‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 8 sur 127 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

oubliée. Il ne faut pas oublier les morts, c'est une pensée salutaire, dit la sainte Écriture. Il y a souvent de grands enseignements dans le récit d'une existence professionnelle.

Je remarque qu'aucune question dogmatique et doctrinale n'a été abordée dans le Dicfionnah-e. Doit-on de cette abstention blàuier ou féliciter M. Garnier? Je crois que s'il s'est abstenu, c'est par absence de matière. L'année a été à peu près stérile sur ce sujet, et si n'étaient les discours prononcés à Wonlpellier à la cérémonie de l'érection de la statue de Barthez, si n'était la publication du livre ardent et convaincu d'Édouard Auber sur les Institutions d'Hippocratc, quelques rares productions encore de philosophie médicale, M. Garnier n'aurait eu rien à signaler de ce côté. Vienne quelque grande discussion philosophique, et le Dictionnaire eîi donnera le retentissement.

Maintenant, après avoir lu ce volume, ou ne peut s'empêcher de se demander on va la science médicale? où va l'art médical? quelles tendances accusent ces nombreux travaux qui viennent de passer sous les yeux ? à quelles inspirations obéissent les esprits? quel souffle les anime? quel est le but en vue ? quels résultats espérer?

Je ne m'engagerai pas, du moins pour cette première année, dans les périls d'une réponse à ces questions indiscrètes. M. Garnier ne les ayant pas posées, je ne suis pas tenu d'y répondre. L'auteur paraît ne s'être cr-u obligé qu'à une exposition pure et simple, aussi la critique cl l'appréciation sont-elles rares et à peu près absentes dans ce volume. Le caractère et la nature de cette publication le portaient à cette réserve. Ce qu'il a voulu faire surtout, c'est un recueil

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esseiiliellemeiU pratique dans lequel tous les lecteurs trouvassent une indication suffisante de tous les nouveaux travaux publiés ayant une portée pratique avec l'exposé sommaire, fidèle et exact de leurs applications ; et pour les travailleurs, ceux qui ont besoin de recourir aux textes et aux sources, une indication exacte et fidèle de ces textes et de ces sources. C'est par là surtout que le Dictionnaire de M. Garnier prendra de plus en plus un haut degré d'utilité. La recherche des sources est si longue et si difficile! la bibliographie spéciale et générale est si négligée ! C'était pour épargner de pénibles labeurs aux honnnes de travail, que j'avais proposé la création d'une société internationale de bibliographie, la Société hallérienm,n\iig\\\[K[m vocable qui plaçait celte institution sous l'invocation d'un des plus illustres savants qui aient jamais existé, l'auteur de ces inestimables bibliothèques si utiles aux travailleurs.

M. Garnier autant qu'il le pouvait et avec les ressources dont il disposait, a cherché à réaliser une partie de ce plan. Son Dictionnaire n'est pas, en effet, un recueil spécialement consacre aux travaux français, c'est un véritable dictionnaire international où se trouve l'indication des principaux Ira vaux imporlanls publiés à l'étranger. C'est encore par là qu'il se distingue des publications analogues. M. Garnier a très-intelligemment mis à profit la connaissance qu'il possède de plusieurs langues étrangères et il rend service à la science et à l'art en popularisant parmi nous les travaux des savants et des praticiens de l'élrangcr. Certainement la France reste encore le foyer le plus ardent du travail et du progrès, mais les temps sont passés où la science s'enferme orgueilleusement dans les limites nationales.

XYiu INTRODUCTION.

J'espère donc un bon accueil du public pour ce petit ouvrage qui pourra s'enfler dans les années suivantes. C'est un enfant dont les dispositions sont excellentes, et sans lui souhaiter de s'élever jusqu'aux astres, ce qui est souvent périlleux, on peut l'encourager et lui dire : Macte animo, generose puer,....

Amédée Latour.

Paris, 20 janvier 1865.

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