SUICIDE
SUEUR. Voy. ExcnÉTiON.
SUICIDE. Dans un mémoire ayant pour objet l'étude statistique du suicide en Europe. M Legoyt a constaté :
Que pour la Bavière, le Danemark, la France, le Hanovre, le Mecklembourg, la Prusse, la Saxe royale et la Suède, le suicide progresse plus rapidement que la population et que la mortalité générale.
2" Que le suicide domine dans les États de l'Allemagne du Nord et dans les diverses parties du Danemark. La Suède et la Norwége, quoique appartenant à la même race, se placent aune assez grande distance du Danemark.
L'Angleterre, contrairement à une opinion généralement acceptée, se trouve aux derniers rangs dans l'ordre de la fréquence du suicide; la mort volontaire ne fait également qu'un petit nombre de victimes en Belgique, en Autriche et en Espagne, trois pays catholiques.
La France occupe une position intermédiaire. Elle viendrait au même rang que la Belgique, l'Autriche et l'Espagne, s'il était possible d'éliminer les suicides de Paris, qui forment le septième du total afférent à la France entière.
3° Que l'on compte eu général 29 à 30 suicides féminins pour \ 00 suicides de l'autre sexe.
4° Que les suicides croissent régulièrement avec l'âge, au moins jusque vers soixante et soixante-dix ans.
5° Qu'en général, c'est au mois de janvier qu'on compte le moins de suicides, et au mois dejuillet qu'on en compte le plus.
6° Que, distraction faite des maladies mentales et des souffrances physiques qui frappent à peu près également sur les deux sexes, les femmes cèdent plutôt aux influences morales, tandis que les hommes sont principalement conduits par des afflictions matérielles. L'ivrognerie et la débauche ne figurent que pour un chiffre insignifiant parmi les causes indirectes des suicides que commettent les femmes.
7° Que dans les pays où ce relevé a été fait (Danemark, Espagne et Saxe), ce sont les gens mariés qui cèdent le moins à ce funeste penchant et les veufs qui y cèdent le plus. Il est une classe pourtant qui fournit, toute proportion gardée, plus de suicides encore, ce sont les personnes en état de divorce ou de séparation.
8" Qu'en Prusse, dans la période de deux années, les pro-
SULFITES.
testants ont fourni i 53 suicides pour un million d'individus, les Israélites 51 et les catholiques seulement 47. (On ne dit pas si c'est d'après leur population respective.)
9° Que les suicides sont beaucoup plus nombreux dans les capitales que dans le reste du pays.
En résumé, le fait le plus caractéristique de cette enquête, c'est l'accroissement général et rapide du suicide dont les causes peuvent être la concurrence illimitée, la suppression de toute hiérarchie, le culte de plus en plus exclusif du bien-être matériel, l'aspiration après les riche.sses, les progrès de l'instruction publique qui suscitent les ambitions, les crises politiques et la spéculation, etc. [Âcad. de méd.)
Signe différenliel. De même que les caractères, la diction et les motifs des écrits des aliénés révèlent la nature de leur maladie (voy. Aliénation). M. Brierre de Boismonl trouve dans la phraséologie, les motifs, l'expression, la ponctuation des écrits des derniers moments de ceux qui en laissent avant de se suicider, ce qui est une exception infiniment rare, puisque sur un mouvement de plus de 30 000 malades, il n'a pu en recueillir que trois exemples; il y trouve, dis-je, des signes différentiels de ceux qui sont raisonnables. Ce fait seul étant ainsi en faveur d'un homme qui a disposé de sa vie ayant sa raison. {Union méd., n° 103.)
SULFITES. Ce n'est pas contre les fermentations chimicoorganiques, véritable hypothèse condamnée par la clinique, que ces sels conviennent comme on l'avait dit; mais tout simplement, d'après le professeur Semmola (de Naples), contre les infections putrides non spécifiques. Ainsi, le pus putréfié, les cacochylies intestinales, les urines oliérées, etc., produisent des intoxications contre lesquelles les sulfites sont presque spécifiques. Ils paralysent l'action de la substance putride et suppriment complètement les émanations putrides locales par leur action topique. Ainsi les injections sont très-utiles dans les ca- Iharres purulents de la vessie, les cancers de la matrice en suppuration, soit comme désinfectants, soit comme s'opposant aux intoxications nerveuses dues à la fermentation putride.
Ils sont très-mal tolérés par les phlhisiques à la dernière période et ne doivent être administrés ainsi que par exception pour combattre l'infection putride. {Acad. de ??idd., 26 juillet.)