‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 94 sur 157 · MATERNITÉS · texte numérisé non relu

MATERNITÉS

Accouchées. Décès.

/Hôpitaux 723G C53 1:10

Paris ISeï j Bureaux do bienfaisance. 6212 32 1:194

(Clientèle civile 44480 262 1:169

/■Hôpitaux 0 971 476 1: 14

Paris 1862 | Bureaux tle bienfaisance. 6422 39 1:164

( Clienlèlc civile 42796 226 1:161

L'Administratiori ayant cherché à expliquer ces chiffres par une mortalité hospilaiière exceptionnelle, M. L. Le Fort montra qu'elle était à peu près la même pour 1 863 et 1 864. En effet, tandis qu'à Lyon, M. Berne, quittant son service du majorât de la Charité, rend compte des effrayants ravages de la fièvre puerpérale pendant les six années passées à la Maternité, et que M. Delore, en lui succédant, précise les chiffres, il en ressort les différences suivantes :

Accouchées. Décès.

/ Ville

Lyon, 1864 | Cliarilé

( Ilôtol-Dieu . .

/Ville

Lyon,

( Hôtel-Dieu.

En même temps, M. Le Fort publiait son enquête générale sur les Maternités, où, réunissant aux chiffres statistiques de ses prédécesseurs ceux qu'il avait recueillis, tant en France qu'à l'étranger qu'il avait visité à cet effet, il forme un total de ■1,823,093 accouchements répartis comme suit :

Hôpitaux.... 888312 accouchements, 30 393 décès, 1:29 Ville 934781 accouchements, 4 405 décès, 1:212

Tel est l'écart effrayant et confirmalif de cette statistique générale, universelle. En décelant partout l'insalubrité et le danger du séjour des Maternités, cet ouvrage a donné lieu à une discussion publique à la Société de chirurgie, pour en éclaircir les causes et y porter remède.

L'encombrement, la contagion, l'infection étant regardées comme les causes principales (voy. Fièvhe PUEnpÉB.\LE), c'est à supprimer ces établissements que l'on arrive généralement, en les remplaçant par l'accouchement à domicile. Pour les femmes qui n'en ont pas, il y aurait les sages-femmes des bureaux de bienfaisance, ou bien de petits hôpitaux de vingt à cinquante

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lits, pour les besoins de l'enseignement. Rn conslalanl que les Malernilés motUMes à l'étranger donnent encore une niortalilù considéi'abio comparée à celle des accouchées on ville, M. Tarnier conclut aussi à leur suppression, à moins de donner à chaque accouchée une chambre ou cellule particulière isolée, sans communication avec les cellules voisines.

Du reste, la slalislique suivanle, pour le mois de févrierl86G, montre bien l'inlluence mortelle de la Malernilé de Paris.

Accouclicmcnlf .

I)éc<'

Siiinl-Lonis. . . .

Toute femme, atteinte de fièvre puerpérale, serait immédiatement transportée à l'infirmerie, et la cellule resterait inoccupée pendant un certain temps pour sa purification. (Soc. de chir., mars.)

Malgré le perfectionnement que ce système semble réaliser, comment l'adopter pour empêcher ce contagium si subtil que les accoucheurs et les sages-femmes en ville en ont paru être le moyen de transport dans plusieurs cas ? Mieux vaudrait assurément ces petites Malernilés de quatre à cinq lits séparés comme elles existent chez les sages-femmes.

Aussi bien, devant l'impossibilité de réaliser un idéal de Maternité introuvable, la Société de chirurgie, après les longs débats auxquels elle s'est livrée, suffisamment éclairée, a-t-elle noté, à la suite des conclusions suivantes qui en offrent le résumé, la suppression graduelle des Maternités, sur la proposition lrès-netlen;ent formulée par M. Blol.

1. La statistique démontre aujourd'hui celte vérité incontestable : que les maladies puerpérales sont beaucoup plus fréquentes et la mortalité beaucoup plus élevée dans les Maternités et les services spéciaux d'accouchement que partout ailleurs.

La constance et la reproduction des mômes faits, dans tous

MATEUNITÉS.

les élablissemonls el dans tous les pays, prouve l'inlervenlion d'une inlluence identique : l'iiôpitnl.

2. Le surcroît de mortalité, qui présente quelquefois une inlensité exceptionnelle, désignée habituellement sous le nom d'épidémie, est dû à l'inlluence presque exclusive do deux éléments: l'imprégnation ou infection hospitalière par les miasmes morbifîques et la contagiosité des affections puerpérales.

Les manifestations de ces influences hospilalières expliquent pourquoi les Maternités bien situées, bien disposé^^s, peuvent néanmoins être le théâtre de mortalités élevées et parfois extrêmes.

3. Outre les conditions générales d'hygiène applicables à tous les hôpitaux et résumées dans les conclusions adoptées par la Société impériale de chirurgie (séance du 1 4 décembre -1864), la prophylaxie des maladies puerpérales et de la mortalité qui en résulte dans les Maternités, doit reposer sur les mesures à prendre contre l'infection et la contagion.

4. Pour combattre l'infection, une constante et sévère propreté est indispensable. Après que chaque lit d'une salle aura été occupé par une accouchée, cette salle sera soumise au repos, à une large aération et à une purification complète de tout le matériel, meubles et immeubles, purification dont le lavage fera la base.

0. Pour lutter contre la contagion, toujours possible et toujours imminente dans les hôpitaux, il faut, sinon des chambres séparées pour chaque accouchée saine, au moins des salles bien disposées pour l'aération, sans communication directe les unes avec les autres, et contenant quatre lits au plus.

6. Toute accouchée malade devra être immédiatement séparée des accouchées saines et transportée dans une infirmerie qui occupera un bâtiment isolé. Cette infirmerie, composée de chambres séparées, destinées à une seule malade, sera desservie par un personnel distinct de celui de la Maternité. ' 7. Si, malgré les précautions prises, l'infection hospitalière et la contagion menacent d'étendre leurs ravages sur une Maternité, il faut l'évacuer au plus vite et soumettre tout rétablissement à un assainissement général. Les menaces d'invasion ne pouvant être appréciées que par les médecins, et l'évacuation devant être opérée à court délai pour être efficace, c'est-à-dire pour limiter le nombre des décès, il serait à désire r que l'application de celte mesure rentrât dans les attributions médicales.

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