GLYCOGÉNIE
pour lo combalLro par un Iraiternonl spécial sans que l'existence fie fusées purulentes, de décollements profonds, d'étranglements, d'accumulation do liquides en décomposition , etc., n'exige impérieusement l'intervention active du chirurgien.
Quant aux amputations, la règle à suivre dans la gangrène des extrémités, diabétique ou non, est celle d'attendre jusqu'à ce qu'elle se soit limitée, et d'agir dès qu'elle est- arrêtée suivant la pratique généralement adoptée. (Soc. de cliir.)
Pour la solution de cette dernière question, on ne saurait pourtant assimiler la gangrène spontanée à la gangrène diabétique qui ne se limite pas aussi facilement, et est toujours prête à récidiver, la cause qui la provoque et l'entretient existant toujours.
GASTROTOMIE. Essai sur la gaslrolomie dans les cas de tumeurs fibreuses péri-utérines, par Stanislas Caternault, docteur en médecine, précédé des observations relatives aux huit premières ablations de la matrice pratiquées par le professeur Kœberlé, de Strasbourg. In-i" de 4 31 pages.
GLYCOGEIVIE. Nouvelle loi de sa formation. Cette fonction importante du foie de faire du sucre n'a cessé d'être l'objet des éludes expérimentales des physiologistes depuis que M. Cl. Bernard en a fait la découverte. En démontrant qu'elle n'a jamais lieu dans l'état physiologique, et qu'elle est toujours le résultat de la mort ou d'une altération pathologique pendant la vie, M. Pavy (de Londres), suivi de MM. Meissner et Jaeger en Allemagne, SchilF et tlersen en Italie, a changé considérablement la portée de cette découverte. Restait à déterminer l'influence qui présidait à cette formation. Un ferment diasta-. lique était soupçonné, lequel n'aurait agi sur l'inuline du foie que dans certaines conditions morbides, le pou)-(/wo! était inconnu. Par de nouvelles expériences, M. Schiff a démontré, en injectant la granulose ou le glycogène dans le sang des animaux, que ce ferment n'existe pas pendant la vie, et ne se développe que par le ralentissement, la stagnation, l'arrêt du- sang en circulation. Il suffit, pour le démontrer, de suspendre la circulation dans un membre en liant en masse la cuisse d'un animal, de une demi-heure à une ou deux heures, pour voir apparaître le sucre dans l'urine. La ligature du bras chez l'homme poussée jusqu'à la paralysie complète du mouvement et de la
GLYCOCÊNIE.
sensibilité de la main, a produit également une glycosurie, une demi-heure après renlèvement de la ligature, tandis qu'examinée avant, l'urine n'en indiquait pas de traces. Le ralenlissement de la circulation, par la ligature des vaisseaux principaux d'un membre, suffit même à produire le ferment, la glycogénie et le diabète. C'est donc bien le ralentissement, la stagnation et l'arrêt du sang normal qui donnent lieu à la glycogénie, et ce fait est parfaitement conforme avec les bienfaits thérapeutiques de l'exercice, de la gymnastique, si bien mis en évidence par M. Bouchardat dans le diabète. En accélérant la circulation générale, ils diminuent la formation du ferment et la glycosurie en même temps.
Les effets de la piqûre diabétique s'expliquent de môme, par la dilatation qu'elle détermine des petits vaisseaux de l'intestin et du foie, sorte d'expérience paralytique de ces organes. La non-formation du sucre chez des animaux malades, ou chez les grenouilles en hibernation, malgré celte piqûre, en est la contre-épreuve. La section d'un nerf vaso-moteur produit le même effet, comme toutes les hypérémies paralytiques faites artificiellement. Reste à savoir si le diabète consécutif à l'empoisonnement avec la strychnine, la morphine, la brucine, a lieu par le même mécanisme.
Ce n'est pas à dire que dans tous les cas où il y a stagnation de sang dans un organe important, la glycosurie doive se produire ; on sait que dans la plupart des maladies fébriles ou cachccliques, troublant la nutrition d'une manière intense, l'inuline hépatique manque. Le ferment existe, comme on peut s'en convaincre, en injectant de la granulose d'amidon ou une solu- I tion d'inuline liépatique ; c'est celle-ci qu'il transforme en sucre, |i qui fait défaut. {Journ. de l'anatomie et de la p/ijys/o/. , n° 4.)
Des expériences sur l'huître et d'autres invertébrés ont dé- 1 montré à M. Bizio, de 'Denise, la présence de la matière glycogone en proportion considérable dans le corps de ces animaux. Les huîtres en ont donné 9 1/2 pour 100, et le cardiim cdale jusqu'à I 4 pour -100. Et telle est la rapidité avec laquelle cette matière donne lieu à la fermentation lactique, qu'elle prévient iiinsi la putréfaction de ces mollusques. C'est donc là un fait remarquable, tellement que la durée proportionnelle de la conservalion par cette fermentation lactique indique la quantité relative de glycogèno dans le corps de ces invertébrés. {Acad. des sciences, mars.)
GOUDRON
GOITRE, M. Maumené en attribue le développement aux fluorures très-répandus dans les pays à goitre. Ayant soumis une chienne à l'usage du fluorure de polassium pendant cinq mois, il survint un gonflement général du cou, plus saillant en avant qu'en arrière, et, bien que l'épreuve ne soit pas concluanlo par la disparition du sujet de l'expérience, il n'en persiste pas moins dans son opinion. Suivant le docteur Saint-Lager, c'est à l'usage des eaux chargées de sulfate de fer qu'en serait due la production. {Acad. des se.)
Goitre congénital. Il peut être une cause de dystocie chez le fœtus qui en est atteint, ainsi que ce fait, peut-être unique, s'est présenté le 7 août à la Charité de Lyon, sur une primipare de vingt-qualre ans. Au centre même de l'orifice utérin dilaté se trouvait une masse globuleuse dont la forme, la surface, et la consistance, ne se rapportant à aucune partie normale du fœtus, laissait une grande indécision dans l'esprit de l'accoucheur. En arrière et un peu au-dessus de cette tumeur, on arrive à toucher l'épaule droite placée en deuxième position. Tumeur et épaule tendent à s'engager simultanément en se faisant réciproquement obstacle. L'accouchement terminé, heureusement pour la mère, par la version, montre un goitre kystique uniloculaire gros comme un poing d'adulte, ovoïde, sans adhérences superficielles, occupant tout le côté droit de la région cervicale antérieure et faisant également saillie à gauche. La fluctuation est plus ou moins tranchée. Formé en effet de parois épaisses, charnues, cartilagineuses, il renfermait dans ses loges un liquide jaune cilrin, liquide avec des amas de matière amorphe d'un blanc jaunâtre. [Journ. do méd. de Lyon, septembre.)
GOUDRON. La vogue croissante obtenue dans ces dernières années par ce produit résineux en fait varier chaque jour les préparations pharmacologiques pour en faciliter l'emploi thérapeutique. C'est ainsi que M. Guyol, pharmacien à Paris, en prépare en grand une liqueur concentrée et titrée, dont voici la formule :
^ Goudron de Norwége, Eau . . . .•
Carbonate de soude. ,
10 kil.
20 litres, i kil.
Faites chaufl"er au bain-mario , dans un appareil distillatoirc.
GOUDRON
lie manière à recueillir le principe volatil (la résinéone). Reprenez la partie non distillée, traitez-la par quantité suffisante d'eau, de manière à obtenir 40 litres de liquide; laissez déposer la liqueur, décantez dans un tonneau. Réunissez la partie volatile obtenue dans la première période de l'opération, en ayant soin de brasser le tout pendant quelques instants et à plusieurs reprises; laissez déposer pendant quelques jours et filtrez. On obtient ainsi une liqueur brune, foncée, contenant tous les principes actifs du goudron, débarrassé des huiles âcres et empyreumatiques, d'un goût très-aromatique, se mêlant parfaitement à l'eau, et donnant une eau goudronnée, ambrée, claire et limpide. Elle a, sur l'eau de goudron ordinaire, l'avantage précieux d'un dosage exact.
Ses proportions sont les suivantes :
Pour boisson : deux cuillerées à bouche de liqueur pour un litre d'eau, ou une cuillerée à café par verre.
Pour injection : une partie de liqueur pour quatre parties d'eau, soit un cinquième.
Pour lotion : parties égales de la liqueur et d'eau. La liqueur a même été employée pure dans le traitement de la teigne.
Sohilion iitrée. Selon M. le professeur Jeannel (de Bordeaux), la formule précédente exige des manipulations qui , par leur complication , peuvent devenir nuisibles; et il propose la suivante, comme donnant du premier coup une émulsion de goudron de bois titrée à 1 pour -100, parfaitement stable, el contenant intégralement les éléments du goudron :
Mêlez intimement le goudron et le carbonate sodique dans un mortier de porcelaine, introduisez lo mélange avec l'eau dans un (lacon de 2 litres de capacité ; agitez fortement pendant quelques minutes, le goudron ne tardera pas à s'émulsionner complètement ; filtrez. Le filtre ne retient que les impuretés grossières, mais pas un atome de substance résineuse.
5 grammes de cette émulsion mère, contenant 5 centigrammes de goudron mêlés à un litre d'eau, donnent un liquide louche assez facilement accepté par les malades. La dose peut
^ Goudron de bois
Carbonate de soude cristallisé en poudre
fine
Eau commune
10 grammes.
1 litre.
GOUDRON
être doublée, portée à 20 grammes par litre et même plus loin sans difficulté.
L'cmulsion à 1 pour 100 est très-active. Des morceaux de viande fraîche, du poids de 200 grammes, immergés pendant cinq minutes dans ce liquide et suspendus à l'air libre et au soleil, se sont desséchés sans avoir été attaqués par des larves de mouches et sans avoir montré aucune tendance à la putréfaction. Au bout do quinze jours, ils étaient devenus durs comme du bois, et ils avaient à peine une légère odeur de fumée. Il résulte de là que l'émulsion à 1 pour 100 peut-être employée avec grand avantage comme désinfectant; plus étendue d'eau, elle pourra servir au pansement et au lavage des plaies, aux irrigations continues, à l'injection des trajets fistuieux , etc. Elle pourra êire prescrite en gargarisme dans les stomatites ulcéreuses, et en lotions ou en bains dans les affections cutanées. [Réperl. depharm.)
Sirop litré. A l'aide de cette émulsion, M. Jeannel prépare un sirop de la manière suivante :
L'émulsion ainsi opérée par l'agitation dans une bouteille, on fdtre, puis on fait dissoudre deux fois le poids de sucre blanc, en agitant jusqu'à dissolution, et l'on filtre au papier. Une cuillerée à bouche de ce sirop contient au moins 2 litres d'ean de goudron ordinaire. {Journ. de méd. de Bord. , juin et juillet.)
Goudronnière. Sous le nom à'émanaleur Injgiénique, M. Sax, le célèbre fabricant d'instruments à vent, a imaginé un appareil simple et portatif destiné à faciliter l'évaporation et Tinlialation du goudron par les émanations qui, en s'en dégageant, se répandent dans les chambres, les appartements où cette boîte est déposée. Les voies respiratoires sont ainsi mises en contact direct et constant avec les vapeurs de goudron. C'est l'atmosphère artificielle des forêts de sapins transportée pour ainsi dire à domicile.
!^ Goudron de bois . . . .
Carbonate de soude cristallisé en poudre
fine
Mêlez intimement et ajoutez :
Eau
10 grammes.
1 litre.