CHLOROFORME
partie. Un volume in-8° de 420 pages et figures inlercalées dans le texte.
Insirumenls de caoutchouc pour V application du froid. — Voy. FnoiD.
CHLOROFORME. Mort apparente. Contre cet accident redoutable survenant pendant la chloroformisation, la Société de chirurgie de Paris consultée s'est montrée divisée sur son mode de production. Suivant MM. Bouvier, Chassaignac et Lefort, elle arrive par asphyxie, M. Perrin soutenant au contraire qu'elle a lieu par syncope. De là la différence des moyens à employer pour rappeler la vie. MM. Boinel et Demarquay ont vanté l'insufflation directe et de bouche à bouche. Si par son emploi instantané ce moyen peut avoir du succès, il faut toujours y joindre la respiration artificielle par des mouvements alternatifs du thorax que M. Labbé a vu réussir constamment sur les animaux et quelques malades. La f;iradisalion du diaphragme à l'aide de courants interrompus, combinée avec la pression rhythmique des parois du ventre, est un excellent moyen ; mais comme l'insufflation directe avec la canule laryngienne et le soufflet, vantée par M. Perrin, elle demande du temps pour être exécutée, et ce temps est si précieux que ce serait s'exposer à un malheur que de le perdre sans recourir aux moyens précédents.
En reconnaissant à l'unanimité l'action primitive du chloroforme sur l'appareil pulmonaire, on s'est accorde à proclamer que s'il se manifestait des phénomènes d'asphyxie, c'était toujours en définitive par syncope que la mort arrivait dans ce cas, suivant les études de M. Perrin sur les morts subites. — 'Voy. ce mot, année 1 864.
Suppression de tout danger dans son emploi. La science est encore dans l'erreur, selon le docteur Ferran, en croyant que les aneslhésiants agissent sur le poumon ; ils n'y produisent que l'asphyxie plus ou moins dangereuse du sujet ; mais le véritable efl'et d'insensibilité ne provient que de leur action sur le cerveau, où ils parviennent par l'organe olfactif.
Voici l'expérience démonstrative qu'il en donne.
On introduit dans la trachée-artère d'un sujet une sonde prolongée par un conduit de caoutchouc, permettant de prendre, à un point éloigné, l'air de sa respiration.
92 CIILOROFORMR.
Tontorarrièrc-boucliecl les fosses nasales étant lamponnées avec de la charpie fine mouillée, on introduit dans les narines deux tubes contenant de la charpie imbibée de chlorolonne, dont la dose ne signifie rien. Les narines doivent être serrées autour des tubes pour qu'il n'y ait pas déperdition au dehors.
En quelques minutes (7 à 8 pour un lapin), l'aneslhésie commence à se produire, et l'on peut la faire durer, pendajit deux heures, sans le moindre danger pour le sujet, qui continue à respirer aussi normalement que pendant le sommeil naturel, de même que le cœur continue à battre régulièrement.
Dix à quinze minutes après qu'on a retiré le chloroforme, le sujet se réveille, comme de son sommeil naturel, et sans incommodité aucune, qu'elle qu'ait été la durée de l'expérience. Seulement, si on la prolonge, il est bon de renouveler le chloroforme.
L'emploi du chloroforme faisait courir des dangers qui dès lors n'existent plus. [France médic.)
Chloroforme cliez les mourants. Dans son ardeur à l'employer envers et contre tout, M. Dullar, renouvelant une proposition faite autrefois sous le nom d'enllianasie, et consistant à plonger les agonisants dans une demi-éthérisation pour leur ménager les souffrances inséparables du passage de la vie à la mort, cite une dame de quatre-vingt-deux ans qui, pendant les dernières semaines de sa vie, dut à la chloroformisation intermittente un calme profond et exempt de danger, tandis que l'opium, précédemment employé, ne procurait d'assoupissement qu'en congestionnant le cerveau. [British med. Jouni., juillet.)
On ne saurait approuver une telle pratique que par exception, contre des souffrances vives, intolérables. L'époque de la mort, si assurée et prochaine qu'elle paraisse, n'est jamais certaine. Le Code pénal français, d'accord en cela avec les sentiments qui doivent guider les actions de tout médecin consciencieux sont là pour réprimer une telle pratique, dit M. le docteur Lespiau. [Abeille vwdic, n" 34.)
Bas Cliloroform (Le chloroforme), par le docteur Sabarlh, in-S" do 276 pages, Wiirtzbourg. Histoire résumée, concise et
fidèle de tout ce qui fe l allaclie à cet agent puissaiilol merveilleux, comme aneslliésique et comme médicament. Celte monographie mérite ainsi les honneurs d'une traduction française, notre littérature ne possédant pas un précis aussi complet.
CHOLÉRA. Étiologie. Interne à l'hôpital Lariboisièro du service des cholériques, M. Stoufflel a résumé dans sa thèse inaugurale les remarques faites à ce sujet, remarques qui, en se généralisant, pourraient servir à élucider le point si important de la cause du redoutable fléau.
Sur 324 malades observés, 461 venaient de l'extérieur, dont voici le dénombrement :
12 morls.
En trouvant ainsi une cause prédisposante au
choléra dans
presque les trois quarts des cas, M. Sloufflet n'a pu vouloir exclure la contagion, car il est prouvé que les personnes affaiblies, valétudinaires, déprimées par les maladies, la misère ou l'ivrognerie, y sont f)lus assujetties que des personnes en bonne santé. On ne saurait donc se prévaloir de ces causes, comme l'a fait M. A. Després. Il est juste d'en tenir compte pour résoudre le problème, ce que Fauteur n'a pas fait.
Le choléra à l'hôpHal Lariboisière en -1865, dans ses rapports avec les autres maladies, par le docteur Stoufflet, 1 87 p. in-8°.
Contagion. Sur 37 enfants cholériques traités par M. Barthez à l'hôpital Sainte-Eugénie, 1 4 appartenaient à des familles où le choléra avait déjà fait d'autres victimes ; 1 1 avaient perdu leur mère, 1 l'avait très-malade, 2 avaient perdu leur frère. Plusieurs fois on a amené en môme temps à l'hôpital 2 ou 3 enfants, frères ou sœurs, atteints de choléra et dont lanière venait de succomber à la même maladie.
Deux nourrices de la Ferté-Loupière furent atteintes peu
91 CHOLÉRA
après loLir retour de Paris; l'une succomba et toutes deux perdirent leur nourrisson et un de leurs propres enfants.
Dans la première section de l'arrondissement de Joigny, un convoi de nourrices quitte Paris le 7 novembre, arrive le 8, et déjà le nourrisson de la femme Girard était mort. Dans la nuit môme, la nourrice et ses enfants sont atteints et meurent, puis, la tante de la nourrice, qui l'avait soignée, succombe aussi avec un autre enfant. (Soc. méd. des hôpit. et Union méd. n" 9.)
Il résulte du rapport officiel du docteur Swinburne, médecin du port de New -York, qu'il fut importé dans cette ville en 1865 par des navires anglais, partis du Havre et transportant des émigrés allemands qui avaient séjourné à Paris lorsque l'épidémie y sévissait dans sa plus grande intensité. Plusieurs victimes au Havfe même et surtout pendant la traversée donnent un grand crédit à cette version. {Uniotiméd.^ n° 33.)
Lellres sur la conlacjion du choléra-morbus indien, par le docteur Rousseau d'Épernay. Expression d'une foi profonde sur la contagiosité du choléra basée sur de nombreux faits décisifs, ces Lellres font contre-poids aux brochures anlicontagionnistes. Partout s'élève ainsi avec une égale véhémence le pour et le contre des faits et des opinions sur ce sujet. Strasbourg, appelé à décider celte question dans son Congrès, est de même partagé. M. Eissen, rédacteur en chef de la Gazelle locale, affirme sans ambages la contagion, tandis que M. Willcmin, non moins autorisé , affirme le contraire. Entre ces deux opinions contradictoires, qui doit décider des mesures sanitaires préventives et du traitement à employer, qui prononcera?
Le choléra dans les hôpitaux civils de Marseille pendant l'épidémie de 1 865, par M. le professeur Seux . 1 vol. in-S" de 1 48 pages, avec tableaux statistiques et observations. Une esquisse de la marche en montre l'importation évidente dont le froid et impartial observateur se déclare franchement le défenseur, d'accord avec la plupart de ceux qui en ont été les témoins. Ceux-là qui s'en sont formé une opinion à distance, d'après les documents, diffèrent à peu près seuls à cet égard.
M. Périer n'est pas moins affirmatif pour l'épidémie d'Algérie, et les faits qu'il rapporte sont si clairs et décisifs qu'ils ne laissent pas subsister le moindre doute à cet égard.
CHOLÉRA
L'invasion est nellemenl dessinée par l'arrivée de délachemenls d'infirmiers ayant traversé Marseille du 20 août au 10 septembre. Réunis, encombrés à la Salpêlrière, ils forment un foyer morbide qui ne tarde pas à éclater et à rayonner. Plus tard, l'arrivée du bataillon étranger, malgré les précautions prises au camp do l'Aouch-Bridja, confirme celle importation par l'atteinte de quelques hommes du 77°, chargés de le garder, et bientôt celle en masse de ces futurs soldats étrangers.
En niant l'importation et en traitant Des causes essentielles qui ont présidé au développement de celle épidémie (brochure grand in-8° de 100 pages), M. Didiot, médecin principal des hôpitaux militaires, fournit la contre-partie et comme l'argumentation, la critique du travail précédent. Fondé sur la météorologie et la statistique, il insiste surtout sur la constitution médicale pour en démontrer les caractères et les effets, en leur attribuant le développement de l'épidémie , et à l'appui do cette opinion, il discute la date de l'apparition des premiers faits, interprète leur signification, et tandis que la clinique forme la base du mémoire de M. Seux , elle est totalement absente de celui-ci. Rien de bien étonnant, dès lors que, partis de points de vue opposés , ayant suivi des voies différentes, ces deux auteurs soient arrivés à des conclusions contradictoires. C'en est là trop souvent le secret quand elles émanent d'hommes sincères et honorables, mais peut-être également prévenus.
Rapport sur les questions du programme relatives à l'origine, l'endémicilé, la transmission et la propagation du choléra, fait à la conférence sanitaire internationale de Constantinople, par M. le docteur Fauvel, délégué du gouvernement français. Brochure in-4" de 83 pages; Constantinople et Paris.
Expression des délibérations longues et répétées des délégués envoyés par tous les gouvernements européens à Conslanlinople , pour discuter et éclairer les différentes questions pratiques propres à prévenir et atténuer le fléau, ce travail peut être considéré comme un document officiel. Aussi les conclusions doivent-elles en être regardées comme l'expression la plus vj-aie de ce que l'on sait aujourd'hui de cette redoutable maladie.
Aperçu historique des épidémies de choléra-morbus et de fièvre jaune en Portugal, de 1 833 en 1865, déposé à la Conférence
90 CIIOLÉIIA.
sanilaiio inlernalioiialo do Conslanlinoplc par le délcgiic portugais, le docteur Bernardino Gonies. Nouveau témoignage irrécusable, car il repose cxchif-ivemenl sur des faits, dans le procès qui s'instruit contre le (léau ; il dépose en faveur de la contagion directe, inimédiale, personnelle. Écrit en fran(;ais, il fournit aux partisans, comme aux. adversaires de cette doctrine, des preuves convaincantes à ce sujet.
Sur la contagion en général el en parliculier du mode de projmgation du choléra-morbiis el de sa prophylaxie, par M. le docteur Bonnet, de Bordeaux, brochure de 5o pages in-8". Plaidoyer disert sur la nature infectieuse du choléra, réfutant les raisons produites en faveur de la contagion, notamment dans la dernière épidémie de Marseille. Contrairement à certains esprits systématiques qui, à défaut de pouvoir ruiner les opinions, les doctrines adverses, les passent sous silence, M. Bonnet ne craint pas de les prendre corps à corps, mais sans pouvoir toujours les terrasser, les détruire. Celte pièce mérite ainsi de figurer dans l'enquête qui se poursuit actuellement sur ce sujet.
Appendice nu choléra de Toulon de 1 836 à propos de f épidémie de Marseille en 1 865, par le docteur Marlinenq, 2IS pages in-8''. « Pour cet auteur, notre atmosphère a moins de puissance vivifianie qu'autrefois, il a même, dans ce momentci, un pouvoir altérant relatif qu'il n'avait pas quand il était mieux en rapport avec nos organisations qu'il ne l est ; les causes infectieuses altérantes, locales ou individuelles, s'unissant à elle pour détériorer notre organisme, y parviennent à des époques el dans des circonstances données, cl la maladie, sinon la mort, en est la suite. Voilà l'histoire el les causes du choléra ; et il lui semble que cette façon de penser est plus Scientifique, plus satisfaisante et plus vraie que ces opinions restreintes, limitées à quelques faits, et insuffisantes, qui naissent de l'observation terre à terre des phénomènes généraux qui s'offrent à nous en tout temps el en tous lieux. Tout ce qui précède se réduit à ceci : un homme, par des excès, par un défaut d'hygiène, par l'inspiration surtout d'un air impur, est prédisposé à la maladie; le milieu altérant dans lequel nous vivons aujourd'hui augmente cette prédisposition, el quand le degré de celle prédisposition a atteint certain point, la maladie
CHOLÉRA
se déclare — parce quo l'agrégal organique a été coiiduiL aux limites des combinaisons matérielles pouvant permettre le mouvement vital — avec certains symptômes auxquels nous avons donné le nom de cholériques^ parce qu'ils ressemblent à ceux qu'on observe sur les* bords du Gange, et auxquels celte épilhèle a été imposée : voilà tout^ et avec cela, dit-il, je comprends et j'explique tout, tout ! sans exception. Qu'une autre vue théorique en fasse autant ou mieux, et je ne serai pas le dernier à l'accepter, »
Telle est la profession de foi anticonlagionniste de M. Martinenq. Nous l'avons citée en entier pour mieux en faire apprécier la valeur, et c'est avec des armes de celte portée que, prenant une à une les propositions et les preuves conlagionnistes absolues de MM. Grimaud et Worms notamment, il les examine, les combat à outrance, sans merci, et dresse un véritable réquisitoire contre leurs auteurs. Son argumentation est vive, pressante, serrée. Il discute les faits affirrnatifs et leur oppose des observations contraires ; aux expériences de MM. Thiers et Robin, il oppose celles de M. Villemin, et l'exemple de M, Axenfeld se faisant une piqûre anatomique sur un cholérique et contractant tout autre chose que le choléra. Les résultats des recherches microscopiques sur les déjections des cholériques lui semblent incertains, contradictoires, quant à la contagion, sans rien pour la justifier.
Enfin, .il faut citer VExamen Ihèorique et pratique de la question relative à la contagion et à la non-contagion du choléra, par M. Cazalas, inspecteur général du service militaire de santé. VohWée in extenso dans V Union médicale, cette longue disquisilion ne saurait être analysée. Elle n'affaiblit ni ne détruit les exemples de contagion qu'elle tend à réfuter, l'interprétation seule en diffère. Ce n'est donc qu'une dispute inconciliable entre les auteurs. D'ailleurs, pour être complet sur ce sujet, il faudrait signaler bien d'autres productions, notamment la réponse de M. le docteur Calvy aux deux précédents auteurs ou plutôt la réfutation topique de leurs assertions {rnion mcd., n"' 87 et 89). Mais, avec toutes ces citations, la question n'en serait pas plus avancée, chacun gardant son opinion. Aux faits seuls, aux observations de la résoudre.
Orages. Leur coïncidence avec l'apparition du ilcau a été
GAKNIEK. 6
Gonfirméo à Paris en 186G. Mais comme ils ont (•galemonl coincidé avec sa disparition, M. Cliauiïard- en conclut qu'en disséminant les miasmes morbides, ils peuvent faire éclater la maladie ici en les y portant et la faire disparaître là en les balayant (Soc. méd. deshôpit., juillet.)
Notice sur l'épidémie cholérique de 1 865, 48 pages grand in- 8°, avec la carte de la marche générale de l'épidémie concentrée dans le bassin de la Méditerranée. Paris.
C'est la rose des vents sous les yeux, qu'en vrai médecin naviguant, M. le docteur Jobert étudie la palhogénie du choléra. Il en formule l'étiologie dans cette loi unique : L'infection cholérique a lieu dans un pays quand il est au calme du temps, et l'intensité de Tinfection quand ce pays reste sous ce calme. Doctrine toute physique, météorologique, qu'il tend à justifier, à accréditer, mais sur laquelle il y aurait danger de s'étendre, crainte de s'y perdre, tant elle paraît nébuleuse comme tant d'autres.
Sémiologie. La division du choléra en six degrés: diarrhée simple, cholérine, choléra léger, choléra algide peu accentué, choléra algide curable, choléra algide incurable, nous semble sans grande utilité, car, M. Seux le reconnaît lui-môme, tous ces degrés se transforment. Un cas simple s'aggrave, un choléra incurable en apparence guérit ; celle de M. Périer en cinf[ formes en démontre aussi l'instabilité. Si, au point de vue clinique, ces distinctions ont quelque importance, elles en sont dépourvues quant au traitement et au résultat final.
Diarrhée prémonitoire. Dans son excellent rapport sur le choléra de 1865 observé à l'hôpital Saint-Antoine, M. le docteur Mesnet fait une distinction capitale à ce sujet. Sur 21 3 malades, 1 40 seulement sontcomplés comme ayant présenté ce signe que d'autres donnent comme à peu près constant pour en faire le signe avant-coureur du choléra. Celle différence s'explique par ce que l'auleur, se conformant à la saine interprétation des faits, n'a fait entrer dans ce nombre que le flux intestinal ayant précédé les crampes de dix à douze heures au moins. Prévenir, avertir, suppose le temps à l'action médiatrice de combattre, sinon conjurer le danger. Si l'on applique ce litre à toule selle précédant de quelques heures seulement les crampes et la
cyanose pour en montrer la constance, il perd sa significalion, c'est une expression du mal lui-même. {Archives de médecine, février. )
La diarrhée, véritablement prémonitoire, séreuse, indolore, se manifestant isolément en l'absence de tout autre symptôme durant un certain temps, a aussi manqué dans bon nombre de cas dans le service de M. Seux à Marseille. Elle ne se déclarait qu'après les vomissements ou simultanément et seulement deux on trois heures avant l'algidilé, comme deux exemples pris chez une enfant et un vieillard en sont la preuve. Qu'elle manque surtout au début et au maximum du fléau dans les cas graves, comme si l'intensité de son action ne donnait pas le temps à cette sécrétion de s'établir, ce que semble justifier la plus grande mortalité proportionnelle observée à celle période, il n'en est pas moins constaté une fois de plus que ce signe imporianl, soi-disant infaillible^ manque assez souvent, ce que l'épidémie de 1865 aura surtout contribué, ici et là, à faire ressortir.
En parlant de ce signe, qui se seraitmontré àans tous les cas, M.Caradec néglige d'en indiquer la durée et lanature précises. Il ditseulement que, «plus elle comptait de jours, plus il y avait de guérisons ; plus, au contraire, elle était récente, plus il y avait de morts» . [Le choléra à Brest.) L'urgence d'en connaître la durée précise ressort d'autant mieux, car M. Seux aussi Fa observée dans tous les cas, mais en variant de quelques jours à quelques heures. Une contradiction apparente peut ainsi se changer en accord parfait. Il ne s'agit que de s'entendre.
Elle a manqué dans bon nombre de cas à Paris en 1 866 ; MM. Féréol, Moutard-Martin, Guérard, Raynaud^ llérard, en ont observé des cas (Soc. méd. des hôp., juillet). Ainsi se confirme de plus en plus son inconstance.
Diarrhées choléri formes. Employé dans 1 9 cas dans le service de M. Boys de Loury à Saint-Lazare, le perchlorure de fer a eu un résultat satisfaisant sous la forme suivante :
2f rerchloruic de fer lifiiiicle 30 goiitics.
Ei\ii cliilillcc 150 gramiiics.
Sirop simple 45
Par cuillerées à bouche dans la journée. {Gaz. des hôp.)
Température interne. Dix expériences faites par M. Charcot
CHOLÉRA
sur des vieillards cholériques de la Salpétrière, en introduisant un thermomètre dans le rectum, ont donné un minimum de 36", 2 et un maximum 40°,8. Les chiffres de 37° à 38" ontélé les plus ordinaires, ce qui vient à l'appui de cette opinion, de plusieurs observateurs, que le refroidissement reste superficiel même dans la période algide et ne s'étend pas aux parties centrales. {€az. méd. n° 1 1 .)
De la revue des symptômes faite .par M. Caradec, ressort ce fait curieuK de la température basse et froide de l'urine lors de son extraction par le cathétérisme durant la période de réaction. Quel en était au juste le degré? L'auteur n'a pas employé, à son grand regret, le thermomètre pour répondre avec précision, et la critique doit le constater, ces indications vagues sont le défaut commun à ses autres observations. Si la précision mathématique échappe à beaucoup de faits cliniques, soumettons-y du moins ceux qui y sont applicables ; ce sera toujours aulant de gagné.
Convulsions. Signalées par les auteurs allemands dans quelques observations, elles ne l'avaient pas été jusqu'ici en France, M. Anger les a observées dans trois cas à l'hôpital Beaujon et M. Legros plusieurs foisà l'Hôtel-Dieu. Toujours, c'est pendant l'agonie qu'elles apparaissent, aussi bien dans l'algidité que dans la réaction. Les yeux roulent dans les orbites et se cachent sous les paupières supérieures. Un tremblement fibrillaire envahit les muscles delà face. Les contractions spasmodiques gagnent les membres. Toutes les parties du corps sont agitées de petits mouvements convulsifs, rapides et saccadés de trente à quarante secondes de durée^ se succédant rapidement sans que le visage change notablement, ni larmoiement, ni bouffissure. Ces accès diminuent d'intensilé à mesure que le terme fatal approche.
Assimilées à l'éclampsie par les auteurs allemands, ces convulsions ont été rapportées à l'empoisonnement urémique. M. Anger repousse cette identité. Il n'a pas observé la congestion de la face, le larmoienient, l'écume à la bouche, le coma profond ni la respiration stertoreuse propre à l'éclampsie. Il les attribue ainsi plutôt à un arrêt de la circulation encéphalique, que ce soit par une lésion des nerfs vaso-moteurs comme le veut M.Marey, ou par une altération des éléments du sang, car elles ressemblent beaucoup aux accidents convulsifs succédant aux hémorrhagies. {Gaz'elte des hôpitaux, n"
CHOLÉRA
JS^ote SU)- ia pdnocle de rcaclion consécutive a i'accès du choléra cpidému/ue, par M. Worms, médecin de l'hôpital du Gros-Caillou. Attribuant la somnolence et le coma, qui succèdent à la période de réaction, à un épanchement séreux intra-cérébral gênant le retour de la circulation encéphalique, M. Worms, pour en activer la résorption, emploie topiquement sur le frontal, rasé au besoin, la mixture suivante:
Alcool camplirc 150 grammes.
Ammoniaque liquide. ... 20 à 25 —
Infusion d'.arnica 100 —
Chlorhydrate d'ammoniaque. , . 45 — Mêlez.
Ceci sans préjudice des autres révulsifs usités.
Excrétions. Par l'analyse chimico-microscopique des déjections alvines et vomies, M. F. Papillon a réfuté l'assimilation de ces matières au suc pancréatique faite par M. Baudrimont (Académie des sciences, 1865). Il n'a pu les émulsionner avec la graisse; toujours celle-ci s'ost séparée au filtrage. Elles se sont montrées constamment neutres. Le seul point de ressemblance est dans la présence commune d'une assez forte proportion de chlorure de sodium. Il n'y a pas trouvé davantage la diasiase signalée par M. Baudrimont.
Les différences chimico-physiques de l'albumine obtenue du sang des cholériques avec l'albumine ordinaire sont des plus remarquables. Ainsi mise au contact de l'eau pendant quatre jours, elle n'a éprouvé ni hydratation, ni gonflement, tandis que l'autre, si elle ne se dissout pas, se gonlle considérablement. Elle ne se dissout dans la potasse et la soude qu'à une température élevée, tandis que celle-ci s'y dissout rapidement à froid.
Chauffée avec l'acide chlorhydrique, elle ne s'y dissout que lentement en produisant un violet pâle, tandis que l'autre donne un violet foncé. Elle ne décompose pas rapidement comme celle-ci, à la température ordinaire, un mélange d'acide nitrique et sulfurique avec vapeurs rutilantes d'hyponilride. Enfin au lieu de se dissoudre en noir, de se carboniser par l'acide sulfurique, elle ne se déshydrate qu'à la longue. Ces différences sont donc aussi capitales que faciles à constater. (Journal d'anatomie et de physiologie, n° 2.)
Glycosurie. C'est dans la période réactionnelle qu'elle ?e manifeste, d'après les récentes recherches de M. Gubler, et non
CHOLÉRA
dans la période asphyxique avec l'albumine et i'indigose comme il l'avait cru. Dès que la réaction se prononce au contraire, celles-ci disparaissent pour faire place à celle-là. Au bleu indigo que donnait l'acide nitrique succède le violet. C'est alors que la matière ternaire apparaît dans un grand nombre de cas. Elle est même constante dans toutes les réactions francbes et vives, quand les sujets ont l'aspect fébrile et qu'une tendance éruptivo se manifeste.
La glycosurie se caractérise ainsi au fur et à mesure que décroît 1 albumine et, finalement, les urines, exemptes de substance coagulable, ne montrent plus que la matière sucrée dont la proportion peut s'élever à plusieurs grammes par litre.
Ainsi, dans la période d'algidité et de cyanose, l'urine entraînerait seulement de l'albumine et de I'indigose, analogue au bleu d'aniline. Dans une phase intermédiaire, enverrait coexister la matière protéique avec la substance sucrée. Enfin, dans la réaction confirmée et avancée, le sucre passerait seul dans la sécrétion urinaire.
Urocijanine. Cette matière colorante bleue, découverte par Braconnot dans l'urine, et qui y existe à l'état normal et pathologique, a été trouvée surtout abondante par M. Boucher, pharmacien militaire, dans les urines des cholériques et dans des cas même de cholérine simple. On l'en sépare par les acides alcoolisés et ensuite avec le chloroforme qui l'isole du liquide (Mém. de méd. milit., n" 80). Cette abondante proportion no tient-elle pas simplement à la rareté et la densité des urines dans le choléra plutôt qu'au fait pathologique?
Doctrine slœchiologiquedu choléra d'après les travaux récents; thèse inaugurale par le docteur Pnpin Buillier-Baufond. Exposé de toutes les altérations connues, déterminées jusqu'ici, des principes immédiats de l'économie, solides et liquides. (Librairie Germer Baillière.)
Mortalité. Grossesse. En présence de la grande mortalité qui s'est montrée à Paris sur les femmes enceintes ou en couches, M. Besnier, dans son rapport sur les maladies régnantes, regarde comme un impérieux devoir, dans les épidémies ultérieures, de fermer les hôpitaux où l'on a reçu des cholériques à ces femmes, ou de refuser des cholériques dans les hôpitaux que l'on désignera pour recevoir les services d'accouchement. Soc. méd. des hôp., octobre.)
CHOLÉRA
L'examen de la mortaliléà Londres a donné les résultats suivants :
Épotiiic do répidomie. Durée. Mortalilé. rroportioii.
1S3-2-1833 i7 semaines . 0 729 i/t p. 1000
[Lancel, octobre).
Si l'action fatale du fléau semble diminuer d'après ce tableau, cette conclusion n'est pas rigoureuse, car d'une part, les tables de morlalité n'existaient pas en 1 832 et la statistique des décès est tout à fait incomplète, d'autre part l'épidémie n'a pas encore complètement cessé en 1 86(5 et l'on ne peut en connaître exactement le nécrologe. Celte statistique est donc inexacte à ces deux termes, et l'habitude de nos voisins à se servir de ce moyen en toutes choses, de réduire tout en chiffres, a pu seuleleur faire prendre pour une solution et donner comme telle ce qui n'est qu'un simple aperçu.
Traitement. A ff usions froides. C'est principalemen t contre i 'éréthisme, l'état nerveux représenté par les crampes, la cardialgie, l'anxiété et l'oppression thoracique, le hoquet, l'agitation, etc.; et, en second lieu, l'algidité compliquée ou non de symptômes nerveux, que M. Bouley les dirige. Sur 64 cholériques entrés dans son service à l'hôpital Necker, du 4 5 juillet au 20 août, 12 ont été soumis aux affusions, 7 ont guéri, 5 sont morts. Presque constamment une élévation de température constatée Ihermométriquement dans l'aisselle s'en est suivie; tous les phénomènes nerveux ont été amendés et, quand la marche de la maladie a permis de répéter ces affusions trois ou quatre fois, les malades ont guéri. {Gaz. hebd., n° 40.)
Èlédicaiion saline. — M. Moissenet désigne sous ce nom une médication à laquelle il a eu particulièrement recours pendant cette épidémie, sans exclusion d'ailleurs des autres agents thérapeutiques qui peuvent être indiqués. Cette médication est instituée de la manière suivante :
Après le vomitif, un bain chaud additionné de :
Moutarde • . . . 2 kilogrammes.
Sel gi is 'i à il —
Soiis-cnrlionn'ie sodiqiio 250 grammes.
lO'i CHOLÉRA Après le bain, potite potion composée de : '
Eau pure 90 à iOO grammes.
Cliloruro (la sodium 4 grammes.
Sirop 30 ), /i5 grammes.
Eau d(i (leurs d'oranger 15'grammos.
Ou essonco d : menllio anglaise 1 goulle.
Quelquefois celle potion est préférée sans suore; on la donne par cuillerées à bouche, d'heure en heure, soil entre deux morceaux de glace, soit dans une plus grande quantité d'eau froide; elle est souvent renouvelée deux fois dans les vingt-quatre heures.
En même temps, et dans les intervalles, M. Moissenet autorise, à discrétion, l'eau pure, l'eau de Sellz, l'eau de Vichy, ou bien une tisane additionnée de 2 grammes de bicarbonate de soude par pot. De plus, malin et soir, un lavement dans lequel on fait dissoudre 30 à 4 0 grammes de chlorure de sodium. Celle médication est continuée même après la réaction, jusqu'à ce que l'on ait obtenu la conversion des selles blanches ou rouges en selles bilieuses.
Statistique : 44 cas décomposés en 26 graves, 12 moyens, 6 légers; i 1 décès seulement, 33 guérisons.
Combinée ou non avec le vomitif et les purgatifs ordinaires, . la médication saline a semblé diminuer beaucoup les dangers de la réaction.
Celle médicalion agit souvent elle-même comme les purgatifs salins à dose fractionnée, et, comme telle, elle est cholagogue. Mais elle doit avoir un autre mode d'action plus important encore. Serait-elle antiseptique? Rendrait-elle au sang les éléments salins qu'il perd avec son sérum par le fait de l'hypersécrétion séreuse des voies digeslives, et rélablirail-elle ainsi artificiellement l'oxygénation du sang si profondément troublée par l'empoisonnement cholérique? Quelle que soit la valeur de ces théories, la médication salée semble aujourd'hui, d'après les nouveaux essais à Lariboisière, devoir être signalée comme vraiment utile et digne d'être expérimentée sur une plus vaste échelle. [Soc. méd. t/es /iô/j. , octobre.)
Nilrale cVargent. — M. Isambert signale les bons résultats qu'il a obtenus des lavements de nilrale d'argent donnés dans quelques cas, et qui ont très-rapidement modifié la couleur des selles. « 11 semble, dit-il, que l'on détermine ainsi une action
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réflexe sur le foie, et les selles à couleur bilieuse remplacent les selles blanches, riziformcs. »
Acide arsénieitx. Préconisé par M. le docteur Calien le premier, dans son service de l'hôpital Rothschild, durant l'épidémie de 'I 86 5, ce médicament semble avoir continué à donner des résultats étonnants entre ses mains en 1 866. Sur 38 malades entrés, du 16 juillet au 30 septembre, 8 seulement sont morts. Mais il convient de défalquer 1 1 cas légers où l'arsenic n'a pas été donné avec suite, car, suivant le médecin israélite, il convient surtout contre l'algidilé. C'est donc 27 malades seulement, soit une mortalité de 30 pour 100, bien inférieure à celle qui a eu généralement lieu dans tous les hôpitaux.
Dans son service du chemin de fer du Nord comme dans sa clientèle, la proportion est encore plus favorable. Si les mêmes résultats n'ont pas été obtenus par d'autres médecins, il l'attribue à ce que la dose a été trop faible et que le traitement n'a pas été suivi comme il l'a formulé. Administration de 1 à 2 grammes d'ipéca dès que le malade est couché dans un lit chaud et aussitôt que les vomissements laissent un instant de repos, on lui fait prendre, avec de la glace, un granule de 2 milligrammes d'acide arsénieux jusqu'à concurrence de 20, 30, 40 milligrammes ou plus dans les vingt-quatre heures. Jamafs aucun accident n'en est résulté. Et comme preuve qu'il est absorbé, c'est que les premières urines rendues par le malade en contiennent. [Union médic, n" 128.)
Tel est, comme le testament du digne et savant médecin Israélite sur cetle médication spéciale, car à peine l'avait- il écrit, qu'il a été subitement ravi à la science et à ses nombreux amis.
Spécifiques. Leur inanité est démontrée par des expériences négatives faites par M. Lespiau, médecin militaire, avec les suivants :
Sulfale de quinine. Vanté par M. Armand, d'après son obser- /ation en Cochinchine (voy. aniièe 1 363). Or, dans le môme lôpital, M. Lespiau déclare qu'ayant eu à soigner des accès jernideux cholériformes, le sulfate de quinine avait réussi dans jeaucoup de cas à enrayer le retour des accès, mais qu'ayant raversé une épidémie de choléra, dégagé do toute complication )aludéenne au mois de décembre 1863, pendant l'expédition do
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Bien-hoà, ce remède donna 15 décès sur 20 malades alleinls de choléra bloii, dont la marche fatale rte fut pas même enrayée.
Mélange d'huile et devinaigre. 90grammes d'huiled'olive pour 30 grammes do vinaigre de vin avaient été annonces comme spécifique par deux médecins de Cannes, sans doute pour faire écouler les produits du pays. Expérimenté sur deux militaires atteints du choléra bleu entrés à l'hôpital du Gros-Caillou, ce mélange n'a nullement provoqué la réaction comme le soutenaient leurs auteurs; les deux cholériques sont morts dans l'algidité. L'insuccès est donc bien notoire [Abeille niec/îc, n" 30).
L' alcoolalure d'aconil napel dans le traitement du choléra morbus épidémique, par le docteur Cramoisy. Brochure de 30 pages in-S", contenant 12 cas de guérison s expliquant par la théorie suivante : Le choléra est une inflammation rendue évidente par la fréquence du pouls, signe de fièvre dont l'aconit napel, modérateur et régulateur de la circulation par excellence, fait ])romplement justice aussi sûrement que le sulfate de quinine de l'intermittence; autant d'assertions avancées sans justification. Déjà Adet de Roseville avait proclamé la spécificité de ce remède.
Isolement. Une preuve des progrès et du crédit de la doctrine de la contagion, c'est l'isolement des cholériques fait à Marseille, à Brest, à Alger, et partout à peu près comme à Paris en 1865. Des salles spéciales, bien aérées et ventilées, leur furent consacrées à l'Hôtel-Dieude Marseille, comme à la Conception ; bien mieux, l'encombrement se manifestant au plus fort de l'épidémie, une nouvelle salle fut ouverte pour les cholériques convalescents. Ce fut encore mieux à Alger : isolés dans l'hôpital du Dey, isolé lui-même, les cholériques étaient placés de deux en deux lits pour éviter l'encombrement, et divisés par catégories. Dans une première salle, au rez-de-chaussée, dite de réception, entraient tous les cas de choléra confirmé ; pour les entrants douteux, et certains malades déjà en traitement d'autres maladies, il y avait une petite salle d'observation. Lorsque les plus violents accidents do la première période se dissipaient, et que les cholériques, sans être convalescents, souffraient du mouvement qui se faisait autour d'eux et y)renaient de l'émotion du nombre des décès, des plaintes, des cris de leurs voisins ou des nouveaux venus, on les envoyait là.
Toutefois, en présence de la mortalité de 75 pour 1 00 des cholé-
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riques réunisdaiisdessallesspéciaIes,M. J.Gucrin,diins la Gaze lia médicale, signale le danger de ce mode d'isolemenl. (^ontagionniste. il réclame l'isolement, mais non do celle manière qui a le danger de jeler un Irouble profond dans l'esprit des malades, qui est pour eux comme un arrêt de mort, et de créer en cuire un foyer d'infection au cenlre même de l'hôpital. Un moyen efficace,'sans inconvénient grave (employé en Allemagne et même à l'armée de Crimée), serait celui des hûpilaux provisoires sous la tente disséminés autour de Paris, sur les points les plus salaires et les plus élevés. Ce fut le conseil que nous émettions l'année dernière dans ce Dictionnaire. Il est si rationnel que l'on s'étonne qu'il n'ait été déjà suivi par l'administration de l'Assistance publique. Ce moyen radical parut seul mettre fin à la déplorable épidémie de fièvre jaune de Lisbonne, en 1857.
Sans repousser ce moyen, M. A. Latour n'en voit pas une nécessité aussi absolue qu'une administration prudente, économe dusse y recourir à l'avenlure. Les motifs allégués contre l'isolement actuel ne sont pas décisifs. La mortalité en 186S n'a été que de 51 ,25 pour 100, et les cas intérieurs n'ont été que 17,40 pour 100 au lieu de "23,47 en 1 849, et 29,05 en 1 853-54. D'ailleurs, l'aclion rayonnante du foyer cholérique dans l'hôpital n'est pas démontrée. A Lariboisière, où l'isolement est complet, absolu, le nombre des cas intérieurs s'est élevé à 20 pour 100, tandis qu'à Saint-Antoine oîi il est très-incomplet, il ne s'est élevé qu'à 2 pour 1 00. [Union médic, n" 110.)
Si ces objections statistiques ont leur mérite quant aux assertions précédentes, elles n'infirment pas l'utilité, le rationalisme de l'emploi du baraquement de préférence à ce qui a lieu. Dans le doute même de la contagion, de l'infection, ce serait au moinsle cas de s'abstenir de recourir à ce moyen coûte que coûte. Ainsi doit raisonner une adminislration soucieuse de la vie des malades. D'ailleurs un exemple déterminant existe. 1790 cholériques ayant été admis dans les hôpitaux temporaires cjuo l'adminislralion avait été obligée d'établir en 1 832, la mortalilé n'y fut que de 35 pour 100 ; résultat qu'aucun hôpital ni hospice n'a donné. Il y a donc au moins lieu de revenir à ce système.
Une enquête générale est pvovoqviéQ [^arV Epidemiological Society, parmi tout le corps médical anglais pour la solution de ces trois points : Si les cholériques peuvent être admis dans les salles des hôpitaux cl des infirmeries, sans danger pour les
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autres malades, ou s'il y a lieu de les isoler dans des salles spéciales sans danger de créer ainsi un foyer d'infeclion, et s'il ne convient pas plutôt, par prévision, de créer des jiôpitaux spéciaux disséminés pour les recevoir. On s'étonne de voir un corps savant, spécial, aussi autorisé, déférer cette question au jugement public au lieu de la résoudre. Privé de caractère officiel, il veut sans doute donner la sanction de l'opinion à l'avis qu'il va émettre pour lui donner plus d'autorité, car à la question ainsi posée, la réponse n'est pas douteuse.
A l'Hôtel-Dieu de Rouen, dit M. Leudet, où sur 69 malades j'en ai perdu 38, il est remarquable que, l'isolement n'ayant pas été pratiqué, les cholériques ayant été traités dans les salles communes, sans que les objets de literie aient été soumis à des lavages et des puriflcalions, et sans autre précaution que le changement de draps, il ne s'est pas développé un seul cas à l'intérieur de l'hôpital [Acad. de méd. , octobre). Sans en tirer une conclusion formelle, suivant sa réserve savante et prudente, cet habile clinicien a fait ressortir toute la portée de ce fait qui, s'il se répétait ainsi dans plusieurs hôpitaux, atténuerait considérablement la doctrine de la contagion.
Quarantaines. De part et d'autre, elles sont réclamées pour se mettre à l'abri de la contagion à mesure que cette doctrine fait des progrès. D'après l'importation apparente à Liverpool par les navires de la Compagnie d'émigration venant de Hollande, un ordre de George IV, prescrivant trois jours d'isolement à tout navire venant d'un port infecté de choléra ou en ayant des cas à bord, a été remis en vigueur.
L'Angleterre, par l'organe du Conseil privé, a ordonné qu'aucun navire, ayant le choléra à bord, ne débarquât rien dans un port du lloyaume-Uni avant trois jours francs, à partir de son arrivée. Les autorités locales, après l'examen par un homme de l'art, pourront faire débarquer les personnes non atteintes, et le transfert des malades dans un hôpital ou un lieu de sûreté quelconque pour y être soignés, et d'où ils ne pourront sortir sans permission.
Les cadavres des cholériques devront être jetés à la mer suffisamment chargés pour ne pas reparaître sur l'eau, et les effets désinfectés ou détruits.
On voit que cet acte est basé sur la diarrhée prémonitoire comme signe de l'incubation du choléra, car autrement, quelles
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garanties donnerait-il ? Un décret du 23 juin, rendu en France sur l'avis du comité consultatif d'hygiène publique, prescrit également une observation sanitaire de trois à sept jours pleins, dans un lazaret ou tout autre lieu, des passagers et des équipages de navires ayant patente brute. Isolés à leur arrivée, ces navires doivent être soumis à un e.xamen sanitaire et au débarquement des personnes non malades avant l'ouverture desécoutillss, et le transport des malades à terre dans un lieu séparé et approprié. Le chargement, les effets des passagers, aussi bien que les lettres et paquets, et les navires eux-mêmes, seront aussi soumis aux purifications voulues, de même que les matelots et les employés à ces mesures sanitaires seront soumis à la fin à l'observation quarantainaire.
Cette observation sera plus ou moins longue et rigoureuse, suivant l'état de propreté des navires. Ceux de guerre ou de poste ayant un médecin à bord commissionné, et sans cas morbide, pourront même débarquer leurs passagers et l'agent des postes en libre pratique aussitôt après l'examen sanitaire. Mais les personnes qui continuent leurs voyages en mer pourront être tenues de le faire au lazaret même, sans entrer en libre pratique.
C'est principalement au point de vue de la prophylaxie que se recommande le Rapport au gouverneur général de r Algérie sur Vépidémie de choléra do 1 865 dans la province d'Alger, par M. Jules Périer, médecin en chef de la division (broch. grand in-8"). Dissémination, dispersion des nouveaux arrivés et leur installation sous la tenle, dans des emplacements propices; la création d'infirmeries régionales, l'évacuation des casernes, une nourriture plus réparalrice, montrent bien tout ce que l'on peut attendre de ces mesures. Si, parla forme même et l'exposition des faits dans l'ordre qu'ils se sont produits, ce Bapporl nuit à en faire ressortir tous les avantages, il n'en reste pas moins un modèle à suivre pour leur mise à exécution.
Consigli e conforti nel Icmpi di colera (Conseils et précautions à prendre contre le choléra),deslinés au peuple et aux pères de famille en particulier, par J. Molescliott. — Sous une forme simple et populaire, aphoristique, le célèbre, physiologiste indique les précautions et le.s moyens hygiéniques, en descendant jusqu'aux moindres détails des ingesta et des agenis propres à éviter l'infection et la contagion, ainsi que les mesures préven-
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no
tives contre la diarrhée prodromique. Ces quelques pages se résument dans le XII" et dernier aphorisme, qui en est comme la conclusion :
Ayez l'esprit tranquille, observez la propreté et la tempérance ; propreté en tout et pour toat; tempérance dans la nourriture, le travail, le plaisir; ne p;is s'exposer sans nécessité aux influences nuisibles; combattre instantanément la diarriiée ; penser à toute autre chose qu'au tléau, et ne rien craindre.
Choléra-moi-bus, son siège, sa nature et son traitement, par le docteur Shrimplon. Brochure in-8" de 84 pages. Librairie Germer Bailiière. — A l'aide des citations des travaux principaux et les plus récents sur ce fléau, comme il est si facile d'en trouver à l'appui de toutes les opinions, l'auteur tend à démontrer que l'électricité en est la cause, et que les quarantaines, par conséquent, sont de nul effet. Les hyperslhénisants et la chaleur sont, d'après cette théorie, les meilleurs moyens de le combattre.
Choléra sec. Inconnue des uns, niée par les autres, cette forme rare s'est produite dans les conditions suivantes au docteur de Langenhagen.
M. C. .., directeur au ministère de la guerre, âgé do cinquante ans, fut pris subitement, le 1 4 octobre, à huit heures du malin, de crampes dans les jambes , de douleurs dans les flancs, de vomituritions atroces , de coliques violentes. Appelé aussitôt, il constata les symptômes suivants : Yeux excavés, face légèrement cyanosée et traits décomposés; absence totale du pouls, peau froide dans toute l'étendue du corps et suppression des urines; pas de déjections alvines. Des efforts de vomissement très-violents, n'aboutissant qu'au rejet de quelques glaires. ■Voilà le tableau exact de la situation au moment oi^i il arriva. Glace à l'intérieur, vin de Champagne, frictions à l'essence do térébenthine sur tout le corps, couvertures chaudes, sinapismes, etc., ramenèrent au bout de cinq heures la chaleur à la peau, et le pouls lui-môme reparut. 11 n'hésila pas alors à administrer une bouteille de limonade purgative, qui donna lieu, au bout de deux heures, à des selles abondantes et colorées. Le malade se trouve soulagé, et trente-six heures après cette crise, les urines reparurent également et un bien-être relatif avec elles. [Gaz. hebcL, n° 4.)
CHORÉE. ill
Choléra asphyxiqne. Il ne s'agit pas SOUS cetle dénomination, pour M. J. Besnier, de cette asphyxie ultime qui est la terminaison ordinaire du choléra, mais bien de cetle forme parliculière, prédominante, qui se manifeste au début de la période algide ou dans son cours, et dont les symptômes ont été observés maintes fois. Le principal caractère en est une expiration courte. Fondé sur 11 autopsies, pratiquées à la suite de cette forme spéciale, il a constaté des altérations anatomiques spéciales, déjà décrites par MM. Bouillaud et Gendrin en 1832, Tholozan en 1849, et auxquelles M. Besnier rapporte directement l'asphyxie, au lieu d'en voir l'effet d'une anhématosie inconnue dans sa nature, ou d'une altération du sang non mieux définie. C'est l'hypérémie des petits vaisseaux, et l'hypergenèse des cellules épithéliales de la muqueuse bronchique dont il décrit minutieusement les caractères , faisant obstacle à l'entrée de l'air, soit spasmodiquement, soit mécaniquement.
De là un traitement spécial pour cette forme distincte ; 'emploi de la pulvérisation des liquides, les révulsifs le long le la colonne vertébrale et les sédatifs du système nerveux à 'intérieur. {Arch. de méd., septembre et octobre.)
Tout en reconnaissant le mérite de cette distinction au point le vue séméiologique, on ne saurait admettre sans réserve la louvelle doctrine qu'elle comporte, d'autant plus que ce travail •évèle et promet un théoricien hardi, riche de ressources do iialectique, ingénieuses et savantes, et qui ne semblent pas adnetlre le doute.
CHORÉE. Étiologie. De toutes les causes morales, frayeur, rritatiou;, émotion, M. H. Roger n'en admet aucune, et rapporte exclusivement la chorée au rhumatisme articulaire. Dans ce ;as, sans doute, elle se lie étroitement aux maladies du cœur îoncomitlantes. {Journ. de méd. et de chir. prcU., septembre.) Jais n'existe-t-il pas une chorée idiopathique, effet d'un trouble lu système nerveux, névropathie essentielle?.,.
Le la douleur provoquée chez les choréiques, thèse inaugurale >arM. le docteur Léon Rousse, Paris, 1865. Exposé de ce ymptôme tel qu'il a été observé à l'hôpital Sainte-Eugénie, vec les observations à l'appui. Se confondant avec les points lévralgiques précisés par Valleix, cette douleur apparaît surtout lar la pression du doigt dans les endroits où les nerfs sont le