonde graduellemenl. Pour la maintenir en place, on comprime le canal de l'urèlhre ainsi que le gland avec du sparadrap. {Lancet.)

Alcalins el chlorure de zinc. Adversaire déclaré des astringents ordinaires contre les écoulements urélliraux, employés à l'intérieur ou en injections, M. Hammond leur substitue l'usage des alcalins dans la période aiguë, afin de neutraliser l'acidité de l'urine, et des injections avec 1 à 2 grains de chlorure de zinc par once d'eau, en annonçant des merveilles par ce procédé [Union méd. de la Seine- Inférieure, n" 20). L'exclusivisme de l'auteur doit mettre en garde contre ses assertions, aussi bien contre les agents qu'il combat qu'en faveur de ceux qu'il prône.

BIcnnorrhngie cordée. Injections hypodermiques. Contre la violente douleur nocturne en résultant, M. Scarenzio ayant vainement épuisé tous les calmants, pratiqua le matin une injection sous-cutanée au périnée avec une solution de 10 centigrammes de chlorhydrate de morphine pour \ 0 grammes d'eau.

Dès la nuit suivante, le malade put dormir naturellement et uriner plusieurs fois, et comme démonstration de l'action thérapeutique, l'injection n'ayant pas été renouvelée le lendemain, la douleur reparut, quoique atténuée ; mais une dernière injection suffit à faire disparaître cette complication. (Giorn. délie mail, venere, avril.)

Blennorrliée. Insufflations pulvérulentes. Un instrument a été imaginé à cet effet par M. Mailez, tentative déjà réalisée par plusieurs médecins, notamment M. Jacquemet, de Montpellier. On douche ainsi à sec tout le parcours du canal de l'urèthre avec la poudre de nitrate de bismuth, agent dont M. Cossy s'était déjà servi en injection épaisse. Rien donc de nouveau à ce sujet, si ce n'est que douze cas de blennorrhée , dont plusieurs remontaient à quatre, trois et deux années, ont été guéris par ce moyen topique. {Acad. de méd., avril.)

BROMISME. L'emploi fréquent et à haute dose du bromure de potassium rend l'observation suivante extrêmement intéressante, autant par sa nouveauté que par l'interprétation qui lui est donnée par le docteur Marcq. Ce serait une intoxication

BROMISME.

bromurienne analoguo à l'iodisme coristilulionnol do Killiel, donl la réalité a été mise en doute par l'Académie de médecine. A ce titre, elle mérite d'élre rapportée dans ses principaux détails.

Un homme d'environ cinquante ans, — forte constitution el bonne santé habituelle, goutte et rhumatisme léger à part, — est atteint depuis un an d'une laryngite ulcéreuse à marche très-lente, mais progressive, sans rémission ; pas de tubercules pulmonaires.

Après avoir épuisé, durant un traitement de huit mois, médications et médicaments, des douleurs vives existant au niveau du cartilage thyroïde firent employer le bromure de potassium ;i cause de ses propriélés alléranles et son action anesthésique à la dose de 10 centigrammes par jour, dans l'eau sucrée, concurremment avec quatre cuillerées d'huile de foie de morue. Exclusion de tous autres médicaments, llégime tonique. Un mieux sensible dans l'état général et local ne larda pas à se manifester. Les douleurs laryngées diminuèrent graduellement, l'appétit se réveilla, l'assimilation se fit mieux. Après quinze jours, le malade, — très- satisfait de son état, — ne souffrait presque plus, mangeait bien, avait notablement repris de la chair et des forces. On pouvait croire l'affection enrayée. Le pronostic devenait favorable. Tout en persévérant dans ce traitement, le malade attachant une grande importance à so voir au plus tôt radicalement débarrassé de toute sensation anormale au larynx, l'action locale du bromure fut augmentée en le portant directement sur les parties affectées, au moyen d'un pulvérisateur, avec une solution de 50 centigrammes de bromure pour 250 grammes d'eau distillée, deux inhalations par jour, de deux à trois minutes de durée.

Huit jours après, le malade avait le teint jaune sale, yeux excavés, fixité étrange dans le regard, visage sans expression, considérablement amaigri, jambes vacillantes, mains tremblantes, dans un état réellement cachectique, il était méconnaissable. Peu à peu l'appétit s'étaii perdu, des douleurs intenses étaient survenues dans le cuir chevelu, la nuit surtout. Les forces avaient diminué de jour en jour et le tremblement augmenté en proportion. Les battements de cœur habituels s'étaient rapproches, en augmentant d'intensité, au point d'être intolérables. Pas de sommeil, étal nerveux, agité. En revanche, le mal de gorge n'existait plus guère que pour mémoire.

BROMISME.

Une exploration minutieuse des organes ne révéla rien (i particulier, ni aucun rapport de causalité avec l'état générm constaté. Pouls petit, de 115 à 120, avec une pulsation inan quant de temps en temps.

Aucune infraction ni exagération dans le régime ; mais i malade croyant à une exaspération du mal, et convaincu d l'efficacilé du retncde, avait fait parfois trois pulvérisations p; jour en les" prolongeant sans compter les minutes. Néanmoins, I solution avait été renouvelée une seule fois. Moins d'un gramni de bromure avait donc été inhalé pendant les huit jours ; en ajoutant les 80 centigrammes pris en potion, c'était 1 gramme 80 centigrammes. Ce qui n'est pas extraordinaire, môme en. ajoutant les 2 grammes pris durant les jours précédents.

L'idée d'une intoxication étant admise aussitôt, il s'agissaitl d'éliminer le poison. Dès lors, abstention complète du bromure ;: tisane de chiendent nitrée ; bains sulfureux lièdes peu prolongés, quotidiens, suivis de frictions stimulantes ; régime exclusivement lacté qui fut très-bien supporté et digéré.

Après huit jours, nulle reprise du mal pharyngien, sensibilité épigastrique tolérable, douleurs occipito-frontales diminuées, violentes seulement par exacerbations irrégulières, surtout nocturnes. Le lait était pris en abondance, avec une appétence prononcée pour d'autres aliments qui répugnaient auparavant. Et pourtant la maigreur avait augmenté, le teint toujours d'un jaune terreux aussi prononcé, forces nulles, tremblements desavant-bras, vacillations des jambes, même fréquence du pouls, meilleur aspect de la face. L'examen des organes ne révélait rien de particulier. Rien ne fut changé au traitement, sinon une nourriture graduellement plus tonique.

Pendant deux mois, l'affection continua à décroître, sauf quelques exacerbations momentanées des symptômes en voie de disparition. Les symptômes frappants furent la persistance longtemps continuée de la maigreur, de la faiblesse générale, et surtout l'incertitude de la marche, alors que la nourriture était depuis longtemps absorbée en notable quantité.

Le malade s'est remis complètement de cette crise longue et douloureuse. Il a repris des chairs et des forces ; le mal laryn-gien semble guéri ; il n'y a plus de douleurs spontanées de ce' côté, et l'on trouve à peine une sensation pénible à la pression, , au niveau de la face gauche du cartilage thyroïde.

L'intoxication du brome est justifiée, pour le médecin belge,

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