‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 22 sur 127 · ANTAGONISME · texte numérisé non relu

ANTAGONISME

Un employé droguiste, occupé depuis deux mois à faire des paqiiels d'aniline, fut de même atteint de catarrho pulmonaire, suivi liientôt d'abattement avec tendance aux synco[)es, douleurs occipitales, dilatation des pu|)illes, convulsions cloniques des extrémités et des muscles du visage. 11 guérit sans perdre ses cheveux.

De non:breuses expériences faites sur les animaux, en Angleterre, ont montré que cette substance agit comme un narcotique énergique en exerçant une irritation locale sur le tube digestif. Des convulsions cloniques violentes, parfois Ioniques, s'ensuivent jusqu'à la mort. On la retrouve dans les org.mes quand l'empoisonnement est rapide. {Aim. d'hugiène, n° 43.) I Emploi thé) (ipriiliqite. Le sulfaio d'aniline a été donné avec I succès contre l'épilepsie et la chorée. Voy. ces mots.

ANIiYLOSE DES MACHOIRES. La méthode d'Esmark et de Hizzoli pour la guérison de cette infirmité n'ayant eu que des insuccès entre les mains des chirurgiens français, le professeur Aubry (de Uennes) l'a modifiée en sectionnant le corps de la mâchoire sans perle de substance, comme le professeur italien, et en s'elVorçant de maintenir les deux fragments écartés par ^iIllerpo^ition de corps étrangers La guérison s'en est suivie dans les deux cas, bien que dans le second la mort soit survenue cinq semaines après par une cause étrangère à l'opération. (Soc. de cliir.)

C'est donc à prévenir la réunion fibro-muqueuse de ces deux fragments que les chirurgiens doivent s'appliquer en interposant de la charpie entre les surfaces divisées, en cautérisant les bourgeons cliarnus qui s'y développent, et en imprimant, chaque jour, des mouvomenlsà la mâchoire.

AA^TAGOiVISME. L'antagonisme, aujourd'hui bien établi de certains poisons, l'opium et la belladone par exemple, a été soupçonné, mais non démontré jusqu'ici, entre le curare et la strychnine. Le docteur Richter a fait des expériences à cet égard, sur de.v chiens, des lapins et des grenouilles . dont les résultais méritent l'attention. Tandis que des grenouilles entièrement paralyséi^s par l'elfel du curare se sont rétablies complètement vingt-quatre heures après, les mammifères ont constamment succombé. Après avoir donné une dose toxique de strychnine, il administre le curare jusqu'à 2 ccnliçrammes et en

ANTHHAX MALIN.

entretenant la respiration artificiellement, il est arrivé à la conclusion que l'on peut parce moyen combattre d'autant plus efficacement l'empoisonnement par la strychnine chez l'homme que son action est moins rapide et violente sur lui que sur les animaux. (Zeitsch. fur rat. medic.)

ANTHRAX MALIN. Considérant qu'il succède toujours à une altération du sang par une nourriture mauvaise ou insuffisante, le séjour dans l'humidité, les chagrins , une altération spontanée de la constitution, etc., M. Jobert préfère l'emploi des trochisques de chlorure de zinc à l'incision cruciale si efficace dans l'anthrax bénin ; car en provoquant une perle de sang, si minime qu'elle soit , elle aggrave les fâcheuses conditions du malade sous ce rapport. Il a ainsi lardé la tumeur chez un malade de la salle Saint-Côme, les 6 et 7 décembre et. dès le 1 4, l'eschare tombait, et à l'aide d'un bon régime et de boissons toniques la cicatrisation fut naturelleet progressive. (J. de méd. et chir. prat.)

Compression. Adoptant, au contraire, les idées du professeur Miller sur la palhogénie et le siège de cette affection, M. Coliis (de Dublin) le considère comme une inflammation du fiiscia profond avec extension du tissu aréolaire superficiel et profond; d'où l'utilité et la pratique d'une incision cruciale plus profonde que large. Suivant lui, le meilleur signe qu'elle a pénétré suffisamment est le renversement de ses bords en liberté. Mais il estime que l'on peut s'en dispenser assez souvent en employant la compression avec des emplâtres agglutinatifs savonneux et opiacés sur la tumeur. C'est le procédé employé depuis plusieurs années par M. O'Ferrall, à I hôpital Saint- Vincent de la même ville, qui dès 1858 publiait un mémoire sur ce sujet [Dubl. hosp. Gazette), et qui n'a cessé depuis d'employer la compression. Dans les trois exemples relatés par M. Coliis, elle a fait cesser promptemenl le sentiment de brûlure du début, provoqué l'élimination plus rapide des eschares et abrégé ainsi la durée du mal. Deux malades atteints d anlhrax à l'ischion et traités, en même temps et comparativement, l'un par l'incision, l'autre par la compression, par M. Smyly, onl démontré les avantages de celle-ci. Ce dt^rnier se levait le huitième jour et l'autre gnrdait encore le lit après trois semaines. [Dublin quart. Jour.)

Pratiquée de la sorte, la compression ne paraît être ni puissante ni active, et l'on se demande si l'emplâtre n'est pas le

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principal agent de guérison. En tout cas, les heureux effets obtenus en justifient l'emploi ainsi combiné, sans que pourtant l'incision doive être proscrite dans tous les cas.

Division sous-cdtanée. Pour éviter l'horrible douleur de l'incision cruciale dans des tissus enllammés, qui souvent en fait retarder trop longtemps l'exécution, M. Alph. Guérin a recours au débridement sous-cutané qui en a, dit-il, tous les avantages sans les inconvénients. Plongeant un bistouri à lame étroite au centre, il divise crucialement toute la tumeur de dedans en dehors jusqu'à la peau exclusivement. Lo centre étant déjà mortifié, la douleur résultant de cette opération est très-modé- I rée et, immédiatement après, celle de l'anthrax même cesse pour ne plus revenir. En dix ans de pratique de ce procédé, M. Guérin dit avoir guéri un grand nombre d'anthrax plus vite en évitant ces souffrances affreuses, ces suppurations interminables, ces décollements étendus de la peau, ces érysipèles redoutables, et ces larges et difformes cicatrices que suscite ou laisse après elle l'incision cruciale. [Acad. de méd. , \ " juin.)

Réfrigéhation. En Allemagne, dit M. Schusler, on couvre, dès le début, le point enflammé d'une vessie ou d'un sachet rempli de glace pilée, et si celle réfrigération est insuffisante, on y substitue le mélange de deux parties de glace et une d'eau, û\\, frignrifiqiic de Schmucker, que l'on remue prestement et que l'on renferme dans un tissu, de manière à permettre l'écoulement prompt de l'eau.

On abaisse ainsi la température locale de 15 à 19 degrés audessous de zéro en supprimant le travail phlegmasique et en aneslhésiant la sensibilité locale au point de pouvoir pratiquer les incisions et les pressions nécessaires. On remplace ensuite par des topiques graduellement plus chauds, et plus lard des emplâtres anodins.

Dès qu'il ne parait plus possible de prévenir la suppuration, l'emploi de compresses imbibées d'une solution de chlorure de calcium, appliquées immédiatomenl, hâtera la maturation et la sortie du bourliillon. [Union méd , n° 76.)

.VPÏIASIE. Mol nouveau dérivé de a. privatif, et cpa^t?, parole, destiné à remplacer celui cVaplicmie, de a privatif, et yr,ut' , je parle, introduit en 1861 par M. Broca, et celui d'a/«/(V, de a

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privatif, eL lcX[r,., parole, employé par le professeur Lordat, et dont plusieurs auteurs lui ont à tort altribué la priorilé, puisque Van Swieten, les Franck, Sauvages et plusieurs autres s'en sont servis Lien auparavant pour désigner l'allération, l'abolition de la parole, du langage articulé, connme la montré M. Jaccoud {Gaz. hebd. n" 30). C'est donc l'impossibilité pour le malade de parler ou de pron.oncer certains mots.

Le siège de cette faculté ayant été localisé, par M. Bouiilaud, dans les lobes antérieurs du cervenu, c'est là que les lésions anatomo-pathologiques ont été cherchées et rencontrées Dans SIX ou huit cas, dit M. Perroud, on a constaté une lésion plus ou moms étendue du lobe gauche au cerveau sur la troisième circonvolution frontale, et lui-même en rapporte des exemples confirmatifs. (7. de méd. de Lyon, janvier.)

Deux faits communiqués à la Société de chirurgie par M. Duyal (séance du 24 février) semblent lever tous les doutes à cet égard. Un fusilier tombe sur la téle, et porté immédiatement à 1 hôpital, il est sans connaissance , dans le coma, avec résolution des quatre membres sans paralysie. Quelques heures après, il reprend ses sens, se lève et marche. Trois jours après, l'intelligence est complètement revenue, mais il y a perle complète de la parole et le malade ne profère que le cri: oh! oh! Mort le onzième jour avec des symptômes de contracture et de paralysie. L'autopsie montre une fracture du crâne, de la voûte à la base, et entre autres lésions, une déchirure nette, divisant la troisième circonvolution du lobe frontal gauch^ , du sommet à la base dans toute son épaisseur. Un ramollissemen t s'étendait autour. C'est la première observation de lésion traum atique où le siège de celle-ci ait éléexaclementdéterminéparrautopsie. Le second fait estcelui d'un enfant de quatre ans qui avait aussi perdu la parole à la suite d'une chute sur la tète. Il s'était rétabli en restant muet. S'étant noyé ensuite, faute de pouvoir appeler à son secours, l'autopsie montra la présence d'un kyste du volume d'une noix occupant exactement le même siège que la lésion.

Un autre fait concluantest celui d'un portefaix âgéde quaranteneuf ans, dont parle M. Debrou [Arch. de méd., juin, "V" observ.) Aprèsuue crise de nerfs, il cessa de pouvoir parler et dese faire comprendre en parlant. 11 marchait, librement, se servait facilement lie ses membres, avait toute son intelligence, comprenait toutes les questions qu'on lui adressait et montrait une impatience extrême de ne pouvoir y répondre autrement que par signes ou

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en écrivant. Il était sans fièvre, indiquait qu'il souffrait de la

■ têle, avait de la peine à avaler, et présentait, comme phénomène spécial et singulier, des contractions spasmodiques du côlé droit de la face. Après des crises d'agitation violente, fu-

■ rieuse, il succombe, et l'aulopsie montre, sous l'arachnoïde, à la surface de l'hémisphère gauche, en haut, près de la scissure médiane et. à la réunion du tiers antérieur de l'hémisphère avec ses deux tiers postérieurs, un caillot noir, gros comme une noisette, commençant à la surface de la circonvolution et pénétrant à la profondeur d'un centimètre dans la substance blanche, déchirée et saine. Son origine paraissait remonter à cinq ou six jours, date du début des accidents.

I Deux autres cas, rapportés par M. Dubourg [Gaz. des hôp., n° 3'i], tendent a appuyer celle localisation sans être aussi concluants. La perte de la parole succéda, dans l'un, à une chute sur le fiont, et elle coïncidait, dans l'autre, avec une douleur de tête opiniâtre locale de la région correspondante. La parole est revenue par suite du traitement.

Mais d'autres faits sont en coniradiclion avec cette étiologio toute locale. MM. Trousseau et Charcot n'ont rien trouvé semblable à l'autopsie de sujets aphasiques. On en trouve la preuve dans la réunion de tous les faits relatifs à cette question et classés, selon leurs analogies, par M. Falret [Arch. (leméd., mars, mai el juillet). Celle étiologie ne doit donc pas être admise sans réserve ni exception.

Selon M. Cliauveau, vétérinaire, cette coïncidence de l'abolition de la parole avec la lésion circonscrite do la troisième circonvolution cérébrale, ne prouve pas plus qu'elle est le siège de celte faculté que l'hémiplégie du côté opposé d'une apoplexie de l'un des hémisphères no prouve que cette piirtie de l eiiccphale est l'origine des nerfs moteurs, comme on l'admet généralement. L'excision des deux lobes cérébraux pratiquée un nombre prodigieux de fois sur de jeu nés animaux des quai reclasses de vertébrés, n'a jamais déterminé l'abolition de la motililé, même chez les mammifères. On peut même croire qu'elle ne la délerininerait pas davantage chez l'homme , puisque chez les ttifants pseudencéphales ou anencéphales la musculation n'est nullement abolie, et que des perles considérables de substance cérébrale ont pu être faites chez l'adulle dans les plaies du cerveau sans trouble de la molililé, comme il en existe de nombreux exemples. A ce point de vue de la localisation , Tinter-

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prélalioii de co curieux phénomène présente donc encore plus û'mliiutiis. {Gaz. de Lyon, p. 75.)

A propos du travail de M. A. Voisin, présenté à l'Académie de médecine, — homme de cinquante-quatre ans, chez qui la perte de la parole était liée à la présence d'un kvste sanguin de l'arachnoïde, ayant déterminé une empreinte "sur la partie antérieure des premières circonvolutions frontales du côté droit, et uneautre observation analogue, — lerapporteur, M. Ch. Robin] dit que ces faits et les précédents recueillis sur ce sujet portent à penser « que dans les lésions des lobes antérieurs de l'encéphale, il faut distinguer anatomiquement et symptomatologiquement celles qui siègent dans la substance grise ou corticale, de celles qui siègent dans la substance blanche. Ces dernières troublent plus particulièrement les actes présidant aux mouvements coordonnés de la langue ; ce sont, au contraire, les premières qui gênent ou empêchent spécialement les actes intellectuels d'où dépendent la conception et l'association des mots dans le langage oral. » [Acad. de méd., 9 août.)

Le début et la marche varient suivant la lésion qui produit l'aphasie. Symplomatique d'une apoplexie, elle survient brusquement pour s'amender peu à peu , à mesure que le caillot se résorbe, ou elle persiste si l'épanchement a détruit la partie du cerveau présidant à la faculté du langage. D'autres fois elle a un début progressif en rapport avec la nature de la lésion organique, et se complique le plus souvent de paralysies, de perle ou de diminution de l'intelligence et d'autres troubles du système nerveux. Telle est la doctrine exclusive des localisateurs. Jlais M. Trousseau a cité des faits où la parole a manqué tout à toup dans la plus parfaite santé du corps et de l'esprit, pour reparaître bientôt après l'emploi de moyens insignifiants. Telle est l'observation suivante rapportée par M. Lecadre.

Un ouvrier plâtrier, de seize ans, pubère, portant des deux côtés du cou des cicatrices profondes du vice strumeux , de petit et délicat qu'il était, a, depuis quinze mois, grandi et pris de la force d'une manière peu ordinaire.

Le 22 janvier 1 864, dans la matinée, il fut obligé de porter assez longtemps sur son dos un sac de plâtre fort lourd dont il éprouva une grande fatigue et une contrariété non moins vive. Il rentre chez sa mère vers une heure de l'après-midi. A peine arrivé, sans aucun malaise intérieur, la parole lui manque tout à coup, il ouvre la bouche, mais ne peut parvenir à articuler un

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< son ; sa figure exprime l'inquiétude sans être altérée ; le pouls est normal ; pupilles à l'état naturel ; l'ouïe n'a rien perdu de sa (ciculté; les organes vocaux ne présentent rien que de naturel. Cet état dure de une heure à six heures du soir. A cette dernière heure, l'articulation des sons revient, maisd'une manière défectueuse; il se manifeste un peu de bégayement , qui se dissipe au bout do quelques instants, et la voix revient à l'état naturel.

I Soit par suite de cet accident, soit par l'aclion un peu vive d'une potion purgative qui avait été administrée, il reste au jeune M... de la céphalalgie et des douleurs contusives dans

! les extrémités, que le sommeil de la nuit dissipe complète-

I ment. Avant, durant et après l'accès , la mémoire est restée intacte, toujours la même. Le lendemain, M... se réveille en

I santé parfaite, il reprend son travail et ne conserve qu'un sentiment de fatigue générale.

Jusqu'au 5 février suivant, M... ne ressent rien de particulier. Ce jour-là, sans aucune provocation apparente, sans refroidissement, sans la moindre émotion morale, à neuf heures du malin, il est pris d'un nouvel accès de mutité. Comme la première fois, impossibilité complète d'articuler le moindre mot. Aucune espèce de fatigue n'a précédé l'accident ; il dort, jusqu'à deux heures de l'après-midi. Cette fois la parole lui revient tout il coup et d'une manière complète. M... n'éprouve ni bégayement, ni céphalalgie. Durant l'accès, il a pris seulement quelques cuillerées d une potion antispasmodique. 11 ne conserve aucune fatigue physique , aucune altération dans les facultés intellectuelles. Le lendemain, il reprend ses travaux d'ouvrier plâtrier, et, depuis, il n'a éprouvé aucune nouvelle atteinte. [Union méd., n" 37.)

Ce mutisme passager, intermittent, n'est pas rare. M. Herpin en rapporte plusieurs exemples très-remarquables {Union méd. n° 57), et M. Mouton en signale deux autres dans le n" 39 de la Gazette des hôpitaux relatifs à un ivrogne qui l'éprouvait de en temps, et à un enfant atteint de fièvre typhoïde.

M. Drutel l'observa aussi dans une attaque d'éclampsie. La malade bâillait sans pouvoir tirer la langue et n'articulait que les mots : oui, oui! là, là! {Soc. méd. de Lyon.)

L'accouchée de M. Fletcher , prise d'embolisme après une abondante homorrhagie , ne pouvait articuler un seul mot. [Brilisli med. Joiirn.^ p. 460.)

Mais il serait peu judicieux de rattacher ces faits à l'apha-

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sie, avec laquelle ils n onl qu'un rapport très-indirect. M. Berlliier elle ainsi un cas de mutisme hystérique se reproduisant d'une manière intermittente chez une aliénée {Gaz. des hôp. n° 68). Ce sont des accidents qui surviennent dans les grands troubles de l'innervation et de la circulation, et qu'd faut assimiler parfois à une véritable névrose, une perturbation dynamique fonctionnelle, suivant l'avis de M. Moreau (de Tours). Il est sage, dit-il, de n'y voir qu'une manifestation névropalhique si commune chez les épileptiques , les hystéro-épilepiiques principalement, comme il en signale un exemple, [Gaz. des hôp.)

Celte opinion est d'accord avec celle de, M. Lordat, déclarant que pour lui ce phénomène est une sorte d'alaxie nerveuse et d'aberration de l'innervation. Certains faits d'aphasie passagère relatés par M. Trousseau s'expliquent en effet de celte manière. Aussi adhère-t-il à cette interprétation.

Comment expliquer ces cas, en effet, sinon par une congestion locale, éphémère, un trouble passager de la troisième circonvolution? C'est pourquoi, sans chercher à justifier celte distinction, M . Trousseau établit deux grandes classes d'aphasiques :

L^une, la plus restreinte, comprenant les sujets qui conservent leur intelligence, mais qui ont perdu la faculté de s'exprimer par la parole ;

La seconde, beaucoup plus nombreuse, composée de ceux qui ont perdu tout à la fois la faculté de s'exprimer par la parole et par l'écriture; ceux-là n'ont ni langage, ni mémoire, ni pensée, et ils portent, comme ^joint d'origine de ces tristes accidents morbides, une grosse lésion dans le cerveau. {Gaz. des hôp.).

A ce point de vue, il admet aussi les catégories suivantes : aphasies exemptes de toute lésion apparente du côté de l'encéphale; aphasies compliquées de phénomènes paralytiques légers et passagers ; aphasies avec paralysies plus prononcées mais également passagères; aphasies persistantes compliquées de paralysie également persistante et offrantceci de particulier que, dans la généralité des cas, elle frappe exclusivement le coté droit.

M. Jackson a aussi remarqué que l'hémiplégie co'incidant avec l'aphasie siège toujours à droite, et sur 23 cas M. J. Russell dit également l'avoir toujours trouvée de ce côté, quoique provenant de causes très-diverses [Brilish Joum., juillet). Malheureusement, ajoute M. Diday, elle siégeait à gauche chez

Al'HONIE.

un syphilitique qui, à partir de celte attaque , ne pouvait plus donner d'inlonalion à son discours. [Gaz. de Lyon, n° 15.j

Se basant, au contraire, sur la structure anatomique de la moelle allongée et des corps olivaires formant l'union respective des hypoglosses, des faciaux , des glosso-pharyngiens, des accessoires et des trijumeaux , et leur communication avec les

! hémisphères cérébraux, d'après les travaux de Slilling et de Schrôder van der Kolk, dont il rappelle les piincipaux détails, M. Jaccoud, aidé de quelques faits expérimentaux et cliniques, établit cinq formes d'alalie : par paralysie de la langue ; par défaut de coordination dans le centre moteur; par interruption

I de la transmission volontaire; par amnésie verbale et par hébétude. L'intelligence et la mémoire restent intactes dans les trois premières formes, mais le malade ne peut prononcer, articuler à haute voix; autrement ces formes ont leurs signes particuliers, selon leur dénonunation. L'abolition partielle ou totale de la molilité de la langue appartient exclusivement à la première; l'émission do sons inintelligibles, inarticulés, forme le signe de la deuxième el correspond à une lésion du système olivaire ; dans la troisième, ce bredouillemenl n'est même plus possible, car il y a interruption entre le centre moteur et les hémisphères. Mais dans ces trois formes, le malade est conscient de son infirmité ; il peut écrire el lire mentalement; il a la volonté de parler, mais ne le peut. Dans la quatrième, au contraire, le malade ne peut [)lus ni lire ni écrire; la mémoire des mots est altérée, bien que l'intelligence soit intacte. Aussi cherche-l-il à suppléera son infirmité par mille moyens divers, tandis que dans la cinquième, le défaut de parole est la conséquence de l'absence de pensée. [Gaz. hcbd., n"' 30, 32, 34 el 35.)

Ces formes sont ainsi différenciées avec une précision rigoureuse ; les caractères en sont tracés et déduits avec un clarté prodigieuse, et éclairés d'observations à l'appui. Mais cette précision toute mathématique est si contraire aux obscurités, aux mystères de la pathologie cérébrale, aux desiderata de la clinique, que l'on se prend volontairement à douter de sa réalité. Celte clarté prodigieuse éblouit et, tout ingénieuses qu'elles sont, ces distinctions ne paraissent ainsi qu'un système spécieux et tout artificiel.

APIÏOÎMIE. « Une dame de cinquante ans, devenue aphone graduellement, à la suite d'émotions morales , seule cause ap-

APHTHE BUCCAL.

préciable, et soumise à divers moyens de traitement restés sans eiret, le docteur Gibb constata la paralysie des cordes vocales compiélenient immobiles , présentant un parallélisme parfait dans la plus grande piirlie de leur longueur et se rapprochant seulement vers leur point d'origine. L'écartement de la fente glolUque était d'environ deux lignes, et n'éprouvait aucune modification par le passage de l'air, soit à l'inspiration, soit à l'expiration. Tout ayant à peu près été tenté chez celle malade, y compris la galvanisation des cordes vocales, M. Gibb mil son espoir dans l'emploi d'une solution argenlique portée sur les parties à l'aide d'un appareil pulvérisateur , seul moyen qui n'eût pas été essayé. Ce traitement fut suivi des meilleurs efifets; en peu de jours la voix reprit toute sa force et son étendue, et, depuis un an la guérison ne s'est pas démentie. . {Lancei, janvier.)

La puissance de la galvanisation a été éclatante, merveilleuse, au contraire, chez une aphone depuis quatorze mois, malgré tous les moyens médicaux et extra-médicaux employés pour la faire cesser. 11 suffit à M. Bonnefoy de faire passer un courant trèsfaible sur la région laryngée pour qu'après cinq minutes de durée, les rhéophores enlevés, la malade ait répondu à haute voix et ait été guérie en continuant ce traitement. [Gaz, des hôp., n° 88.)

Voy. Albuminurie.

The treatment of hoarseness and loss of voice hy the direcL application of galvanism ta the vocal cords. — Traitement de l'enrouement et de l'aphonie par la galvanisation directe des cordes vocales, par le docteur M. Mackenzie. Brochure in-8.

APHTHE BUCCAL. Son caraclère pathognomonique, selon le docteur Worms, est un exsudât jaunâtre, consistance et couleur du beurre frais, qui recouvre le derme dénudé au moment de la déchirure de l'épithélium. Il s'enlève facilement avec la pointe d'une lancette, et au microscope, on le trouve forn.é de globules sphériciues , différents des globules graisseux en ce qu'ils réfractent moins la lumière et sont moins accentués dans leurs contours. iMais comme eux ils se dissolvent dans l'éther Siilfurique et se comporlenl de même avec les autres réactifs.

Dénature évidemment sébacée, le siège de celle inatière paraît être les follicules muqueux, comme Billard l avait dit,

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