‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 68 sur 127 · LIGATURE · texte numérisé non relu

LIGATURE

ment, a été publiée par le professeur Courty. {Montp. méd., novembre.)

LEUCOCYÏHÉMIE. Un exemple type de cette affection est relaté dans la Gazette Jeu hôpitaux, n" 41. Recueilli dans la clinique du professeur Grisolle, il en rappelle exactement tous les traits multiples et jusqu'aux troubles de la vision indiqués seulement dans ces dernières années par les Allemands comme se rattachant à une lésion de la rétine, et omis jusqu'ici dans les traités classiques. Le docteur Saint-Martin croit avoir guéri cette altération du sang par l'esprit aromatique d'ammoniaque. C'était chez un homme de soixante-six ans, souffrant depuis plus d'une année, pâle, émacié, avec sueurs profuses et diarrhée. Une inflammation chronique du poumon gauche et un engorgement considérable de la rate expliqueraient ces symptômes. Examiné au microscope, le sang donna une proportion de 40 pour 100 de globules blancs de diverses dimensions et en groupes.

L'ammoniaque fut qdniinislrée comme expectorant, conjointement sans doute avec les toniques, le fer, etc., et divers autres médicaments, et, après deux ans de traitement, la tuméfaction de la rate diminua, la coloration revint, et la proportion des globules blancs aux globules rouges n'était que de 3 à 4 pour

Rien n'est donc moins démontré que l'action spéciale de l'ammoniaque dans ce cas. Mais contre une altération si grave et dont le traitement est tout empirique/ce moyen mérite d'être signalé. [Bvitish med. Journ.)

Leucocijihemia^ par le docteur Damon. Mémoire qui a remporté le prix de l'Université de Boston, en 1 863. Boston, Massachusetts.

LIGATURE. Celle de l'artère innominée, pratiquée pour la première fois, il y a près d'un demi- siècle par sir V. Molt et répétée treize fois depuis avec une invariable issue fatale, par hémorrhagie, a enfin été suivie de succès le 9 mai à l"l)ôpital de la Charité de la Nouvelle-Orléans. Il s'agissait d'une tumeur anévrysmale de la sous-clavière sur un mulâtre de trente-trois ans. Le docteur Smith ayant appelé le chirurgien Roger pour l'aider dans la ligature de ce vaisseau, celui-ci lui suggéra l'idée de lier de préférence Tinnominée et la carotide

LITHOTRITIE.

à un pouce de son origine, comme il l'avait proposé dès 4 849, CG qui fut accepté. Mais une hémorrhagie persistante suivit la chute des ligatures, et c'est alors que M. Smitli, prévoyant que le sang provenait de l'arlère vertébrale, fit la ligature de ce vaisseau le 9 juillet et vit l'écoulement du sang cesser aussitôt. Aucun accident n'est arrivé ultérieurement, (Amer med. Times, p. 95.)

Ligature extemporanée . Au lieu de l'écraseur à vis OU à chaîne, qui offre des difficultés à manier dans certaines régions, l'oreille, les organes génitaux, par exemple, M. Maisonneuve'emploie un serre-nœud de trousse dont il se sert principalement pour réséquer de petites tumeurs ou excroissances. C'est le serre-nœud de Graefe, sinon que l'extrémité correspondante à l'anse de fil est aplatie au lieu d'être circulaire. Pour les tumeurs exigeant plus de force, il se sert du constricteur, construit sur le même principe avec des dimensions plus considérables. (Journ. de méd. et chir. prat., août.)

Liigature sous-cutanée. Yov. Tumeurs érectiles. Ligature élastique. Voy. Suture.

LITHOTRITIE. Contrairement à la coutume générale et traditionnelle, M. H. Thompson ne fait plus d'injections dans la \essie pour la pratiquer. Ayant reconnu qu'elle s'exécute aussi facilement chez les calculeux dont la capacité restreinte ou une irritabilité excessive de ce réservoir ne peut recevoir ou garder que 2 ou 3 onces d'eau au lieu des 6 onces orthodoxes, il s'est abstenu, depuis trois ans et dans plus de cent cas, d'en injecter peu ou prou, excepté, bien entendu, dans les cas d'atonie vésicale. Dans tous les autres, il se borne à faire garder l'urine au malade quarante minutes avant l'opération. Il y trouve l'avantage de ne pas fatiguer, irriter l'urèthre ni la vessie par le passage réitéré des instruments pour un cathétérisme préalable, une injection consécutive, en échappant au danger de faire supporter le contenu de celle-ci à cet organe pendant un temps plus ou moins long. Plusieurs calculeux condamnés à subir les chances de la taille, par suite de ne pouvoir recevoir ni garder la quantité d'eau voulue, ont été néanmoins lilholriliés avec succès. Il n'en fait pas davantage après le brisement de la - pierre pour favoriser l'expulsion immédiate des débris. Il laisse

LITHOÏRITIE.

ce soin à l'urine qui, dil-il, s'en débarrasse ordinairement dans l'espace de trente-quatre jours, quand le calcul a été convenablement pulvérisé {Lancel, février). A la Société de Lyon, M. Bron, faisant un tableau très-chargé de la fréquence du gonflement et des maladies de la prostate chez les vieillards aussi bien que des difficultés n des dangers qui en résultent pour celte opération et l'expulsion des débris, pose en règle absolue, qu'à moins d'un volume très-réduit de la pierre, la taille doit lui être préférée, renversant ainsi le principe établi que la taille qui paraît réservée à l'enfance, convient mieux à la vieillesse.

Traité pratique de la pierre dans la vessie, par le docteur Dolbeau, chirurgien des hôpitaux de Paris, etc.

Ouvrage essentiellement pratique où la critique, l'histoire, sont sacrifiées aux indications différentielles de la taille et de la lithotritie.

L.Ubexère. Nouvel instrument imaginé par M. Maisonneuve pour faciliter l'élimination des graviers broyés dans la vessie. Si, dans les cas simples, alors que la pierre a pu subir une trituration parfaite , l'émission de l'urine étant parfaitement libre, peut effectuer celte élimination sans l'inlervention de art, on sait qu'il en est tout autrement dès que ces conditions se modifient. Que la pierre, en raison de sa dureté, se brise en fragments anguleux ou qu'un obîtacle existe à la sortie de urine, et ce temps peut se compliquer des accidents les plus graves dès qu'un fragment un peu volumineux vient à s'arrêter dans le canal.

Des sondes métalliques volumineuses pour expulser ces débris, des pinces pour les briser dans l'urèthre, n'obviaient qu'imparfaitement à ces inconvénients. Le lithexèro les surpasse. C'est un instrument creux en forme de sonde, et disposé de manière à pouvoir pénétrer dans la vessie. Sur la concavité du bec de celle sonde, se trouve une large ouverture dans laquelle les graviers peuvent facilement s'introduire ; dans e tube tourne une vis en tire-bouchon, dont le mouvement ontinu entraîne tous les fragments ou graviers placés dans le as-fond de la vessie, les broie comme des grains de café et ejetle leurs détritus au dehors.

Dès lors, rien n'est jilus à craindre de ce côté pour l'opéra eur ; il doit même chercher à broyer la pierre le plus rapide-

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ment possible, certain do pouvoir toujours extraire immédiatement toutes les poussières et les fragments dont l'introduction dans le canal pourrait être dangereuse. {Acad. de méd. , nov.)

LUXATIONS. D'après ce principe physiologique que la conlraction volontaire des muscles ne snurait être de longue cjurée, M. Gaillard (de Poitiers) emploie le système des ordalies pour la combattre dans les luxations et dans la recherche de pertaines affeclions simulées. Il fixe au membre ou à la partie çontracturée une ficelle ou une corde quelconque d'une certnine longueur et en la faisant passer sur une poulie, un poids quelconque, suivant la résistance à vaincre, estattaché à l'extrémité de cette corde. Une demi-heure suffit pour vaincre la contracture si elle est feinte, et de même contre les luxations si anciennes qu'elles soient. Plusieurs faits très-curieux témoignent de l'efficacilé de ce moyen moins dangereux que l'anes- Ihésie. [Gaz. méd., n° 13.)

Réduction de l'atlas sur l'axis. Pour la première fois, M. Maisonneuve a tenté cette opération dans des conditions tout autres, il est vrai, que celles où se produit ordinairement la luxation de ces vertèbres. Il s'agit d'une jeune fille de seize ans, atteinte depuis plusieurs mois d'une tumeur blanche de l'articulation atloïdo-axoïdienne, avec tuméfaction de la région sous-occipitale, inclinaison de la tête en avant, léger engourdissement des membres supérieurs. Le jour même de son entrée à l'IIôlel-Dieu, le 24 mars, un mouvement brusque delà tête détermina une luxation des deux premières vertèbres et par suite une paralysie complète des quatre membres et du tronc, le diaphragme excepté, dont les mouvements entretenaient la respiration. Le danger était pressant, et quoique sans précédent, ce chirurgien hardi, plaçant une main sous le menton et l'autre sous l'occipital, exerça une traction douce et continue sur la tête, tandis que deux aides maintenaient le tronc et les épaules. Après une demi-minute de cette manœuvre, un léger soubresaut accompagné d'un bruit de frottement très-distinct indiquait la réduction confirmée par le changement brusque des rapports des parties osseuses et la position normale de la tête. En même temps, la malade jetait un cri de joie, disant qu'elle sentait revenir la vie dans ses membres. La sensibilité et le mouvement renaissaient en effet dans toutes les parties paraly^^ées, et le lendemain, en maintenant la tête dans sa position,

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iiiiis les mouvements étaient rétablis. {Acad. des sciences, '21 juin.)

Il est évident que la lasité pathologique des ligaments vertébraux qui avait déterminé si facilement la luxation en a rendu aussi la réduction possible. Il serait néanmoins du devoir du chirurgien de la tenter dans tout autre cas après cet exemple.

liOxaflou des vertèbres ccrTîcalcs. M. Richet en a observé deux cas. Dans le premier, il s'agissait d'une luxation latérale gauche de la cinquième vertèbre cervicale sur la sixième • le malade est mort des suites de sa blessure. Dans le second, il y avait luxation latérale gauche de la troisième vertèbre cervicale sur la quatrième; on fit des tentatives de réduction et le malade a guéri.

C'était un garçon de douze ans qui, le 20 juillet dernier entra dans la salle Saint-Gabriel, à l'hôpital de la Pitié. L'accident, arrivé par cause directe , avait amené des phénomènes de compression des branches des plexus brachiaux au niveau des trous de conjugaison. Mais pour mieux diagnostiquer la lésion M. Richet, aidé du concours de M. Gosselin, soumit le blessé aux inhalations de chloroforme, et put se convaincre avec celui-ci que la contracture musculaire jouait un certain rôle dans les phénomènes d'inflexion et de rotatioq de la téte car on put ainsi imprimer des mouvements au cou et se livrer à une exploration beaucoup plus facile de la région cervicale Nous avons dit quel avait été le diagnostic porté dans ce cas Cette notion acquise, les deux chirurgiens procédèrent de la manière suivante à la réduction :

Une alèze pliée en écharpe et dont le plein fut appliqué sur la partie postérieure du cou , tandis que les chefs étaient ramenés en avant par-dessus les épaules et fixés au pied du lit servit a faire la contre-extension d'une manière aussi fixe que possible. Deux aides placés a la tête du lit saisirent la tête du malade avec les mains placées au-dessous de l'occiput et de la mâchoire, et pratiquèrent l'extension. M. Richet appliqua alors ses mains sur celles des aides, dans le but non-seulement d'aumenter la force de traction, mais surtoutde la diriger; il incliiîa d abord la tête sur l'épaule droite, comme pour dégager l'anophyse oblique inférieure, qu'il supposait avoir passé au devant ûe la supérieure, puis il pratiqua la rotation de droite à gauche ' cest-a-dire en sens inverse de celle quiconiftituait la difformité '

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enfin, il renversa dans un dernier lernps la lôle et la partiesupérieure du cou en arrière.

Pendant ces manœuvres, M. Gosselin pressait avec ses doigts, sur les côtés de la colonne, et cherchait à repousser les verlè-bres en arrière et à gauche, con\me M. Richel tendait à le faire? de son côté.

Les deux chirurgiens procédèrent avec beaucoup de lenteurr et de prudence, et déjà il leur semblait qu'ils avaient sensiblement redressé la colonne, lorsque tout à coup ils perçurent um soubresaut; M. Ricliet fit alors suspendre les manœuvres, noiii sans une certaine inquiétude, et ils constatèrent, M. Gosselinii et lui, que l'inflexion de la colonne et surtout la rotation avaientl presque disparu. L'enfant avait la face dirigée en avant et le'' menton sur la ligne médiane sans presque aucune inclinaison;i de la tête. [Journ. de méd, cl de chir. pral.)

Délie litssazioni délie vertèbre, par le professeur L. Porta, . Mémoire présenté à l'Institut lombard, contenant plus de cin-quante observations dont six cas de guérison.

Luxation de l'humérus en awant. M. Garms propose dei fixer une serviette aux deux extrémités de l'humérus luxé et dw faire coucher le blessé sur le ventre, sur des coussins et noM; dans le décubitus dorsal. Tandis que l'opérateur, assis par terre?, fait la contre-extension à l'aide du talon comme dans le procédiit de Cooper, et l'extension en arrière et en bas avec la servietld placée au-dessus du coude, un aide se tenant du côlé de l'ex^trémité luxée, opère une traction latérale avec les chefs de l'autrn serviette. L'extension antéro-postérieure, difficile à obtenir quanc lepatient est sur le dos, s'opère ainsi facilement et efficacement et comme c'est le plus souvent dans cette direction qu'il convienii de la Siriger, les luxations en avant étant beaucoup plus fréquentes que celles en arrière, ce procédé mérite d'être préféré.', La réduction se fait ainsi facilement sans nécessiter la chloroformisation. [Archiv der Heilicunde.)

Luxation sous- coracoïdicnnc. Pour la réduire, M. SalmoM emploie le procédé suivant qu'il appelle par manœuvres lenlex.'. Le blessé couché dans le décubitus complet sur le bord du lit,: et le débordant de tout le côlé du tronc correspondant à 1 epauld luxée afin d'annuler toute contraction involontaire sans chloroforme, la tôte seule relevée sur le traversin, placé du ir.éme côté,?

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il saisit doucement la main et l'avant-bras luxés et les écarte du tronc avec la plus grande lenteur, s'arrêlant à la moindre souffrance, et soumettant les muscles du moignon de l'épaule à un l"ger massage. Par ces manœuvres lentes, le membre est écarté peu à peu du tronc, puis fait angle droit avec lui, puis un angle obtus et se trouve enfin parallèle à l'axe du corps. Le chirurgien le confie alors à un aide pour le maintenir dans cette position, et se plaçant vis-à-vis du creux axillaire, comme s'il voulait explorer l'arliculation , il enveloppe le moignon avec ses quatre doigts de chaque main qui, en se rejoignant, immobilisent l'omoplate. Puis, portant les pouces sur la tête humérale qui se trouve dans le creux axillaire, il l'a fait rentrer par des pressions douces, sans efforts, en s'aidant un peu, s'il en est besoin, d'une légère extension faite par l'aide. Le bras est alors rapproché du tronc après avoir acquis que la réduction est complète, ce qui a lieu à l'éionnement du malade qui n'a pas ordinairement éprouvé la moindre douleur.

Six exemples témoignent du succès de ce procédé. Dans l'un, la luxation remontait à un mois et demi chez une fille de vingt ans; et chez un portefaix, une première tentative avait échoué malgré l'anesthésie.

Arrachement de Vavant-bras. Ce fait inouï, unique dans les annales de la chirurgie, arrivé à M. Alphonse Guérin d'une façon si imprévue et fâcheuse, est surtout de nature à faire prendre ce procédé des manœuvres lentes en considération. La médisance du moins n'eût pas eu prise s'il eût été employé, et peut-être même ne fût-il pas arrivé d'une façon si insolite et inopinée. 11 s'agit d'une femme de soixante-trois ans, entrée à l'hôpital Saint-Louis pour une luxation sous-coracoïdienne complète datant de trois mois. Des mouvements limités peuvent être imprimés à la tête humérale ; abolition des mouvements spontanés du bras, paralysie complète du membre. Présumant que la réduction opposerait une grande résistance, ce chirurgien eût employé les moutles s'il les eût eues sous la main; à ce défaut il tenta l'épreuve par les moyens ordinaires, pour apprécier du moins le degré de résistance. Les lacs extenseur et contre-extenseur sont appliqués après la chloroformisation, d'abord au-dessus du coude, puis au poignet, et tirés par quatre élèves intelligents du service qui ont reçu l'ordre formel d'opérer la traction graduellementavec modération et sans secousses.

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C'est alors que s'accomplit doucement cette opération, qu'un bruit sec se fait entendre tout à coup, i'avaiit-bras lomLe à terre, le sang jaillit à plein jet de Tarière, et inonde les assistants saisis d'une émotion bien naturelle. Mais aussitôt la compression arrête l'hémorrhagie, une ligature est appliquée, l'extrémité inférieure de l'humérus est réséquée, la plaie régularisée et le tout recouvert par un lambeau latéral produit par l'arrachement,

A l'examen des tissus du tronçon, ce fait étrange et regrettable s'explique. On constate que la rupture s'est faite au niveau de l'articulation du coude, où le membre s'est détaché spontanément comme une branche de bois mort se détache d'un arbre. Tous les tissus, muscles, os, nerfs, veines, etc., sont altérés, ramollis, friables, d'une extrémité à l'autre du membre. Les muscles, le rond pronateur, en particulier, se dissocient sous la pression du doigt, comme un caillot de sang de consislance médiocre. Les os sont également ramollis, extrêmement friables; le radius et le cubitus s'étaient brisés sous l'effort modéré de la traction exercé par les élèves dans la tentative de réduction ; les os du carpe présentent également une altération manifeste. Les nerfs offrent aussi une diminution de consistance, de la rougeur, des nodosités ; on observe en outre sur leur trajet un grand nombre de petits kystes, gros comme un tête d'épingle ou un grain de mil, que l'on prendrait, au premier abord, pour des corpuscules de Paccini. Telles sont les lésions appréciables à l'œil nu.

L'examen microscopique en révèle bien d'autres. Le névrilème est épaissi par bypergenèse du tissu conjonctif, les tubes nerveux altérés, les tubes larges surtout sont remplis d'une substance médullaire réduite à l'état granuleux. — Dans les muscles, carré pronateur et lombricaux particulièrement, les fibres se laissent dissocier par la pression de fines aiguilles à dissection microscopique ; elles sont cassantes, présentent un grand nombre de granulations graisseuses indiquant une dégénérescence en voie de production ; le caractère distinctif de la fibre musculaire de relation, la strie, s'est effacé. Les os sont rouges, les vaisseaux capillaires y sont dilatés, gorgés de sang ; dans les cellules du tissu spongieux, on trouve des taches formées par de petites hémorihagies interstitielles, de petits foyers sanguins dans lesquels on reconnaît des amas de matières colorantes, de cristaux d'hématine et des globules sanguins altérés,

LUXATIONS

déchiquetés sur leurs bords. Les veines, enfin, sont altérées, et les capillaires veineux présentent une dilatation considérable et générale.

Devant cet ensemble de lésions graves, on ne s'étonne plus de la production de cet accident insolite, que les efforts modérés de traction étaient d'ailleurs incapables de déterminer ; car, d'après le résultat même des expériences de M. Malgaigne, qui éviilue à 300 kilogrammes l'effort développé par dix hommes tirant de toutes leurs forces, les quatre aides de M. Guérin n'en eussent produit que ll'O, et ce chiffre était loin d'être atteint, puisque, au moment où l'arrachement a eu lieu, ils ont pu rester debout et ne pas tomber à la renverse, comme cela fût arrivé inévitablement s'ils avaient déployé toute leur force. Tous les membres de la Société de chirurgie, en présence de la pièce analomique, ont reconnu que ces lésions suffisaient bien à l'expliquer. La dissidence ne s'est produite que sur l'éliologie de ces lésions mêmes. Tandis que M. Guérin les attribue à la compression du plexus brachial par la têle humérale, niée par M. Malgaigne, MM. Houel et Broca croient que l'altération osseuse était antérieure à la luxation. Les petils foyers; hémorrhagiques, les globules sanguins déchiquetés sur les bords, les amas de matières colorantes, de cristaux d'hématine, signalés par l'examen microscopique, sont pour celui-ci des signes d'un ramollissement sénile qu'il a constaté à Bicêtre et à la Salpêtrière. E( à M. Guérin objectant que, dans ce cas, une fracture se fût produite au lieu de la luxation, M. Broca répond que bon nombre de luxations ont lieu chez des vieillards atteints de ce ramollissement, ce qui se comprend par l'altération analogue que subissent simultanément les ligaments et les muscles, altérations dont il croit que cette femme était atteinte, et qui, en coïncidant avec la paralysie musculaire, ont déterminé l'accident.

Pour M. Verneuil, au contraire, la paralysie l'explique mieux que l'alléralion osseuse. Quoi qu'il en .soit, il n'est pas moins surprenant que do semblables lésions, comprenant tous les tissus d'un membre, soient restées latentes sans se révéler par lucun signe extérieur à l'examen préalable qui a dû être fait ; ]u'il n'y ait eu ni œdème du membre, ni trace d'inflammation' le suppuration, et qu'il n'ait été possible d'y constater que deé )hénomènes ordinaires d'une luxation ancienne. Enseignement )ien remarquable pour que dans les luxations anciennes, avec

MALADIK.

paralysie surtout, le chirurgien apporte la plus grande attention à l'étal local du membre luxé et no fasse que des tenlalives très-modérées et peu prolongées de réduction. (Soc. de cliir.)

Lii.-vations tics doigts et <Ics orteils. Une nouvelle

pince pour leur réduction a été présentée à l'Académie de médecine par M. Rlalhieu (séance du 11 janvier). Elle se compose de deux branches, dont une est un levier qui tire sur une courroie formant fourreau avec deux chefs passant à travers deux fentes pratiquées dans la seconde branche qui lui sert de point d'appui. La partie prenante entoure le doig't et le presse circulairemenl. L'extrémité de la branche de point d'appui est un peu prolongée, recourbée et garnie d'un tampon qui, dans la manœuvre de ramener la phalange luxée en avant ou en arrière, favorise la réduction en repoussant le métacarpien dans le sens opposé, en même temps que la phalange est portée en avant par la puissance du levier. Employée contre une luxation datant de quinze jours, dans la clinique de M. Nélaton, elle a parfaitement réussi.

Privé de cet instrument pour réduire la première phalange ' du gros orteil, M. Leclerc, après de vains efforts, à défaut de? prise, plia et enroula solidement un mouchoir au-dessous dee cette 'phalange, et en tirant dessus, obtint une réduction immédiate. [Gaz. hebd., n° 17.)

MALADIE. Maladies spécîr.qiies. Elles ne peuvent provenir que d une cause spécifique, suivant M. Bouillaud, d unn virus d'une graine toujours identique avec elles-mêmes puisqu'elles se produisent à volonté p^r infection ou inoculation M Bouley et ses collègues d'Alfort ayant démontre au con traire que la morve - maladie essentiellement spécifique puis nu'ellè est transmissible des animaux à 1 homme - naU et. se fabrique de toutes pièces par suite de causes ge"^'-^ travail forcé, nourriture mauvaise ou insuffisante, etc. sous> l'influence desquelles on peut la faire naître presque a volonté. MM. BouiUaud et Guérin ont imaginé l explication su i van le c'est que le virus spécifique qui déterminera la maladie spu i-

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